Aleas

  • Le paradoxe de Fermi

    Jean-Pierre Boudine

    • Aleas
    • 17 Novembre 2002

    Un homme survit dans un trou rocheux d'une haute vallée.
    Cela n'a pas lieu vingt mille ans dans le passé, mais moins de vingt ans dans le futur, en 2018.
    Cela n'a pas lieu dans les régions sauvages de l'Asie centrale, mais dans les Alpes.
    Robert Poinsot sait certaines choses, sur la puissance et l'impuissance de la science, le génie technologique et l'aveuglement social, la proximité du chaos...
    Finalement, il sait pourquoi nos semblables, qui devraient être partout dans l'Univers, ne sont nulle part (c'est la question que posait FERMI).
    Il sait certaines choses, il va mourir, mais auparavant, sur des cahiers d'écolier, il a rapporté ce qu'il a vu...
    "Le paradoxe de Fermi" est-il un livre de science-fiction ? On voudrait le croire !

  • Les frontières de l'aube

    Paul Vecchiali

    • Aleas
    • 16 Janvier 2007

    Quand j'étais enfant, j'étais frappé par les contradictions apparentes que je décelais chez ma mère : faiblesse physique mais énergie considérable et permanente ; autant de goût pour la rêverie que pour le travail ; courage imperturbable devant l'adversité et peur de tout ; mélancolique et concrète, extrêmement sévère pour son entourage, elle était intransigeante pour elle-même, ce qui ne l'empêchait pas de distribuer du bonheur à qui savait le recevoir.
    J'ai tenté, avec LES FRONTIÈRES DE L'AUBE, de remonter le courant de notre vie commune, l'extrapolant jusqu'à la source de son enfance, et de refaire le chemin, à ses côtés, oubliant jusqu'à l'amour qu'elle m'inspirait en tant que mère pour ne me souvenir que de la femme qu'elle était.
    Ce travail, je l'ai voulu singulier : les cadences sont étudiées en fonction des situations et des personnages et ce, de chapitre en chapitre. De la même manière que, dans mes films, je compose images et sons spécifiquement de séquence en séquence. Paul Vecchiali

  • Du temps qu'il y avait encore des cinémas dans les quartiers, la direction de la salle se rappelait parfois à la vigilance des spectateurs, les tirant de leur torpeur ébahie.
    Un carton en noir et blanc, un intertitre fatal, demandait aux spectatrices de ne pas oublier la réalité de tous les jours, à savoir leur sac à main, oublié là, dans l'obscurité, à leurs pieds et exposé à l'abjection d'un vol. qui ne se souvient d'avoir vaguement tremblé pour ces sacs ? et qui n'en a pas voulu à la " direction " de procéder à une dé-sublimation si triviale ? d'autant que les années passaient et que, malgré l'éternel retour du terrible mot " recrudescence ", ce n'étaient pas les sacs à main qui disparaissaient mais bel et bien les salles de cinéma.
    Au point que le carton fatidique qui semblait veiller sur nous et sur nos sacs commence à nous manquer. comme le cinéma.

  • Après avoir été un catholique convaincu et parfois militant, après avoir cru trouver dans la religion l'explication du monde, l'auteur ne peut plus dire aujourd'hui le Credo de l'Église Catholique. Il est contraint par conséquent de s'affronter aux mots terrifiants «d'athée«, «d'apostat«, ou de «relaps». Il essaie ici d'en comprendre les raisons.

  • Les hommes savent, et pourtant ils continuent. Ils continuent d'agir de manière ravageuse pour la biosphère. Les hommes se regardent, avec impuissance, « épuiser » leur planète. Quelle valeur accorde-t-on à notre environnement naturel ? Qu'attend-on de notre interaction avec lui ? Pourquoi ne va-t-on pas là où la raison nous conseille d'aller ? Quel est le sens de ce processus tragique d'épuisement de la planète par les activités humaines ?
    Nous ne nous contenterons pas de mettre en relation le comportement de l'espèce humaine avec la trace qu'elle laisse derrière elle sur la planète. Ce que nous voulons, c'est comprendre les choix par lesquels elle a pu en arriver là.
    Quand nous posons la question « Pourquoi l'homme épuise-t-il sa planète ? », nous ne recherchons pas la cause du problème, nous nous recherchons nous-mêmes, étonnés que nous sommes d'avoir le pouvoir de créer un tel problème.
    Pierre-Jean Dessertine est né en 1950. Il est professeur de philosophie à Aix-en-Provence. Il a publié des articles dans diverses revues. Il est coauteur de plusieurs manuels de philosophie. Il anime le site : www.anti-somnambulique.org Dans la collection «pourquoi ?» Pourquoi philosopher en cuisinant de Marc ROSMINI Pourquoi se méfier des apparences de Ronald BONAN Pourquoi paresser de Denis de CASABIANCA Pourquoi la brèche démocratique de Norbert LENOIR Pourquoi l'utopie de Benoît SPINOSA Pourquoi des artistes de François MOLL Pourquoi aimer de André SIMHA Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? de Philippe SOLAL Pourquoi moi ? de Valérie CORRÈGE et François GARNIER Pourquoi (ne pas) aller au musée de B. DELOCHE et F. MAIRESSE Pourquoi les sciences de la nature se trompent-elles (parfois) ?F.GALY Pourquoi tant de tolérance ? de Renaud GARCIA Pourquoi grimper sur les montagnes de Patrick DUPOUEY Pourquoi voyager avec Rimbaud ? de Ronald BONAN Pourquoi bavarder ? de Daniel LIOTTA Pourquoi rions-nous ? de Robert FAVRE Pouquoi Roue de bicyclette est une oeuvre d'art de Gabrielle COLACE-SCARABINO Pourquoi l'homme épuise-t-il sa planète ? Pierre-Jean DESSERTINE

  • Le cinéma vient assurer une refonte du clavier artistique en faisant de l'architecture un allié (Faure). Mixtes d'art et de technique, arts collectifs s'adressant à la masse, arts de l'assemblage, le cinéma et l'architecture portent les valeurs du monde moderne. Cette proximité engage de nombreux échanges. Comment les architectes s'emparent-ils du cinéma pour penser leur art ? Comment les cinéastes convoquent-ils l'architecture et développent-ils des propositions constructives ? Mais les deux arts ne font pas qu'échanger leur proximité car au joint des deux, la remise en cause du dispositif dominant relance la mise en espace des images à l'oeuvre dans le précinéma.
    En condensant ces différents enjeux, les années vingt offrent de singuliers parallèles (Eisenstein/Le Corbusier, Richter/van Doesburg) et en appellent à un autre cinéma (Duchamp, Moholy-Nagy, van Doesburg). Elles sont marquées par l'ambivalence entre la recherche de la synthèse et celle de la spécificité de chaque art tandis que le contemporain est sous le signe de l'effrangement des arts (Adorno).
    Quelle place le cinéma occupe-t-il dans l'effrangement des arts ? Que recherchent désormais les architectes (Tschumi) dans le cinéma ? Comment est réinvestie la mise en espace des images en mouvement (Dan Graham, McCall) ? Comment le cinéma, qui connaît son propre tournant moderne, aborde-t-il des questions architecturales (Debord, Antonioni)? Ces différentes questions sont portées jusqu'au tournant contemporain du cinéma, moment où celui-ci, en rencontrant le musée, retrouve plus que jamais son lien originaire à l'architecture (Godard).
    En choisissant la diversité des échanges pris dans des moments forts du XXe siècle, l'ouvrage contribue à une inscription du cinéma dans une histoire de l'art.

  • Né en 1932, Carlos Saura, le plus productif et le plus constant de tous les cinéastes espagnols depuis le début des années 60, est paradoxalement l'un des moins connus du public français contemporain. Cette étude qui ne relève ni de la biographie ni de la théorie cinématographique voudrait contri­buer à réparer cette injustice à travers l'examen d'un échantillon choisi regroupant, dans un ordre chronologique, onze de ses plus grands films - de La caza (1965) à Goya en Burdeos (1999).
    Qu'il s'agisse de ses fictions, de ses évocations de figures historiques et même de ses productions musicales, toutes ses oeuvres tournent autour de la problématique de la mémoire, des diverses modalités d'une mémoire individuelle mais aussi collective que le cinéaste articule d'une manière toute personnelle. Inséparables du traumatisme de la Guerre Civile dont ils sont l'écho indéfiniment prolongé, ses films, réalisés dans le contexte oppressant du franquisme ou dans le climat plus favorable d'une Espagne renouant avec la liberté, disent la transmutation réussie de données psychologiques et politiques en geste créatif. Par son refus de toute complaisance et son exemplaire sobriété, Saura, indifférent aux modes, se livre à travers eux à une authentique et émouvante réflexion sur l'hispanité et, au-delà, sur l'essence de la condition humaine.

  • Les années fastes de la radio (1955 - 2009) par Daniel Lesueur, auteur et journaliste de la presse musicale

  • Les artistes ne servent à rien, dit-on. L'art ne fait pas progresser l'hu­manité et ne nourrit pas son homme. Au mieux l'artiste est un doux rêveur, au pire un snob excentrique. Tels sont les différents préjugés qui font bonne recette encore de nos jours et que cet ouvrage entend dissiper. En effet, si les artistes ne servent à rien, comment se fait-il que leur rôle aussi bien que leur statut aient évolué au cours des siècles ? Comment expliquer également que de nombreux régimes politiques ne soient pas restés indifférents à leur présence et se soient empressés de les emprisonner ou de les tuer ? En partant de l'évolution du rôle et du statut de l'artiste, l'auteur tente de montrer, en se fondant sur des exemples précis et généralement connus de tous, que l'artiste manifeste un besoin humain par lequel il aspire, tout en nous invitant à nous joindre à lui, à dépasser l'humaine condition pour paradoxalement connaître le monde mieux que ne le permettrait la science.

  • En 1875, au bas d'une lettre, on pouvait lire : "Andrieux, avocat, ancien procureur de la République, ancien conseiller général, vice-président du conseil municipal de Lyon." Louis Andrieux avait alors trente-cinq ans.
    En 1929, le notaire ayant établi l'acte de vente de la propriété de Louis Andrieux à Valensole, dans les Basses-Alpes, mentionne en tête de celui-ci : "ancien avocat, ancien député, ancien préfet de police, ancien ambassadeur, ancien doyen de la Chambre des députés, chevalier de la légion d'honneur." Louis Andrieux a soixante-dix-neuf ans.
    Il y a encore des oublis. Résumons : avocat, procureur de la République, conseiller municipal de Lyon, conseiller général du Rhône, préfet de police de Paris, ambassadeur de France en Espagne, député, doyen de la chambre des députés, président du conseil général des Basses Alpes, sénateur de ce département (quelques jours), journaliste, écrivain, docteur es-lettres à quatre-vingts sept ans. À la Chambre, un jour il dira "j'ai fait tous les métiers".
    Il épouse une riche héritière d'une immense famille d'industriels alsaciens avec laquelle il aura trois enfants. Avec Marguerite Toucas il aura un fils, Louis Aragon, son père lui ayant donné le patronyme d'un de ses ex-collaborateurs, un commissaire de police. On lui prête une liaison avec Isabelle II, la reine d'Espagne. Cela se passait à Etretat.
    Il fut toute sa vie un libre penseur, il mourut dans les bras d'une comtesse d'Action française ; il sera franc-maçon, il se gaussera d'eux dans ses souvenirs et ses anciens " frères" le lui feront payer cher ; il sera boulangiste mais le niera ; il eut un rôle important lors de l'affaire de Panama à l'occasion de laquelle il aura pages ouvertes dans la Libre Parole, le journal de l'antisémite Drumont ; il sera un féministe sincère.
    Maurice Mouthier fourrage dans cette vie multiple, résout quelques énigmes, en laisse d'autres sans réponse...Une promenade dans un siècle d'une vie qui s'écoule surtout dans la seconde moitié du dix-neuvième.
    Maurice Mouthier, avocat honoraire, diplômé d'études supérieures de droit public, auteur de nombreux ouvrages de droit aux éditions De Vecchi. Il est né l'année de la mort d'Andrieux.

  • En dépit de files d'attente parfois pléthoriques à l'entrée des grands musées du monde, l'institution est de plus en plus controversée.
    On s'interroge sur la légitimité de sa mission au point de spéculer parfois sur l'hypothèse de sa conversion radicale ou sur l'opportunité d'envisager des solutions alternatives de transmission de la culture. ce livre confronte deux personnalités, deux points de vue et deux attitudes délibérément poussés jusqu'à leur terme extrême. d'un côté, l'argumentation pour le moins irrévérencieuse du philosophe, "raisonneur" sans complaisance, qui dénonce le narcissisme, le cannibalisme culturel et le refus de l'autre auxquels conduit implacablement la logique intime du musée.
    De l'autre, l'homme de musées, le "collectionneur de visites" passionné au point d'être devenu muséologue, qui donne le témoignage nuancé d'une expérience vécue irremplaçable dans laquelle sentir, sensorialité voire sensualité se mêlent sans exclusive ni dissonance aux attendus et aux raisons. au lecteur de faire son choix et de décider s'il doit ou non continuer à fréquenter une institution si chargée d'enjeux symboliques.

  • Quand on se demande comment l'univers dans lequel nous vivons a été formé, comment on a soi-même été formé, une alternative simple se présente : soit l'univers tout entier, avec les planètes, les étoiles et tous les êtres vivants ont été formés à la suite d'une coïncidence. Alors, les atomes, les plus petites unités de la matière, qui errent librement, se sont réunis par hasard pour former les cellules, les animaux, les plantes, les hommes, les étoiles... Et, dans ce cas, ce système impeccable et extrêmement complexe est le fruit du hasard... Soit, rien ne s'est formé par hasard, le hasard n'existe pas et tout système a été minutieusement conçu par un Créateur. Chaque détail du grand scénario est bien calculé. Alors, l'Homme est l'outil du Ciel. Nous sommes tous dans un scénario et nous jouons ensembles. C'est un hasard organisé. Où nous pouvons transformer le Mal en Bien... "Il n'y a que deux façons de vivre votre vie. L'une comme si rien n'est un miracle. L'autre comme si tout est un miracle." Albert Einstein. Il faut chercher le sens. Toujours chercher le sens, car c'est la vie... Comprendre sous quelle forme il est possible de pénétrer au-delà de l'image de ce monde et ressentir les forces qui le dirigent et le manoeuvrent...

  • Les premières oeuvres d'Antonioni avaient impressionné public et critiques par la qualité de leurs images, la rigueur de leur scénario et leur vision particulièrement noire des relations des individus condamnés à ne pas se comprendre. L'Aventura, soudain, rendait caducs ces jugements. La protagoniste, une fois solidement installée à l'écran, était escamotée, son mystère se perdait dans les sables, le scénario, malmené, n'avait pas de conclusion. L'attention se détournait d'abord vers une île, déserte peut-être, pourtant vivante puis, par un lent glissement, un jeu d'images avancées, mises en retrait, reprises, sans commentaires autres que d'ironiques échanges entre un saxophone et une flûte, une silhouette émergeait, une chevelure d'or, une jeune femme, une actrice qui, s'émancipant de son histoire, s'imposait comme un corps heureux, avant de se replier sur l'intrigue pour que le film puisse s'achever. Antonioni, sans rompre avec la fiction, réalisait un film dont le sujet servait la prise de vue et dont les images créaient une personne. Loin du néoréalisme et de ses héritiers, le cinéaste ne décrivait pas une tranche d'Italie quand tout, cependant, parlait de cet ailleurs intensément présent qu'était la péninsule en 1960. L'aventure ? Celle d'une expérience qui renversait l'ordre des facteurs en mettant le film au service d'une actrice.

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