Intervalles

  • Et s'il y avait dans la littérature davantage de ressources que l'on ne l'imagine pour affronter la dureté des temps ? Dans Du courage, Anne Robatel s'arrête sur certaines grandes voix de la littérature d'hier et d'aujourd'hui. A travers une lecture singulière de Virginia Woolf, de Jane Austen, d'E. M. Forster, de Toni Morrison ou d'Amanda Gorman, Anne Robatel nous révèle quelques héroïnes dont la geste trouve un écho inattendu dans notre époque tumultueuse.
    A les écouter de plus près, on comprend mieux pourquoi commémorer c'est peut-être davantage façonner l'avenir que regarder le passé.

  • Ton fils Huckleberry Finn est une odyssée fluviale de 24 heures à la recherche d'un père disparu. Un père qui a voulu bien faire en revenant d'Australie pour passer un peu de temps avec son fils sur la Save, ce fleuve mythique des Balkans. Mais où donc est-il passé ? S'est-il blessé en pêchant ? A-t-il pris la tangente une fois de plus ? A-t-il été victime des psychotropes que son fils lui fait ingérer pour alléger ses souffrances ? Commence alors une exploration hallucinée où l'on croise dans les méandres du fleuve un contrebandier slave au surnom anglais, un vidéaste japonais embarqué dans une croisière sans destination ou encore un grand amour perdu.
    Déclaration d'amour d'un petit garçon qui ne veut pas grandir à une rivière autant fantasmée que réelle et à un pays disparu, récit expérimental d'un documentaire en train de se faire (et surtout de se défaire), réflexion sur l'exil et sur les malentendus intergénérationnels, Ton fils Huckleberry Finn embarque son lecteur dans un voyage à l'ironie douce-amère sur les rives d'un fleuve au cours tumultueux. Une sorte de Lost in la Sava facétieux et jubilatoire.

  • Sanatorium

    Barbara Klicka

    Une jeune polonaise quitte la capitale pour suivre une cure thermale en province afin de continuer à toucher sa pension d'invalidité. Immergée du jour au lendemain dans un centre thermal public, elle y découvre ses codes, ses incohérences, ses habitués et ses soignants.
    Là, il lui faut trouver sa place auprès de ses deux camarades de chambrée, mais aussi parmi les autres pensionnaires de l'établissement, pas toujours tendres envers les nouveaux venus de la capitale.
    Le ton malicieux adopté par la narratrice est aussi une stratégie de survie pour la curiste, dont le séjour prend parfois des allures de parcours de l'absurde.
    On discerne aussi çà et là une forme de satire contre la piété parfois excessive et inquisitrice de quelques congénères.
    Certaines situations la renvoient à ses douze ans, lors d'une précédente cure thermale aux règles particulièrement strictes. La question des rapports entre soignants et soignés est également très prégnante et confère à certains passages une acuité toute particulière.
    Le corps, qui même quand il dysfonctionne continue à désirer et à être désiré, devient vite le thème central de ce premier roman virtuose qui pose un regard juste et subtil sur des thématiques universelles à travers la peinture pleine d'humour et d'ironie d'un univers singulier et méconnu.

  • Imaginez un monde où vos émotions priment sur tout le reste.
    Un monde où les villes sont façonnées par un urbanisme et une architecture non plus fonctionnels mais émotionnels.
    Imaginez une nouvelle ère où les villes se préoccupent de ce que vous ressentez. Explorez les atouts et les limites de ce nouveau monde.
    Imaginez deux émotionnautes traversant l'espace et le temps pour vous restituer cette fable.
    Imaginez les villes émotionnelles.
    Les Villes émotionnelles sont un catalogue d'utopies plus ou moins réalistes, un manuel de savoirressentir à l'usage de tous, un guide de voyage vers la beauté, une cartographie sentimentale, aussi, et peut-être surtout l'espoir de villes à forme humaine.

  • Chasseur de monstres médiévaux Nouv.

    Damien Kempf est depuis de nombreuses années un chasseur de monstres médiévaux. Il s'agit là d'un travail bizarre qui consiste à traquer les monstres dans l'art médiéval, et plus particulièrement les manuscrits. Il s'y exerce ici avec un humour à toute épreuve.

  • Xéno

    Alain Delmas

    Dans la capitale d'une dictature d'Amérique latine, un attentat élimine une cohorte de prisonniers condamnés au prélèvement d'organes. Dans cet État policier, la politique pénale en vigueur permet en effet de soigner à moindres frais les citoyens en se débarrassant des indésirables, déjà soumis au quotidien à un apartheid implacable.

    Rapidement, le chef de la junte soupçonne un complot. Mais qui, de sa machiavélique commissaire à la Santé ou de ses dauphins rivaux, a bien pu l'orchestrer ?

    Dans ce pays coupé du monde où une terrible épidémie s'attaque principalement aux jeunes femmes, un journaliste étranger se voit proposer un reportage qu'il ne peut refuser. Mais dans cet univers impitoyable, comment s'assurer que son enquête ne soit pas manipulée par des intérêts occultes ?

    Après son premier roman Dans l'ombre du viaduc, Alain Delmas a composé avec Xéno un roman noir vénéneux où des personnages aux nombreuses failles sont prêts à toutes les compromissions pour exercer un pouvoir sans merci. Dans ce huis clos où la manipulation est reine, la vérité semble être devenue un élément de contrôle comme un autre.

  • Coronabécédaire

    Sabine Pigalle

    Pour échapper à la « mélancovid », ce climat de sidération et de morosité qui nous menaçait au début de l'année 2020, Sabine Pigalle s'est lancée dans un réjouissant Coronabécédaire.
    Inventant des néologismes pour décrire les nouvelles situations nées de cette période si particulière, recyclant les tableaux de maîtres anciens en les liant aux nouvelles pratiques apparues avec la pandémie, Sabine Pigalle a voulu nous entraîner dans une catharsis pleine d'humour et de piquant.
    Dans le droit fil de son vocabulaire plastique, l'artiste use d'un ton burlesque pour combattre l'anxiété et les incertitudes nées du confinement.
    La truculence et l'humour noir mis en oeuvre ici opposent la dérision et l'ironie à l'absurdité des situations engendrées par la crise. À ce titre, le langage de Sabine Pigalle constitue une forme de résistance au climat d'incertitude ambiant, face à une épreuve collective mettant en jeu, outre les questions de santé publique, l'économie, le social, les mentalités.

  • La correction

    Guillaume Lafond

    Cinq personnes voient leur destin chanceler le temps d'une fête.Léa, qui a pris des raccourcis amers vers la réussite, Paul, qui la protège depuis les marges de la société, Vincent et Mathéo, aux prises avec leurs démons intérieurs et François, un producteur impudemment matérialiste, tous voient leurs désirs mis à l'épreuve le temps d'une nuit équivoque.
    Ce n'est pas un destin capricieux qui a réuni ces anonymes à Paris un soir d'été. Une organisation très structurée oeuvre dans l'ombre pour que ces individus en perdition ne nuisent pas à l'ensemble de la société. Mais comment, sans nier le libre arbitre de chacun, le Schéma pourrait-il leur insuffler le désir d'une autre voie ?
    Dans ce premier roman choral en forme de contreplongée dans les charmes vénéneux d'une nuit d'été parisienne, Guillaume Lafond a choisi l'unité de temps de la tragédie pour éviter d'en précipiter une plus grande.

  • Notre humanité

    Ai Weiwei

    Ai Weiwei est un artiste contemporain polyvalent : sculpture, installation, photographie, performance et architecture sont quelquesuns de ses moyens d'expression. Il est également l'un des artistes les plus influents au monde et un réalisateur de documentaires engagé.
    Son oeuvre toute entière alerte sur les attaques contre la démocratie et la liberté d'expression, les violations des droits de l'Homme et les déplacements de personnes.
    Ce recueil de citations illustre l'éventail et la profondeur des réflexions d'Ai Weiwei sur notre humanité et sur les migrations de masse, questions qui l'occupent depuis des décennies. Les mots d'Ai Weiwei témoignent d'une urgence profonde. Ils témoignent aussi d'un rôle impérieux que peut avoir l'art pour donner une voix aux sans-voix.

  • Les meilleures intentions du monde Nouv.

    Les Meilleures Intentions du monde raconte l'histoire d'êtres venus de tous horizons convergeant vers cette immense mégapole qu'est devenue Dubaï, une ville qui n'était encore il y a cinquante ans qu'un petit village de pêcheurs et où les sentiments et les aspirations de chacun semblent constamment mis à l'épreuve.
    C'est aussi une parabole qui dépeint les gloires et déboires d'une cité née des sables qui a tant contribué à changer l'image du monde arabe, au risque d'y perdre son âme.

  • Le Ballet des retardataires est le témoignage unique d'une des rares Européennes à avoir pénétré le monde ultra fermé et traditionnel du taïko au Japon, et la première à avoir séjourné dans l'école la plus secrète et la plus fermée du Japon.
    Jeune Française n'ayant jamais voyagé, elle arrive pleine de naïveté dans un monde aux règles incompréhensibles, à la discipline quasi militaire et où personne ne parle anglais. Aux entraînements, succèdent incompréhension chronique, fatigue extrême, typhons, tremblements de terre et fantômes. L'héroïne distingue de plus en plus mal la réalité du fantasme et emmène le lecteur vers cette frontière flottante où la réalité et le rêve se chevauchent.
    Roman initiatique sur les transformations intérieures que peut provoquer le choc des cultures, l'héroïne s'y révèle à elle-même tandis qu'elle fait découvrir au lecteur une facette méconnue du Japon. Le Ballet des retardataires est en effet un témoignage unique sur l'art du tambour japonais traditionnel.
    Le récit progresse au rythme des journées sans fin de l'apprentie, teinté d'une étrange poésie et d'un humour truculent. Le livre devient alors une sorte de partition, hommage au taïko, si méconnu en Europe.
    Le Ballet des retardataires ne se lit pas, il se déguste comme un bonbon, succulent, coloré et piquant.

  • Ces trois textes font partie d'un cycle de nouvelles dont le personnage récurrent est un chien.
    Le chien, le maître ainsi que ses parents proches débute par une transgression lorsque Köntho met à la porte sa mère afin d'accueillir sa jeune épouse. Scandalisés, les anciens s'offusquent et le traitent de « chien ». Köntho rétorque qu'il est en effet la réincarnation d'une « chienne rouge ». Chacun se souvient alors d'événements traumatisants survenus une vingtaine d'année plus tôt : un cas de rage avait conduit les autorités à tuer tous les chiens. Un aller-retour entre les excès sanguinaires de la Révolution culturelle et ces minuscules péripéties constituent le fil du récit.
    Journal de l'adoption d'un hapa tend vers le fantastique grotesque en mettant en scène un narrateur, petit fonctionnaire, et un pékinois doué de parole, le hapa. Ayant délaissé son précédent maître, ce chien est adopté par le narrateur qui l'emploie dans son service. Il manigance alors pour grimper dans la hiérarchie. La très fine description d'une société où les luttes de pouvoir, l'hypocrisie et la flagornerie sont omniprésentes donne toute sa saveur à ce récit.
    Dans Le vieux chien s'est soûlé, le narrateur est un enfant dont la famille vit de l'élevage de moutons. Fils unique, il devra succéder au père, ce qui rend dispensable sa présence sur les bancs de l'école. Si l'intrigue est ténue (l'enfant veut sauver son chien), le texte oppose habilement les manipulations des adultes à la fraîcheur un peu rouée de l'enfant qui pointe les contradictions des grandes personnes et les travers d'une société où cupidité et impératif de « développement économique » n'épargnent rien ni personne.
    On pourrait voir en Tagbumgyal un écrivain réaliste s'autorisant quelques touches de fantastique. Mais dans son univers, parler des chiens, c'est parler des hommes. De fait, il a un sens aigu de l'observation.
    La narration est imagée, portée par une écriture cinématographique, des détails où perce son humour. Ni héros ni épopée ici, mais des sentiments étriqués, des situations ridicules, de petites lâchetés ou des trahisons ordinaires pour révéler les rouages néfastes d'une société où seuls l'exercice du pouvoir et les intérêts particuliers prévalent. Ces faits et gestes peuvent se mêler au cours de l'histoire, comme dans Le chien, le maître ainsi que ses parents proches, mais c'est pour mieux en souligner le caractère dérisoire. Car Tagbumgyal est avant tout un écrivain, non un idéologue. Sa subjectivité ne laisse dans l'ombre rien de la nature humaine ; sa critique de la religion est indulgente, son observation de la société malicieuse, et l'histoire tragique de son pays n'est évoquée qu'au moyen d'une distance ironique. C'est par cet art de l'ambiguïté que Tagbumgyal laisse toute liberté d'interprétation au lecteur.

  • "Le récit des Petites fées de New York démarre avec Morag et Heather, deux petites fées hautes de cinquante centimètres, portant épéé, kilt vert et cheveux mal teints, qui volettent par la fenêtre du pire violoniste de New-York, un type antisocial et obèse nommé Dinnie, et vomissent sur sa moquette. Qui sont-elles et comment sont-elles arrivées à New-York, et en quoi tout cela concerne-t-il l'adorable Kerry, qui vit dans l'immeuble d'en face, est atteinte de la maladie de Crohn et confectionne un alphabet des fleurs, et en quoi tout cela concerne-t-il les autres fées (de toutes nationalités) de New-York, sans oublier les pauvres fées opprimées de Grande-Bretagne, voilà le sujet du livre. Il contient une guerre, ainsi qu'une mise en scène fort inhabituelle du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, et des solos de guitare de Johnny Thunders des New York Dolls. Que peut-on demander de plus à un livre ?" (Neil Gaiman)

  • En 1976, à Hong Kong, Tiziano Terzani rencontre un devin qui le met en garde : « Ne prends surtout pas l'avion en 1993 ! » Seize années plus tard, le 31 décembre 1992, il décide de respecter la prophétie.
    Pendant un an, il voyage en train, en bateau, en bus ou à dos d'éléphant, et redécouvre une Asie que le voyageur pressé ne connaît plus.
    Cette année sans prendre les airs est le prétexte pour brosser l'un des tableaux les plus riches et les plus vivants jamais peints de l'Asie, de sa culture propre, de sa spiritualité et de ses peuples.
    Avec lui, on suit la chasse aux esprits dans les ruelles de Bangkok, l'hystérie géomancienne des généraux birmans, les pelotons d'exécution des khmers rouges au Cambodge, et l'on découvre un continent aux prises avec ses propres démons.
    Écartelée entre une modernisation à travers laquelle se dessinent les prémices de la mondialisation et des cultures ancestrales souvent garantes du lien social, c'est une zone du monde en pleine mutation où nous entraîne l'auteur.
    Dans chaque pays visité, Terzani va aussi à la rencontre de nouveaux devins, une façon de jouer avec le prétexte même de son périple et de confronter la prédiction initiale aux dires de nouveaux prophètes, pas toujours très inspirés, mais c'est surtout une façon d'approcher comme personne avant lui la spiritualité propre à ce continent si fascinant.
    Souvent comparé à Kapuscinski, à Bruce Chatwin ou à Nicolas Bouvier, Terzani signe ici un très grand livre.

  • Tous nos corps

    Guéorgui Gospodinov

    Après deux romans labyrinthiques, Guéorgui Gospodinov nous offre un recueil de 103 microfictions environnementales.
    Pour l'auteur, « il y a quelque chose de dramatique et à la fois d'apaisant dans les histoires courtes parce qu'elles sont synchronisées avec la brièveté des corps. Elles s'arrêtent soudainement, peuvent être drôles et absurdes, brusques et mal assurées, personnelles et distanciées à la fois. » Ici, le corps du narrateur se fond avec le corps social, le corps animal, le corps floral, sur un ton à la fois tendre et drôle, humoristique et ironique, sensible et méditatif, et d'autant plus empathique que « je sommes nous ».
    L'empathie de Gospodinov est avant tout environnementale. En effet : « La littérature est bien trop anthropocentrée. J'aimerais que les humains se taisent parfois afin que l'on puisse entendre la voix de la mouche, de la grenouille, du bambou, du Minotaure et de tout ce qui a droit de cité. »

  • Depuis dix ans, les Athéniens et les Spartiates sont en guerre. La déesse Athéna, lasse de voir son peuple se battre, décide d'envoyer à Athènes Brémusa, redoutable amazone peu encline au dialogue, et Métris, nymphe dont le seul pouvoir est de faire apparaître où bon lui semble des marguerites et des boutons d'or. C'est donc ce duo improbable qui se voit chargé d'une mission capitale : faire en sorte que la conférence de paix qui doit se tenir à Athènes aboutisse à un succès.
    La Paix, c'est justement la pièce que monte au même moment Aristophane, et il se pourrait bien qu'elle joue un rôle décisif dans l'accomplissement de la mission de Brémusa et Métris. Mais encore faudrait-il pour cela qu'il parvienne à la monter, car entre ses rivaux dramaturges qui monopolisent toute l'attention des citoyens, l'aspirant poète qui lui colle aux basques, l'incapacité de ses acteurs à retenir ne serait-ce qu'une réplique, et son propre mécène qui semble avoir été piqué par la mouche de la radinerie, Aristophane ne s'en sort pas.
    D'autant que chez les généraux des deux camps, la paix semble loin de faire l'unanimité... Mêlant les mouvements d'humeur de dieux tatillons, les débats politiques qui rappellent furieusement ceux du xxie siècle et les coups bas dans les coulisses d'un théâtre, Martin Millar compose une farce spirituelle et fort à-propos sur une Grèce antique aux prises avec des maux qui sont aussi ceux de notre temps.

  • Le biscuit national

    Zuska Kepplova

    Comme dans L'Auberge espagnole, chacun des personnages du Biscuit national a quitté un chez soi pour s'essayer au rêve européen. Mais, si cette génération d'après la chute du mur peut voyager, contrairement à la précédente, y a-t-il vraiment un rêve européen ? Entre Paris, Londres, Helsinki et Budapest, cette génération développe parfois une certaine nostalgie du foyer, mais également une sorte de frustration polymorphe :
    - Petra est une étudiante modèle et insouciante qui travaille comme femme de chambre dans un hôtel parisien afin de financer ses études.
    - Anka est une amie d'enfance de Petra qui voyage régulièrement en Angleterre comme travailleuse saisonnière.
    - Mika est le frère de Petra, qui a transformé son prénom pour mieux s'intégrer en Finlande où il travaille pour une multinationale.
    - Natália est l'une des colocataires de Petra. Elle a choisi de partir pour Paris après avoir échoué au concours d'entrée d'une école d'arts en Slovaquie et sert des bières dans un pub irlandais de la capitale.
    - Partie étudier à Budapest, Juliana quitte rapidement la cité universitaire pour partager un appartement avec un jeune Français qui travaille sur place.
    - Enfin, « Trianon-Delta » tente de circonscrire les contours d'un surprenant triangle amoureux composé d'un Hongrois, d'une Roumaine et d'une Slovaque.

  • Le dicorona

    Olivier Auroy

    Il faut nommer les choses pour qu'elles existent. Pour les apprivoiser. Tout a commencé le premier jour du confinement. Olivier Auroy s'est rendu au supermarché où il a assisté à une scène invraisemblable. Des personnes se disputaient le dernier paquet de spaghettis bio. Eurêka !
    PSYCHO-PÂTE, le premier mot du Dicorona était né.
    Le Dicorona est un dictionnaire de mots-valises. Un mot-valise se construit en fusionnant la dernière syllabe d'un premier mot avec la première syllabe du deuxième.
    Un exemple ? RACONTAMINER. Le mot est formé de RACONTER et de CONTAMINER.
    Olivier Auroy s'est rendu compte que la pandémie agissait comme une sorte de filtre. Notre quotidien changeait radicalement. Socialiser, travailler, se divertir, faire du sport... tout devenait différent, au point de modifier l'essence même de ces activités.
    Mieux, ce contexte si particulier donnait naissance à des phénomènes nouveaux... qui n'avaient pas encore de noms.
    Il s'est vite pris au jeu. Onomaturge depuis 25 ans, la conception du Dicorona lui a permis de pratiquer sa gymnastique intellectuelle. Ce dictionnaire contient 60 mots-valises créés pendant le confinement et le déconfinement. Ils se veulent informatifs, humoristiques ou poétiques.
    Puisse ce Dicorona vous divertir et transformer cette période inédite en un souvenir moins douloureux. C'est aussi cela, la fonction de ce dictionnaire : ranger la pandémie dans la bibliothèque et ne pas en faire une souffrance refoulée. Car à la façon des oulipiens, on nomme parfois les choses pour mieux en plaisanter.

  • Karl et Frederick sont deux frères nés à Ters, une ville imaginaire d'Albanie qui cristallise à merveille l'histoire chahutée des Balkans.
    À la mort de leur père, un fervent stalinien qui a baptisé ses deux fils en l'honneur de Marx et d'Engels, Karl doit revenir à Ters, où il n'a pas mis les pieds depuis plus de deux décennies.
    Les deux frères sont brutalement confrontés à leurs différences et à leurs visions antinomiques du passé, du présent et du futur.
    Karl, le fils frondeur, a coupé les ponts et émigré pour devenir écrivain. Frederick, lui, n'a jamais quitté Ters et s'est toujours plié aux convictions paternelles et aux dogmes de la patrie.
    Tandis que Karl tente de faire la lumière sur le passé de sa famille et de cet étrange territoire, Frederick préfèrerait tout ensevelir dans une omerta mêlée d'oubli. La trajectoire de chacun des deux frères entraîne le lecteur à travers les spasmes de l'Europe du XXe siècle sur deux continents.
    Gazmend Kapllani, l'une des voix les plus précieuses de la littérature européenne, a composé avec Le Pays des pas perdus un roman à couper le souffle. Cette odyssée tourmentée sur les braises de l'histoire récente illustre brillamment les dilemmes individuels et collectifs qui traversent l'Europe du XXIe siècle.

  • L'écuyère

    Ursula Kovalyk

    Pendant les années 1980, dans une petite ville de la République socialiste tchécoslovaque, Karolína approche de l'adolescence dans une famille pas comme les autres. Pour fuir une mère obnubilée par ses nombreux petits amis et une grand-mère qui porte un couteau sur elle en permanence, Karolína rejoint dès qu'elle le peut un centre équestre à la périphérie de la ville. Là, elle se lie d'amitié avec Romana, une fille avec une jambe plus courte que l'autre, et avec Matilda, une cavalière et formatrice qui aide les deux filles à se dépasser. Ensemble, elles forment bientôt une équipe de voltige équestre détonante, tandis que l'univers de Karolína s'élargit avec la découverte de Pink Floyd, du tabac et, surtout, d'un talent secret :
    Une aptitude à voir au plus profond de l'âme des autres. C'est alors que la fin du bloc de l'Est et l'irruption soudaine de l'économie de marché vont bouleverser ce fragile équilibre.
    L'Écuyère est un roman poétique et caustique sur l'adolescence.
    C'est aussi une évocation spasmodique et rebelle de la double révolution à laquelle une jeune fille pleine de rêves et un pays tout entier sont soumis au même moment.

  • A 12 ans, Sylvie échoue avec sa mère divorcée dans un village du de Seine-et-Marne. Une adolescence morne, solitaire et transgressive débute alors, teintée de belles rencontres qui ont en partage le goût du rock.
    Une chanson, un chapitre, c'est le rythme proposé par Sylvia Hansel pour relater ce cheminement vers l'âge adulte. Cinquante titres constituent la bande-son d'un récit autobiographique tressé avec décalage, humour et sans fausse pudeur.
    A travers un éclairage sur la gestation de morceaux des Stones, de The Who, du Velvet Underground, de Nirvana, de The Breeders, de Bowie, etc., le lecteur découvre aussi le pouvoir cathartique du rock, capable de réconforter, d'égayer et finalement de façonner une personnalité qui va s'approprier les notions d'émancipation, de féminisme, de pression sociale. Et nourrir peu à peu le projet de monter un groupe, pour que cette éducation rock n'roll en autodidacte prenne finalement la forme d'un projet de vie.

  • Peu après les attentats du 11 septembre 2001, la journaliste italienne Oriana Fallaci publie un article puis un livre intitulés La Rage et l'orgueil, dans lequel cette grande figure progressiste italienne s'en prend au monde musulman dans son ensemble. Les musulmans y sont comparés à de « nouveaux croisés » et les imams à des « guides spirituels du terrorisme » dont les mosquées « grouillent jusqu'à la nausée de terroristes ou d'aspirants terroristes ».
    Effondré par les outrances d'une femme dont la carrière de brillante intervieweuse l'avait amenée à dialoguer avec le Shah d'Iran, Willy Brandt, Lech Walesa, le colonel Kadhafi, Yasser Arafat, Indira Gandhi, à se débarrasser de son voile devant l'ayatollah Khomeini ou encore à faire admettre à Kissinger que la guerre du Vietnam s'était avérée « inutile », Tiziano Terzani s'attelle à la rédaction d'une réponse, qui va prendre la forme de lettres adressées à son petit-fils Novalis.
    Ces Lettres contre la guerre sont d'abord l'oeuvre d'un Occidental qui a passé près de la moitié de sa vie en Orient, sans jamais y perdre ses racines ni son cartésianisme. Mieux que quiconque en Europe, il a senti la nécessité du dialogue Nord-Sud et Est-Ouest, et l'absurdité non seulement de la guerre dite « contre le terrorisme » mais aussi de toutes les guerres menées sous les prétextes de « modernité » ou de « civilisation », et qui ne sont souvent que les cache-nez de l'avidité des hommes et de leur soif de pouvoir.
    Fidèle à sa méthode de grand baroudeur du journalisme, c'est depuis le Pakistan et l'Afghanistan que Terzani écrit la plus grande partie de ces lettres.
    Là, il comprend « le drame du monde musulman dans sa confrontation avec la modernité, le rôle de l'islam en tant qu'idéologie antimondialisation ».
    Ce texte est visionnaire à plus d'un titre. Au détour de chaque phrase, on y décèle les erreurs qui furent celles de l'Occident dans son rapport au monde musulman et plus largement à toutes les autres cultures, avant et après le 11 septembre 2001.
    Lettres contre la guerre, d'où émanent à la fois une colère sourde et un pacifisme de combat, est une contribution essentielle au débat géopolitique mondial et une pierre cruciale sur la voie de la paix des nations. Sa lecture, près de quinze ans après sa rédaction, n'a jamais semblé aussi nécessaire.

  • Après le désagrégement de l'Union Européenne, dans un pays des Balkans renommé « Patrie populaire », tous les moyens sont bons pour façonner un endoctrinement sévère. Le parti nationaliste au pouvoir instaure un contrôle sectaire : les indésirables sont envoyés dans des camps de rééducation ou bien disparaissent sans laisser de traces, tandis qu'on dépose leurs enfants dans des Maisons du bonheur.
    C'est dans cette société hyper technologisée que revient John, ancien journaliste américain, que son ex-femme a appelé à l'aide. Il découvre que Maya, ancienne confrère qu'il aime toujours, a été punie pour ne pas avoir respecté la censure : on lui a enlevé sa fille. Maya vit, depuis, dans la soumission, avec un seul désir : récupérer sa fille en devenant une citoyenne exemplaire.
    John va devoir se rapprocher de la Résistance pour tenter de retrouver la fille de Maya (qui est aussi la sienne), n'hésitant pas à sympathiser dangereusement avec les déçus du régime.

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