Patrice Lelorain

  • Comment ne pas aimer Jade ? Depuis que la petite siamoise a fait irruption chez lui, le narrateur est chaque jour plus conquis, sa présence lui est devenue indispensable, comme leurs jeux, leurs dialogues et leurs fausses disputes. Mais la nature recèle sa part de cruauté, aussi la chatte et son maître (qui est aussi son valet) vont ensemble traverser une série d'épreuves. À la fois héroïne et muse du livre, Jade nous guide dans sa vie tourmentée de jeune chatte, dans le milieu clos des amoureux de siamois Thaï, avec en toile de fond une société en crise, en pleine mutation. Avec elle surgit un autre rapport au monde, où les frontières entre l'homme et l'animal sont étrangement poreuses, un monde où se tissent des liens mystérieux donnant naissance à une passion fusionnelle faite d'un perpétuel réenchantement. Dans les yeux de Jade est un roman d'amour que seul un écrivain au regard d'ethnologue et au style acéré pouvait célébrer. Patrice Lelorain (Quatre uppercuts, prix de la nouvelle de l'Académie française 2008, Revenants, 2011) est de ces conteurs qui marient le goût de la langue, l'humour et l'art du portrait.

  • Adieux

    Patrice Lelorain

    Variation singulière et poignante sur le thème de la disparition du père, Adieux est un récit dense porté par une écriture qui concilie violence et pudeur, douleur et humour. La grande force de ce texte est de parvenir à camper en très peu de pages un milieu familial et une histoire personnelle qui se déroule sur une trentaine d'années.

  • Quatre textes où l'auteur enlace quinze années de boxe dans une étreinte passionnée parcourue de tendres éclats et de spasmes sulfureux. Dans " Le Rire des Gitans ", où s'amorce la fulgurante série de portraits qui illumine tout le livre, le véritable héros est le public qui au bout du compte assène un coup des plus cruels. Suit " Roi des Lions " qui voit l'écrivain s'attacher à un bien étrange champion de France. Enchaînement naturel, " Joe " s'apparente à une longue séance de boxing-shadow entre le narrateur et le champion sedanais Joe Siluvangi, exercice au cours duquel Patrice Lelorain revisite le noble art, et se perd dans la cité ardennaise pour mieux se retrouver dans un finale éblouissant. " Quatre Uppercuts " clôt le livre comme une épure où ne subsiste plus que la danse entre un geste et le destin, qui fuit, embrasse, châtie... ou tue.

  • Les génies rencontrent-ils leur art par hasard ? Probablement pas. Mais les légendes exigent une accroche forte et celle de Muhammad Ali débute avec le vol de son vélo. Un beau vélo bariolé et chromé à 60 dollars, un Schwin, venu illuminer le Noël 1954 du jeune Cassius, alors âgé de douze ans. Furieux et affolé, il sillonne les rues de Louisville jusqu'à ce qu'un type l'oriente vers le Columbia Gym, où l'officier de police blanc Joe Martin occupe son temps libre à la formation de jeunes boxeurs. Cassius est fasciné par l'ambiance, l'odeur de la salle. Le génie vient de découvrir son art. Voilà pour la légende. Mais si fureur il y eut, il s'agissait sûrement d'une colère noire, agrémentée d'une frousse bleue de la réaction de son père, le peintre des enseignes publicitaires de Louisville, tant la vie de Clay-Ali est une histoire de couleurs, à dominante noire... Une biographie livrée tel un long corps à corps.

  • "Pourquoi nos grands frères nous étaient-ils étrangers ? Où puisaient-ils leur sérieux ? Dans les relents de la guerre qui pour nous n'était qu'une épopée hollywoodienne, dans leur statut d'aînés, dans Mai 68 que de loin nous avions confondu avec le sésame de vacances éternelles ?" De Bois-Colombes à Paris, des Sables-d'Olonne à Stockholm, Patrice Lelorain met en scène la génération post-68, celle des silences et des non-dits, des causes incertaines, des gloires éphémères, des amours plurielles.
    Une génération perdue, qui ale rock pour bannière. Peuplé de fées désenchantées et de princes sans royaume, Revenants est une fresque underground, un roman choral écrit au cordeau.

  • Coleres

    Patrice Lelorain

    Par courtoisie, lassitude, par faiblesse, j'ai jusqu'ici abandonné mes quatrièmes de couverture à la plume des éditeurs.
    Presque toujours, leurs lignes étaient porteuses d'un quiproquo, ou bien suintaient le doute... Assombri par ces malentendus, j'ai, dans un réflexe consolateur, voulu me convaincre de la vanité de l'exercice. Désormais, j'y crois les quatrièmes de couverture ne servent à rien, sauf à distraire les flâneurs qui manipulent les livres par dizaines sans jamais les acheter, faute de moyens, faute d'envie, et auxquels j'adresse mes compliments.
    P.L.

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