Mohamed Cherkaoui

  • Comprendre la récente conversion des sociétés musulmanes à un islam orthodoxe, ainsi que les conséquences de ce phénomène planétaire : tel est l'objet de cet essai qui, loin de spéculer sur cette lame de fond, veut en mesurer l'amplitude. Mohamed Cherkaoui sollicite ici les données empiriques d'une soixantaine de sociétés musulmanes, et conduit deux nouvelles enquêtes ethnographiques, afin d'identifier les métamorphoses des pratiques religieuses des sectateurs de l'islam et leurs causes insoupçonnées.
    Une dizaine de théories, testées empiriquement, sont avancées pour expliquer ces changements. Il en est ainsi de celles de la sécularisation, de la modernisation, selon laquelle le développement socioéconomique devrait sortir ces pays de l'ubiquité du sacré et de l'absolutisme ; ou bien encore celle du marché religieux qui impacterait les conversions à une religion radicale. Mohamed Cherkaoui soumet aussi à l'épreuve des faits l'hypothèse de l'influence des médias et de la politique des bailleurs de fonds, aux ressources financières illimitées, mises à la disposition de fondamentalistes qui endoctrineraient les individus selon les principes d'un islam wahhabite.
    A des données internationales inédites sur la mobilité sociale, il confronte la conjecture selon laquelle la frustration relative des jeunes générations les aurait jetées dans le filet tendu par l'islam politique. L'auteur compare ici ces déterminants exogènes aux causes endogènes, tels la perception que les musulmans ont d'eux-mêmes, l'émergence d'un fondamentalisme - dont il propose une théorie générale -, le rôle d'intellectuels "prolétaroïdes", promoteurs d'un messianisme qui répond aux attentes des masses déshéritées, la pression sociale que traduisent et renforcent les mécanismes microsociologiques générateurs de ces macrophénomènes inattendus et pas nécessairement voulus.
    Enfin, Mohamed Cherkaoui poursuit l'analyse de la sphère axiologique en étudiant le paradoxe du puritanisme éthique des sociétés musulmanes et de l'adhésion de certaines d'entre elles aux normes de la modernité la plus exigeante. Il analyse la confiance des individus dans les institutions et les relations entre l'islam et la démocratie, dont les réponses proposées jusqu'ici sont, sinon fausses, du moins confuses, dans la mesure où les deux réalités ne sont pas univoques et exigent donc une nouvelle approche que l'auteur propose.

  • Crise de l'universite

    Mohamed Cherkaoui

    • Droz
    • 7 Février 2011

    Synthèse des résultats de plusieurs recherches empiriques sur le corps des enseignants-chercheurs dans les sciences de l'homme au Maroc, cet ouvrage ambitionne de rendre compte des effets tantôt vertueux tantôt pervers des politiques publiques, de la spécificité de la morphologie sociale et intellectuelle de ce groupe, de sa crise d'identité, des représentations sociales que l'on s'en fait, des rôles erratiques de ses communautés scientifiques.
    Prenant en outre appui sur le dépouillement exhaustif des publications de ces maîtres de l'Université, l'auteur propose une cartographie de leur production. Il la mesure, la modélise pour savoir si elle suit les mêmes lois que les productions dans les sciences dures, l'explique enfin. Cette base de données inédite autorise l'analyse des marchés de l'offre des enseignants et non enseignants comme de la demande de leurs publics. Elle permet de répondre à plusieurs questions notamment celle sur la tendance vers la « sécularisation » ou la « régularisation » de la production. On espère ainsi expliquer plusieurs énigmes, en particulier pourquoi des chercheurs qui sont censés écrire pour leurs pairs délaissent les problèmes scientifiques pour s'engager dans des questions qui intéressent prioritairement le public.

  • Lieu d'une double socialisation normative et cognitive, doué de mécanismes de sélections autonomes, fortement stratifié en dépit d'une apparente unité, entretenant des relations avec d'autres institutions, telle la famille, le système d'enseignement semble être un levier de changement et de réduction des inégalités. Cet ouvrage analyse les problèmes et fait la synthèse des résultats des recherches consacrées au système éducatif.

  • Fondée en 1941 par Paul Angoulvent, traduite en 40 langues, diffusée pour les éditions françaises à plus de 160 millions d'exemplaires, la collection " Que sais-je ? ", est aujourd'hui l'une des plus grandes bases de données internationales construite, pour le grand public, par des spécialistes.
    La politique d'auteurs, la régularité des rééditions, l'ouverture aux nouvelles disciplines et aux nouveaux savoirs, l'universailité des sujets traités et le pluralisme des approches constituent un réseau d'informations et de connaissance bien adapté aux exigences de la culture contemporaine.

  • Pour souligner l'importance grandissante du système d'enseignement dans nos sociétés contemporaines, on parle de « révolution silencieuse ». Les jeunes générations y passent, pour une part croissante d'entre eux, près d'un tiers de leur vie afin de répondre aux exigences sociales et économiques.
    Lieu d'une double socialisation normative et cognitive, doué de mécanismes de sélections autonomes, fortement stratifié en dépit de son apparente unité, entretenant des relations conséquentes avec d'autres institutions comme la famille, le travail, le politique ou le religieux, le système d'enseignement constitue aux yeux de beaucoup un levier de changement et de réduction des inégalités. Cet ouvrage analyse les problèmes et fait la synthèse des résultats des recherches sur le système éducatif.

  • Plus de 220 chercheurs et universitaires ont été ici réunis pour discerner le dissociable du sociable et ainsi présenter une pensée sociologique sur le terrain, avec son lot de convergences d'analyse et de divergences d'interprétation des phénomènes sociaux. Radioscopie d'une discipline, ce premier dictionnaire de la pensée sociologique se devait d'exposer autant ses fondements, ses interrogations que ses avancées ou ses propres incivilités... Sonder, interviewer, consulter, enquêter, fouiller, exposer : le présent ouvrage se confond totalement avec son objet, à savoir la construction toujours renouvelée d'une discipline dont l'évolution contrastée de ses propres théories interdit l'exposition linéaire de sa pensée.
    Psychologue, psychanalyste, anthropologue, biologiste, statisticien, démographe, historien, philosophe, pédagogue, observateur de la vie politique, économiste, consommateur, justiciable, bureaucrate, employé, entrepreneur, chômeur..., chacun trouve sa place dans cet ouvrage, chacun participant, à sa manière, au déroulement de la pensée sociologique dont ce dictionnaire met au jour l'enracinement de l'investigation pluridisciplinaire dans le quotidien.

  • La collection "Sociologies", dirigée par Raymond Boudon, membre de l'Institut, professeur à l'Université de Paris IV-Sorbonne, réunit des contributions variées par les sujets abordés, par les orientations politiques générales des auteurs, mais utilisant un paradigme commun qui préfigure une science sociale générale transcendant les barrières disciplinaires.

  • En 400 articles, les domaines d'investigations de la sociologie, le vocabulaire propre à cette discipline et les orientations qu'elle a pu prendre selon ses différents au fil de son histoire.

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