Hassan Massoudy

  • Quand on voyage dans l'ABCdaire, le plaisir d'apprendre fait ricochet

  • L'histoire d'Antar, ce personnage pré-islamique et pourtant contemporain, est accompagnée de calligraphies arabes originales.

    Guerrier et poète, tel fut Antar, ou Antara. De l'Arabie préislamique du vie siècle où il vécut, la légende le projettera ensuite jusqu'à l'Espagne musulmane et aux Croisades. Fils d'une esclave abyssine, il devait à sa mère sa couleur noire qui le fit surnommer l'un des trois corbeaux des Arabes. Condamné par sa naissance illégitime à la condition d'esclave, il ne dût qu'à la vaillance qu'il déploya lors d'une incursion d'une tribu voisine, la reconnaissance de son père. Il devint alors le défenseur attitré des Bédouins dont il demeure, encore aujourd'hui, avec son esprit chevaleresque et aventureux, son amour de la liberté, son sentiment exalté de l'honneur, la figure emblématique.
    Les créations fougueuses, tendres, subtiles de Hassan Massoudy scandent le texte d'une épopée qui met en scène un homme d'armes et de mots, capable au plus fort des batailles, d'improviser de courtes stances d'un lyrisme remarquabIe, aux accents profondément poétiques, dont un certain nombre nous sont parvenues.

  • Dans chacun de ces poèmes, extraits de L'Interprète des désirs, Ibn Arabî (1165-1240) évoque l'expérience fulgurante d'un amour spirituel, suscitée par sa rencontre avec une jeune Iranienne prénommée Nizhâm, Harmonie.
    Reconnu comme l'un des plus grands maîtres soufis, Ibn Arabî dépeint les caractéristiques de cette femme emblématique, expression parfaite de l'Amour, de la Beauté, de la Divinité. Il la reconnaît et l'aime dans le creux des dunes, dans l'ombre bienfaisante des rares bosquets, dans le vent frais, dans le soleil scintillant, bref dans tous les mouvements de la nature. Nourri de poésie et de culture arabe, Hassan Massoudy redonne vie à cette expérience spirituelle unique, par son style à la fois généreux et maîtrisé.
    Sur des fonds de couleurs qui évoquent les paysages désertiques dont parle Ibn Arabî, les lettres devenues oeuvres d'art incarnent les évolutions harmonieuses de l'Amant et de l'Aimée.

  • « Comme l'arbre du désert, j'ai été façonné par la douleur, la violence, les contraintes. J'ai eu la chance de pouvoir toujours résister et de trouver, en puisant dans mes racines, une force intérieure qui m'a poussé en avant. »

    Né en 1944 dans la ville sainte de Nadjaf, Hassan Massoudy a vécu son enfance et sa jeunesse dans un Irak aujourd'hui disparu. Descendant du Prophète par sa mère, il grandit dans une société traditionnelle marquée par la rigueur de la religion et la brûlure du désert, mais aussi par la joie collective des grandes fêtes et l'esprit de solidarité. Très jeune, dans cette ville où toute image est prohibée, il investit sa passion de l'art dans la calligraphie et consacre toute son énergie à se procurer papiers et pigments. Étudiant à Bagdad au début des années soixante, il se trouve pris au coeur de la tourmente politique qui conduira à l'avènementde la dictature. Après de multiples séjours en prison, le jeune peintre quittera l'Irak pour la France en 1969, libre mais déchiré. Depuis plus de trente ans, il a fait connaître dans son pays d'accueil l'art de la lettre arabe, à travers des oeuvres magnifiques où se marient les cultures d'Orient et d'Occident. C'est un artiste reconnu, mais toujours amoureux de ses racines, qui nous offre ici « son » Irak. Portrait à fois nostalgique et vivant d'un peuple chargé d'histoire qui, malgré l'oppression, demeure assoiffé de culture, Si loin de l'Euphrate nous plonge au coeur d'un Orient perdu, terrible et merveilleux.

  • Hassan Massoudy affronte la simplicité concrète des mots de la nature, des mots animés d'une force primitive, des mots portés et emportés par le trait noir, tout à la fois puissant et subtil, du calligraphe.

  • " je viens de cette âme qui est à l'origine de toutes les âmes je suis de cette ville qui est la ville de ceux qui sont sans ville le chemin de cette ville n'a pas de fin va, perds tout ce que tu as, c'est cela qui est le tout.
    " rûmî, que le monde de l'islam désigne comme mawlânâ, "notre maître", n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, qui, au xiiie siècle, parlait déjà de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires. il est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle.
    Ses quatrains ou rubâi'yât expriment toutes les nuances des états spirituels : désir, passion, nostalgie, rêve, mélancolie, amour.
    Ils nous font saisir, par une sorte d'intuition fulgurante, un univers oú tout se fonde sur la quête de l'absolu.
    L'interprétation que hassan massoudy, peintre et calligraphe d'origine irakienne, donne des poèmes de rûmî reflète admirablement l'enseignement soufi, à la fois tradition vivante et sagesse universelle.

  • Hassan Massoudy est calligraphe. Un calligraphe du XXe siècle. Il a écrit son livre comme un ouvrier parle de son travail, de ses outils. Le roseau. Le fer qui le coupe. L'encre et ses recettes. Les matériaux qui feront la lettre tantôt gravée, sculptée, incrustée, modelée, assemblée, coulée, tissée, brodée, peinte, tantôt écrite sur ce papier lustré de talc et de blanc d'oeuf, que les Arabes ont employé dès la fin du ville siècle, de Samarcande à Jativas. La naissance de la ligne. Le point, soit diacritique, soit mesure, soit ornement. Le code : géométrie de la lettre qu'il faut respecter et ne pas respecter. Les styles, nés des mutations historiques du monde musulman. L'histoire de la calligraphie partout présente, toujours vécue, qui rend les livres scientifiques séduisants. Qui occupe les lieux du pouvoir : les mausolées, les palais, les mosquées, et, intimement mêlée au nom du donateur, se développe sur le porche, la coupole, le minbar, le mihrab. Qui s'affiche dans la rue et s'insinue dans la vie quotidienne : les vêtements, une bague, l'assiette, le moindre dinar, et, aujourd'hui, les reproductions photographiques et imprimées, le néon... C'est un livre pratique, et c'est un livre de plaisir. Pour le plaisir des yeux. Il se termine par quinze oeuvres de Hassan Massoudy, preuves que la calligraphie arabe est un art vivant.

  • Calligraphies de Hassan Massoudy

  • La calligraphie n'est pas l'art d'enjoliver les lettres mais de les accomplir, de mener à maturité et à efflorescence leur promesse graphique.
    On le voit bien ici lorsque, calligraphiant un poème d'ibn zaydoun sur la brise du matin, hassan massoudy déploie, dévoile même sur toute l'étendue de la page, le nuage azuréen de son calame. la ligne, alors, devient signe, les lettres des nuées d'aube ou de couchant, et le poème un ciel dansant. depuis longtemps, j'admire en hassan massoudy cet art d'habiller les mots de vêtures d'ange, de peupler le ciel des pages de nuages somptueux, de sensuelles volutes.
    Le poème devient alors chant parallèle, pictogramme éthéré. c'est par cette calligraphie - et par elle seule - que l'on retrouve ainsi l'aurore de l'écriture, quand les mots étaient encore les frères des images et que l'on pouvait lire et voir à la fois, sur les murs, les tablettes, les porphyres et les marbres, comme le fait ici hassan massoudy, les hiéroglyphes de l'amour et de la passion.

  • " Après toutes ces années passées en France, je ne suis plus le même. Mon attrait pour la culture occidentale a fait place à un retour vers mes racines. Par mes habitudes de vie actuelles, je suis un Européen, mais mon coeur se tourne vers l'Orient, c'est là que je me retrouve... En tant qu'artiste, croyant au rôle de la culture dans l'élévation des consciences, j'ai essayé, humblement, d'être actif dans le sens de la vie. Au cours de mes voyages en Europe, où tous vivent maintenant en paix, mes pensées sont souvent allées vers les peuples d'Orient et mon espoir se traduisait par des mots libres dans un espace serein, où l'on pouvait lire : paix et liberté. "
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  • Des extraits du "Prophète", rythmés par des calligraphies arabes modernes d'une grande pureté.

  • Dialogue de la plume et du calame, ce livre chante la quête éternelle de l'amour vrai.
    Avec le talent qu'on lui connaît, jacques salomé célèbre la magie de la rencontre, porte ouverte sur l'horizon d'une " infinitude ". en écho, les calligraphies de hassan massoudy dansent, aériennes, comme aspirées par cet infini. å'uvres contemporaines ancrées dans l'art arabe traditionnel, elles font jaillir du coeur du poème mille courbes et mille couleurs ; à travers elles, l'esprit et la lettre vibrent en harmonie, dévoilant le mystère de l'amour.
    Un livre à écouter comme un cantique, et à lire avec les yeux de l'âme.

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