Anton Fortes

  • Cahier d'animalier

    Anton Fortes

    Les demoiselles d'Avignon transformées en mandrills ; la sex-symbol Mae West (Dalí) en lion ; les ballerines de Degas en flamants soumis à de dures répétitions pour devenir célèbres... Une promenade par la peinture du siècle passé, revisitée avec humour et ironie, depuis une perspective particulière : le royaume des animaux. Apprendre à regarder, réveiller sa curiosité face à des oeuvres d'art remarquables qui appartiennent à l'avant-garde, et les mettre en dialogue avec la fiction littéraire. Voilà l'objectif de ce cahier où des protagonistes insolites, inspirés d'oeuvres emblématiques du XXe siècle, sont capables de susciter des sensations et des significations nouvelles.
    Nous nous surprenons à découvrir les amants de Klimt en tigres lyriquement amoureux, Marilyn (Warhol) se multipliant comme un caméléon narcissique, ou encore Cheeta, la guenon tourmentée et non conformiste, retirée du spectacle, protagoniste du Cri (Munch). Avec une écharpe rouge et un manteau noir, nous trouvons Aristide Bruant, fameux greffier lapon, chantant aux Ambassadeurs de Paris à son oiseau idolâtré, peut-être sous le regard attentif du maître Toulouse-Lautrec et des perroquets, clients habituels du cabaret. La Maja de Goya (nue ou habillée), réincarnée en brebis, nous expliquera sans pudeur, les derniers ragots de la presse du coeur...

  • Fumée

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    « Je rêve d'un dragon vert à la langue noire qui veut m'avaler. Les maisons sont vertes aussi, comme l'herbe de notre jardin avec balançoire, où autrefois nous jouions au ballon papa et moi. Il me manque beaucoup. Maman me dit que nous allons bientôt nous réunir ».

    Ce texte décrit la vie dans les camps de concentration, et parle des mondes personnels et familiers que le nazisme détruisit en les transformant en un silence gris et blessant.
    Séparation, solitude et nostalgie sont omniprésentes ; le souvenir aide à fuir l'isolement et le déracinement et, ouvre la voie - dans le camp inhospitalier (lager) - à l'amour, l'amitié et la solidarité : bref à l'humanité.
    Toute violence est injustifiable, celle qui anéantit l'innocence l'est davantage. Le héros anonyme découvre la réalité, filtrée avec son souvenir d'un passé meilleur. L'éveil lui fait mal et le conduit à un apprentissage rapide : la dureté de la situation et l'instinct de survie l'obligent à devenir responsable.
    L'innocence plus que l'impuissance marque le dénouement. Les innocents ne survivent pas, disait Primo Levi ; c'est le prix pour voir la lumière : la main de Django effaçant pour toujours la peur et écrivant avec de la fumée une parole magique sur le ciel de Pologne.

    L'histoire bouleversante d'Antón Fortes et les belles images d'une grande intensité de l'illustratrice polonaise Joanna Concejo reflètent la réalité du héros qui devient chaque fois plus dure, exacerbant les souvenirs de la vie d'où il fut et furent tous arrachés.

  • This book takes us through the paintings of the last century, revisited with humour and irony from a peculiar perspective, in dialogue with literary fiction. We are surprised on discovering Klimt's animals such as tigers lyrically couples, Marilyn (Warhol) multiplying herself as a narcissistic chameleon, or the tormented and non-conformist monkey, Chita, retired from the limelight, playing the lead in The Shout (Munch). With a red scarf and a black overcoat, we find Aristide Bruant, a famous Lapland notary, singing in the Ambassadeurs in Paris to his idolatrous partner, perhaps under the watchful eye of the master Toulouse-Lautrec and of the parrots, habitual cabaret goers. The maja (dressed or nude), reincarnated as a sheep, will tell us, boastingly, the latest in the gossip columns...

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