François-Marie Humann

  • La vie chrétienne est l'apprentissage d'un amour : aimer comme Dieu nous aime. Expérience intime, ce pèlerinage suit pourtant des étapes repérables, même si elles ne sont jamais chronologiques. Et parce que la quête de Dieu est inséparable de la façon dont Dieu se donne à l'homme, l'ouvrage s'attache à comprendre comment, à chacune d'elles, Dieu agit en l'homme, comment il suscite et fortifie le désir d'être avec lui et comment l'amour est, réciproquement, accueilli et donné. Autour du thème concret de la soif spirituelle, qui constitue le fil rouge du livre, des notions telles l'incarnation de Dieu en la personne du Christ, l'expérience de la Croix, la communication par l'Esprit, la communion des saints, le salut sont éclairées, offrant une vision d'ensemble accessible de la foi chrétienne, par ailleurs illustrée dans des références régulières aux figures spirituelles de la tradition.
    Et sur le chemin qui sépare et unit tout à la fois les hommes de Dieu, sont traitées ces questions qui paraissent sans réponse :
    Qu'est-ce que Dieu représente pour l'homme ? Qu'est-ce qu'implique la quête de Dieu ? Qu'est-ce que signifie la capacité qu'a Dieu d'accueillir l'homme, avec ses défauts humains ? Qu'est-ce qu'une relation vivante à Dieu ?
    Un texte à la fois pédagogique et sensible, dont le parcours ménage une tension à l'image du chemin spirituel.

  • Le regain d'intérêt qu'a connu la théologie trinitaire, au XXe siècle, a porté un fruit particulièrement fécond en christologie grâce à une meilleure compréhension de la place que l'Esprit occupe dans sa relation au Christ. Dans la Trinité, l'ordre Père, Fils, Esprit signifie un rapport de principe entre les trois personnes divines et ne doit pas conduire à donner de l'Esprit une figure appauvrie ou simplifiée, de tierce position. Bien au contraire, le Nouveau Testament souligne la complexité et la richesse du rapport entre le Christ et l'Esprit. Une différence existe entre la situation avant Pâques et le temps à la suite de la résurrection. Avant Pâques, l'Esprit repose sur le Christ, révèle sa filiation divine de manière essentielle, et conduit le Christ dans son désir et son accomplissement de la volonté du Père. Après Pâques, le Christ souffle l'Esprit sur les apôtres, l'Esprit est envoyé par le Père au nom du Fils (voir Jn 14, 26), et par le Fils d'auprès du Père (voir Jn 15, 26). L'étude de la relation de l'Esprit au Christ, parfois nommée christologie pneumatique, doit-elle alors prendre le pas sur le traité classique du Verbe incarné ?

    En relisant l'oeuvre d'Yves Congar (1904-1995), il est possible de donner une réponse originale et qualifiée à cette question, et d'en percevoir aussi les applications concrètes. À travers l'oecuménisme et l'ecclésiologie, Congar a été conduit à penser de manière nouvelle le rapport entre le Christ, l'Esprit et l'Église. On y trouve un principe unificateur qui permet d'interpréter de manière cohérente et organique son oeuvre considérable. Jointe aux contributions d'autres théologiens, sa réflexion nous permet de situer la christologie pneumatique, non en rivalité avec le traité du Verbe incarné, ce qui, au fond, n'aurait pas vraiment de sens, mais, plus utilement, de la comprendre comme nécessaire à l'élaboration d'une christologie pleinement trinitaire. Surtout, avec Congar, on peut montrer que la mise en valeur de la place de l'Esprit-Saint dans la vie du Christ favorise une meilleure prise en compte de l'humanité et de l'existence historique de Jésus, propre à nourrir la quête contemporaine d'une authentique vie spirituelle.

  • Les chrétiens de France méconnaissent la figure de saint Martin (3e évêque de Tours - 316-397), dont le culte s'étend en Allemagne, en Hongrie, jusqu'aux Philippines, et même en Martinique. En célébrant les 1700 ans de sa naissance, la ville de Tours (où réside son tombeau) et son diocèse lancent en 2016 un immense jubilé, de dimension européenne.
    Cet officier romain est célèbre pour avoir partagé son manteau avec un déshérité, à la porte d'Amiens ; il fut aussi un soldat habité par la paix ; homme de prière, il a implanté en Gaule le premier monastère du monde occidental ; pasteur attentif à chacun, il évangélisait sur le chemin, toujours proche du pauvre.
    Dans la 1re partie - St Martin et son temps - le Père Pierre LAMBERT nous présente le saint, décrivant son époque pleine de troubles et d'idolâtries : un contexte bien proche du nôtre.
    Dans la 2e partie - La prière assidue de Saint Martin - le Père François-Marie HUMANN développe combien sa prière constituait la base de son évangélisation. La biographie de Sulpice Sévère abonde en miracles, guérisons, visions et songes : pèlerinant sans cesse, pour ce moine, prière et charité vont ensemble (nommé évêque en 371, il fonde un monastère « épiscopal » à Marmoutiers.) Sa vie et sa prière sont vraiment celles des apôtres dans les Actes : elles questionneront le chrétien contemporain.

  • A la suite d'un colloque organisé sur ce thème en septembre 2007 à l'Institut catholique de Paris, ce livre propose un premier bilan sur la recherche consacrée aux écrits apocryphes chrétiens des premiers temps de l'Église.
    Littérature souvent méconnue, riche d'un imaginaire débordant et parfois fantaisiste, ces textes témoignent aussi de la réalité des différentes communautés chrétiennes anciennes. Mais que disent les apocryphes de cette diversité ? Comment les formes artistiques interviennent-elles dans la mise en valeur de ces récits ? Comment croiser les approches historiques, exégétiques, théologiques, littéraires ou iconographiques? Autant de questions abordées et débattues ici, qui invitent à leur manière à découvrir les textes eux-mêmes.

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