Arnaud Poujol

  • ODA matériau

    Arnaud Poujol

    ODA matériau, ce sont quatre métamorphoses racontées à travers le témoignage, en 2010, de quatre septuagénaires non-voyantes. ODA métamorphose I, Orphée aveugle : De l'obscurité des Enfers surgissent les voix de quatre femmes non-voyantes qui se racontent et disent leur quête pour retrouver l'être aimé. Un homme les écoute et leur répond avec la dureté de ceux qui portent la souffrance comme un privilège. En dévoilant son nom, Orphée devient le témoin de leur métamorphose en ménades. / ODA métamorphose II, À l'orée, Daphné : La nuit, à l'orée du bois, un veilleur s'adresse à une jeune marginale qui feule comme un chat sauvage afin de fuir le désir qu'elle inspire aux hommes. Il lui raconte le mythe de Daphné, ensemble ils se découvrent une langue commune. / ODA métamorphose III, Les filles du roi cornu : Au fond des forêts, nous retrouvons les ménades, elles sont là pour perpétuer l'histoire d'Actéon et garantir le prolongement de leur espèce en offrant la plus jeune d'entre elles, au fils du fils des fils du roi cornu. / ODA métamorphose IV, Tu me veux papillon : Après l'étreinte, l'homme dépose sa défroque de cerf et raconte à celle qu'il vient de déflorer l'histoire d'Eros et de Psyché.

    EXTRAIT 1 Orphée aveugle se joue dans le noir. Les spectateurs voyants font l'expérience (provisoire et toute relative) de la cécité, accompagnés par des non-voyants jusqu'aux portes du Ténare. Les Enfers sont peuplés d'ombres qui vont et viennent. Orphée n'a pas la primauté ni le privilège d'aimer pas plus que la tristesse d'avoir perdu l'être aimé.
    Les ombres funestes, elles aussi ont connu l'amour. Et si celles qui se confent n'étaient pas seulement les ombres des morts, qui seraient-elles ?

    LA PREMIERE : Écoutez-moi, c'est moi qui vous parle avec ces yeux qui ne savent qu'entendre. Je suis venue vous dire qu'il n'y a rien. Rien. Si ce n'est l'amour. L'amour à la fn. Tu entends, dis tu entends ce que disent mes yeux ?
    Il faut que je dise mon nom ? Est-ce que je dois dire mon nom ? Il y a quelqu'un, est-ce qu'il y a quelqu'un ? Je sais bien que là-bas - même s'il ne m'est pas permis de distinguer ce qui appartient à l'obscurité des ténèbres avec lesquels je commerce depuis bientôt quarante ans - (mais) là-bas, il y a quelqu'un qui m'attend. Je sais que là où il est, il m'entend.

    EXTRAIT 2 LA TROISIÈME : Consentir.

    Évidemment, il y a bien le ciel et le sang des bêtes sur les mains, celui que je n'arrive pas à nettoyer, celui qui ne veut pas partir, mais consentir, ça non, je ne peux pas. Je ne veux pas.
    Cela ne peut pas sufre, cela n'est pas sufsant pour dire que je vis ici avec vous, et que je partage avec vous autre chose que des mots, et pourtant, excusez-moi de vous le dire : ces mots ne font pas une langue.
    Non, cela n'est pas sufsant, nous sommes orphelines, vous m'entendez, orphelines, il n'y a pour nous aucune langue. Aucune. La langue des mères, la langue maternelle, nous a été interdite. Nos mots sont troués au milieu. On a arraché l'ombilic qui nous reliait aux autres.
    Tu sais où elle est ? Où est-elle ? Tu le sais ? Est-ce que quelqu'un sait, ou disons, est-ce que quelqu'un pourrait me dire, enfn, la demande que je fais me paraît raisonnable, compte tenu de la situation, et de la folie qui m'environne, simplement, je souhaitais savoir si quelqu'un ici, se souvient si l'Autre, la Chasseresse, la Sagittaire, appelle-la comme tu veux, il ne m'appartient pas de nommer les choses ici-bas, je ne suis pas celle-ci, pour ça, il vaut mieux s'adresser à ma soeur, elle, elle sait faire ces choses : nommer, moi, non ; je ne peux pas, simplement, je voudrais savoir si Elle, oui Elle, si Elle parlait une langue, une langue qui était autre chose qu'un cri ? Tu sais ?
    Non, tu ne sais pas. Est-ce que quelqu'un m'entend ? Il y a quelqu'un ? Rien pour nous, rien si ce n'est le cri, le cri de ceux qui vivent perdus dans la forêt.

  • Six jeunes hommes ont disparu dans la Garonne. Dorian, beauté éphèbe - qui ne vieillira pas -, danse en chemise et sans pantalon avec des escarpins et une pancarte sur laquelle est écrit : "Achille's lover". Autour de lui, les télétubbies, quatre personnages colorés et dandinants issus d'une série télévisée pour jeunes enfants, tentent de résoudre l'énigme de ces jeunes disparus. Une enquête mosaïque et décalée.

  • Ce livre rassemble cinq pièces de théâtre écrites à l'occasion de la quinzième édition de Trente Trente, les rencontres pluridisciplinaires de la forme courte. Cinq auteurs de la Nouvelle-Aquitaine ont été invités à écrire le silence : Solenn Denis : « Ad nauseam » / Gianni-Grégory Fornet : « Un jour, on devient un de ceux qui partent » / Thomas Gornet : « Écoutez-nous » / Delphine Hecquet : « Room in New York » / Arnaud Poujol : « We want war : Brad Pitt et les filles de Mars ».

    Livre publié avec le soutien de l'Oara, l'Office artistique de la région Nouvelle-Aquitaine.

  • Coédité avec Les Chantiers-théâtre de Blaye et de l'Estuaire en juin 2011.
    Commande d'écriture des Chantiers d'Écritures Nomades en Estuaire. Six pièces courtes de trois auteurs originaires d'une même région, l'Aquitaine. Dominique Paquet, Arnaud Poujol et Philippe Touzet racontent leur estuaire.
    "Quand on est un enfant de l'estuaire, les odeurs, la force des images et l'étrange atmosphère de ce "Pays" nous habitent à jamais..."

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