René Lelièvre

  • Toujours debout

    René Lelièvre

    « Il continue son monologue et s'en prend directement à moi, me reprochant violemment de ne vouloir céder sur rien, que ce soit comme ouvrier ou syndicaliste ou. prêtre ! Ce disant, il ne se doute pas que je le prends comme un compliment ! »
    Le patron de Daniel n'ose pas ajouter un autre qualificatif, « handicapé », parce que licencier un travailleur à cause de son handicap, si ça se fait, ça ne se dit pas.
    Ce livre raconte l'itinéraire d'un prêtre-ouvrier à travers trois grandes étapes.
    Originaire de Laval, il a d'abord tout à apprendre de ses copains de travail du Nord pour devenir l'un des leurs. Et comment vont-ils réagir lorsqu'ils apprendront que Daniel est prêtre oe
    La deuxième partie raconte une grève dure. Pendant cette grève, Daniel apprend que faire le choix du célibat un jour est plus facile que de le vivre chaque jour !
    Enfin, un pépin de santé fait de Daniel une personne handicapée. Il lui est alors difficile de refaire surface, d'autant que son patron lui enfonce la tête sous l'eau en voulant le licencier.

  • « Charles commençait à somnoler en devinant à travers ses paupières lourdes, Michel Drucker qui papotait avec ses invités en fond sonore.
    Il entendit un bruit au loin, sans doute dans la télé qui l'avait endormi ?
    Le bruit alla s'amplifiant alors qu'il ne touchait pas au son de sa télé avec la télécommande qu'il ne trouvait plus. Sans ouvrir les yeux il écoutait les notes pour tenter de les reconnaître, il essaya de deviner vers où elles se dirigeaient. D'un seul coup il prit conscience qu'elles s'étaient arrêtées près de sa porte tout en continuant d'hurler leur 'J'ar-rive, j'ar-rive'. »  C'est le début d'une série de crimes qui va secouer le quartier de la Chasse Royale à Valenciennes, un quartier habituellement tranquille quoique pense les Valenciennois. Que s'est-il passé pour que tout d'un coup soient tués des personnes à la vie tranquille et sans secousse... jusque-là ?

  • « C'était à la bibliothèque municipale de Valenciennes. J'étais invité à ce qui était appelé 'les petits déjeuners d'Eulalie', une rencontre entre un auteur et des pratiquants de la bibliothèque. Dominique Sampiéro m'interrogeait sur mon dernier polar. Après quelques questions 'normales' Dominique feuillette les romans intitulés 'La mort d'André Perron' puis 'Triangle', se tourne vers moi et me lance sans crier gare : « Ton Dieu là-dedans où est-il ? Qui est-il ? Tu n'en parles jamais, pas un mot sur lui ! » C'est cette remarque qui est à l'origine de ce livre. » Après un récit personnel de l'histoire de sa foi de son enfance jusqu'à ses 70 ans, il fait une fresque de l'histoire de Jésus et répond à cette question : 'Pour toi, qui je suis, moi, Jésus ? ' L'auteur ne se prétend ni théologien, ni bibliste. Il prévient : 'Prêtre Ouvrier, il est vrai que nous sommes peu les hommes de la parole. Nous ne sommes pas des enseignants ou des prêcheurs. Notre discours c'est la vie partagée avec les femmes, les enfants, les hommes, au chômage, en retraite, dans l'usine, au travail, dans le quartier. Nous ne parlons pas de Jésus avec des mots mais par des actes.'

  • Coccinelles

    René Lelièvre

    "Réveillé voit tout de suite le papier dans la bouche. Il demande à Fortins:
    - T'as une pince?
    Il sort avec mille précautions le papier de la bouche de la morte. Il le déplie à l'aide d'une deuxième pince. C'est une feuille avec des cantiques que le commissaire connaît. Il se met à chantonner. Louis Fortins, le légiste, l'entend. Il se moque gentiment de son ami.
    - Tu chantes?
    - Non, ce sont des souvenirs qui remontent. Bon, regardons cette feuille de plus près.
    Quelque chose y est griffonné avec un stylo. Il lit tout haut:
    - Il faut rendre au bon Dieu ce qui est au bon Dieu. Au revoir coccinelle." Peut-être parce la mort est son premier souvenir, le petit Jérémie a vite mal tourné. Obsédé par les coccinelles, obsédé par les femmes... et s'il était coupable de ces meurtres qui terrorisent aujourd'hui son petit village? Ambigu et dérangeant, le thriller psychologique de René Lelièvre joue avec nos nerfs comme avec les peurs de ses personnages. En découle un polar imprévisible et tragique, au final sans concession.

  • Triangle

    René Lelièvre

    L'enfance de Pauline a vite viré au cauchemar. Sous l'emprise de parents incestueux, elle grandit tant bien que mal. Lorsque son frère déménage, la descente aux enfers se poursuit et la jeune fille se réfugie dans la drogue. Mais c'est au moment où elle finit par refaire surface que tout s'emballe : agressions, meurtres... Son frère et un amour naissant vont-ils sortir Pauline du gouffre ? Va-t-elle rester le jouet de son père ? Qui tue des membres de cette famille ? Pourquoi ? Comment naît un inceste ? Comment en réchapper ? Alliant le thriller à l'étude des moeurs déviantes, le roman de René Lelièvre ose aborder un sujet tabou en utilisant un style narratif, militant, policier. Un suspense psychologique effrayant décidé à briser la loi du silence.

  • Tout s'achète ?

    René Lelièvre

    • Benevent
    • 1 Décembre 2010

    L'auteur raconte la vie mouvementée d'hommes et de femmes travaillant en usine à travers deux romans, une pièce de théâtre en un acte et en alexandrins (il faut de l'humour pour vivre !) et quatre romans policiers.
    La question posée à travers ces six nouvelles est de savoir si tout s'achète : la vie de famille, être ou non délégué dans une entreprise, négocier des salaires (c'est là que le lecteur trouvera des alexandrins inattendus.), l'avenir d'un atelier et des gens qui y travaillent qu'ils soient ou non handicapés, ou encore l'amour. Peut-on accepter n'importe quoi pour vivre ce que nous voulons ? Plutôt que de faire un essai théorique ou idéologique sur l'existence ou non, de nos jours, de la classe ouvrière, l'auteur a préféré raconter des histoires de travail et d'amour passionnantes et qui ne manquent pas de suspense ! Des vies qui se lisent comme un roman mais qui n'en sont pas pour autant toujours imaginaires !

  • Jean-Pierre et Adeline mangeaient une belle tranche de pain recouverte généreusement de confiture à la prune. Adeline avait huit ans. Elle mordait dans sa tartine, se léchait les doigts et recommençait. Madeleine les regardait tristement. Jean-Pierre leva les yeux vers sa mère, des yeux d'un bleu éclatant sans nuage, comme si le soleil était dans sa tête. Il avait les yeux d'André, disait tout le monde. C'était le grand frère. Il avait deux ans de plus que sa soeur.

    - Il se passe quelque chose ? demanda Jean-Pierre.
    On dirait que tu as de la peine.
    Madeleine prit une grande respiration et se décida :
    - Papa est à l'hôpital.
    - C'est grave ?
    - Nous ne le verrons plus, répondit Madeleine sans regarder ses enfants.
    Adeline, la bouche pleine, demanda :
    - Il ne reviendra plus ?
    - Oui. Il ne reviendra plus.

    10 ans plus tard, les enfants d'André Perron vont mener une enquête ne croyant pas à une mort causée par une crise cardiaque de leur père comme l'avaient décrété les médecins. Jean-Pierre et Adeline Perron vont vivre des aventures dangereuses et découvrir aussi l'amour. René Lelièvre, ancien ouvrier fraiseur et handicapé comme la fille d'André Perron, fait parfois des incursions originales dans son roman pour faire la part entre la fiction et la réalité.

  • « L'accessibilité ! Vaste question, plutôt vaste problème jamais résolu. Avec mes amis handicapés, j'en ai à vous raconter sur ce sujet ! Et les hôpitaux, les médecins, les « spécialistes », les bailleurs, les grandes surfaces, les petits magasins, les balades en fauteuil, le boulot, etc. Que d'aventures ! Que de rencontres drôles, dures, décourageantes ou rassurantes, avec de l'incompréhension, de la pitié, de la solidarité, de l'empathie, de la compassion ; bref, toutes les couleurs y passent ! [...] Vous allez découvrir des difficultés inattendues, des rencontres passionnantes, des événements douloureux ou festifs. » L'auteur, amputé d'une jambe, évoque le handicap et ses difficultés avec humour. De la même façon, il pointe du doigt le rôle de la société dans l'exclusion des handicapés qui les rend plus différents qu'ils ne le sont. En découle alors tout au long de ses histoires la thématique de la normalité. Qu'est-ce qu'être « normal » dans notre société actuelle ? La différence dérange, mais elle peut également être une force. « Mes aventures, mésaventures entre personnes handicapées et personnes normales » traite ainsi avec humour une réalité parfois gênante quand on aborde les moyens déployés pour faciliter la vie de tous les jours de ces hommes et femmes. Un ouvrage drôle, parfois triste, très bien dosé, qui nous fait prendre conscience avec légèreté des difficultés que ces personnes rencontrent au quotidien.

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