Creaphis

  • On connaît les réalisations de Ricardo Bofill, Henri Ciriani, Paul Chemetov, Henri Gaudin, Jean Nouvel, dont les architectures spectaculaires ou provocantes ont séduit les médias.
    On sait aussi que, depuis Le Corbusier, l'" architecture moderne " appliquée au logement est toujours prétexte à polémiques, parce qu'elle ne serait pas respectueuse de la vie quotidienne. Alors, l'architecture nouvelle n'est-elle qu'une façade ? Ou bien, au contraire, ses logements sont-ils mieux adaptés aux nouveaux modes de vie ? Qu'est-ce qui change et qu'est-ce qui résiste dans les manières d'habiter ? Pour le savoir, il fallait rencontrer les habitants des opérations nouvelles, célèbres ou moins connues.
    Des enquêtes réalisées dans plus de 300 opérations fondent ce premier bilan des usages du logement collectif, qui fait aussi le point sur les apports de la sociologie de l'habitat. En portant un autre regard sur les réalisations qui ont marqué les vingt dernières années, il propose par une analyse sensible et non dénuée d'humour une exploration des manières d'habiter ces nouveaux domiciles, dont l'étonnante diversité demande aujourd'hui des réponses architecturales adaptées.
    Ce livre abondamment illustré, conçu comme un répertoire d'informations à l'intention des professionnels de la conception du logement, intéressera tous les curieux de l'univers domestique. Cet ouvrage est issu des recherches menées à l'initiative de la sous-direction de la Qualité de l'Habitat. Au sein de la direction de la Construction, celle-ci s'intéresse à la demande des habitants et aux moyens de la prendre en compte dans la conception du logement et de son environnement.
    Au travers du Palmarès de l'Habitat qu'elle organise depuis 1981, elle valorise des réalisations exemplaires à ce titre.

  • Connu pour ses édifices publics prestigieux, notamment l'ambassade de France à Beyrouth (Equerre d'argent 2004), Yves Lion est d'abord un architecte du logement. Il a étonné par son souci de réconciliation avec les habitants et avec la ville.

    L'analyse de l'oeuvre de Yves Lion, architecte de logements sociaux à Paris, en banlieue et en province s'accompagne ici d'un long entretien avec lui et d'une enquête sur l'usage des logements auprès des habitants.

    Plans et documents de l'architecte, photographies d'extérieur et d'intérieur illustrent l'ouvrage.


  • Dans la continuité d'un travail sur les intérieurs habités entamé depuis plusieurs années, Hortense Soichet a photographié des logements sociaux dans quatre villes en province et en région parisienne : Beauvais, Carcassonne, Colomiers et Montreuil. S'il n'existe pas de lien a priori entre ces différents sites, la cohérence du travail (entre approche anthropologique et création) tient à la façon de photographier ces lieux selon un même protocole, voire un même rituel. Hortense Soichet affirme son style documentaire personnel dans la lignée des grands photographes qui, d'Eugène Atget à August Sander et Walker Evans, ont changé notre regard sur les modes de vie de nos proches contemporains. L'ouvrage envisagé réunira une partie de cet ensemble de photographies réalisées sur ces sites au cours des deux dernières années. Il apportera une contribution à la connaissance des manières d'habiter au XXIe siècle, principalement dans les périphéries urbaines.

  • « Cergy, dès sa construction, a été une ville de brassage, soixante nationalités différentes, Français venus de toutes les provinces. Je trouvais cela prodigieux, une ville pareille, à quarante kilomètres de Paris, cette possibilité d'être ensemble entre gens arrivant de partout. Une ville où il n'y a pas, comme à Rouen, Bordeaux, Annecy - les villes où j'ai vécu - un coeur »bourgeois», inscrit dans les murs, dans les rues, cette puissance ancienne d'un ordre social, de l'argent, manifestée dans les bâtiments » (Annie Ernaux, Le vrai lieu, Gallimard, 2014).

    Le petit village de Cergy, dans son écrin de verdure et son univers champêtre, s'est trouvé pris à la fin des années 1960 au centre d'une agglomération nouvelle voulue par l'état et les aménageurs. La création de « centres urbains nouveaux », à l'échelle de l'Ile-de-France, a apporté des réponses à la croissance démographique et à l'étalement urbain en réalisant un développement multipolaire.
    50 ans sont passés comme autant d'années d'une chronique urbaine et humaine faite de ruptures et de continuités, planifications et changements de programme, superpositions et hésitations, lenteurs et fulgurances, échecs et réussites.
    Dans l'aventure de la ville nouvelle, Cergy est celle qui a connu les bouleversements les plus importants et la croissance démographique la plus spectaculaire, passant de 2 500 habitants en 1969 à plus de 62 000 aujourd'hui. Chaque quartier, constitué autour d'îlots ou d'unités de voisinages, témoigne d'une extraordinaire diversité architecturale, urbaine, paysagère et sociale. En résulte une forme urbaine complexe, vivante, entrelacée de pleins et de vides, de parcs, de routes et de sentiers, de liens et de passages propices à toutes sortes de circulations.
    Toujours en travaux, travaillant ses limites et son centre, la ville aime se contredire et se mêler, comme sa population, à l'air du temps.

    En s'attachant aux ambiances singulières des quartiers, aux édifices-témoins et emblématiques (de la Préfecture à l'Axe majeur, par exemple), à ce qui fait lien ou rupture entre les quartiers, le photographe Jean-Yves Lacôte donne à voir autant une histoire des formes urbaines que la manière dont on les habite aujourd'hui, dont on se les approprie ou les détourne. Une photographie-constat de 50 ans de vie (non pas « après » mais « pendant »).

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