Editions Du Patrimoine

  • Décédé en 2012 à la veille de ses 105 ans, l'architecte brésilien Oscar Niemeyer est mondialement connu pour la ville de Brasilia. Après une formation à l'École des beaux-arts de Rio, il entre au cabinet d'un proche de Le Corbusier, Lucio Costa. Aussi, quand ce dernier se voit confier par le président Kubitschek la conception de la nouvelle capitale, Niemeyer en construit naturellement les principaux bâtiments publics. Avec l'inauguration de la ville en 1960, il devient immédiatement une célébrité mondiale.
    Quatre ans plus tard, fuyant la dictature militaire, il trouve refuge en France où il reçoit plusieurs commandes, impulsées par le Parti communiste ainsi que par le ministre de la Culture du général de Gaulle, André Malraux. Il ne rentrera au Brésil qu'en 1985.
    Se succéderont nombre d'édifices emblématiques comme le siège du Parti, place du Colonel-Fabien, la Maison de la culture du Havre dite « Le Volcan », la Bourse du travail de Bobigny, ou le siège de L'Humanité. L'étude de Vanessa Grossman et Benoît Pouvreau est l'occasion de découvrir d'autres constructions ou projets moins connus comme les résidences dans le midi (à l'instar de la villa Nara Mondadori à St-Jean-Cap-Ferrat), les logements collectifs (comme ceux de Dieppe ou Villejuif), ou les bureaux (comme ceux de Renault à Boulogne-Billancourt).
    Grâce aux archives de la Fundação Oscar Niemeyer, ce livre jette un éclairage unique sur l'oeuvre de Niemeyer, montrant comment ses réalisations françaises ont marqué le développement de son oeuvre international. Sa riche personnalité le vit également dessiner des meubles, collaborer à la Fête de l'Humanité à partir de 1978, participer au jury qui choisit les jeunes Piano et Rogers pour le Centre Pompidou, ou encore imaginer une salle de spectacles amovible pour la Cour carrée du Louvre.

  • L'architecte Hector Guimard (1867-1942) est principalement connu comme l'auteur des célèbres entrées du métropolitain de Paris. Mais aussi du Castel Béranger (1898), immeuble au décor très novateur, point de départ d'une carrière placée sous le signe d'une originalité sans concession. Principalement créateur de maisons singulières, mais aussi d'édifices industriels ou d'habitation, de tombes et de pavillons d'expositions, il fut en outre un remarquable concepteur de meubles et d'objets dans les matériaux les plus divers.
    Dès 1900, il inventa l'expression le " Style Guimard " pour définir une manière qui se voulait très personnelle, totalement sans rapport avec l'Art Nouveau - dont il fut pourtant l'un des représentants majeurs en France -, et qui fit de lui un créateur isolé. Depuis vingt ans, la connaissance de sa vie et de ses travaux a beaucoup évolué, grâce à la découverte de nouveaux édifices et de nombreux objets inédits, mais aussi de la diffusion de divers fonds documentaires.
    Ceci permet une nouvelle approche du travail de Guimard, par une compréhension plus fine de sa méthode de création, et surtout des influences réciproques entre son activité d'architecte et ses ambitions d'artiste décorateur.

  • La parution de cet ouvrage frappe les trois coups de la prochaine ouverture de la Villa Cavrois conçue par Robert Mallet-Stevens (1886-1945) pour l'industriel roubaisien Paul Cavrois.
    Formé à l'École spéciale d'architecture de Paris, Robert Mallet-Stevens s'intéresse très tôt à la collaboration entre les différentes formes d'art. Il s'oriente pendant les vingt premières années de sa carrière vers la création de meubles et de décors de cinéma, qu'il considérait comme un art à part entière. Il fut par ailleurs l'un des fondateurs en 1929, et le premier président, de l'Union des Artistes modernes (UAM), réunissant des artistes décorateurs et architectes avant-gardistes. Il fut également dans les années 1930 directeur de l'École des Beaux-Arts de Lille. Ce n'est que sur le tard qu'il devint architecte, presque exclusivement pour des clients privés. Il n'en est pas moins considéré aujourd'hui comme l'une des figures majeures de l'architecture française de l'entre-deux-guerres, en tant que l'un des principaux représentants du Mouvement moderne.
    L'auteur retrace ici les points forts de la carrière de ce grand nom du Modernisme et revient notamment sur la construction de la Villa Cavrois à Croix, classée aux Monuments historiques depuis 1990.

  • Fernand Pouillon (1912-1986) est assurément la figure la plus romanesque de l'architecture française du xxe siècle.
    Les fastes de sa vie privée et ses démêlés judiciaires ont défrayé la chronique. Son talent d'écrivain s'exprime pleinement dans Les Pierres sauvages (1964) et dans les Mémoires d'un architecte (1968). Son oeuvre bâti, exceptionnel par son ampleur (Aix, Marseille, Bastia, Saint-Tropez, Bastia, Boulogne-Billancourt, Iran, Algérie) révèle ses qualités de composition et de construction. Mis au ban de sa profession pour avoir contrarié les intérêts financiers de nombreux architectes et promoteurs, Fernand Pouillon a démontré la compatibilité de la construction en pierre de taille et du logement de masse.

    Après un portfolio iconographique et une biographie détaillée et synthétique, l'auteur propose l'étude détaillée de ses projets majeurs regroupés par typologies.?Cette monographie consacrée à Fernand Pouillon permet d'aborder facilement l'oeuvre de l'architecte, de la resituer et d'en saisir immédiatement les temps forts.

  • Renée Gailhoustet (née en 1929) suit des études de philosophie avant de se diriger vers l'architecture. En 1952, elle intègre l'École nationale supérieure des Beaux-Arts dans l'atelier de Marcel Lods, André Hermant et Henri Trezzini.

    Engagée à gauche, elle s'intéresse au logement social, en proposant, avec conviction, d'autres modèles que ses contemporains tournés vers les grands ensembles produits en série. Elle entre dans l'agence de Roland Dubrulle en 1962 et se voit confier le projet de rénovation urbaine d'Ivry-sur-Seine dont elle devient architecte en chef en 1969. Entre-temps, elle fonde sa propre agence en 1964 et collabore avec plusieurs municipalités communistes en proche banlieue parisienne. Des géométries variées, des volumes complexes, des terrasses-jardins, sont quelques principes qui se retrouvent tout au long de sa production.

    S'appuyant sur des influences multiples, notamment l'équipe de Georges Candilis, Alexis Josic et Shadrach Woods chez qui elle a travaillé, relevant avec Jean Renaudie de nouveaux défis, elle conçoit une architecture de la rencontre, du bien-être, de l'échange.

    En 2018, Renée Gailhoustet reçoit la médaille d'honneur de l'académie d'architecture et, en 2019, le Grand Prix de Berlin.

  • Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier [1887-1965), fut sans conteste l'un des architectes les plus inventifs et les plus influents du XXe siècle. Suisse d'origine, naturalisé français en 1930, il est aussi le premier à pratiquer son métier à l'échelle mondiale. Architecte, peintre et théoricien, Le Corbusier n'a cessé de voyager, pour apprendre d'abord, pour diffuser ses théories ensuite, enfin pour construire (au Japon, en Inde, en Argentine, en Irak...). Son oeuvre bâtie et projetée, pour l'essentiel menée en association avec son cousin Pierre Jeanneret, concerne tous les programmes qui ont marqué le XXe siècle, notamment l'habitat individuel et collectif, l'urbanisme, les bâtiments publics, culturels, sacrés ou industriels. Auteur d'oeuvres majeures, telles la villa Savoye à Poissy, la Cité radieuse à Marseille, la chapelle de Ronchamp ou la ville de Chandigarh en Inde, Le Corbusier fut pourtant longtemps combattu ; il aura finalement les honneurs de funérailles dans la cour Carrée du Louvre, assorties d'un célèbre discours d'André Malraux. Cet ouvrage propose un regard synthétique sur le parcours de celui qui définissait l'architecture comme « le jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière ». C'est à celle des recherches les plus récentes que l'auteur donne à voir les facettes, multiples et contrastées, de ce créateur d'exception.

  • Le designer et architecte Marcel Breuer (1902-1981) compte parmi les personnalités les plus importantes et les plus marquantes du XXe siècle. Parallèlement à la création de meubles qui font partie des classiques de l'époque moderne, il mena une prestigieuse carrière couronnée de succès en tant qu'architecte.
    Ses études puis son enseignement au Bauhaus de Weimar et de Dessau aux côtés de Walter Gropius conditionnèrent toute son oeuvre tant en Allemagne puis aux États-Unis qu'en France. Après avoir bâti quelques maisons individuelles d'un élégant raffinement, la construction du siège de l'Unesco à Paris changea radicalement le cours de sa carrière et lui permit d'aborder des édifices et des programmes souvent monumentaux. De la communication à la gestion des projets jusqu'aux techniques de construction, Breuer contribua à une évolution notable du métier, relevant des défis et apportant des réponses claires, sensibles, puissantes et convaincantes.
    Après une introduction biographique et un cahier illustré offrant un panorama de l'oeuvre, cet ouvrage consacre sa 2e partie à l'étude détaillée de 5 grands projets bâtis en France : le siège de l'Unesco à Paris, le centre de recherches d'IBM à La Gaude, la ZUP de Bayonne, la station de sports d'hiver de Flaine et la villa Sayer à Glanville.

  • Présenter les écoles et les lycées de la première moitié du XXe siècle est un choix séduisant : c'est une période pendant laquelle ils ont été des plus variés. Conçus autour de 1900 dans le sillage du rationalisme constructif, ils connurent le régionalisme et furent dans les années 1930 aux avant-postes de la modernité. La guerre pourtant marqua un temps d'arrêt qui favorisa la maturation d'idées nouvelles, d'où émergent des réflexions sur l'architecture scolaire dans les milieux de la construction, de la pédagogie ou de la médecine ? Dans quelle mesure le développement du béton armé, le mouvement de l'Éducation nouvelle ou celui des écoles de plein air ont-ils transformé ces édifices ? Ce sont les questions qui traversent cet exposé de projets et de réalisations plus ou moins connus, du lycée de garçons d'Henri Ebrard à Nice à l'école de plein air d'Eugène Beaudouin et Marcel Lods à Suresnes, en passant par l'école professionnelle de Paul Guadet à Besançon...

  • Très tôt acquis aux idées du Mouvement moderne, Jean Ginsberg (1905-1983) fait sienne cette nouvelle esthétique et la met en oeuvre dès ses premières réalisations des années 1930, des immeubles de logements destinés à une bourgeoisie éclairée et moderniste. Il utilise en façade la plastique des grandes villas d'avant-garde réalisées par ses maîtres, au premier rang desquels Le Corbusier, et crée à l'intérieur des typologies distributives répondant aux aspirations de jeunes urbains aisés recherchant des appartements plus petits et conçus de manière plus rationnelle pour limiter les coûts et le besoin en domesticité. Le succès est immédiat.
    Avec son associé Franz Heep, il développe le prototype de l'immeuble d'habitation de bon goût pour les couches supérieures de la société parisienne : des appartements de luxe, soumis à un rationalisme économique jusqu'alors inconnu, adoptant un fonctionnalisme de bon aloi où domine le goût du détail.
    Lui-même entrepreneur de ces premières réalisations, Ginsberg abandonne le contrôle de la maîtrise d'ouvrage au fur et à mesure qu'il adopte la production de série à partir des années 1950. Dans le contexte du boom économique de la fin des années 1960, il construira également des résidences immobilières sur la côte méditerranéenne, notamment à Cannes et à Monaco.

  • Internationalement reconnu comme l'auteur de deux chefs-d'oeuvre - l'hôtel Latitude 43 à Saint-Tropez (1932) et le Mémorial des martyrs de la déportation à Paris (1962) -, Georges-Henri Pingusson (1894-1978) est l'une des figures les plus attachantes et les plus atypiques du Mouvement moderne européen.
    Au cours d'une carrière de plus de cinquante ans, il a abordé quasiment tous les programmes et toutes les échelles : usines (la centrale thermique de Vitry), églises (Boust, Fleury, Corny, Borny), maisons individuelles, logements collectifs, mobilier, plans d'urbanisme... Se définissant comme un architecte moderne et traditionnel à la fois, il mène une recherche sur la poétique de l'espace et de la matière, avec le souci constant de contribuer à la modernisation de la vie quotidienne.
    /> Son approche fondamentalement humaniste du projet marquera plusieurs générations d'architectes. C'est d'ailleurs sous forme d'atelier pédagogique que Pingusson achève sa carrière, avec la construction de dix-huit logements sociaux au sein des ruines du village médiéval de Grillon.

  • Grand Prix de Rome en 1903, Léon Jaussely (1875-1932) est l'un des grands noms de l'architecture Art Déco. Il s'oriente vers l'urbanisme après avoir remporté le concours pour le plan d'extension de la Ville de Barcelone en mai 1905. Cette reconnaissance internationale marque pour lui le début d'une pratique de la planification qu'il développe en France après l'adoption de la Loi Cornudet en 1919 sur les Plans d'aménagement, d'embellissement et d'extension des villes, mais aussi à l'étranger (Berlin, Ankara...).
    Membre fondateur de la Société française des architectes-urbanistes, Léon Jaussely fréquente le milieu réformiste et investit tontes les institutions qui préparent la Reconstruction à venir en affirmant la légitimité de l'architecte à devenir urbaniste.
    Nommé architecte en chef de l'exposition coloniale de 1931, il est rapidement éloigné de ce poste par la ville de Paris, qui lui confie alors la conception du musée des Colonies (aujourd'hui Cité de l'immigration) avec Albert Laprade. Architecte des PTT il construit nombre de bâtiments comme l'immeuble du tri postal de Bordeaux.

  • L'oeuvre de Paul Nelson (1895-1979), architecte franco-américain, constitue l'une des recherches les plus importantes du xxe siècle sur l'esthétique de l'espace moderne et la notion de confort et de bien-être dans l'architecture.
    En quelques projets et réalisations importants comme la Maison suspendue (1936-1938) et l'hôpital de Saint-Lô (1946-1967), il développe une conception fonctionnelle et humaniste de l'espace, sans rien sacrifier de ses préoccupations sociales. Avec ses amis Braque, Hélion ou Calder, il a réfléchi à une intégration de la couleur dans des espaces fonctionnels, fluides et poétiques.

    Après un portfolio iconographique et une biographie synthétique, l'auteur propose l'étude détaillée de 6 projets majeurs.?Cette première monographie consacrée à Paul Nelson permet d'aborder facilement l'oeuvre de l'architecte, de la resituer et d'en saisir immédiatement les temps forts.

    Architecte et historien, Donato Severo, enseigne à l'École d'architecture de Paris-Val-de-Seine. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la théorie et l'histoire de l'architecture.

  • Jean Balladur (1924-2002) serait-il l'architecte d'une seule oeuvre, La Grande Motte, dont il fut le concepteur pendant trente ans de 1962 à1992 ? La polémique violente qui entoure la réalisation de cette station où Balladur invente le balnéaire pour tous, l'accuse d'élever un grand ensemble de béton défigurant le littoral languedocien. Hâtivement rebaptisée « Sarcelle-sur-mer » par la critique, mais plébiscitée par le public, La Grande Motte assure la postérité de Balladur, mais le condamne au nom d'un affligeant procès en formalisme, et occulte encore aujourd'hui une oeuvre riche et complexe.
    Héritier du Mouvement moderne, minimaliste pendant une décennie au cours de laquelle il conçoit des oeuvres d'une pureté de ligne très missienne qui le font accepter par ses pairs modernistes, Balladur est exclu du Comité de rédaction de L'Architecture d'Aujourd'hui en 1971 alors que sortent du sable les premières pyramides de la Grande Motte jugées incompatibles avec la ligne de la revue. Balladur revendique une pensée libre et non dogmatique. Fidèle à une philosophie où l'existence préexiste au sens, héritée de l'existentialisme de Sartre dont il fut l'élève, Balladur est un intellectuel dont la démarche consiste à informer une pensée réfléchie et indépendante. Bien qu'il récuse l'étiquette de post-moderniste, son oeuvre construite, d'une grande richesse d'invention formelle, l'inscrit parmi les précurseurs de la condition post-moderne telle que Jean-François Lyotard l'a définie en 1979, celle du refus de tout métarécit et des théories messianiques.

  • Saint-Malo, le quartier du Marais et la passerelle des Arts à Paris, l'usine
    marémotrice de la Rance, l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen ont en commun une
    seule et même signature : celle de Louis Arretche (1905-1991). Premier ouvrage
    jamais publié sur son oeuvre, cette monographie convie à la découverte d'un
    architecte prolixe, impliqué dans tous les grands chantiers de la seconde
    moitié du XXe siècle : la reconstruction, la rénovation et l'extension des
    villes, l'édification des campus, les infrastructures électroniques, la société
    des loisirs, le renforcement des équipements urbains. C'est depuis Paris, où il
    enseignait, qu'il exerça pleinement son influence d'architecte et d'urbaniste
    dans de nombreuses régions françaises, dont la Bretagne. SOMMAIRE : - Arretche,
    un réaliste à l'oeuvre - Marine marchande, Saint Malo Arretche et la
    reconstruction - Faculté des sciences de Nantes Arretche et l'éducation -
    Quartier du Colombier à Rennes Arretche et la rénovation urbaine - La serre du
    parc floral Orléans La Source Arretche et les jardins - Le Celar à Bruz
    Arretche et l'armée - La côte des basques à Biarritz Arretche et les loisirs -
    Eglise Jeanne d'Arc, Rouen Arretche et l'église - Passerelle des arts à Paris
    Arretche et les ouvrages d'art - MSA Perpignan Arretche et le tertiaire -
    Répertoire régional des oeuvres AUTEUR : Dominique Amouroux diffuse une
    connaissance de l'architecture moderne et contemporaine par la rédaction de
    guides, de monographies, d'articles et de chroniques. Il collabore
    régulièrement à des revues (303 Arts, Recherche et création, Architecture à
    Vivre, Archi-Créé). Il a récemment coordonné l'ouvrage consacré à L'Ecole
    nationale supérieure d'architecture de Nantes (Infolio, 2009). Il organise
    également des conférences et des expéditions urbaines, notamment en Pays de la
    Loire et à Nantes où il vit.

  • « L'homme, l'animal, l'amande, tous trouvent le repos maximum dans une coquille. » Gaston Bachelard, La Poétique de l'espace, 1957.

    Un véritable rejet du mouvement moderne a émergé en France durant la décennie 1960. Des architectes et des artistes mènent alors des recherches sur le voile de béton, qui offre une immense liberté d'expression et une souplesse tant formelle que technique. Influencés par Antoni Gaudí ou Frederick Kiesler, inspirés par la nature, ils se tournent vers la création de volumes ovoïdes. Dans une société passionnée par la science-fiction et les soucoupes volantes, ils composent des univers entre représentation primitive et projection futuriste. Leur choix pour les structures en forme de bulles sera à la fois économique, esthétique et pratique : coquille protectrice, elle doit s'accorder parfaitement aux gestes quotidiens.
    En 1959, Pascal Häusermann (1936-2011) est le premier à construire une maison à partir de ce procédé, dans l'Ain. Avec Claude Costy (née en 1931), son épouse - et associée de 1963 à 1972 -, il décline l'utilisation du voile de béton durant plus d'une décennie, tout en travaillant à des variations en plastique.
    D'autres créateurs suivront : Jean-Louis Chanéac (1931-1993), le médiatique Jacques Couëlle (1902-1996), Antti Lovag (1920-2014) qui se définit lui-même comme un « habitologue », ou encore l'architecte Henri Mouette (1927-1995) et le sculpteur Pierre Székely (1923-2001). L'empreinte de cette architecture se lira ensuite aussi bien à travers les livres pour enfants, avec la maison de Barbapapa, qu'au cinéma, avec celle de maître Yoda dans Star Wars. Mais l'intérêt du grand public, étrangement, sera très éphémère. Les bulles vont se répandre pendant une quinzaine d'années, jusqu'à ce que la crise, la mutation de la société française et les nouvelles orientations des lois d'urbanisme sonnent le glas de la plupart des projets. Et depuis le début des années 1980, les maisons-bulles restent essentiellement du domaine de l'autoconstruction.

  • Félix Dumail (1883-1955) est l'un des architectes majeurs des cités-jardins franciliennes et un expérimentateur du « grand ensemble ».
    Élève à l'École des beaux-arts de Paris, il devient architecte en 1908. En association avec Jean Hébrard et Antonin Trévelas, il remporte le concours de la Ville de Paris pour la construction d'habitations à bon marché (HBM) rue Marcadet (1913-1914).
    Dumail et Hébrard conçoivent ensuite la cité-jardin de Gennevilliers (1919-1938). Parallèlement, ils sont chargés de réaliser plusieurs succursales pour la Banque d'Indochine.
    Mais l'oeuvre la plus importante de Félix Dumail est sans doute celle qu'il effectue, à partir de 1921, pour l'Office public d'habitations à bon marché de la Seine (OPHBMS), dont il devient architecte-directeur. A ce titre, il construit notamment la remarquable cité-jardin du Pré-Saint-Gervais (1927-1954). Rationaliste et moderne, il est membre, dès janvier 1933, du comité de patronage de la revue L'Architecture d'aujourd'hui, qui publie ses réalisations. Conseiller technique auprès du conseil supérieur des HBM, il est par ailleurs sollicité dans plusieurs commissions techniques ministérielles.

  • Collaborateur puis associé, propagateur de ses idées, André Wogenscky (1916-2004) a longtemps été dans l'ombre de la haute stature de Le Corbusier. Il participe et mène à bien de grands projets corbuséens (unités d'habitation de Marseille et de Rezé) puis en terminera d'autres comme à Firminy. Bien que fortement inspiré par l'esprit et l'humanisme du maître, Wogenscky développe dès 1955 un oeuvre architectural propre marqué par des bâtiments emblématiques en France (maison de la culture de Grenoble, préfecture des Hauts-de-Seine) et des projets de grande ampleur au Proche-Orient et au Japon. Il accorde une attention extrême aux paysages, aux usages, aux perceptions spatiales et colorées qui stimulent la vie et modifie le quotidien, car pour lui "Tout en architecture est dicté par l'homme, pour l'homme. ".

  • L'étonnante association, pendant l'entre-deux-guerres, d'Eugène Beaudouin (1898-1983) et de Marcel Lods (1891-1978) a constitué un temps fort dans l'histoire de l'architecture moderne en France. Si Beaudouin reste un architecte tourné vers la ville, Lods, homme d'action, s'attache aux possibilités constructives de répétition et de sérialisation offertes par les nouveaux matériaux tels que le verre et le métal. Ces deux personnalités de talents et d'ambitions divergentes ont collaboré pour créer une oeuvre variée et particulièrement novatrice : la Cité du Champ-des-Oiseaux à Bagneux, l'École de plein air à Suresnes, la Maison du Peuple à Clichy ou la Cité de la Muette à Drancy...

  • Guillaume Gillet (1912-1987) est, par son oeuvre et par sa carrière, l'un des architectes les plus représentatifs des Trente Glorieuses. Premier Grand Prix de Rome, il est à la tête de l'une des principales agences françaises. Il participe à de nombreux concours, réalise d'importants aménagements urbains et programmes immobiliers. Son oeuvre est marquée par le mariage de l'art et de la technique en des édifices à la plastique étonnante.
    Petit-fils et fils d'académiciens, il entre à l'Académie des Beaux-arts en 1968 récompensé pour son engagement en faveur des arts et de l'architecture en particulier. Sous la coupole de l'Institut, il prononce les discours de réception de nouveaux membres : Iannis Xenakis, Roger Taillibert, Kenzo Tange, Ieoh Ming Pei. Il est l'auteur de nombreux articles dans lesquels ses prises régulièrement attaquée.
    Il milite pour une architecture pleinement de son époque, déclarant en 1965 "Nous vivons un âge d'or de l'architecture". Les projets suivants sont ici développés : l'église Notre-Dame de Royan (1958), le pavillon de la France à l'Exposition de Bruxelles (1958), l'École nationale de la magistrature à Bordeaux (1972), le projet du Grand hôtel d'Orsay (1962), le domaine du Roy d'Espagne à Marseille (1958-1973).

  • Collaborateur très engagé de Le Corbusier, de Perret ou de Lurçat, Jean Bossu (1912-1983) a connu un long parcours atypique, presque autodidacte.
    Dans son essai introductif, Xavier Dousson rappelle les éléments biographiques marquants : son travail chez Le Corbusier et Pierre Jeanneret (1929-1933, 1936-1937), puis chez Perret ou Nelson, etc. ; mais aussi son amitié avec Gérald Hanning, Louis Miquel, Charlotte Perriand, et bien d'autres ; ou encore sa découverte de l'architecture vernaculaire de la vallée du M'zab.
    Sur le plan théorique, l'auteur s'attarde sur « l'autre modernité »
 de Bossu : de l'influence à l'émancipation, en expliquant ses positions urbaines et contextuelles précoces, ses recherches typologiques et constructives, son attention aux conditions locales d'usages ou de production. Au fil des dossiers, il présente ses premiers projets de maisons à St-Jean-de-Monts en Vendée (1944-1947), les grands chantiers de la Reconstruction, et ses exceptionnelles réalisations en Outre mer dont plusieurs sont aujourd'hui inscrites monuments historiques : divers bâtiments à La Réunion entre 1949 et 1979, le centre commercial Saint-Réparatus d'Orléansville (aujourd'hui Chlef, en Algérie), l'immeuble des Domaines d'Alger (1969-1976)... Comme pour chaque titre de la collection, un répertoire des oeuvres figure en fin d'ouvrage.

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