Sciences humaines & sociales

  • 1453, la fin de l'Aquitaine anglaise Nouv.

    L'année 1453 marque une importante rupture politique dans l'histoire de Bordeaux. La reddition de la capitale de l'Aquitaine signifie pour elle-même et pour l'ensemble du duché la fin de trois siècles d'obédience anglaise et l'entrée dans la mouvance du roi de France. Les conditions de cette mutation sont particulièrement défavorables. Les acquis d'une première reddition, avec les honneurs, en 1451, semblent perdus. Le rappel des Anglais et la participation à la lutte armée relèvent de la trahison et du crime de lèse-majesté, que Charles VII se doit de châtier. Comment la ville de Bordeaux en est-elle arrivée là ? Quelles traces cet événement a-t-il laissées chez les contemporains et dans l'historiographie ? 

  • Rejetés dans l'ombre par Bordeaux, les ports de l'estuaire de la Gironde sont mal connus. L'ouvrage met en lumière l'un d'eux : Royan, premier abri et première ville que les voiliers rencontraient au sortir des redoutables passes de l'embouchure.
    De la fin du Moyen Âge au xixe siècle, routiers et cartes marines, récits de marins et de voyageurs posent Royan en portier de la « rivière de Bordeaux ».
    « Château-port » médiéval à l'abri de ses fortifications jusqu'à sa destruction en 1631, puis havre d'échouage mal protégé où s'abrite une cinquantaine de barques et de chaloupes locales, comment évolue le paysage portuaire royannais ? Quel aspect avait le port médiéval ? Comment la ville s'est-elle reconstituée autour du bourg de Saint-Pierre après 1631 ?
    Royan est au coeur de multiples activités maritimes. Presque toutes sont liées à Bordeaux dont Royan est le port de service. À partir d'exemples concrets, on suit les barques royannaises de cabotage qui transportent les barriques de vin jusqu'en Bretagne et en Irlande ; on les voit animer au xviiie siècle l'intense trafic interne à l'estuaire, sans compter le va-et-vient des chaloupes des pilotes qui entrent ou sortent les navires de l'estuaire.
    Quelle relation les Royannais entretiennent-ils avec la mer ? Pour les 200 à 300 marins, la navigation est source de travail depuis les matelots et les capitaines engagés sur les trois-mâts bordelais de la route des Antilles, jusqu'à ceux qui ne quittent guère les eaux de l'estuaire. Comment s'organisent les carrières des gens de mer ? Quels sont les risques du métier ? Par ailleurs, quel regard portent les autres Royannais, d'abord des paysans, sur la mer et sur leur rivage familier ?
    Vivre sur le littoral signifie des ressources complémentaires par les pêches sur l'estran, les naufrages ou les travaux de manutention. Mais la mer, avec les tempêtes, les « volements de sable » et les menaces des attaques venues de l'Océan lors de chaque guerre, est aussi synonyme de dangers et de peurs.
    Traversant plus de cinq siècles durant lesquels les Royannais se sont lancés sur la mer, l'étude se clôt à l'aube d'un changement majeur. À partir de 1820, avec l'arrivée des premiers vapeurs venus de Bordeaux avec leurs « cargaisons » de touristes, Royan se mue en une station balnéaire. La mer n'a plus le même sens.

  • Comment naviguaient les marins le long des côtes atlantiques de l'Europe à la fin du Moyen Age ? S'adressant aux navigateurs chevronnés ou non, aux esprits curieux du monde de la mer comme aux amateurs d'histoire maritime, ce livre apporte des réponses à travers l'étude d'instructions nautiques rédigées en 1483-1484 par Pierre Garcie dit Ferrande, maître de navires de Saint-Gilles-sur-Vie, et imprimées en 1520 sous le titre de Grand Routier.

    Avec une boussole et une ligne de sonde pour seuls instruments, Pierre Garcie explique la manière de longer les côtes du Ponant et de traverser la Manche ou le golfe de Gascogne. Pragmatique et pédagogue, il accompagne ses explications de dessins d'amers qui font de son routier une oeuvre unique à l'époque.

    Au moment où la victoire de Jean-Luc Van den Heede dans la Golden Globe Race (29-01-2019) a attiré l'attention sur la navigation "à l'ancienne", Le Grand Routier permet d'approcher des techniques plus vieilles encore et oubliées des historiens : les savoirs empiriques des marins de l'Atlantique à la fin du Moyen Age, avant le développement de la navigation astronomique.

    Avec l'aide d'une équipe internationale, Michel Bochaca et Laurence Moal font redécouvrir Le Grand Routier 500 ans après sa première édition. Alliant la passion de la recherche avec celle de la mer, ils entraînent le lecteur dans le sillage d'un maître de navires de la fin du XVe siècle au gré de nombreuses illustrations qui donnent tout son sens au texte de Pierre Garcie.

  • Centré autour de Fortaney Dupuy, marchand et bourgeois de Bordeaux au début du XVIe siècle, cet étui réunit deux travaux complémentaires qui permettront au lecteur de se mouvoir dans le territoire de l'historien jalonné d'allées et venues entre les sources et leur interprétation. L'un des volumes a pour objet l'édition intégrale des trois plus anciens livres de comptes conservés pour un marchand de Bordeaux. Il lève l'obstacle de la lecture difficile de documents comptables dont l'austérité s'estompe vite pour laisser place à des scènes de la vie quotidienne orchestrées par Fortaney Dupuy et ses employés à partir de la boutique fréquentée avec plus ou moins d'assiduité selon les clients de 1505 à 1523. La documentation riche et diverse contenue dans ces livres de comptes et dans quelques autres papiers de Fortaney Dupuy éclaire les activités d'un marchand de Bordeaux type. Au-delà de ce personnage central, l'étude historique présentée dans l'autre volume ouvre de larges perspectives sur l'économie et la société d'une des grandes villes du royaume de France et de sa région à l'aube de la Renaissance. On entrevoit aussi des traits de la culture et des mentalités de l'époque fortement imprégnées par le gascon, langue communément parlée en Bordelais et, dans le cas de nombreux marchands, servant à coucher par écrit le détail de leurs affaires.

  • le présent ouvrage rassemble treize communications présentées lors d'un séminaire d'histoire économique et maritime qui s'est tenu en juin 2005 à l université de la rochelle sur le thème des évolutions naturelles et des transformations humaines que les sites portuaires et les secteurs littoraux qui leur sont proches ont connues entre la fin du moyen age et le début de l'époque moderne.
    traitant d'un ensemble régional de ports ou d'un port en particulier, ces textes balayent de vastes portions du littoral européen atlantique depuis les anciens pays-bas jusqu'à l'andalousie, en passant par le littoral français du golfe de gascogne.
    après l'" optimum climatique " des xi-xiie siècles, les xive, xve et xvie siècles connaissent des accidents climatologiques qui marquent l'entrée de l'europe dans un " petit âge glaciaire ".
    si les chroniques gardent le souvenir des manifestations les plus spectaculaires (" vimaires " de mer et " volements " de sables), les contemporains ont pris conscience des transformations lentes et progressives, comme le comblement des baies et des estuaires, qui modifiaient la physionomie du littoral et compromettaient les activités traditionnelles liées à la mer (saliculture, pêche, navigation).
    les côtes basses et sableuses furent les plus exposées à ces changements comme en témoignent les cas de la zélande et de la flandre maritime, du bas poitou, de l'aunis et la saintonge, de la gascogne, du portugal et de la basse andalousie. a l'inverse, les ports menacés par le recul de la côte sous l'effet de l'érosion semblent avoir été peu nombreux. royan et talmont, à l'entrée de la gironde, constituent néanmoins deux exemples significatifs.
    si les côtes rocheuses du nord de l'espagne ont été relativement épargnées par ces phénomènes, les municipalités se préoccupèrent d'améliorer les infrastructures portuaires à partir de la lin du xve siècle, notamment de les protéger des assauts répétés de la nier (saint-sébastien, guetaria, laredo).

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