Christian Gattinoni

  • Souvent considérée comme le parent pauvre de l'opéra, après les chanteurs, l'orchestre, le metteur en scène, la danse est de plus en plus présente sur les plateaux d'opéra et surtout la danse contemporaine.
    C'est avec la redécouverte des opéras baroques que la danse contemporaine a commencé à prendre de l'importance dans l'opéra, mélangeant les époques, les esthétiques et les genres (McGregor, Acis & Galatea).
    Ce livre examine comment dans un double mouvement, les chorégraphes ont pu se mettre au service de l'opéra (Bianca Li, Les Indes galantes) et comment l'opéra a pu au contraire inspirer des chorégraphes (Einstein on the Beach, Lucinda Childs et Bob Wilson).
    Plus encore des chorégraphes se sont emparés d'opéras pour en faire le sujet de spectacles dansés tel Alain Platel avec C(h)oeurs qui s'inspire d'oeuvres de Verdi et de Wagner.
    Enfin, le livre présente des opéras transformés en chorégraphies par des grands danseurs contemporains comme Pina Bausch avec Iphigénie auf Tauris ou Orphée et Eurydice de Glück ou encore Christian Rizzo avec Tannhäuser de Wagner.

  • Cet essai souhaite interroger la façon dont, à partir des espaces nouveaux que se donne la danse depuis trente ans, sont générés des corps singuliers qui jouent autant sur les scènes des arts plastiques que sur les lieux d'exposition des arts vivants. Telles sont en tant que critique d'art et curateur, les questions que ces deux disciplines ont permis à l'auteur de poser, parce que toutes deux profondément porteuses de propositions aptes à répondre en oeuvres aux interrogations actuelles des sciences humaines et de la pensée.
    Cet essai suit deux grands mouvements le premier consiste à se déprendre des images et routines du corps tandis qu'il s'agit de s'éprendre des nouvelles occurrences à scénographier et danser. Les nouveaux espaces se sont d'abord fondés sur l'opposition analogique entre boîte noire et white cube avant d'inaugurer d'autres scènes multimédia et d'autres logiques. Ces annonces recherchent une physicalité augmentée, une normalité revisitée, une incarnation dans les interstices des médias. Elles mettent en place différents paradigmes qui relient des identités minoritaires, en autant d'approches des études de genre et des cultural studies. Elles manifestent le passage novateur de différents chantiers iconiques à de véritables laboratoires identitaires. Ces annonces en oeuvres montrent l'évolution d'un corps vecteur à un corps atmosphérique jusqu'à l'avènement d'un corps de l'entre deux.

  • Du daguerréotype au document numérique, la photographie interroge notre regard depuis près de deux siècles.
    Chacun pourra ici puiser, au fil des pages, dans un pêle-mêle de mots concernant cet art : termes techniques, grands noms de la photographie, courants artistiques, univers de la presse, sans négliger le plaisir de l'amateur.

  • Après l'annonce retentissante de l'invention de la photographie, en 1839, à côté des écrits purement scientifiques des inventeurs, les plus grands écrivains (Balzac, Gautier, Baudelaire, Hugo, Flaubert) vont très vite se demander si ce nouveau moyen de représentation est un art. Avec ce débat va apparaître un discours critique sur la photographie, soutenu par de nombreuses revues.
    L'objet de ce livre est de retracer l'histoire et la spécificité de la critique photo qui, en se différenciant de la critique d'art, a établi ses propres normes et concepts d'analyse (la différence essentielle avec la critique d'art résidant dans le fait que la photo est à la fois outil et support).
    Si les écrivains ont été parmi les premiers à écrire sur la photographie, des auteurs issus de la philosophie et des sciences humaines (Benjamin, Bourdieu, Barthes, Tisseron, etc.) ont ensuite produit de nombreux écrits sur l'image. Différents critiques (Susan Sontag, Hervé Guibert, Didi-Huberman) se sont engagés, tout au long du xx e siècle, aux côtés des courants photographiques.
    De même, de nombreux photographes ont développé un discours critique sur les pratiques photographiques, allant jusqu'à revendiquer la critique comme faisant partie de leur pratique artistique.

  • Au croisement de la danse et de l'art contemporain, cet ouvrage présente une série de spectacles et de parcours emblématiques de chorégraphes ayant collaboré avec des plasticiens ou oeuvrant sur les deux terrains dans un même élan créatif. Cette grille de lecture passionnante fait surgir des points de vue autres sur le geste dansé, l'évolution du spectacle chorégraphique depuis le début du XXe siècle et le métier même de chorégraphe.

    Conçu à quatre mains par Rosita Boisseau et Christian Gattinoni, il bénéficie de leurs regards spécifiques de journaliste de danse et de critique d'art.

    Structuré en quatre grandes parties, il opère une traversée d'oeuvres variées à travers différentes thématiques : l'indépendance de la danse et du décor, le théâtre total, la scène-paysage, le défi du vivant...

    Les photographies signées par Laurent Philippe rendent compte de la richesse visuelle de ces pièces chorégraphiques marquantes de l'histoire du spectacle vivant et des arts visuels.

  • Après un premier volume consacré à la naissance de la photographie et à son histoire jusque dans les années 60, les auteurs nous aident à appréhender les tendances de la photographie contemporaine qui occupe une position centrale au coeur de arts plastiques. Selon le principe de la collection, 12 oeuvres majeures, représentatives de ces tendances, sont les points de départ pour découvrir le travail de plus d'une centaine d'artistes.

  • "D'eux il ne pourrait rester à léguer qu'un vieux cliché, une gravure décrochée du mur, un coussin, une clef dont on ne connaît plus le coffre ou la porte, un étui de rouge à lèvres ou un réveil aux aiguilles arrêtées. C'était sans compter avec cette rencontre altruiste d'une photographe venue jusqu'en amnésie leur apporter des images inédites de leur aspect d'aujourd'hui. Ils appartiennent en France à un peuple défaillant de près d'un million, rejoints chaque année par plus de 220 000 migrants de la pleine conscience. Leurs traits souvent sont flous, résultante d'un bouger de la tête qui refuserait la soumission. Ils portent le masque de leur renoncement involontaire, ils offrent des faciès où le détachement trace des rides incongrues. Avec ces images construites, essentielles, Marie Borgia a su donner forme à leurs ressentis, à leurs diverses émotions et finalement à la singularité de leur être".
    Christian Gattinoni.

  • La photographie a bouleversé notre vision du monde.
    En enregistrant le réel avec précision, elle a libéré les peintres du souci de réalisme et a joué, à ce titre, un rôle décisif dans la naissance de l'art moderne. Elle a témoigné des progrès de la recherche scientifique, en même temps qu'elle y a participé. Renouvelant notre identité avec le portrait, notre conception du corps par le nu et notre rapport à l'environnement grâce au paysage, la photographie a aussi contribué à l'invention du reportage, de la mode, de la publicité.
    À la fois fiction et document, elle fournit d'autres sources aux historiens et enrichit nos mythologies contemporaines. À travers douze oeuvres représentatives de ces changements et reconnues aussi bien par les musées que par les grandes collections publiques et privées, ce livre propose quelques clés pour découvrir cette aventure moderne commencée au milieu du siècle précédent.

  • Les photographies de Jean-Louis Tornato manifestent ces filiations discrètes qui lient entre elles les préoccupations des artistes à travers les siècles. Il n'est sans doute guère d'époque, du Moyen Âge jusqu'au XIXe siècle qui ne se soit intéressée aux expressions du visage et à ce qu'elles peuvent révéler du secret de l'être. Jean-Louis Tornato est de ceux qui s'inquiètent d'en percer le mystère. Il a choisi pour cela le lieu qui symboliquement est le plus chargé d'intimité, celui du lit - lieu, comme il le dit lui-même, de l'amour, de l'enfantement et de la mort, mais aussi lieu où l'être, s'abandonnant au sommeil, renonce au contrôle de soi et de son apparence. Pour cela, il se sert d'un film infrarouge et d'un flash produisant une lumière invisible à l'oeil nu, qu'il place non loin du lit. L'appareil, sans déranger le dormeur, se déclenche automatiquement, selon un certain intervalle de temps, enregistrant ainsi différents moments du sommeil. L'ensemble des prises de vue est ensuite présenté chronologiquement sur une planche contact. Mais l'ordre peut être bouleversé, les différentes photographies, vues les unes séparément des autres.
    Saisissant les êtres dans l'intimité de leur chambre et livrés au sommeil, la photographie, parce qu'elle traverse ainsi les apparences de l'homme social, révèle la ténuité de la vie - simple souffle qui traverse les ténèbres. Mais en même temps, ces images sans cesse répétées, et leur nudité même, où rien d'autre n'apparaît autour des personnages que la blancheur des draps et la lumière pâle mêlée de nuit, n'épuisent jamais la résistance tenace, miraculeuse, de ce souffle qui en est l'intarissable secret.

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