Marie Cosnay

  • Comètes et perdrix

    Marie Cosnay

    • L'ogre
    • 4 Mars 2021

    Comète et Perdrix est le récit d'une histoire incroyable, celle du kidnapping de deux enfants juifs, Robert et Gérald Finaly, par une résistante catholique, Antoinette Brun qui les a cachés jusqu'en 1953. Il s'agit pour Marie Cosnay à la fois de s'approcher de la vérité au moyen de la littérature et d'explorer les mécanismes qui ont conduit à cette situation. Car cette histoire en convoque d'autres, celles de la frontière, le col de Perdrix, et celles de ceux qui la traversent, et avec elles toute une constellation de personnages dont les décisions, convictions ont mené à ce kidnapping. En explorant cette affaire par le biais de la constellation de personnages qui y sont liés, Marie fait de cette matière historique une enquête et un passionnant roman d'espionnage.

  • éléphantesque

    Marie Cosnay

    Marguerite Gardère, Pétronille pour l'état civil (d'une famille qui fait les pins pour les autres, gemme, se donne du mal) a un garçon, gros, bon vivant, rieur, qui discute politique loin de chez lui, dans les bois, refait le monde, rencontre les exilés espagnols, organise le parachutage des Alliés, les ravitaille, libère des prisonniers nord-africains, discute bonne chère, fêtes du village. Est arrêté, convoyé à Compiègne, revient diminué de grosseur, comme il dit, et grandi. Puis recommence.

  • If

    Marie Cosnay

    • L'ogre
    • 16 Janvier 2020

    Au long de 5 chapitres se partageant en Marseille et Alger, Marie Cosnay déploie une enquête singulière et intime portant sur le destin de Mohamed Bellahouel, personnage sans histoire dans l'histoire, qui à quitté l'Algérie de 1962. En convoquant aussi bien l'histoire proche et lointaine de l'Algérie que les romans d'aventures, Marie Cosnay n'interroge pas seulement les faits, les dates, les lieux, qui jalonnent la vie du sujet de son enquête, mais également son propre rapport et celui de sa génération à une Algérie intemporelle.

  • Le fils de Judith

    Marie Cosnay

    Helen, la narratrice de cette histoire, part à la recherche de son père, qu'elle n'a pas connu, et dont le destin est entouré de beaucoup de mystère. Tous ceux qu'elle interroge lui fournissent des réponses qui sont comme autant d'énigmes ou de faux-fuyants qui la trompent, et derrière lesquels la vérité se dérobe.
    Ainsi la quête d'Helen, qui est aussi celle de son identité - motif récurrent dans l'oeuvre de Marie Cosnay - prend-elle l'allure d'une longue épreuve initiatique qui la conduit, par d'incessants voyages et épisodes parfois fantastiques, sur le chemin de sa vérité.
    Dans ce dernier livre comme dans les précédents, l'écriture poétique de Marie Cosnay, toujours aussi ferme, alerte et inventive, fascine le lecteur et l'entraine, à la suite de l'héroïne, dans son aventure.

  • épopée

    Marie Cosnay

    • L'ogre
    • 4 Octobre 2018

    Le jour où Zelda, la flic dure à cuire du commissariat du XIe arrondissement de Paris, enquête sur l'assassinat d'un ressortissant ouïgour, en marge de la manifestation des prostituées de Belleville, elle tombe sur un beau jeune homme accompagné (ou suivi) d'un héron, qui va la mettre sur la piste de Clotilde, jeune agent secret aux couettes bicolores qui va bientôt se retrouver en lutte contre la corruption internationale...
    Avec Épopée, Marie Cosnay continue à explorer ce que la poésie peut faire au polar, et nous raconte les aventures violentes et sensuelles des corps de ces espions qui, au final, se perdent autant que nous dans la marche du monde.

  • On retrouve, dans ce dernier livre de Marie Cosnay, la marque évidente de son écriture : une fermeté sans complaisance, que l'invention poétique ne cesse de traverser au profit d'une dimension onirique, et souvent, comme ici, fantastique. L'auteur n'a-t-elle pas traduit trois livres des Métamorphoses d'Ovide.
    L'originalité de ce récit, discontinu si l'on s'en tient au mode d'apparition des personnages, à leurs déplacements, à leurs aventures imprévisibles, vient de ce que la narratrice est elle-même le jouet de toutes ces métamorphoses ; elle erre sans but, comme dans un rêve ou un cauchemar, au sein d'un monde violent qui la piège. Et nous sentons bien que ce monde, plein de fureur et de cruauté, est aussi le nôtre.
    Cependant, comme toujours chez Marie Cosnay, la nature est aussi très présente, et son évocation anime ce texte d'une compassion et d'une tendresse que la fureur des hommes lui refusait.

  • La France annonçait, au début d'octobre quinze, la décision d'accueillir et loger trente mille réfugiés fuyant des pays en guerre. Elle en est loin. Ces séjours de quelques mois qu'on a appelés « de répit », devaient permettre aux personnes de demander l'asile. Dès novembre, on apprenait que certains séjours se passaient mal, des maires disaient avoir été mis devant le fait accompli, sans aucun pouvoir de décision.
    Baïgorri, petit village du Pays basque, a accueilli cinquante personnes en provenance d'Irak et d'Iran (tous kurdes), d'Afghanistan, du Soudan, d'érythrée, de la mi-novembre quinze à la mi-février seize. À Baïgorri l'accueil se passait bien, mieux que ça encore.
    J'ai pris note de ce que je voyais et entendais ici. J'ai écouté les personnes impliquées dans cette aventure d'hospitalité. La joie que le projet suscitait était communicative, peut-être devait-on se tenir à ça, à la joie qui se répandait, une joie contre les terreurs et les resserrements.
    Notre espérance, au niveau d'un village, d'un groupe, se construisait. C'était peu, mais ça changeait tout.

  • Marie Cosnay explore à nouveau l'histoire secrète et violente d'une famille : une fille se heurte à une loi paternelle venue du fond des âges, et dont les ordres, les interdits, les condamnations, s'expriment brutalement dans une langue et des gestes frustes.
    C'est cette fille qui parle ici. Elle reprend en boucle les données de son drame, dans une écriture poétique qui halète, qui dit les haines, les désirs et les échecs, mais aussi l'amour du monde, de la terre pyrénéenne, la soif de liberté, la terreur d'être à jamais privée d'amour. Plus que tout, la passion de l'héroïne, celle de l'écrivain Marie Cosnay, c'est d'inventer une langue qui témoignerait de son être intime, "langue maternelle", au plus près du corps, et capable, comme le rêve la dernière partie du livre, de sauver de l'effondrement les acteurs de cette histoire.

  • Trois meurtres

    Marie Cosnay

    • Cheyne
    • 15 Février 2008

    Une mort est mon berceau de nuit. J'y demeure bien camouflée. Je ne sais pas quand elle va cesser si elle cesse. J'attends qu'elle flamboie. Le jour va venir. Encore deux heures. À cette nuit et au jour levant, je pose des questions. En une nuit les lagerstroemias sont déplumés. Des branches sont grêles. Quelques petites feuilles dorées sont piquetées de froid. Devant moi je trouve des places vides, gelées. Et si je m'attachais la haine. Je crains un regard détaché de visage dans un visage détaché de corps.

  • Sur le mur des fédérés, de leurs ongles, ils avaient gravé leurs noms : Danbuy, Jurat, Touquet.
    Celui-ci se tient la tête entre les deux mains en attendant le feu. Son voisin se courbe avant le toucher de la balle. C'est ainsi que l'on meurt. Rescapée du poteau d'exécution, devenue folle et pute, Emmy recueille les confidences des soldats versaillais sur les bords du canal de l'Ourcq. Sa tête et l'amour lui jouent des tours. D'une voix qui comme une voile cherche l'océan, à notre humanité emporte au-delà de l'histoire de la Commune.
    Quelque chose rougeoie au loin... L'avenir, oui, mais quel ?

  • Cordélia la Guerre

    Marie Cosnay

    • L'ogre
    • 21 Août 2015

    Une voiture en feu, une amnésique, de mystérieux rubis, et la guerre sourde qui balaye tout sur son passage. Cordélia la Guerre est un roman en feu, multiple, ambitieux qui, tout en jouant avec les codes du roman policier, de l'épique et du mythologique, propose une relecture contemporaine du Roi Lear. Il nous emmène dans un tourbillon dont le sou e met au jour la matière d'un monde qui s'e ondre. C'est en réalité notre contemporain qui se joue sous nos yeux et Marie Cosnay en révèle toute la densité sociale et politique.

  • Ils sont deux, Rhésos et Memnon, des gosses encore, qui ont pris la route. Qui se souciera d'eux lorsqu'ils toucheront enfin au but : Troie, ses rivages et sa plaine où les combats ont lieu, où leur vie débutera enfin, à moins qu'ils ne se précipitent vers leur mort ? Ils ont arraché un adieu à leurs parents, ils devancent l'oracle qu'ils ont reçu. Troie les appelle. Là-bas, dans l'autre camp, un autre attend, Achille, qui ne veut pas entrer dans le jeu.
    Ulysse n'y peut rien, ni Nestor. Il y a plusieurs versions de l'histoire, qu'il faudra bien raconter. Raconter ces derniers venus, Rhésos, Achille et Memnon, enfants d'Eos, l'aurore, surgis juste avant le dénouement : la guerre au grand jour. Il y a deux nuits, il y a deux camps, il y a un gamin qui veut se battre, Rhésos, et un qui ne veut pas se battre, Achille. Il y a deux bandes d'espions, quelques masques, deux fleuves, des bruits inquiétants, des feux de vigie, deux peaux de bêtes, des chevaux blancs rapides comme le vent.
    L'Iliade comme vous ne l'avez jamais lue.

  • Vie de HB

    Marie Cosnay

    HB est né à Grenoble, le 23 janvier 1783. Ce portrait d'Henry Beyle, mené par lui-même et ses doubles romanesques, est aussi faux qu'il est possible d'être faux, aussi faux qu'il est nécessaire d'être faux. Quelques éléments figurent l'homme, par petites touches : la couleur bleu, une épée, le pic d'une montagne, la passion pour Mélanie (ou n'importe qui d'autre), les mathématiques, une chanteuse à qui il manque la dent de devant, le nom d'un peintre, des questions : avec qui faire l'amour, est-on gai ou profondément colleté au néant ? Portrait impressionniste d'Henry Beyle et multitude des mouvements : fatigue, affreuses migraines, gravelle, apoplexie nerveuse, idées sans les mots, faiblesse dans la jambe, ennui, ennui pour son sujet, stupidité, absence de moi. Silence dans les salons. Passion mais passion montée. Mais aussi : énergie, ardeur, profondeur, goût pour les contes, comique, colère, impétuosité - rien n'est trop fort. Et ce n'est pas le café. Au bout du compte, seule vaut la fiction parce que le naturel est toujours bon ou prêt à être déchiqueté. Vivent les noms, les surnoms, les pseudos, jusqu'au dernier, Stendhal. Qui meurt le 23 mars 1842.

  • " D'abord il était facile de faire un tableau, ce n'était pas un problème. La vraie tâche était de cerner la bête. Ensuite je n'imaginais pas cerner la bête sans que s'y mêlât une affaire d'amour. Enfin, quelque chose avait bien commencé ici, à l'angle de la villa Chagrin et de l'Adour, où le hasard me faisait vivre. Me faisait vivre. La question touchait Bram et Marthe. Elle me concernait aussi. " Il s'agit, dans ce livre - au style économe et resserré, volontairement lent dans la progression - de chercher les effets croisés et conjoints de deux temps narratifs : celui de la perte d'une relation amoureuse (et par là d'une personne en soi-même) et celui d'une disparition qui appartient à une autre histoire : celle de Marthe Arnaud, compagne de Bram van Velde, qui connut une existence à la fois intense et tragique.

  • André des Ombres

    Marie Cosnay

    C'est un roman, le roman d'André, arrière-grand-père de la narratrice. André a connu les tranchées de la première guerre mondiale avant de devenir imprimeur du roi à Addis Abeba. La narratrice reconstitue, dans une suite de scènes frappantes, ce qui finit par former une histoire. Une histoire où les destins individuels rencontrent l'Histoire. "Un récit, cent fois entendu ou conté, lui manque s'il n'est pris en son commencement. Il ne reconnaît rien aux épisodes si manquent les premiers. Pour trouver un chemin, il fait les mêmes détours que par erreur une première fois. Tel était André "

  • Un basculement intime au moment d'un basculement politique, on a vu le temps fléchir, on ne peut pas faire autre chose qu'espérer. La narratrice prend la route, rencontre des réfugiés dans une forêt de l'Aude, un voleur de bateau en Méditerranée, une infirmière peu conforme à confondre et des squatteurs à Besançon. C'est ça : la narratrice tente de se frotter au monde, de le rencontrer - mais voilà, cela semble vain. Restent les étapes nommées, les Gertrude Stein, Dashiell Hammet, Pere Gimferrer, Jean-Patrick Manchette et Virgile.

    C'est un road movie, une fuite, une fille, la narratrice a bel et bien l'impression qu'elle fuit un crime qu'elle a commis et oublié, un corps gît au centre d'une pièce ; au bout de la course, au moment du retour, c'est elle-même la narratrice qui se retrouve allongée au sol, au centre - et si quelqu'un court encore dehors, en liberté, dans le monde bel et bien rejoint, c'est une sorte de soeur, de double : « court, sandales aux pieds traversant les territoires les muscles bandés le coeur vif et la force du taureau, une qui est sans fatigue ».

  • Entre chagrin et néant

    Marie Cosnay

    • Cadex
    • 1 Mars 2011

    Durant ces audiences, le juge décide de prolonger la rétention de ces étrangers qu'on appelle "sans papiers" dans les Centres de Rétention Administrative.
    Étrangers venus de pays où ils sont menacés, d'une manière ou d'une autre, et parfois installés en France et en Europe depuis de longues années. Pendant les comparutions, Marie Cosnay note ce qui se passe, ce qui se dit, les faits, les gestes, les paroles. D'assister ainsi à la mise en place d'un système et d'une politique qui brisent les individus la submerge de chagrin et du sentiment du néant. C'est pour quitter l'espace du chagrin et du néant qu'elle décide d'écrire les récits de ces audiences, de ces moments si particuliers où une personne, saisie dans son rapport avec l'administration et la loi française ou européenne du moment, n'est plus qu'un cas.
    Marie Cosnay s'efforce, dans son texte, de rendre à cette personne son statut de personne. Et de témoigner, de sa place de témoin chagriné, de sa place d'habitante frontalière, de ce qui, en son nom, en notre nom, se poursuit, en Europe et en France.

  • Noces de Mantoue

    Marie Cosnay

    Une femme, dont le nom reste inconnu, marche et parle.
    Marche dans les montagnes, traverse les paysages des alpes et de l'italie. rejoint rémi au palais du té à mantoue, parle, ne cesse de raconter des histoires, des histoires dont il est difficile de savoir si elles ont vraiment eu lieu. des crimes parsèment le chemin et les récits de cette femme. après l'errance, après l'épuisement, on la fait rentrer "au lieu le plus clos de la ville". mais un cheval l'attend près du lac, un cheval grâce auquel, peut-être, fuir.

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