Conspiration

  • Bel-Ami

    Guy de Maupassant

    Le roman retrace l'ascension sociale de Georges Du Roy, homme ambitieux et séducteur, employé au bureau des chemins de fer du Nord, parvenu au sommet de la pyramide sociale parisienne grâce à ses maîtresses et à la collusion entre la finance, la presse et la politique. Sur fond de politique coloniale, Maupassant décrit les liens étroits entre le capitalisme, la politique, la presse mais aussi l'influence des femmes, privées de vie politique depuis le code Napoléon et qui oeuvrent dans l'ombre pour éduquer et conseiller. Bel-Ami est l'une des oeuvres romanesques qui a le plus séduit scénaristes et réalisateurs internationaux.

  • Contes Nouv.

    Contes

    Andersen H C.

    Andersen a écrit plus de 150 contes entre 1835 et 1873. Nous en proposons 22 représentatifs de son oeuvre. Les quatre éléments, l'eau, la terre, le feu et l'air, y sont régulièrement présents sous forme d'épreuves initiatiques. Ces contes, non oniriques, sont ancrés dans une réalité crue, sans jugement ni morale. Le plomb a le même poids que la plume, l'ombre en toute indépendance rencontre la poésie et devient parole. Nous pouvons nous retrouver dans ces situations et archétypes pour s'observer afin de mieux nous reconstruire dans ce monde d'après. Ces contes sont une approche universelle, un art vivant, traversent le temps, se transmettent de génération en génération à travers les tempêtes de l'histoire. Madeleine de Proust, les contes d'Andersen sont des repères intemporels et les revisiter aujourd'hui prend tout son sens face aux défis que nous avons à relever, notre imaginaire étant notre plus grande force.

  • Écrit en français, ce qui était inédit à l'époque, cet ouvrage marque une césure dans l'histoire de la philosophie. D'une profondeur de vue et d'une simplicité de style inégalées, Descartes, après avoir fait l'historique de ses réflexions, de ses doutes, de ses errements, développe une méthode visant à reconstruire le savoir sur des fondements incontestables et à dépasser le doute.

  • Écrit en 1934, à l'âge de 25 ans, cet essai frappant reste d'une grande actualité. « Votre travail est de première importance » lui écrivit le philosophe Alain, qui avait été son professeur. En effet, dans ce texte, Simone Weil analyse comment les rapports de domination et de soumission naissent au sein de toute société humaine. Pour elle, l'homme est condamné à être opprimé : dans les sociétés primitives, c'est par les forces de la Nature puis, au fur et à mesure qu'il s'en libère, c'est alors celle d'une société de production dont les moyens et les fins lui échappent. Ainsi l'homme est par nature et du simple fait de la vie en société condamné à l'oppression. Seule la pensée peut s'exercer librement. Ce livre était considéré par Simone Weil elle-même comme son oeuvre principale.

  • Chevalier des Grieux rencontre Manon Lescaut par hasard et sait dès la première seconde qu'il est amoureux d'elle. Cette dernière doit bientôt rentrer dans un couvent tandis que Des Grieux, lui, doit devenir sous peu chevalier de l'ordre de Malte. Il n'en sera rien, le chevalier décide de s'enfuir avec Manon, en dépit des protestations de son entourage - son père et son fidèle ami Tiberge - pour vivre leur passion outrageuse riche en rebondissements. Le livre fut jugé si scandaleux lors de sa publication qu'il fut saisi et condamné à être brûlé à deux reprises, en 1733 et 1735. D'une grande subtilité psychologique et restituant finement l'époque où il a été écrit, ce roman n'a rien perdu de sa beauté ténébreuse.

  • Le gai savoir Nouv.

    Publié en 1882, formé de 63 poèmes espiègles et des 13 Chansons du prince Vogelfrei, autant de récréations aux cinq livres qui constituent l´essentiel de cet ouvrage, Le gai savoir est à la fois une introduction à Ainsi parlait Zarathoustra et l´un des livres les plus puissants de Nietzsche. Après avoir été totalement abattu par les affres de la maladie et de la souffrance, avoir écrit, dans une lettre : « Je ne comprends plus du tout à quoi bon je devrais vivre, ne fût-ce que six mois de plus [.] », Nietzsche connaît une rémission qui le fait passer des bas-fonds au faîte de l´énergie et du dynamisme. A nouveau, il bouscule nombre de certitudes tout donnant les clés pour accepter notre condition et permettre à chacun de « danser sa propre danse ».

  • Cette bande dessinée considérée comme faisant partie des oeuvres mondiales majeures en ce domaine a été publiée d´octobre 1905 à avril 1911 dans le quotidien New York Herald sous le nom de Little Nemo in Slumberland. Winsor McCay est alors au sommet de son art et il développe un univers radicalement avant-gardiste où se mêlent pays des songes hantés par les lectures de Freud, bestiaire fantastique, architectures utopiques inspirées par l´Art Nouveau, libertés narratives, audaces graphiques et mise en page résolument novatrice. Notre projet est de republier l´ensemble des planches de Little nemo in Slumberland en trois tomes et la suite des aventures, Little Nemo in the land of wonderful dreams, dans un quatrième tome. Les 101 premières planches, de toute beauté, nous entraine dans des mondes obscurs, inquiétants, féériques en un feu d´artifice d´inventions visuelles. Des rêves et des cauchemars soyeux, troublants et insolites pour petits et grands !

  • Commencé en1864, au lendemain de la mort de sa première épouse, cette oeuvre bouleversante marque un tournant dans la carrière littéraire de Dostoïevski, dans lequel Nietzsche, Gide et bien d´autres ont vu la clé de voûte de l´édifice dostoïevskien et le texte fondateur « de la technique romanesque du XXe siècle » (George Steiner). Ce texte, qui annonce tous les chefs d´oeuvre à venir, est ici présenté dans sa toute première traduction en français afin de partager avec le lecteur d´aujourd´hui la version qui a contribué à la naissance de l´histoire d´amour entre notre pays et Dostoïevski.

  • Publié en 1886 à compte d'auteur, Par-delà le bien et le mal (le titre de la traduction originelle) est une synthèse de la philosophie de Nietzsche à sa maturité, et plus particulièrement de sa pensée morale. Critique des préjugés des philosophes, à commencer par leur croyance en la valeur absolue de la vérité, il annonce un nouveau type de penseur : "l'esprit libre", seul capable de redonner du sens à l'existence humaine.

  • La mythique histoire du docteur Jekyll, où l´ombre et la lumière sombrent dans le néant nous laissant face à nos propres incertitudes existentielles, est un texte intemporel. Ce récit reste toujours aussi troublant, donnant à voir combien ces deux notions n´ont d´existence qu´en relation l´une envers l´autre : le bien fait parfois du mal et l´inverse est tout aussi vrai. En cela, il rejoint le Nietzsche de « Par-delà le bien et le mal », publiée la même année, et sa notion « d´esprit libre » consistant à tester toute idée avant de la réfuter au lieu de penser de manière systématique. Stevenson souffre en France d´une réputation d´auteur pour adolescents. Mais des maitres de la littérature ne s´y sont pas trompés : Henry James le considérait comme le plus grand romancier de son temps, Marcel Proust, André Gide et Antonin Artaud l´admiraient. La version proposée est celle de sa toute première traduction en français, celle de B. J. LOWE tant celle-ci est fidèle au texte original.

  • La version de 1877 de ce livre est un monument de l'enseignement public laïc. Ce texte, idéal républicain dénué de tout nationalisme, est une leçon de choses visant à édifier ainsi qu'à unifier les enfants de la 3ème République naissante. Reprenant avec habilité le thème du voyage d'apprentissage, G. BRUNO nous fait partager des valeurs intemporelles et humanistes telles que l'amour fraternel, la solidarité, le travail, la persévérance, la probité, la modestie, la confiance, le respect... en somme le ciment du vivre ensemble.
    Vendu à plus de huit millions d'exemplaires jusqu'en 1976, livre de chevet de plusieurs générations, madeleine de Proust pour certains, objet de curiosité pour d'autres, cette réédition de qualité sera un cadeau idéal pour les fêtes de fin d'année... et au-delà !

  • Un pêcheur s'éprend d'une citadine aux allures de vamp. Sous l'influence de celle-ci, il décide de noyer son épouse, mais y échoue, incapable de mettre son plan à exécution. Effrayée, sa femme parvient à s'enfuir jusqu'au tramway qui serpente vers la grande cité. Son mari part à sa poursuite.
    L'idée : utiliser les images extraites de ce film dans un ordre chronologique en gardant les intertitres, permettant ainsi de suivre l'histoire pour obtenir un roman-photo mis en page comme une bande-dessinée.
    Comédiens de film muet aux visages expressifs, superbe composition des plans, histoire d'amour bouleversante, concept inédit : tout est réuni pour faire de ce roman-photo graphique un évènement.

  • Publiée en 1936 aux éditions Plon, couronnée par le Grand prix du roman de l'Académie française, cette oeuvre magnifique, taraudée par la question du mal, de la foi et de l'espoir de remettre autrui dans le droit chemin est sans doute le meilleur roman de Bernanos, le plus limpide, donnant lieu à de saisissants dialogues comme autant de combat de boxes mentaux et métaphysiques. Le désespoir flirte avec la rédemption, et derrière l'épreuve de la foi une psychologie hors-norme, déroutante, dostoïevskienne.
    Ce roman est aussi une passionnante peinture de la France rurale de l'entre-deux guerres, depuis engloutie par la modernité mais dont nos campagnes sont toujours empreintes.

  • Silentium

    Fabrice Millon

    Il est là, il est apparu sans mot dire, dans nos vies, dans nos rues puis s'est imposé sur les tables de loi. Le héros anonyme de ce texte en est le premier témoin, il l'a vu s'installer. Il le sait, désormais, le silence imposé, cet épais brouillard, est partout. Et oscillant entre résignation et résistance, s'acclimater à ce nouveau monde ne se fera pas sans heurts.
    Cet étonnant roman, sorte de long et mélancolique poème en prose émaillé de précieux aphorismes, a été écrit il y a dix ans. Il n'a pourtant jamais été autant d'actualité, car son auteur a su saisir avec force les signes de notre temps, de la généralisation de l'autoritarisme à l'épuisement de notre capacité d'expression. Dans Silentium, Fabrice Millon a su se faire l'élégant témoin d'un signe des temps, imperceptible et pourtant évident : la dissolution du verbe.

  • La baronne Staffe, de son vrai nom Blanche Soyer (1843-1911), vivait en quasi-recluse dans son pavillon de Savigny-Sur-Orge. D'origine modeste, elle s'emploie à codifier les bonnes manières de la bourgeoisie, en plein essor à la fin du XIXe siècle. Succès phénoménal dès sa sortie, ce livre est autant la peinture d'un monde révolu qu'un bréviaire de vérités intemporelles.

  • Poète né

    Christophe Esnault

    Ce texte relève du travail éthologique : s'appuyant sur plusieurs années de recherches et d'études de cas sur les réseaux sociaux où l'auteur (un espion) a pisté des « authentiques » poètes (et à travers eux, lui-même) il restitue ce travail sous la forme d'une fiction fragmentée et un brin obscène. Afin d'ouvrir un espace sensible - et sur la suggestion de son éditeur - l'auteur a saupoudré son texte de courts poèmes travaillant le thème de l'effacement, pendant aux egos monstrueux et aux rêves de « glouare » de millions de poètes connectés en permanence.

  • Chercher Kinski

    Arthur Terrier

    Kinski, un énigmatique écrivain, a disparu dans la banlieue de Londres. Notre héros quitte Paris et se lance à sa recherche. Chercher Kinski raconte la poursuite d'un jeune homme en quête d'idéal. C'est au coeur même de la littérature, impraticable dédale alors incarné par la figure inhumaine de Kinski, qu'il pense pouvoir le trouver. Mais l'on ne parvient à l'art qu'au prix du sacrifice de soi-même. Ce livre est autant une exhortation qu'une mise à garde pour celui qui choisirait d'emprunter une telle voie.

  • Grands ensembles

    Vincent Labaye

    2006. Franck amorce un week-end comme les autres, si ce n'est que son voisin s'est lancé dans d'assourdissants travaux. Le bruit se fait rapidement insupportable, puis l'affaire se généralise et tout devient souffrance, du vacarme sourd du ventilateur de son ordinateur au flot ininterrompu des nouvelles. Désespéré, Franck va opter pour une solution radicale, qui sera tour à tour perçue comme un acte effectué sous l'emprise de la folie, ou une tentative contre-nature de gagner en liberté.

    Grands Ensembles, vaste épopée contemporaine et intimiste, est traversé par les signes d'une époque dépourvue de projet et témoigne de l'ambiguïté de l'instinct de vie à l'aube du XXIe siècle.

  • Témoignage unique d'un jeune homme que l'on découvre à l'aune de sa vie artistique et que l'on va suivre pendant 14 ans, le journal se terminant 4 jours avant son décès. A l'origine d'une oeuvre aussi pléthorique que cohérente, il décrit en mode arte povera un univers de solitude et d'amours déçus teinté d'ironie mordante.
    Dans ce journal, il raconte de manière factuelle son quotidien. Il ne se passe souvent rien de significatif - et pourtant tout est dit, de l'homme et de sa condition. Jean-Luc Le Ténia est devenue une légende, volontairement ou à son corps défendant et ce journal permet d'assister, vu de l'intérieur, au chemin qu'il faut parfois parcourir pour en arriver là : ne rien faire d'autre - et y sacrifier sa vie.

  • Toutes ces vies que je n'aurai jamais Nouv.

    Avec ces soixante-deux vies que l´auteur aurait rêvé avoir et la soixante-troisième qu´il aura désormais, Vincent Labay réinvente le récit de soi, avec cet autoportrait en creux infusé de microfictions. Tour à tour émouvants, drôles et philosophiques, ces fragments d´existence nous tendent, de sa plume fluide et enlevée, un miroir : on y reconnait nos failles, nos désirs jamais exhaussés, nos jalousies secrètes mais aussi nos forces et nos réussites. Et l´on se surprend à se demander ce qui nous empêche, la part du prédéterminé et du libre-arbitre dans notre destin - ou à se réjouir de notre sort. L´herbe est-elle toujours plus verte chez le voisin ? La vie idéale tient-elle du ressenti ou du jugement objectif ? L´auteur nous invite à revisiter notre propre parcours et nous interroge. Et si nous étions finalement plus prêts que nous le pensions pour connaitre une nouvelle existence ?

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