Présentation
La Fronde bouleverse la France. En Chine, la dynastie des Ming agonise.
Deux hommes aiment éperdument des femmes qu'ils tremblent de perdre. L'un est Français, l'autre Chinois. Le premier, M. de La Tour, proche des jansénistes et de Port-Royal, tombe passionnément amoureux d'une dévote. Le second, Lu Wei, assiste à la fin d'un monde : la culture raffinée des Ming est remplacée dans la violence par les usages grossiers des envahisseurs mandchous, les Tsing. Dans le chaos, chacun d'eux cherche à sa manière la vérité et la justice.
Des continents les séparent : M. de La Tour et Lu Wei ne devraient pas se rencontrer. Mais l'amour fou, Dieu et le Vide vont avoir raison des continents, des océans : désespéré par la rupture avec celle qu'il aime, ne supportant plus ce Port-Royal où il a tenté en vain de retrouver la sérénité, M. de la Tour, avec l'énergie du désespoir, s'embarque pour la Chine où il ne tarde pas à croiser les pas de Lu Wei.
Pendant douze ans, ensemble, les deux hommes s'efforcent de briser l'absence qui les ronge, la privation, la ruine, les spectres du deuil. Ils leur opposent la fidélité, l'extase. Jusqu'au jour où M. de La Tour comprend que Port-Royal, Louis XIV et la femme qu'il aime l'attendent encore, et que le temps est venu de prendre le chemin du retour. Mais auquel de ces trois appels choisira-t-il d'obéir, lui dont la vision du monde a été bouleversée en profondeur, à son insu, par ce long séjour au-delà des mers ?
La presse en parle
Dès le prologue - qui s'ouvre sur ces mots glaçants : "Ils ont coupé mes mains" - on est saisi par la beauté de la langue, mélange vénéneux entre le phrasé de l'époque, la prose d'un Claudel et le style des maîtres asiatiques. La précision de la documentation ne gangrène jamais la fluidité de cette méditation sur Dieu et la folie humaine, le dénuement et l'amour - qui, selon Laurence Plazenet, "n'a pas de visage ni de récipiendaire. Il est le silence". Voilà en tout cas un modèle d'équilibre entre le yin de l'intelligence et le yang de l'émotion.
(Baptiste Liger - L'Express - 07/01/2010)