Nancy Fraser

  • L'armée française distribue des portions sans porc à ses soldats musulmans. Un couple de lesbiennes demande et obtient, auprès d'un tribunal français, l'autorité parentale conjointe sur leurs filles. Des prostituées indiennes manifestent à Mumbai, brandissant des pancartes demandant « Pourquoi cette discrimination ? ». Autant d'actes, institutionnels ou subtils, dont l'enjeu est la reconnaissance de l'autre, donnée, octroyée, arrachée, refusée. La reconnaissance est aujourd'hui un concept central du débat politique. Mais dans quelle mesure celle-ci peut-elle s'intégrer à une réflexion normative sur la justice sociale ? C'est à cette question que répond la philosophe américaine Nancy Fraser, qui établit une distinction entre ce qu'elle appelle une politique de reconnaissance et une politique de redistribution. La première insiste sur l'égal respect dû à tous les membres d'une société, la seconde sur une redistribution équitable des biens et des ressources. Pour l'auteure, les conflits entre ces deux orientations sont politiquement paralysants et théoriquement insatisfaisants. En affirmant qu'une démocratie radicale consiste à reconnaître le caractère multiculturel et sexué des sociétés modernes sans figer les identités des différents groupes ni renoncer à l'engagement historique de la gauche en faveur de l'égalité économique et sociale, elle vise à la réconciliation de la gauche culturelle et de la gauche sociale. Pour cette raison, cet ouvrage de philosophie politique est, à bien des égards, un livre politique.

  • Ce livre, composé de textes écrits entre 1984 et 2010, est le premier à témoigner de ce qui constitue pourtant l'un des aspects majeurs de la pensée de Nancy Fraser : le genre et le féminisme. L'ouvrage embrasse différentes approches : des analyses d'objets sociaux et de catégories savantes subtilement genrés, des interrogations de concepts normatifs tels que la justice sociale et l'émancipation du point de vue du genre, et des réflexions sur les choix théoriques et les stratégies politiques des différents courants féministes depuis les années 1960.

  • L'armée française distribue des portions sans porc à ses soldats musulmans.
    Un couple de lesbiennes demande et obtient, auprès d'un tribunal français, l'autorité parentale conjointe sur leurs filles. des prostituées indiennes manifestent à mumbai, brandissant des pancartes demandant : " pourquoi cette discrimination ? " autant d'actes, institutionnels ou subtils, dont l'enjeu est la reconnaissance de l'autre, donnée, octroyée, arrachée, refusée. la reconnaissance est aujourd'hui un concept central du débat politique.
    Mais dans quelle mesure celle-ci peut-elle s'intégrer à une réflexion normative sur la justice sociale ? c'est à cette question que répond la philosophe américaine nancy fraser, qui établit une distinction entre ce qu'elle appelle une politique de reconnaissance et une politique de redistribution. la première insiste sur l'égal respect dû à tous les membres d'une société, la seconde sur une redistribution équitable des biens et des ressources.
    Pour l'auteur, les conflits entre ces deux orientations sont politiquement paralysants et théoriquement insatisfaisants. en affirmant qu'une démocratie radicale consiste à reconnaître le caractère multiculturel et sexué des sociétés modernes sans figer les identités des différents groupes ni renoncer à l'engagement historique de la gauche en faveur de l'égalité économique et sociale, elle vise à la réconciliation de la gauche culturelle et de la gauche sociale.
    Pour cette raison, cet ouvrage de philosophie politique est, à bien des égards, un livre politique.

  • Logements inabordables, salaires de misère, systèmes de santé inexistants ou dysfonctionnels, catastrophe climatique, rejet des migrant·e·s, violences policières... on entend peu les féministes s'exprimer sur ces questions. Pourtant, elles ont un impact majeur sur la vie de l'immense majorité des femmes à travers le monde.
    Les grèves des femmes qui se multiplient aujourd'hui en Argentine, en Pologne, aux États-Unis ou ailleurs s'emparent de ces problématiques et témoignent du fait que les revendications féministes ne sont pas isolées de celles d'autres mouvements. Et c'est tout l'enjeu de ce manifeste, inspiré par ces nouveaux mouvements féministes : face à un système néolibéral qui concentre toutes les aliénations, injustices et inégalités et instrumentalise certaines luttes sociales pour servir ses velléités impérialistes et engranger le plus de profits possible, le féminisme doit repenser son agenda théorique comme militant.
    Trois des organisatrices de la Grève internationale des femmes s'engagent ainsi avec ce manifeste pour un féminisme véritablement inclusif, capable de faire converger l'anticapitalisme, l'antiracisme, l'écologie politique, l'internationalisme et l'anti-hétérosexisme : un féminisme pour les 99 %.

  • A quelles conditions la philosophie politique et la sociologie permettent-elles d'ouvrir aujourd'hui de nouveaux espaces de liberté ? Comment, dans un monde globalisé, rendre aux individus leur autonomie et garantir davantage de justice sociale ? Comment réarticuler critique de la domination et philosophie de l'émancipation pour leur redonner une efficacité ? Telles étaient les questions posées dans le cadre du festival «Mode d'emploi», organisé par la Villa Gillet en novembre 2012, lors du débat de Luc Boltanski et Nancy Fraser, animé par Philippe Corcuff.
    Le livre conçu aujourd'hui à partir de ce débat propose une ouverture par Philippe Corcuff, un dialogue réagencé et révisé où alternent les voix de Luc Boltanski et de Nancy Fraser, enfin un post-scriptum de la main de chacun des deux intervenants.

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