Criteres

  • En juin 2018, une rumeur bruit dans le monde de l'art contemporain : le célèbre pochoiriste britannique Banksy aurait peint plusieurs oeuvres sur les murs de Paris. La première est découverte Porte de la Chapelle, puis viennent les rats de Beaubourg, ceux de la Tour Eiffel, le chien de la Sorbonne, le Napoléon de l'avenue de Flandre, et la jeune fille en pleurs du Bataclan. En tout, onze oeuvres sont réalisées. Très vite, fans de l'artiste et de street art partent à la chasse aux oeuvres à travers la capitale. Quel sens ont ces oeuvres ? Dans quel contexte interviennent-elles ? Que nous dit Banksy sur notre société, son immédiateté, son hypocrisie ?

  • L'art de Mahn Kloix, c'est avant tout raconter des histoires d'humains, celles de femmes et d'hommes qui se battent pour leurs rêves et qui oeuvrent au quotidien pour un monde plus juste, plus libre et plus solidaire. Dans le contraste du noir, du blanc et parfois du doré, entre les entrelacs des lignes continues, les visages se dessinent et prennent vie. Avec poésie, délicatesse et intensité, l'artiste partage des fragments de vie et les combats de celles et ceux qui font évoluer les mentalités.
    Dans ce 90e Opus, Critères Editions met en lumière un artiste engagé et instinctif, mû par les liens qui unissent les résistants ordinaires, ceux qui à leur niveau, bousculent les idées reçues et finissent par changer le monde.

  • Fables subies Nouv.

    Fables subies

    Codex Urbanus

    • Criteres
    • 5 Novembre 2021

    En l'honneur des 400 ans de la naissance de Jean de La Fontaine, l'artiste de street art Codex Urbanus, dont le fameux bestiaire fantastique peuple les murs de Paris et d'ailleurs, revisite les Fables Choisies en Fables Subies. D'abord collées sur les murs avant d'être recueillies dans ce livre, fables et dessins invoquent toutes les créatures chimériques qui peuplent l'imaginaire de l'artiste.

  • OPUS DELITS ; RNST

    Chrixcel

    A l'instar de ses personnages, RNST avance masqué, non pour se cacher, mais pour ne rendre visible que ce qui compte vraiment : ce qu'il peint et les idées que ses dessins véhiculent. Engagées, révoltées, mais aussi romantiques et poétiques, les oeuvres de l'artiste dijonnais détournent les codes. Ses portraits, réalistes et résolument libres, interrogent, questionnent, voire dérangent... pour finalement laisser les spectateurs à leurs propres interprétations.
    Son identité graphique, reconnaissable au premier coup d'oeil, est un savant mélange de styles, de couleurs, de genres et d'influences. L'artiste au blase de 4 lettres seulement, expose dans les rues depuis les années 90 ses oeuvres subversives et rebelles... faisant peut-être de lui le premier de ses " inencadrables ".

  • Contours épais, formes foisonnantes et végétales, corps baroques et parfois pop, l'oeuvre de JBC est complexe, tant ses inspirations sont multiples. L'artiste aime humaniser la ville et embarquer le public dans ses voyages colorés et ses explosions visuelles. Ses peintures et ses collages mêlent formes, couleurs, et discours, pour un résultat surréaliste et onirique. JBC donne des couleurs aux murs et au mobilier urbain autant qu'il donne à réfléchir aux passants, qu'il prend par surprise.

  • Décalée ou complètement folle, Petite Poissone touche à tout, du dessin au collage, de la peinture à la sculpture... Toréador de caractère, elle colle ses aphorismes un peu partout, là où ça lui chante, quitte à penser que la vie est belle, juste pour quelques heures, sans preuve formelle. Tour à tour poète, reine du cynisme et héroïne de l'ironie, elle égaie le quotidien parfois morose de son absurdité. Un peu comme si, dans le grand 8 de la connerie, tout le monde avait gagné un tour gratuit.

  • Pour ce 54e Opus Délits, l'artiste lève le voile sur ce qui l'anime, sur ses sources d'inspirations et les buts sacrés qu'il poursuit, dans un livre qui se veut comme la continuation de sa démarche tout autant qu'un manifeste artistique.

    Nuit après nuit, un étrange bestiaire d'animaux fantastiques défile sur les murs de Paris, au gré des errances furtives de son auteur et au rythme des vagues de peinture beige de la ville qui recouvre inlassablement ces chimères. Des insectes, des reptiles, des mandibules, des cornes, des écailles, c'est une collection éphémère d'enluminures qui est créée, nommée en latin et inventoriée. avant de disparaître.

  • Des personnages féminins peints au pinceau sur les murs de Toulouse dans les années 1990 : c'est là que commence l'histoire de Miss Van, artiste aujourd'hui considérée comme l'une des plus grandes figures de l'art contemporain urbain international... et également l'une des rares femmes artistes de renom. À ses débuts, les personnages de Miss Van étaient des projections d'elle-même, des doubles à la sensualité provocante. Ils ont progressivement évolué vers une richesse picturale qui a nourri de nombreuses séries à l'imaginaire de fantasque. Au milieu des années 2000, celles que l'on désigne encore comme des poupées commencent à voir leur maquillage couler. Une fois le masque tombé, les personnages féminins de Miss Van se dévoilent comme l'expression même de la féminité, entre force et fragilité. L'artiste fait alors voyager le spectateur à travers différents univers, comme le cirque ou la danse. Ses représentations sont parfois sombres, parfois très lumineuses.
    On y trouve invariablement une femme accompagnée d'un faon ou enroulée dans une chevelure sans fin.

  • Enfant du rock, Jef Aérosol l'est assurément.
    L'un des pionniers du mouvement street art en France manie les pochoirs et les bombes pour représenter les icônes incontournables de la « rock generation », mais également des anonymes.
    Artiste peintre et musicien dans plusieurs groupes de folk et de rock'n'blues (Windcatchers, Open Road, Distant Shores), il crée un lien, intime, sensuel et sensoriel entre musique et peinture.
    Ses portraits en noir et gris réveillent en nous des émotions enfouies et une petite musique qui ne nous quitte plus...

  • Dès les années 60, Ernest Pignon-Ernest est le premier à utiliser le pochoir in situ, pour investir le monde réel avec des silhouettes dessinées ou peintes. De taille humaine, ces figures prennent place dans un lieu choisi pour son histoire, son esthétisme, son âme, et sitôt posées, font corps avec ce lieu qu'elles embrassent, devenant inséparables de leur support.

    À l'origine de ces séries d'images, un choc : celui de l'impact humain des bombes d'Hiroshima et de Nagazaki. Comment représenter la mémoire des corps volatilisés ? La réponse se trouve dans les souvenirs enfouis et le potentiel symbolique d'un espace, révélés grâce au pouvoir évocateur de l'image. Puissantes, poétiques, et politiques, les images d'Ernest Pignon-Ernest subliment l'histoire et la mémoire par leur présence aussi indispensable qu'éphémère.

    Dans cet Opus Délits, Jérôme Gulon navigue dans le temps et l'espace pour nous présenter en détails plusieurs séries de l'artiste : premières interventions extérieurs à Albion (1966), Rimbaud dans Paris (1978), La Commune (1971), le Caravage et Napples (1988 /1995), les cabines téléphoniques (1996), hommage à Mahmut Darwich à Ramallah (2009), etc.

  • Isaac Cordal place ses petits personnages dans les recoins les plus inattendus du paysage urbain. Ses mises en scène, parfois dures, parfois poétiques, parfois teintées d'humour, ne manquent pas d'intriguer les spectateurs. Street-artiste, il ne se contente pas d'exploiter les murs, car c'est tous les supports, tous les volumes de la ville qu'il met à contribution. Ses compositions peuvent théâtraliser de 1 à 500 figurants, toujours affairés à la réalisation d'un objectif obscur, comme enfermés dans leurs pensées. Isaac Cordal crée des oeuvres réalistes dans un langage direct destiné à solliciter l'empathie du spectateur. L'homme a-t-il cessé de réfléchir sur ses actes ? L'installation de figurines miniatures perdues au milieu de la ville assoit l'impression d'étroitesse d'horizon des personnages. Représentant pour la plupart des hommes en costume au dos vouté, au crâne dégarni et à l'allure défaitiste, les sculptures en ciment d'Isaac Cordal incarnent le manque de place faite à l'humain au sein de nos sociétés modernes. Qui n'a pas éprouvé de désillusion face à une vie banale et routinière, face à l'impuissance des individus écrasés par le dictat d'un système économique tout puissant ? Au-delà des émotions que ses personnages transmettent, c'est un vrai questionnement sur les effets secondaires du « progrès » au sens capitaliste que nous propose ce talentueux sculpteur et photographe espagnol.

  • Dans le quartier Sainte Marguerite à Paris, une ribambelle d'yeux multicolores éclot du macadam. Nous sommes en 2007 lors d'une froide nuit hivernale. Le Cyklop naît d'une idée simple, presque une plaisanterie. Peindre un oeil sur les potelets métalliques qui pullulent sur les trottoirs de nos villes. Pour s'amuser, pour amuser. Une évidence pour leur créateur, graphiste passé maître en détournement d'objets. D'abord une poignée, puis d'autres, par dizaines, par centaines. À son passage, les tubes de fer se parent de couleurs et ouvrent leur paupière.
    À l'entrée d'un parc, d'un musée, au détour d'un passage piéton ou le long d'une avenue, le mobilier urbain se mue ainsi en de joyeuses créatures. Une kyrielle de regards rieurs qui interpellent le passant, amorcent un dialogue et convoquent l'imaginaire. En un clin d'oeil, ils gagnent le coeur de ceux qu'ils croisent. Riverains, travailleurs, enfants, touristes... Tous adoptent ces gentils petits monstres urbains qui observent le monde d'un regard bienveillant. De Paris à Marseille, de Berlin jusqu'en Chine, les Cyklops égayent nos trajets quotidiens avec humour, amour et espièglerie.

  • Les oeuvres d'Amandine Urruty sont aussi envoûtantes qu'étonnantes. Au premier abord, les personnages et la multitude de détails qui composent ses créations semblent appartenir à un univers baroque au décor très travaillé - avec une touche enfantine. Pourtant, en s'approchant de plus près, on se trouve face à des métaphores morbides, des attitudes perverses, des situations absurdes, des costumes grotesques ou des animaux anthropomorphes et ambigus. Poils, os et gros nez peuplent des maisons de poupées et des paysages de contes pour enfants, créant une ambiance absolument singulière. Ambivalent, son travail se trouve être une improbable rencontre entre le Muppet Show, les grands maîtres de la peinture flamande et les Crados. Bref, il faut le voir pour le croire, les créations d'Amandine Urruty se jouent de la vulgarité avec légèreté et élégance.
    Passée maître dans l'art de la mine de plomb, Amandine Urruty travaille également sur de multiples supports, qu'il s'agisse du corps de Philippe Katrine (!) ou de pochettes de disque. En 2008, elle rejoint la scène street art et réalise régulièrement depuis des oeuvres in situ, comme par exemple lors de sa récente intervention sur le MUR de Bordeaux à l'automne 2016. Son style a été remarqué par Etapes ou par le magazine Hey. Amandine Urruty exposera pour un solo show à la galerie Arts Factory en novembre 2017.

  • Dans les années 80, à l'époque où seules 5 personnes maniaient le spray dans les rues de Paris, Epsylon Point était de celles-là.
    Pionnier dans le mouvement street art, l'artiste aux multiples pochoirs déroute et dérange : depuis plus de 30 ans, il se nourrit de l'actualité et exprime sur les murs ses réactions face à des sujets sensibles, tels que les conflits mondiaux ou les aberrations politiques. Tour à tour touchant et provocateur, il aime aussi représenter des scènes érotiques. Epsylon Pointu " l'impolitiquement correct " a marqué des générations de street artist.
    Il se positionne, aujourd'hui, comme une figure incontournable du mouvement.

  • Faire dialoguer les Grands Hommes de l'histoire de France avec notre quotidien, tel est le défi brillamment relevé par le célèbre pochoiriste Christian Guémy, alias C215. Dans le cadre de la saison culturelle du Centre des monuments nationaux Sur les murs, histoire(s) de graffitis, l'artiste a peint le portrait de ces illustres personnages autour du Panthéon. Disséminés dans les rues du 5e arrondissement, ils sortent du tombeau et s'offrent à la vue de tous.

    Le parcours extérieur est complété par une exposition dans la crypte du Panthéon, dans laquelle C215 nous présente sa démarche, ses outils, ainsi qu'une sélection d'oeuvres réalisées sur des objets symboliques associés à la vie et à l'oeuvre de ces grandes figures.

    Marie Curie, Germaine Tillion, Guillaume Apollinaire ou encore Jean Jaurès... ce livre est une invitation à découvrir ou redécouvrir le visage de ces femmes et de ces hommes qui ont marqué notre histoire de leurs combats et de leurs actions.

  • En 17 ans de création, il y en a eu de l'évolution dans l'oeuvre de Stoul ! Des chats aux femmeschat, du glamour aux totems, en passant par la semi abstraction de ses ORU (pour Opération de Renouvellement Urbain), l'art de Stoul évolue sans cesse, bouge, pour finalement toujours surprendre le public. Inspirée par l'Asie et ses mangas mais aussi par la mode et l'architecture, la « peintresse » comme elle se définit elle-même, ose, prend des risques, s'engage. Lignes, angles, diagonales, couleurs éclatantes ou monochromes, le futurisme pictural de Stoul est reconnaissable immédiatement, pour notre plus grand plaisir !

  • Une présentation de l'oeuvre du graphiste et dessinateur typographe japonais Yoshii Akiza, dont le projet artistique se concentre autour d'une petite poupée en noir et blanc, peinte dans la rue ou sur des supports variés, qui a toujours le même visage mais une multitude de corps différents.

  • Willem

    Virginia Ennor

    Bernhard Willem Holtrop, dit Willem, est un dessinateur de presse satirique néerlandais.
    Certains naissent avec une cuillère en argent dans la bouche, Willem est né avec un crayon dans la main. Son truc quand il était petiot, c'était de recopier les gravures d'une ancienne bible datant du XVIIIe siècle qui reposait dans la bibliothèque des Holtrop. « Je trouvais ces dessins très violents, mais ça m'amusait.
    » Très vite, le gamin trouve son inspiration et se met à réaliser ses propres dessins. C'est ainsi qu'à seulement sept ans, il provoque au sein de la famille - protestante de confession - son premier tohu-bohu. « J'avais dessiné Ève avec une bite. » Depuis ce jour, Willem n'a pas cessé de surprendre, de choquer, de déranger l'opinion à travers la férocité de son trait et l'originalité de ses fautes de français ! Mais il a aussi su charmer les rédacteurs en chef des journaux les plus en vue ; l'Enragé, Hara-Kiri, Charlie Hebdo, Siné Mensuel, Libération, entre beaucoup d'autres. La plupart des gens qui ont déjà croisé Willem se demandent : comment un homme aussi doux, posé, gentil, bienveillant - car Willem est comme ça - peut-il dessiner des trucs aussi trash et violents ? La lacune est comblée. Et la réponse réside dans ce 6e opus de la collection « Les Iconovores » avec, en plus, des tas de dessins inédits rien que pour vous.

  • Vuillemin

    Virginia Ennor

    Philippe Vuillemin, surnommé l'ange noir de la BD par certains, dessinateurs à la ligne crade par d'autres. Fait partie de ces génies qui n'ont jamais eu à mettre les mains dans le cambouis pour gagner leur vie. Son épopée débute au collège, quand son conseiller d'orientation lui suggère de devenir comptable. Il répond « non je veux faire des dessins ». Et c'est ce qu'il fit. Cinq ans plus tard, Yves Got - qu'il rencontre durant ses études, à Duperré, l'Ecole supérieure des arts appliqués de Paris - remarque illico le talent du gamin et publie sa première planche de BD dans L'Écho des savanes. Got se dit qu'il est tombé sur une perle. Mais à peine tombé dessus, la pépite avait déjà disparu. Vuillemin s'était barré étudier aux Gobelins sans laisser d'adresse. Et sans même songer à re-proposer ses dessins. Le jeune étudiant poursuit alors son chemin sans trop se poser de questions sur son avenir jusqu'au jour, où, en sortant d'un supermarché il tombe nez à nez sur Got qui lui tonne « Putain ça fait 6 mois qu'on te cherche partout. On veut bosser avec toi ». En gros, le bougre est devenu dessinateur - et pas n'importe lequel - en faisant ses courses. Depuis, il n'a pas beaucoup changé. Comme un génie il apparaît et disparaît. Et quand on n'arrive pas à le choper, par désespoir, on se surprend parfois à implorer le ciel de nous le ramener.

  • Barres d'immeubles, parkings en démolition, usines abandonnées, les paysages urbains et industriels qui entourent Jana & Js ne cessent de les inspirer. Ce couple d'artistes s'appuie sur la ville et son architecture en perpétuelle mutation pour créer leurs pochoirs "photographiques" minutieusement détaillés. Ils peignent des paysages de fer et d'acier, de briques et de béton, et des silhouettes qui observent, des photographes la plupart du temps, qui croquent la ville et ses passants. Précis et percutants, leurs pochoirs font interagir le citadin avec son environnement direct à travers des jeux de miroir et de mises en abyme : de véritables reflets de notre monde.

  • Gros

    Caroline Constant

    On ne parlera jamais assez des bienfaits de la lecture chez les enfants. C'est parce qu'il a beaucoup dévoré de bandes dessinées que Pascal Gros a fini par saisir un crayon lui-même. Adolescent, les classiques de la BD ont laissé la place à des lectures plus mordantes, de Desproges à Fluide Glacial. Et l'émission de télévision « Droit de Réponse » de Michel Polac lui a ouvert l'univers du dessin de presse, via les dessins en direct et la revue de presse de Cabu, Loup et Siné. Le tout a nourri un esprit de contradiction bien ancré qu'il exerçait déjà sur ses condisciples et ses profs. Ses études d'ingénieur en poche, il profite du statut d'objecteur de conscience pour esquiver l'armée et tenter, dans un journal écologiste, l'aventure du dessin de presse. Des Réalités de l'Ecologie en passant par le journal alternatif La Vache Folle, il est publié dans Marianne dès les débuts du magazine. Plutôt que d'y croquer les grands de ce monde et leurs petites phrases, ses dessins ramènent surtout l'actualité dans la vie quotidienne. Et si pour Cavanna le dessin de presse doit être « un coup de poing dans la gueule », Pascal Gros, lui, « fait le tour et mord ». Attention, dessinateur (presque) méchant.

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