Jack Kerouac

  • « Avec l'arrivée de Neal a commencé cette partie de ma vie qu'on pourrait appeler ma vie sur la route. [...] Neal, c'est le type idéal, pour la route, parce que lui, il y est né, sur la route... » Neal Cassady, chauffard génial, prophète gigolo à la bisexualité triomphale, pique-assiette inspiré et vagabond mystique, est assurément la plus grande rencontre de Jack Kerouac, avec Allen Ginsberg et William Burroughs. La virée, dans sa bande originale : un long ruban de papier, analogue à celui de la route, sur lequel l'auteur a crépité son texte sans s'arrêter, page unique, paragraphe unique. Aujourd'hui, voici qu'on peut lire ces chants de l'innocence et de l'expérience à la fois, dans leurs accents libertaires et leur lyrisme vibrant ; aujourd'hui on peut entendre dans ses pulsations d'origine, le verbe de Kerouac, avec ses syncopes et ses envolées, long comme une phrase de sax ténor dans le noir. Telle est la route, fête mobile, traversées incessantes de la nuit américaine, célébration de l'éphémère.
    « Quand tout le monde sera mort », a écrit Ginsberg, « le roman sera publié dans toute sa folie. » Dont acte. (Josée Kamoun)

  • Sur la route

    Jack Kerouac

    « Un gars de l'Ouest, de la race solaire, tel était Dean. Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j'aurais avec lui, j'allais entendre l'appel d'une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse ; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi comme copain et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou sur un lit d'hôpital, qu'est-ce que cela pouvait me foutre ? J'étais un jeune écrivain et je me sentais des ailes.
    Quelque part sur le chemin je savais qu'il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare. »

  • « Sans bourse délier, je quittai Los Angeles sur le coup de midi, caché dans un train de marchandises, par une belle journée de la fin septembre 1955. Étendu sur une plate-forme roulante, mon sac sous la nuque, les genoux croisés haut, je me laissai absorber par la contemplation des nuages tandis que le convoi roulait vers le nord. L'omnibus qui m'emportait me permettrait d'arriver avant la nuit à Santa Barbara où je me proposais de dormir sur la plage. Le lendemain matin, un autre omnibus m'emmènerait jusqu'à San Luis Obispo, ou bien le rapide de marchandises me déposerait à San Francisco à sept heures du soir. »

  • Les anges vagabonds

    Jack Kerouac

    Un jour, à Mexico, j'ai emmené chez moi cinq fumeurs de «thé» qui me vendaient la camelote, mais ils se révélèrent être des voleurs. Ils me chipèrent mon couteau scout pendant que j'avais le dos tourné. Je ne dis rien, bien que je m'en fusse aperçu. A un moment donné, le chef est resté trente secondes bien sonnées derrière moi sans ouvrir la bouche et l'idée m'est alors venue qu'il allait me poignarder...

  • Satori à Paris

    Jack Kerouac

    Venu dans notre pays pour rechercher l'origine de son nom véritable, Jean Louis Lebris de Kerouac, le chef de file du mouvement beat, s'aperçoit de retour en Floride qu'il a reçu, au cours de ce voyage, une sorte d'illumination, un satori. Ne sachant à quel épisode précis attribuer cette révélation, il va revivre avec le lecteur ces dix journées passées en France. Journées où abondent les situations inattendues, et où l'on sent ce besoin de sympathie et de chaleur humaine que Kerouac manifestait en maintes occasions.

  • Big sur

    Jack Kerouac

    • Folio
    • 27 Septembre 1979

    Le héros de ce roman, jack duluoz ou ti jean, n'est autre que jack kerouac, l'auteur de sur la route.
    Au bord de la folie, le roi des beatniks cherche à fuir l'existence de cinglé qu'il a menée pendant trois ans et part pour san francisco. il se réfugie au bord de la mer, à big sur, dans une cabane isolée. après quelques jours de bonheur passés dans la solitude à se retremper dans la nature, duluoz est à nouveau saisi par le désespoir et l'horreur. aussi revient-il à san francisco où l'attendent le monde, les beatniks, l'érotisme.
    Mais il ne retrouve pas la paix pour autant.

  • «De là je suis allé à Paris, où il ne se passait rien si ce n'est que la plus belle fille du monde n'aimait pas mon sac à dos et avait rendez-vous avec un type à petite moustache debout une main dans la poche et un sourire méprisant aux lèvres devant les cinémas de nuit de Paris.» Qu'est-ce qu'être «Beat»? À travers ses thèmes de prédilection - la littérature, le jazz, le voyage, la route, le bouddhisme, le zen. - l'auteur de Sur la route nous entraîne vers la réponse à un rythme hypnotique.

  • Le vagabond solitaire, c'est "un recueil de morceaux... qui ont été rassemblés ici parce qu'ils ont un thème commun : le voyage". Ces pérégrinations recouvrent les États-Unis du nord au sud et d'est en ouest, le Mexique et une partie de l'Europe dont la France, que Jack Kerouac considère comme sa seconde patrie.

    Tour à tour cheminot en Californie, aide-cuisinier sur un cargo, flâneur avec les beatniks de New York, Jack Kerouac part à l'aventure et déclare qu'"il n'est rien de plus noble que de s'accommoder des quelques désagréments que nous apportent les serpents et la poussière pour jouir d'une liberté absolue".

  • Sal Paradise, young and innocent, joins the slightly crazed Dean Moriarty on a breathless, exuberant ride back and forth across the United States. Their hedonistic search for release or fulfilment through drink, sex, drugs and jazz becomes an exploration of personal freedom, a test of the limits of the American Dream.

  • Au beau milieu de la frénésie des années cinquante, Jack Kerouac, à l'instar de beaucoup d'écrivains américains des générations précédentes, choisit l'errance, solution idéale pour un écrivain qui voulait retrouver l'Amérique mythique et l'homme dans sa pureté originelle. C'est dans l'étude du bouddhisme que naîtra son engouement pour la forme poétique épurée du haïku. Comme la graine qui contient l'arbre en germe, ces courts poèmes de trois vers seront autant de moments d'épiphanie ponctuant la difficile voie vers la sagesse. Kerouac apprend en pratiquant le haïku que la nature, bien que précaire et éphémère, n'en est pas moins principe de changement et de diversité. Tout naît, puis tout meurt pour renaître à nouveau. La souffrance et la mort sont là simplement, intrinsèquement, inscrites dans la vie même. À travers l'expérience spirituelle du haïku, Kerouac les dédramatise, les voit comme elles sont, loin de toute considération affective et intellectuelle, loin de tout dualisme.

  • Maggie Cassidy

    Jack Kerouac

    "Ça s'est passé au bal. Dans la salle de bal du Rex ; avec des préposés au vestiaire dans une entrée pleine de courants d'air, une fenêtre, des rangées de porte-manteaux, de la neige fraîche sur le sol ; des beaux garçons et des jeunes filles aux joues roses s'engouffrant à l'intérieur, les garçons faisant claquer leurs talons, les filles en hauts talons et robes courtes des années trente qui dévoilaient des jambes affriolantes. Les adolescents terrifiés que nous étions laissèrent leurs manteaux en échange de jetons de cuivre avant de se diriger vers le vaste brouhaha de la salle, tous les six pleins d'appréhension et de chagrins inconnus." Jack Kerouac se souvient des premières extases, des premiers drames de la passion. Celle qui d'une caresse apaise les morsures intérieures avant d'étrangler les mots à jamais.

  • Sous prétexte d'aller chercher ses droits d'auteur à Londres, Kerouac flâne à travers l'Europe. Il découvre les charmes troubles de Tanger, les paysages de Cézanne, les promenades émerveillées dans Paris, la pluie normande et les brumes de Londres...
    Dans un brillant plaidoyer en faveur des vagabonds, il se place sous l'égide de Virgile, de Benjamin Franklin ou de Walt Whitman, pour revendiquer le droit à l'errance, aux nuits à la belle étoile, aux rencontres et à l'imprévu.

  • Visions de Cody

    Jack Kerouac

    L'écrivain, de la retranscription de leurs conversations sous drogues et alcool, elle constitue le complément indispensable au célèbre Sur la route. " Visions de Cody est une étude de caractère de six cents pages du héros de Sur la route, "Dean Moriarty", dont le nom est désormais "Cody Pomeray".
    Je voulais entreprendre un hymne immense qui unirait ma vision de l'Amérique avec des mots crachés selon la méthode spontanée moderne. Au lieu d'un simple récit horizontal des voyages sur la route, je voulais une étude verticale, métaphysique du personnage de Cody et de sa relation à "l'Amérique" en général."

  • Les souterrains

    Jack Kerouac

    Une brève et triste histoire d'amour : mardou, une petite noire, traîne à san francisco avec les beatniks.
    Elle aime léo percepied, un ancien matelot, qui ne lui adresse que des rebuffades : celui-ci voudrait être admis dans la bande des " souterrains ", qui mènent la nuit une vie folle et sauvage, mais c'est en vain. l'idylle sordide et magnifique de mardou et léo se déroule dans un univers de beuveries, de querelles et parfois d'extase.

  • En 1956, Gary Snyder invite Jack Kerouac au Marin- An à Mill Valley, une bicoque réabilitée par le poète charpentier Locke McCorckle, qui la considère comme un refuge face au puritanisme et au consumérisme américain. Entre méditation, lecture de poésie, déjeuners dans l'herbe, discussions sérieuses et fêtes très arrosées, Kerouac, qui travaille aux dernières modifications de Sur la route, encouragé par Snyder, rédige ce sutra.
    C'est au cours de l'une de leurs discussions qu'il dit à ce dernier « peu m'importe la mythologie, les noms et les différentes saveurs nationales du bouddhisme. Seule m'intéresse la première des quatres nobles vérités de Sakyamuni : toute vie est souffrance ».

  • Tristessa

    Jack Kerouac

    «Cette façon qu'elle a de se planter au beau milieu de la pièce avec les jambes écartées pour discuter, Tristessa, on dirait un camé au coin d'une rue de Harlem ou de n'importe où dans le monde, Le Caire, Bombay, dans ce monde où on se tutoie du nord des Bermudes aux confins de l'Arctique, là où la terre se déploie comme une aile d'albatros, mais la drogue qu'on prend là-haut, chez les Esquimaux dans les igloos au milieu des phoques et des aigles du Groenland est moins nocive que la morphine germanique que cette Indienne doit subir à en mourir dans la terre de ses ancêtres.» En racontant son amour pour Tristessa, jeune prostituée mexicaine, Jack Kerouac nous offre l'un de ses récits les plus poignants, prière à une nouvelle Madone, perdue dans les cercles du désir et du manque.

  • Se mettre dans la peau d'un jeune orphelin noir, voilà ce que Jack Kerouac a réussi à faire dans son tout dernier ro- man. Dédoublement significatif, aliénation symbolique, projection de sympathie et d'engagement, Pic est certai- nement tout cela et plus encore : un portrait saisissant du milieu noir américain des années quarante, ses odeurs, ses couleurs, ses personnages truculents.
    De la Caroline du Nord à la Californie, en passant par New York, l'errance kerouacienne prend ici une allure inusitée.
    Représentée par Pic, « vagabond sur la terre », voyageur éternel sans famille ni domicile connu, elle se transforme en une magnifique satire sociale, à la fois naïve et astu- cieuse, regard éclairant sur le ridicule de la condition hu- maine.
    Pic, roman issu du réveil de la conscience sociale des Noirs, dépeint en fait tout être humain « vivant dans la noirceur » et renferme, par pur divertissement, des pages enfiévrées sur le jazz et la prédication comme seuls savent en faire les Noirs.

  • Visions de Gérard

    Jack Kerouac

    Découvrez Visions de Gérard, le livre de Jack Kerouac. « Gérard Duluoz naquit en 1917 ; ce petit enfant débile souffrait d'un rhumatisme au coeur et de bien d'autres complications qui firent de lui un grand malade... Il mourut à l'âge de neuf ans... » Ainsi commence l'ouvrage le plus émouvant qu'ait écrit Kerouac. C'est sa petite enfance que l'auteur fait revivre dans ces pages, les quatre années passées en compagnie de son frère, son ami, qui lui enseigna la tendresse et la générosité. Nous sommes en Nouvelle-Angleterre, dans le quartier canadien-français de Lowell, non loin du Merrimac. Nous assistons à la lente agonie d'un être délicat, ami et protecteur de tout ce qui est faible et qui souffre. Nous partageons les joies, les angoisses, les souffrances, les premiers chocs de Gérard. Quand il n'est pas cloué au lit par la maladie, il brave le vent d'hiver, prie à l'église avec ferveur, et va en classe ; c'est là qu'il s'endort un jour et voit dans un rêve la Sainte Vierge au Paradis. Cet être d'exception a marqué à jamais la mémoire de Ti Jean, son frère, et celui-ci, devenu homme, se penche sur son passé pour faire revivre ses souvenirs et dépeindre les visions qu'ils lui suggèrent. Visions de Gérard est un livre sur l'enfance. Dans une langue drue et imagée, imprégnée de lyrisme, Kerouac nous livre l'expression la plus achevée de son message poétique et métaphysique.

  • Vraie blonde, et autres

    Jack Kerouac

    Fiction ou essai, récit de voyage ou improvisation sur le be-bop, technique d'écriture ou souvenir d'enfance, blonde rencontrée sur le bord de la route ou lecture fiévreuse de céline, la " prose spontanée " de jack kerouac abolit les genres, emballe la musique des émotions, perce " le secret de la langue parlée " et entend bien être " la seule façon d'exprimer la vitesse et la tension, et les niaiseries extatiques de l'époque ".
    L'emblématique mot beat, qui avait commencé par claquer comme un cri de guerre lancé contre une amérique conquérante mais aphasique, puis s'était transformé en cri de ralliement de la grande famille hippie nostalgique, n'aura été en somme qu'un murmure seulement adressé à kerouac : " a lowell, je suis allé dans la vieille église oú je fus confirmé et je me suis agenouillé, et brusquement j'ai compris "beat veut dire béatitude, béatitude".
    " cette béatitude qui triomphe de l'horreur de kerouac face à la bêtise fournit huit bonnes raisons de publier ces textes inédits : opulence formelle, violence délétère, allégresse inconsolable, plénitude inique, cruauté, impureté, belligérance calculée, injustice garantie.

  • « Attends, écoute-moi trente secondes, je vais te montrer un truc, tu vois, mec, Jésus, il descend sur terre, et son karma, c'est de savoir qu'il est fils de Dieu, et qu'il va falloir mourir sur la croix pour assurer la sécurité, la sécurité éternelle du genre humain, c'était tout prévu à l'avance, même Judas. » Beat Generation : une pièce au sujet de l'amitié, de l'angoisse et, aussi, du karma. Elle débute par un beau matin d'automne clair et frais, alors que quelques amis, honnêtes travailleurs pour certains, des individus en voie de clochardisation pour d'autres, se passent de main en main une bouteille de vin. La pièce finit par la réaffirmation, en forme de satori, du pouvoir de l'amitié et de la valeur des petits échanges sans importance qui forment le fond de notre vie.

  • Docteur sax

    Jack Kerouac

    Docteur sax, c'est l'histoire d'un jeune garçon qui s'éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la nouvelle angleterre.
    C'est l'histoire de jack duluoz, canadien français comme jack kerouac lui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de lowell, massachusetts. et avant tout, c'est l'aventure empreinte de mystère et de terreur vécue avec intensité par un adolescent.
    Toujours tapie dans un repli de l'âme de jack, se trouve l'ombre du docteur sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine.
    Il fait partie d'une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l'esprit de jack jusqu'au point de s'imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d'apocalypse. mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l'âme du héros.


    Un critique américain. j. donald adams a dit de kerouac " qu'il était capable de décrire le monde de l'expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis hemingway ". la description des odeurs, des bruits dans la petite ville de lowell est parfois empreinte d'une telle fantaisie bouffonne qu'elle témoigne d'une invention verbale inépuisable. l'auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d'eux et dont la verve truculente anime des scènes d'une vigueur rabelaisienne.

  • En 1947, Kerouac a 25 ans. C'est l'époque à laquelle se consolident des amitiés aussi cruciales que le seront celles de Burroughs, Ginsberg ou Neal Cassady. Ces personnages ainsi que les événements relatés dans ces cahiers formeront la toile de fond de Sur la route. De cette année-là jusqu'en 1954, il écrit assidûment dans ses « journaux de bord », parallèlement à la rédaction de ses romans The Town and the City (Avant la route) et On the Road (Sur la route), publiés respectivement aux États-Unis en 1950 et 1957.Éclairage passionnant et indispensable à la compréhension de Kerouac et de son oeuvre, ces cahiers constituent un véritable portrait de l'artiste par lui-même. Ils reflètent bien souvent la puissance et le rythme du style de Kerouac, nous renseignent sur l'auteur et ses états d'âme, sur sa difficulté à vivre, ses doutes existentiels et ses questionnements métaphysiques, sur son travail d'écriture enfin. Nulle part mieux que dans ces écrits intimes, Kerouac ne se dévoile avec autant de vérité et de sincérité.Textes édités et présentés par Douglas BrinkleyTraduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Guglielmina

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