Littérature générale

  • La robe blanche

    Nathalie Léger

    En 2008, la jeune artiste Pippa Bacca a décidé de se rendre en autostop de Milan à Jérusalem en robe de mariée, pour porter un message de paix dans les pays en conflit. Mais elle sera violée et assassinée par un homme qui l'avait prise en voiture au sud d'Istanbul. Candeur ou sacrifice ? Ce qui bouleverse et captive Nathalie Léger dans cette histoire vraie, c'est la volonté de l'artiste de réparer par son voyage quelque chose de démesuré et qu'elle n'y soit pas arrivée. Cette ambition trouve un écho dans la vie personnelle de l'écrivaine. Car sa mère attend d'elle la même chose : de réparer son histoire blessée en lui faisant raconter son mariage, exposer l'injustice de son divorce. Le père, l'ayant quittée dans les années 1970 pour une autre femme, avait réussi à faire prononcer leur divorce à ses torts exclusifs, à elle, l'épouse abandonnée. La mère demande à sa fille d'écrire l'ordinaire de ce qui s'est passé, l'échec, l'abandon, la douleur. Mais si une robe de mariée ne suffit pas à racheter les souffrances de l'humanité, les mots pourront-ils suffire à rendre justice pour les larmes d'une mère ?

  • Suivant l'azur

    Nathalie Léger

    Il n'y a rien à savoir de l'amour, et rien à connaître de la mort. On y va en rampant, dans l'ignorance des idées, mais avec un tact infaillible.

  • Philippe Vallières est journaliste et biographe, et son sujet, Laurence Stewart (née Charier), une jeune vedette montante hollywoodienne d'origine québécoise qui incarne parfaitement le rêve américain.  Laurence n'est pas la seule à se confier à l'écrivain sur sa vie et son ascension vers la gloire ; sa soeur Chloé en a aussi long à dire, et tente de s'immiscer le plus possible dans ce projet de biographie et même dans la vie privée du biographe. Philippe doit aussi se plier au droit de regard de Catherine Steinbeck, l'agente de Laurence (et petite-cousine du romancier du même nom, lien de parenté qu'elle exhibe à la moindre occasion !), qui veillera à ce que rien pouvant porter atteinte à la réputation de Laurence ne soit mentionné dans le livre. Et finalement, Philippe doit évidemment des comptes à son éditeur ainsi qu'à l'éditeur américain, qui s'attendent à un récit révélant des histoires inédites sur la vie privée de l'actrice, et ce, à l'intérieur de délais extrêmement serrés. À mesure que le narrateur sent son projet de biographie déraper - tout comme sa santé mentale -, déchiré entre les exigences de tous les gens impliqués dans l'affaire, les lecteurs sont aspirés dans une spirale dont il est bien difficile de s'extraire.

  • L'exposition

    Nathalie Léger

    À l'occasion d'un projet d'exposition sur La Ruine, la narratrice relate sa rencontre inopinée avec une héroïne oubliée du second Empire, la comtesse de Castiglione, dont elle tente de retracer l'existence à partir d'un recueil de photographies retrouvées dans sa bibliothèque. Cette femme, célèbre pour sa grande beauté, sa fatuité, sa fin lamentable, a entretenu un rapport très étrange avec son image : plus encore qu'aucun de ses contemporains, plus encore que Montesquiou, le modèle du Charlus de Proust.
    La Castiglione a confié le sens de son existence à la photographie. Ancêtre des héros modernes de l'autoportrait, cette beauté fatale se rendait chez le photographe comme certains vont au coffre y placer leur bien. Et pourtant, la beauté semble avoir déserté ces clichés ; ne subsiste qu'une tristesse et une solitude effroyables. Croyant exposer sa seule beauté, elle demanda à la photographie de l'accompagner dans le ravissement comme dans l'abjection et surexposa l'effondrement de son existence.
    Sous les bibelots d'un Empire à son apogée, la narratrice croise quelques questions toutes contem- poraines : l'effroi de son propre corps, la peur du regard de l'autre, l'attachement à quelques vestiges qui rassurent. Une image en fait surgir une autre, une femme en rappelle d'autres : l'autre femme, cruelle ou désirable. L'écriture, comme la photographie, permet de s'avancer au seuil de l'ombre, à la recherche de la mère tant aimée et de l'enfant qu'elle fut.

  • Samuel Beckett a dit un jour qu'il refusait de s'interrompre pour «contempler ce truc qu'on appelle ma vie». Ni étude universitaire ni biographie «à l'américaine», cet essai, bâti sous forme de brefs paragraphes, et autant d'instantanés, plonge au plus intime de l'oeuvre et de l'homme. Les anecdotes, les témoignages, les réflexions se mêlent pour offrir au bout du compte un portrait à la fois intellectuel et psychologique extraordinairement vivant de Samuel Beckett. Ses rapports avec sa mère, les femmes, l'Irlande, l'alcool, la création, le théâtre, Joyce, sont non pas analysés, mais se révèlent tout naturellement grâce aux images et aux récits. La figure énigmatique de Beckett se dévoile alors, profondément humaine et proche, tout en gardant sa part irréductible de mystère.

  • Plusieurs destins s'entrelacent dans ce nouveau récit de Nathalie Léger. Ils se nouent autour d'un film, Wanda, réalisé en 1970 par Barbara Loden, un film admiré par Marguerite Duras, une oeuvre majeure du cinéma d'avant-garde américain. Il s'agit du seul film de Barbara Loden. Elle écrit, réalise et interprète le rôle de Wanda à partir d'un fait divers : l'errance désastreuse d'une jeune femme embarquée dans un hold up, et qui remercie le juge de sa condamnation. Barbara Loden est Wanda, comme on dit au cinéma. Son souvenir accompagne la narratrice dans une recherche qui interroge tout autant l'énigme d'une déambulation solitaire que le pouvoir (ou l'impuissance) de l'écriture romanesque à conduire cette enquête.
    Il y a d'abord l'errance de cette femme, Wanda, apparemment sans attaches et sans désirs ; il y a ensuite la recherche de Barbara Loden, une actrice rare, une cinéaste inspirée, une femme secrètement blessée, et qui cherche la vérité de son existence à travers un fait divers ; il y a enfin l'enquête de la narratrice. Trois destins entremêlés pour une même recherche sans objet, une même façon d'esquiver ou d'affronter la réalité. Wanda/Barbara : qu'est-ce que l'une cherche à travers l'autre, et qu'est-ce que la narratrice cherche à travers elles ?
    Barbara Loden est née en 1932, six ans après Marilyn Monroe, la même année qu'Elizabeth Taylor, Delphine Seyrig et Anouk Aimée. Elle a trente-huit ans lorsqu'elle réalise et interprète Wanda en 1970. Elle est la seconde femme d'Elia Kazan. Elle a joué dans Le Fleuve sauvage et dans La Fièvre dans le sang. Elle devait jouer dans The Swimmer avec Burt Lancaster, mais ce fut Janet Landgare qui eut le rôle ; elle devait jouer dans L'Arrangement avec Kirk Douglas, mais ce fut Faye Dunaway qui eut le rôle. Elle est morte jeune, à quarante-huit ans. Wanda est son premier et son dernier film. Quoi d'autre ? Comment la décrire, comment décrire un corps et une présence inconnus ? La narratrice lit des témoignages, regarde des images, décrit le film, tente de s'approprier un visage, de découvrir ! un corps sous un autre, elle cherche à reconstituer les bribes d'une vie pour la tirer un instant de l'oubli, et revenir sur sa propre amnésie.

  • Publié clandestinement en 1942, traduit en dix langues et parachuté par la RAF sur l'Europe occupée, « Liberté » de Paul Eluard est un poème mythique : avec ses vingt et un quatrains, il a la ferveur d'une déclaration d'amour et la force d'un mot d'ordre. En novembre 2016, « Liberté j'écris ton nom », le poème de Paul Eluard illustré par Fernand Léger, reparaît chez Seghers à l'identique de l'édition originale, datée de 1953.
    Tandis que nous nous apprêtons à rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, la « liberté » scandée par Eluard apparaît plus que jamais comme un leitmotiv, un mot de rassemblement généreux, optimiste, qui va bien au-delà des clivages politiques, sociaux et religieux. Celui qui clame « Liberté, j'écris ton nom » invoque toute une histoire de luttes et de sacrifices - celle de nos aînés -, mais affirme aussi le désir de se sentir vivant, humain, aspirant au bonheur. Dans ce contexte troublé, il nous a semblé important que cette oeuvre soit de nouveau disponible, dans une belle édition, soignée et accessible au plus grand nombre.

  • Mise en pieces

    Nina Leger

    Jeanne est hantée par le sexe des hommes. Elle collectionne les souvenirs de ses rencontres furtives dans un palais imaginaire dont chaque pièce renferme un sexe, car sa mémoire exclut toute autre donnée concernant ses amants de passage : elle se souvient en détail de chaque organe, jamais d'un homme. Elle fréquente les sex-shops, additionne les amants, les chambres d'hôtel et les godemichés, se laisse envahir par son obsession, jusqu'à l'écoeurement. On ne sait rien d'elle, ou presque. Quelques hypothèses sont évoquées concernant son âge, sa profession, mais elles sont contradictoires. Le roman n'offre aucune échappatoire, nous enfermant avec Jeanne dans les chambres closes qui ponctuent son errance sexuelle...

    Le texte fascine par son caractère implacable, glacial, et par l'extrême précision de l'écriture. Ce bref roman est tendu, tranchant, dur comme le diamant, et suscite un trouble puissant. La figure de la nymphomane ne trouve ici aucune explication psychologique ou sociologique. L'auteur ne vise à susciter ni la compassion ni l'excitation. Il s'agit tout autant d'une fiction que d'un poème concret, une traversée de la solitude contemporaine.

  • " pour moi, la figure humaine, le corps humain n'ont pas plus d'importance que des clés ou des vélos.
    C'est vrai. ce sont pour moi des objets valables plastiquement et à disposer suivant mon choix. on doit reconnaître que les traditions picturales qui nous précèdent - la figure et le paysage - sont lourdes d'influences. [. ] il a fallu, pour y voir clair, que l'artiste moderne se détache de cette emprise sentimentale. nous avons franchi cet obstacle : l'objet a remplacé le sujet, l'art abstrait est venu comme une libération totale, et on a pu alors considérer la figure humaine non comme une valeur sentimentale mais uniquement comme une valeur plastique.
    Voilà pourquoi dans l'évolution de mon oeuvre, de 1905 à maintenant, la figure humaine reste volontairement inexpressive. ".

  • « L'amour a fait naufrage. À Paris, sous les toits, la narratrice grave son calendrier comme Crusoé. Elle échafaude aussi d'audacieuses architectures de petites cuillers. Dans son hamac, elle accueille enfants ou amants, échos du dehors, rêves ou cauchemars du dedans. Ce livre est son journal doux-amer, tissant auto et surfiction, réalisme magique, calligrammes et contes cruels, il s'adresse à celui/celle qui le lira peut-être (dis, tu es là ?). Rien ne s'efface, tout s'entrechoque au fil de quatre saisons plus une : quinze ans après, tout a changé. Mais le temps est circulaire et farceur... » N.L.C.

  • Le promontoire du songe est un court texte écrit par Victor Hugo en 1863. Lorsqu'il rend visite à son ami Arago à l'Observatoire, ce dernier lui fait regarder la lune au telescope. D'un coup Hugo s'emballe, et nous livre une longue rêverie à mi-chemin entre l'essai poétique et la poésie en prose.

    Stark est une nouvelle écrite par Nina Leger en 2018, en réponse au Promontoire du songe. Il s'inscrit entre le témoignage et la biographie, et raconte comment fut perçu le premier pas sur la lune de Neil Armstrong en 1969.

  • Noble clochard, épave magnifique, débordant d'humanité et de générosité, d'une réjouissante immoralité, l'énorme, le truculent falstaff se morfond dans une auberge de windsor : il a la nostalgie du temps où il était l'ami des lords qui se disputent aujourd'hui les faveurs de la reine.
    Qui le sauvera de sa mélancolie, qui le sauvera de lui-même ? les grands seigneurs corrompus que ses mauvaises blagues amusaient tant jadis ? la belle alice qui lui voue un amour si candide, si pur ? ou shakespeare en personne, puisque " tout dans ce monde n'est que bouffonnerie " ? qui lui fera découvrir, en lui, l'autre falstaff -le personnage de comédie qui, pour nous, incarne l'amour de la vie ?
    L'écrivain au sommet de son art -un irrésistible mélange de verve, de gaieté, de virtuosité, de fantaisie, de gravité souriante et d'érudition amusée- nous redit, avec brio, avec allégresse, que le roman est, d'abord, une fête.

  • Ce livre nous invite à une visite aussi fabuleuse que documentée de la grotte Chauvet-Pont-d'Arc, où notre espèce inscrivit un trésor, il y a 36 000 ans.
    Nathalie Léger-Cresson restitue, avec la passion joyeuse de sa narratrice, la découverte du lieu où résonne la présence des premiers artistes de l'humanité. On plonge alors dans ce chaudron d'émotions, dans cet incubateur de fictions, et les descriptions à la fois précises et jubilatoires ouvrent sur des récits. Les personnages dessinent certaines figures récurrentes: trio d'une mère et de ses deux filles, jeune homme en danger de mort, couple d'amoureux... Leur récurrence à travers le temps et les jeux du langage nous fait toucher, comme rarement dans un livre, la bouleversante permanence de notre espèce.

    «Lire, écouter les savants, prendre le train pour visiter la reconstitution, faire défiler les documentaires et les visites virtuelles à en avoir le tournis... quand c'est à la réalité que tant nous aspirons. Au moins, à voir vraiment de nos vrais yeux la vraie trace réelle d'une présence évanouie. Rien, rien n'y fait, notre désir est impossible à assouvir. Alors chacun s'agite, repeint sa maison, imprime des mains au plafond, s'enterre trois mois dans son jardin, ou écrit. Comme, enfant, on se construit des cabanes, j'ai bricolé ma grotte Chauvet avec les moyens du bord. En écrivant toutes les histoires et bouts de ficelles qui me poussaient de partout, tous les jours, tout le temps.» N. L.-C.

  • Prendre corps

    Catherine Voyer-Leger

    Prendre corps n'est pas un livre comme les autres, c'est un livre-corps dans lequel la matière apparaît déprogrammée, morcelée. L'anatomie n'a ni ordre ni norme ; convoquée au moindre instant, elle a un vécu. Entre intimité et mémoire, larmes et désirs, ce projet d'écriture fragmentaire fait la confidence d'une expérience corporelle féminine et contemporaine. Des muscles aux sangs, des engourdissements à la douleur préhistorique qui s'irise, Catherine Voyer-Léger abolit la frontière qui sépare le superficiel du profond. Texte chaleureux, Prendre corps invite à devenir l'autre pour être soi, à pleurer et à rire selon chaque humeur, à penser le langage pour mieux panser la chair.
    Sans folios, sans mode d'emploi, ce livre se vit.

  • La Menace au sérieux joue de différents discours intérieurs qui peuvent s'entrechoquer chez un être, après rupture amoureuse. H et F, l'homme et la femme qui se parlent, sont deux amants qui se retrouvent dans un "au-delà" de l'amour. Ils avancent sur le fil des mots et la langue parfois se cherche ou dérape, entre calembours et lyrisme. Le deuxième personnage féminin M, la Menace, terrorisante, ordonne d'oublier.

  • Jean-François Marquet propose de redécouvrir des mots - une quarantaine - issus du monde maritime et passés dans le langage courant, dont l'origine a été oubliée.
    Tout d'abord situé dans le contexte usuel actuel, le mot à l'aide d'une citation, d'un exemple historique est ensuite expliqué dans son contexte d'origine.
    Chaque mot est accompagné par un dessin de Sébastien Léger.

  • En 1890, Emmanuel Choleteau, simple matelot de l'île d'Yeu, embarque pour les Nouvelles-Hébrides (actuel Vanuatu) sans la moindre idée de ce qu'il va découvrir. À la fin du XIXe siècle, dans cet archipel du Pacifique, la tension est grande entre missionnaires, aventuriers généralement peu recommandables et tribus indigènes dont certaines pratiquent encore l'anthropophagie. Dans le cadre d'une commission navale mixte, mission est donnée aux marines anglaise et française, dont Emmanuel fait partie, de faire régner l'ordre sur ce petit territoire volcanique. En s'inspirant de l'histoire vécue de son arrière-grand-père et des journaux de bord de l'aviso La Saône sur lequel il était embarqué, l'auteur réinvente, dans un récit haletant, la vie d'un jeune matelot pris dans les tourbillons de la profonde et mystérieuse Mélanésie (Mélanésie, du grec melas, noir, et nêsos, îles - Le Nouveau Littré) .

  • "Encore et Angkor", un titre joueur et grave, où vibrent la nostalgie et la promesse, le désir charnel, le passé et l'avenir de notre espèce. Un sommaire énigmatique en guise de carte d'état-major, et le voyage commence. D'abord sous le signe d'une transmission mère, fille, mère... Puis nous voilà entraînés dans une traversée où surgissent fragments poétiques, récits, scènes familières ou incongrues : mouvements d'une vie, de femme, qui trouvent leurs échos dans l'Histoire, jusqu'à l'utopie d'une migration de notre monde vers une terre nouvelle. Au centre, la visite d'Angkor, splendeur insaisissable mais entrouverte par un guide écrit à la manière des anciens archéologues. Pour la promeneuse s'y réfléchissent tous les regrets, tous les élans.

  • Chargé de cours à l'Université de Montréal, Elie Abs prend une année sabbatique et retourne en Europe.
    Salzbourg, Zurich, Milan, Munich, il erre. Il s'enivre de musique et d'exercices physiques. Il fait des conférences et retrouve Jeanne, une amie d'enfance qu'il a aimée. Il revoit Elisabeth, une brésilienne qu'il a aimée aussi. Mais on ne renoue pas partiellement avec sa mémoire, et ce sont les souvenirs de sa mère, morte depuis dix ans, qui affluent, par bouffées. Après avoir fui Paris pour mieux se fuir lui-même, Elie retournera chez lui, y retrouvera son père et le fera parler de celle qu'il n'a jamais cessé d'appeler maman, et n'a jamais cessé d'aimer.
    Après toutes ces années de silence, qu'importe si père et fils ont chacun sa vérité.

  • L'ADN, vous connaissez ? Non, vous croyiez connaître, et il faut vous laisser entraîner dans cet allègre petit conte philosophique, dans cette controverse entre une elle, admiratrice enthousiaste du vivant et de son inépuisable créativité : « C'était bien fait ! » et un lui, l'Amoureux, sceptique presque morose : « La mort pourrit la vie. » Vous découvrirez alors les vertus de cette molécule nichée au coeur des cellules des mouches, pissenlits, pins parasols, anchois, éléphants... et humains, et les aventures de la jeune biologiste, Rosalind Franklin, qui nous la dévoila. Tout est bon dans cette controverse pour parvenir à convaincre l'autre, inventaires et descriptions poético-drolatiques mais documentés, souvenirs très intimes, fictions assez plausibles, récits fantastiques ou fables mythologiques, le tout emporté dans le grand mouvement hélicoïdal à deux brins qui est la langue de l'ADN.

  • Il est toujours périlleux pour un éditeur installé en région, qui se veut pourtant non-régionaliste, de publier un texte tel que celui-là.
    "Bah, encore un écrit de terroir..." penseront les Doctes. Qu'on les laisse dire et croire. Dès que vous vous plongerez dans ces pages, j'espère que, comme je l'ai fait, vous enverrez valser toutes ces réticences et préjugés. Parce qu'il s'agit bien de littérature telle que je l'entends. Parce que nous avons ici un des plus beaux textes que j'ai jamais parcouru. Un texte venu dire l'amour pour l'être humain, la richesse de l'humanité, les ressources inouïes des modestes et des taiseux, les infinies violences tout comme les indicibles douceurs qui trament leurs existences.
    Un texte de conteur, de moraliste, de poète, de biographe et bien davantage. Lorsque j'ai demandé à Pierre de définir son travail, voici ce qu'il m'a répondu : Je sors d'une plongée dans l'altérité de ce musée du quai Branly. J'ai mille masques sur les yeux et mille tambours dans les oreilles. Alors de cette foule à mon silence, de ma propre folie au merveilleux foisonnement du vivant, à cet instant c'est ma langue d'enfance qui me revient en bouche, impérieuse, lancinante, un goût de treuffes et de mâyons...
    Comment vous expliquer ? Dans une langue émue, riche, lyrique parfois, Pierre Léger nous empoigne pour nous faire ressentir le vrai d'une vie humaine. L'essentiel qui façonne, comment le paysage, la langue, le travail, la mémoire des anciens peuvent construire des humains. Parfois pour le meilleur.

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