Jorge Ibargüengoitia

  • Face à quelques shpynx nous fait partager la vie d'une famille au moment où le patriarche se meurt. Il est malade, il perd la vue, il perd la boule, mais la retrouve fugacement lorsqu'il est question d'argent. Autour de lui bourdonne la ruche des générations, une galerie de sphynx insolites, étrangers à leur propre mystère, aux appétits divers, aux vies contrariées. La drôlerie, la fourberie, la mélancolie, sont de la partie.
    Le regard d'Ibargüengoitia est ironique, impertinent, féroce parfois, mais jamais méprisant. C'est celui d'un auteur qui herborise parmi ses contemporains, pour en recueillir les travers, les péchés et les peccadilles, qu'il met brillamment en scène. Nous sommes au Mexique en 1954. Mais ailleurs aussi et aujourd'hui sans doute.

  • 1926, Arepa, une île imaginaire des Caraïbes. Le président de la République, le maréchal Belaunzarán, arrive au terme de son quatrième mandat, maximum permis par la Constitution. Après avoir fait assassiner le candidat de l'opposition, il fait modifier le régime électoral et mobilise ses partisans du parti progressiste en vue de sa réélection. Les bourgeois du parti modéré croient se sauver en rappelant au pays Pepe Cussirat, un richissime jeune premier.
    Celui-ci tente infructueusement, et par trois fois, d'assassiner le dictateur, causant à chaque fois des désastres autour de lui. Qui parviendra à " tuer le lion " ? Avec sa trame satirique et rocambolesque, ses scènes épiques décrites comme des plans séquences dignes d'un "Django unchained" (Tarantino), "Le Tyran meurt au quatrième coup" fait rire du pire, et démontre que si celui qui ne tente rien n'a effectivement rien, le ridicule peut tuer.

  • Deux crimes

    Jorge Ibargüengoitia

    Qu'y a-t-il de plus dangereux que la police politique pour un jeune gauchiste soupçonné d'avoir mis le feu à un grand magasin de mexico city ? les femmes.
    Surtout quand elles sont trois, irrésistibles, et qu'elles l'entraînent dans une spirale de passion et de cupidité, de bluff et de contre-bluff oú rien n'est ce qu'il paraît. sauf le meurtre.
    Au travers d'une intrigue extraordinairement subtile servie par un style à l'humour nonchalant, ibargüengoitia raconte un mexique étrange, encore plus dangereux, peut-être, que sa réputation.
    " j'avoue être extrêmement curieux de connaître la réaction du lecteur français devant ces romans d'ibargüengoitia qui vont briser en mille morceaux le moule conventionnel auquel on a voulu réduire, avec une impardonnable légèreté, tout livre écrit en amérique latine " (alvaro mutis).

  • Les lecteurs de langue française sont en train de découvrir, non sans quelque retard, l'oeuvre d'Ibargüengoitia (mort bêtement dans un accident d'avion il y a une quinzaine d'années), considéré aujourd'hui dans le monde entier - par l'admirable Alvaro Mutis entre autres - comme l'un des plus grands romanciers du Mexique.
    Et comme un prince de l'irrespect. Ces ruines que tu vois (1974), ce sont celles du Mexique éternel, vues à travers le prisme d'une petite ville imaginaire plus vraie que nature. Celles aussi que la vie laisse après elle où qu'on soit... et pas seulement au Mexique. Vachardise, dérision, nostalgie, fraternité, humour rose et humour noir : un cocktail plutôt fort en tequila, concocté par un barman virtuose.

  • Les conspirateurs

    Jorge Ibargüengoitia

    • Phebus
    • 7 Janvier 2000

    Alvaro Mutis, qui fut l'un des premiers à inviter les lecteurs de langue française à découvrir l'oeuvre de Jorge Ibargüengoitia, n'hésite pas à voir en lui le mieux prometteur des romanciers mexicains de sa génération (celle qui arrivait à la pleine maturité au début des années 80) - et une référence pour toute la jeune littérature d'Amérique latine.
    Sur place, les lecteurs se sont longtemps divisés en deux clans : ceux pour qui chaque nouveau livre d'Ibargüengoitia faisait l'effet d'une triple tequila du genre carabiné (mais somme toute réconfortante), et les autres, à qui le même breuvage donnait des boutons. L'histoire littéraire locale veut que la mort de l'écrivain (dans un accident d'avion en 1983) ait été vécue au Mexique comme un deuil national.
    N'exagérons rien : beaucoup durent recevoir la nouvelle avec un soupir de soulagement, car le cher disparu, de roman en roman, progressait doucement dans la voie de l'impertinence et de la provocation tranquille - au point d'en venir à irriter même ses amis de la gauche la plus tolérante. Les Conspirateurs (1982), son dernier roman publié, raconte la révolution à l'issue de laquelle le Mexique accéda à l'indépendance, au début du siècle dernier.
    Que les amateurs de romans historiques ne chantent pas trop vite ; ce livre n'est pas pour eux. L'auteur y traite l'Histoire avec beaucoup de mauvaise éducation : en retroussant vivement ses dessous, et en lui administrant une fessée grandiose. La vérité, qui gagne dit-on à aller peu vêtue, n'est peut-être pas loin d'y trouver son compte. On ajoutera ceci, à l'attention des âmes scrupuleuses : ignorer tout du Mexique et de son histoire ne nuit en rien au plaisir très spécial que l'on prend ici.

  • Le grand Maurizio Quarello signe son premier album chez Marmaille ! Considéré comme l'un des illustrateurs les plus talentueux d'Europe, il traduit ici l'univers de l'album à succès en Italie et en Espagne de Jorge Ibarguengoitia. Maintes fois récompensé en France et à l'étranger, notamment aux États-Unis par la Société des Illustrateurs ou en Belgique avec le prix Versele.

    Des peintures dans la pure tradition mexicaine, violente et directe par l'un des maîtres de l'illustration italienne Maurizio Quarello.
    Une histoire qui permet de comprendre et de mieux appréhender les différences. Elle permet également de découvrir la jalousie, l'envie chez l'être humain à travers les yeux d'un enfant.

empty