Arhsens

  • " En vérité je vous le dis, nourrir l'humanité est chose bien trop sérieuse pour en confier la responsabilité aux paysans ! " Ainsi pense et s'exprime Onésime Coignard, cependant que la quiétude de l'arrière-pays grassois est secouée de troubles mystérieux.
    Explosions, disparitions inexplicables, réunions occultes bouleversent l'ordre des choses, au grand dam du vaillant inspecteur Schiapparelli. Philippe Rousseille nous entraîne aux côtés de son héros dans une croisade caustique et hautement improbable contre la malbouffe et la crédulité, mais rira bien qui rira le dernier...

  • Une époque sans âge, une ville insaisissable, un fleuve limoneux et froid. Dans ce monde noir et oppressant, sur lequel plane l'ombre de services judiciaires omniprésents, Martin Vilano s'efforce tant bien que mal de ne pas sombrer inexorablement. À l'écart de l'agitation grouillante du centre-ville, il se calfeutre dans un quartier en friche voisin du Village nègre, un ghetto d'immigrés en butte au rejet et à la haine. Mais quand on fait « profession de solitude », lorsqu'un cadavre fait surface et que quelqu'un frappe à la porte, cela ne peut pas être un simple voisin.

    S'inspirant de la réalité historique des Villages nègres - des baraquements précaires implantés aux abords de nombreuses villes françaises durant les années trente, où s'entassèrent des milliers d'immigrés en provenance des pays européens -, Olivier Chavanon dresse le portrait d'une société névrosée au travers d'une enquête policière qui vise, au moins en apparence, à faire la lumière sur le meurtre barbare d'une jeune femme. Drame psychologique, roman noir, fiction sociologique : Village nègre fait l'amer constat du dialogue de sourds qui peut s'instaurer entre les individus.

  • Vastes solitudes

    Franck Aria

    • Arhsens
    • 6 Janvier 2012

    Le monde est dévasté, la réalité faussée, l'ennui généralisé, le spectacle idolâtré ? Qu'à cela ne tienne, la solitude est vaste. Elle recèle d'autres mondes, d'autres libertés, d'infinies richesses que seuls l'amour et la pensée connaissent. Afin de sortir de l'impasse contemporaine, les deux héros de ce livre, un homme et une femme, se vident de la société pour ne jouir que du Temps. Ils vivent dans une petite maison en bordure de ville, à hauteur respectable des tribulations urbaines. La campagne et la forêt se hument toutes proches, les montagnes offrent leur horizon en dents de scie. Alvia l'amazonienne est musicienne et brasse l'air de sa noblesse, tandis que lui se joue des mots et prend des notes. Il a refermé ses cahiers de désespoir le jour où il a réglé sa vie selon les joies qu'exprime encore le réel. Tous deux s'aiment de nier la mort, mais l'Amour ne les a pas rendu aveugles. Ils ressuscitent donc chaque jour et leur projet est le bonheur, ce mot d'après jouissance qui n'est su que lorsqu'il se vit. L'amour comme salut ? Sans rancoeur ni aigreur ? Sans aucun sentimentalisme ? Le paradis, là, maintenant ? Oui.

  • Super brat

    Eric Tchijakoff

    • Arhsens
    • 1 Août 2012

    « Le coup de bâton que cet avorton de six ans lui avait balancé, Vlad ne le digérait pas. Il aurait dû adopter une attitude conforme à ce que l'on attend d'un adulte responsable, en gros, passer à autre chose, dépasser sa colère et le ridicule qui s'y attachait. Mais rien de tout ça ne lui effleurait l'esprit dans l'instant, que dalle ! C'était juste un putain de merdeux quoi ! Il avait une furieuse envie de lui apprendre à vivre, à être poli, respectueux des adultes (rien qu'une fois), à ne pas hurler à tout bout champ des insanités pas de son âge, à ne pas s'essuyer les pieds sur les portes, à ne pas gribouiller sur les murs. S'il n'avait été tout nu, si Pipo s'était trouvé face à lui, il l'aurait rééduqué sur place. » Super Brat, c'est un match de basket-ball qui court sur une décennie, du côté d'Annecy. Ce sont dix saisons de «un contre un» féroces, sans règles ni arbitre, qui vont échapper au contrôle de Vladimir Antonovitch, entraîneur de basket, ancienne gloire locale essoufflée dont la vie sociale, affective et familiale part en vrille, tandis qu'il glisse inexorablement sur la pente (savonnée) qui lorgne du côté de la vieillesse.

    Au coup d'envoi, on retrouve sur un terrain de quartier Vlad face aux six ans du jeune Pipo. Leur relation se nourrit de la volonté de domination de l'un, face à l'aversion de plus en plus grande de l'autre, aversion à laquelle s'ajoutera peu à peu le mépris. Au fil des années qui s'égrainent, Vlad voit ses compétences remises en cause par son élève et son autorité bafouée, au point que celui qui devait être sa «création» finit par saper ses fondations, par révéler ses fêlures au grand jour.

    De rencontres en ruptures, le «super morveux» et le coach vont s'entêter dans un combat larvé où les coups bas du premier sapent les espoirs de pygmalion du second.

  • Les compagnons d'Ulysse dévorés par le cyclope dans l'Odyssée ou les mineurs victimes d'un coup de grisou dans Germinal... qui s'en souvient ? Personne... On ne peut pas même les nommer, Homère et Zola ne les ayant pas baptisés. Malheureux personnages romanesques secondaires, oubliés des lecteurs, manipulés par leurs auteurs, snobés par leurs éditeurs, méprisés par leurs héros...
       À tous ces parias de l'histoire de la littérature, un livre offre enfin la lumière des premiers rôles : ils seront les héros d'une épopée « sur la route au bout de la nuit ».
       Leurs porte-parole s'appellent Arthur Ganate et Jeff Malhotra. Le premier est un personnage de Voyage au bout de la nuit, le roman de Céline dont il disparaît dès la fin du premier chapitre ; le second se prétend un personnage de Sur la route, de Jack Kerouac, supprimé du manuscrit lors des corrections, avant même la première édition. La rencontre d'Arthur et Jeff provoque leur soudain héroïsme et ensemble, ils vont parcourir la France puis les États-Unis à la recherche de Ferdinand Bardamu et Dean Moriarty, les deux héros de leurs romans originels.
        Composé presque exclusivement de dialogues, le roman d'Olivier Courtois nous invite à un voyage d'une brillante vivacité dans un monde où réalité et littérature se mêlent. Érik Orsenna, le petit prince, Paul Auster ou encore les chevaliers de la Table ronde, entre de nombreux autres, forment le plus prestigieux des castings pour un livre à l'onirisme envoûtant.

  • Brindezingue

    Patrick Corrand

    • Arhsens
    • 23 Novembre 2010

    « Septembre. De gré ou de force qu'ils ont dit ! Ça a été de force. comme un condamné qui va à l'échafaud. Justement ! J'ai toujours trouvé bizarre tous ces types qui montent tranquillement se faire raccourcir sans se rebeller, sans lutter, sans se châtaigner avec le béquilleur ! Mais là, je suis comme eux. résigné.
    Renfoncé dans le fauteuil du car qui me ramène dans cette margaille, je tire une gueule de six pieds de long en pensant à tout ce qui m'attend. mouisard, traîne savate, sans compter les sérénades et tout ce tintamarre !. » Jugé « trop turbulent, trop nerveux, désordonné, instable, insupportable, épouvantable », Gaspard, 15 ans, est expédié par ses parents, sur les conseils avisés d'une assistante plus vacharde que sociale, dans une institution tenue par des ecclésiastiques où humiliations et châtiments corporels tiennent lieu d'éducation. Après s'être mutiné contre cette autorité, le jeune garçon s'isole dans un monde imaginaire de piraterie, de rencontres extraordinaires, de vagabondages à travers le monde.
    Pourtant, alors qu'éducateurs et psychologue s'accordent à diagnostiquer chez lui le syndrome d'Asperger, une rencontre va tout changer : blonde, bronzée et aux formes attrayantes, la jolie Nora redonne le goût de vivre à Gaspard, qui décide de devenir architecte. Mais pour cela, il lui faut commencer par rattraper son retard scolaire et passer son bachot, ce qu'il va faire à la stupéfaction générale en huit mois.

  • A vau-l'eau

    Rodica Draghincescu

    • Arhsens
    • 1 Avril 2006

    À travers sa liaison amoureuse avec Victorius, un homme qui chaque jour se propose de renoncer à son mariage raté, Cadiro Ghindracuces raconte sa vie de porte-drapeau d'une nouvelle génération d'écrivains issue de la chute du régime de Ceaucescu, des bords de la mer Noire à Timisoara, en passant par Bucarest.
    Elle décrit avec ironie ses révoltes, ses amours, ses lectures, sa solitude, ses tristesses, ses rapports à rebrousse-poil avec la nouvelle haute société roumaine. Au-delà du classique triangle amoureux - Zorika, la femme-mère de famille, opprimée par les rôles de cuisinière et ménagère ; Cadiro, l'amante effrontée ; et Vic, l'homme qui se laisse entraîner dans la spirale de son indécision -, À vau-l'eau s'immisce au sein de l'intelligentsia, où se côtoient politiciens douteux, pseudo-artistes et anciens collaborateurs de la Securitate, dans un monde où tous les anciens repères vacillent.

  • Le maitre noyeur

    Bruno Giroux

    • Arhsens
    • 1 Juillet 2006


    patrick cailloux est un maître nageur comme les autres : q.
    i. d'un ficus (c'est lui qui le dit), lunettes de soleil et pectoraux saillants. vaguement misogyne, un brin bagarreur, intolérant juste ce qu'il faut, sa vie s'écoule entre les vieux de l'aquagym, les rappeurs qui prennent sa piscine pour un studio d'enregistrement, son chat et ses conquêtes d'un soir. pourtant, quand les cadavres commencent à s'entasser autour de lui, la police devient suspicieuse.
    parce qu'un mort dans une piscine, c'est un accident ; deux morts, c'est une coïncidence ; trois morts et plus, ça cache forcément quelque chose. cynique et amusé, bruno giroux nous offre un suspense habilement mené qui fait éclater l'image conventionnelle de la piscine pour construire un univers trouble oú les jalousies et les rancoeurs vont bon train. le maître noyeur est son deuxième roman.

  • Charlémoi

    Christine Jeanney

    • Arhsens
    • 23 Janvier 2008

    " Ce monde autour est bien réel, il a des montagnes tangibles, une place dans un système solaire et une galaxie et moi, au point P, le Vous êtes ici cerclé de rouge sur les plans de villes, je suis presque deux fois plus important qu'une mouche ou qu'une poussière d'antenne de crevette, c'est-à-dire que dalle, et mettre la puissance de mon cerveau au service de mon nombril c'est comme si Dieu s'occupait seulement de sa coiffure et n'assurait pas le service après-vente. " En proie à des questions auxquelles il ne trouve pas de réponses, Edouard Prince, 35 ans, écrivain pour jeune public, s'isole dans les Vosges pour faire l'état des lieux de sa vie. Frustré de n'avoir jamais su écrire un "vrai" livre, un livre " recyclable en citations ", comme il dit, il se lance dans la rédaction de fragments de son passé pour se découvrir, se purger de son sentiment de ratage perpétuel. Tissant la vie d'Edouard comme on reconstruit un puzzle, Christine Jeanney dépeint tout en finesse le portrait d'un être tour à tour révolté, apathique, déprimé, cynique et tendre, un original à l'imagination débordante, un héros dont le seul héroïsme consiste à ne pas se renier.

  • Dans la nuit du 28 février de cette année-là, Gaëtan Loizan, restaurateur à Moustiers-Sainte-Marie, provoqua bien involontairement un accident qui plongea dans le coma l'infortunée Clémence Pélagon. Le 10 avril de la même année, un sordide fait divers survenu dans une école élémentaire d'Aix-en-Provence projeta Benjamin Renaud, jeune veuf enseignant domicilié au n° 5 de la rue Aumône Vieille de cette même ville, sur la route de Gaëtan Loizan et de son jumeau, auxquels il était lié par une stupéfiante singularité. L'harmonieux trio qu'ils formèrent ne fut qu'éphémère, et se réduisit avec la mort de l'un de ses membres. Suicide machiavélique ou meurtre déguisé ? Si les autorités eurent tôt fait de conclure, la vérité était, pour le moins, plus embrouillée. Ce livre en est le récit. Raphaël Watbled nous livre une histoire haletante qui tient tant de la déambulation dans le vieil Aix-en-Provence que de l'art horloger. Car Benjamin Renaud, protagoniste malgré lui d'une sombre histoire de chantage, reconstitue méthodiquement la chronologie des évènements comme on analyse le mécanisme d'une montre cassée, pour tenter de trouver les clés de l'énigme de sa propre mort. Coïncidences, hasard et quiproquos vont lui rendre la tâche infiniment compliquée.

  • Avoir cinquante ans, ça change tout. Quarante-neuf, passe encore, mais cinquante. À cet âge, la vie devient une chose étrange : on se souvient de ce que l'on aurait aimé accomplir, de celui qu'on aurait aimé devenir. Gabriel Poussin, lui, a quarante-neuf ans, onze mois et trente jours. Entre fiasco professionnel, routine de couple et sentiment d'échec général, il décide du jour au lendemain de tout plaquer. Sa femme, son chalet en bord de Seine, ses bouteilles de vin et ses chats. Et c'est en compagnie du plus improbable des compagnons qu'il va prendre le chemin de ce qu'il s'imagine être la Liberté.
    Comment devenir guerrier Massaï est le roman d'une maturité inaccessible. Un périple hilarant mais grave, désenchanté mais féerique avec, en bout de course, une révélation terrible - révélation de celles qui donnent une saveur particulièrement nostalgique à un passé pas si terne que ça (finalement), et un drôle de goût à un avenir pas si prometteur que ça (finalement).

  • Sur-vivre

    Aaron Coulibali

    • Arhsens
    • 2 Octobre 2007

    Issu d'une banlieue favorisée, exerçant sur les plateaux télé un métier qui lui procure les plaisirs faciles que permet l'argent, marié à la femme qu'il aime mais toujours à l'affût d'une aventure, Aaron Coulibali s'est confortablement installé dans une vie de "marginal mondain".
    Pourtant, le jour où sa femme le quitte, sa vie s'arrête. Cette rupture le laisse seul face à la vacuité de sa vie, dans un état de manque affectif qui le ronge. Hypnotisé par l'image obsessionnelle de cet amour perdu, désespéré de n'avoir pas su simplement vivre son bonheur, il trompe son angoisse d'être seul par la fréquentation des paradis artificiels. Dans ce roman poignant de sincérité qui nous entraîne au rythme de phrases syncopées, dictées par la fièvre des drogues dont il abuse, Aaron Coulibali met en scène sa propre déroute.
    Il dresse le portrait sans concession d'un jouisseur acharné qui découvre trop tard sa raison d'être, et au-delà d'un vécu personnel, c'est l'histoire universelle de la passion qu'il nous raconte avec la profusion d'un Kerouac.

  • Aube, jeune fugueuse de 17 ans, est recueillie dans leur dérive par deux inséparables qui s'abîment nuit après nuit dans l'alcool pour chasser leurs fantômes: stroheim, charmeur, poète, provocateur; et victor, pianiste mutique et manchot.
    L'énergie qu'elle va déployer pour les sauver d'un caïd de la pègre locale et sa soif de vivre agiront comme un révélateur sur les êtres qu'elle rencontre : chacun est renvoyé face à sa propre existence, à ses choix, entre rédemption et condamnation. dans son premier roman, " la rue de la soif ", grégoire damon renouvelle les codes traditionnels du roman noir, oú le réalisme le dispute à la poésie pour nous envoûter.

  • Londres, 1887. Arthur Conan Doyle, qui n'est pas encore Sir, tire le diable par la queue : son cabinet médical ne rencontre pas vraiment le succès, et son premier roman n'obtient pas plus la reconnaissance littéraire escomptée qu'il ne permet à l'auteur de s'enrichir.
    De leur côté, ses confrères Bram Stoker - alors administrateur du Lyceum Theatre - et Oscar Wilde s'en sortent à peine mieux.
    Profitant de l'expérience théâtrale de Stoker, des connaissances anatomiques de Doyle et du cynisme inspiré de Wilde, les trois écrivains inventent alors un stratagème censé leur rapporter les lauriers qu'ils méritent : ils mettent en scène de faux meurtres destinés à attirer l'attention sur leurs romans, au nom du précepte selon lequel la nature imite l'art. Mais après deux échecs cuisants, lorsque l'affaire enfin éclate dans la presse, les cadavres qui s'accumulent ne sont plus les leurs !

  • Face à une crise majeure, il est rassurant et confortable de pointer du doigt un responsable. Inquiète du scandale des subprimes et de la déroute financière qui s ensuivit, ulcérée par la découverte du jeu dangereux joué par Jérôme Kerviel et l escroquerie de Bernard Madoff, la société désigna dans son infinie sagesse le coupable du désastre : le Banquier était devenu « l homme à abattre », sans distinction de rôle ni de degré d implication, du simple employé aux patrons, filous ou non. Que se passe-t-il dans la tête d un golden boy porté au pinacle pendant deux décennies, considéré comme l exemple même de la réussite sociale, et que l on accuse soudain de tous les maux jusqu à se réjouir de sa chute ? Que reste-t-il à un homme qui a construit son existence sur la domination, l argent, l apparence, et qui se retrouve du jour au lendemain humilié, jeté à la porte devant les caméras de télévision avec une boîte en carton dans les bras ? Face à la débâcle de sa vie, Emmanuel est contraint de se poser des questions qui ne l ont jamais effleuré auparavant Il se surprend à mesurer le prix de ses sacrifices et de ses renoncements. A-t-il choisi la bonne voie ? Est-il heureux ? L issue de cette course folle aux profits et au pouvoir n était-elle pas fatale ? Et surtout : que faire maintenant ? À la crise financière fait écho la sienne, les doutes existentiels de la quarantaine. Le choc sera-t-il salutaire ? Tourné vers son passé pour y deviner ce que sera son avenir, il cherche les réponses dans une fuite improvisée au goût de sauve-qui-peut.

  • Noces d'airain

    Christophe Leon

    • Arhsens
    • 10 Avril 2008

    Avec un art consommé de la satire et du cynisme, Christophe Léon nous invite, durant un court quart d'heure, à l'autopsie d'un mariage. Quinze minutes pendant lesquelles un homme et une femme, Elle et Lui, mariés depuis 22 ans, vont ressasser à tour de rôle leurs secrets, leurs compromissions, leurs petites bassesses quotidiennes, leur exaspération des habitudes les plus innocentes de l'autre.

  • La soupe au formol

    Frédéric Mouchet

    • Arhsens
    • 15 Janvier 2010

    La Soupe au formol, polar «à tiroirs», se présente sous la forme d'une compilation de textes réalisée par Georges Flaubert, professeur de médecine à la retraite, dans sa volonté de constituer un dossier le plus complet possible concernant une certaine Affaire Barone : le très étrange vol d'une tête disséquée dans le musée d'Anatomie de la faculté de Médecine de Montpellier, suivi du meurtre apparemment inexplicable du professeur Barone, sous-chef du service d'anatomie, et d'un chapelet d'autres crimes.
    Les textes qui se succèdent et s'imbriquent, reconstituant peu à peu les faits pour les élucider, sont des récits d'enquête écrits par le Dr Nicolau (médecin reconverti en apprenti Sherlock Holmes), de cyniques confessions de criminels, ou encore des nouvelles horrifiques rédigées par un assistant illuminé obnubilé par la mort.

  • Ce roman de Frédéric Mouchet, le deuxième de l'auteur toulousain, est une grande fresque libertine et guerrière, dans laquelle le lecteur prend part aux aventures d'un jeune narrateur, naïf et inexpérimenté, qu'une subite solitude jette sur les chemins de Pyrénées à la nature métamorphosée, parsemées de cités imaginaires, et où chaque rencontre est l'occasion d'une étourdissante mise en abîme de récits enchâssés : une nonnerie dédiée à la lubricité; un chirurgien voyageur, séducteur et possible mentor ; des rimeurs congénitaux conteurs d'histoires fabuleuses...
    Plongé dans un érotisme noir, où le rire ne s'éloigne jamais du frisson de l'horreur, le monde est ainsi perçu à travers le prisme d'un kaléidoscope hallucinatoire reflétant les réalités multiples, et souvent incom- patibles, de la société.
    Dans la lignée du Manuscrit trouvé à Saragosse de Potocki, Le Manuscrit trouvé à Pau ose tous les genres : roman libertin autant que picaresque, poème épique, conte fantastique et philosophique ou encore épopée burlesque, il puise son inspiration dans des sources aussi éclectiques que Boccace, Rabelais, Cervantès et Lesage. Sans complexe, sans tabou, sans vergogne, Frédéric Mouchet nous livre un texte foisonnant aux savoureuses tonalités licencieuses, que n'aurait pas renié Saint-Just.

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