Carnets Nord

  • Petiteannonce.fr : Émile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.

    Émile a décidé de fuir l'hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, avec le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme, qui a pour seul bagage un sac à dos, un grand chapeau noir, et aucune explication sur sa présence. Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naît, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l'amitié, l'amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d'Émile. Une écriture vive et alerte, des dialogues impeccables, des personnages justes et attachants qui nous emportent jusqu'à un dénouement inattendu, chargé d'émotions.

    On ne sort pas intact de ce récit, mené de main de maître par Mélissa Da Costa, une jeune auteure de 28 ans, qui a toujours écrit et publie là son premier roman.

  • La marche à pied connaît de plus en plus d'adeptes qui en recueillent les bienfaits : apaisement, communion avec la nature, plénitude. Nous sommes très nombreux à bénéficier de ces dons. Marcher ne nécessite ni apprentissage, ni technique, ni matériel, ni argent. Il y faut juste un corps, de l'espace et du temps.

    Mais la marche est aussi un acte philosophique et une expérience spirituelle. Allant du vagabondage au pèlerinage, de l'errance au parcours initiatique, de la nature à la civilisation, l'auteur puise dans la littérature, l'histoire et la philosophie : Rimbaud et la tentation de la fuite, Gandhi et la politique de résistance, sans oublier Kant et ses marches quotidiennes à Königsberg.

    Et si on ne pensait bien qu'avec les pieds ? Que veut dire Nietzsche lorsqu'il écrit que « les orteils se dressent pour écouter » ? C'est ce que l'on cherche ici à comprendre. À la fois traité philosophique et définition d'un art de marcher, ce livre en réjouira beaucoup, qui ne se savaient pas penseurs en semelles.

  • Tous les jeudis dans Libération, Jacky Durand fait un tour en cuisine. Le zinc, la table, les fourneaux, sont l'occasion de rencontres : avec un coin de France, un petit marché, un fruit, une saison, un fromage et la personne qui le fabrique. Ses chroniques nous ont tapés dans l'oeil : magnifiquement écrites et émouvantes, parce que les histoires de cuisine sont souvent des histoires de vies. Au fil de la lecture, il est apparu que, pour ce journaliste curieux, faire la cuisine en amateur ? alors qu'il pilote le service Société de Libération ? était une question de philosophie : le chemin le plus court pour voir, écouter, sentir, toucher et goûter les autres. Dans le tumulte de nos journées et de notre monde chamboulé où l'on peut manger des fraises en hiver, cuisiner devient un chemin vers la sagesse, la mesure, le rythme des saisons, le partage. Ce livre est né de ces pépites, soigneusement choisies, ré-assaisonnées, augmentées, avec un nouveau rythme et surtout une cohérence qui apparaît. C'est le cheminement d'un gourmet qui aime les marchés, inventer des recettes, parcourir les lieux et les saisons au gré de ses envies, mais qui suit aussi la trace de nos souvenirs et des rites puisque la cuisine est affaire de mémoire et de transmission. Un cheminement guidé par une certitude : la vie est plus vaste quand on fait la cuisine avec coeur. Après Marcher, une philosophie, Carnets Nord donne à nouveau la parole à un amateur éclairé qui sert d'initiateur au lecteur. L'idée de cette collection " Un verbe " est de partir d'une activité concrète et de la sublimer ; d'aller du prosaïque au poétique, du connu au caché ; de mêler la matière et l'esprit, la chair et l'âme. Jacky Durand est journaliste à Libération.

  • À travers ses souvenirs personnels, son enfance et sa jeunesse, Anne Gallois raconte le roman d'une vie et d'une époque. Trente glorieuses, 1945-1975, le relèvement de la France après la guerre, la société de consommation qui transforme nos vies. La grande histoire à travers la petite histoire, celle d'une famille de six filles, enfants, adolescentes, puis adultes. L'histoire de l'apparition des objets ménagers, des guerres d'Indochine et d'Algérie, de la pilule contraceptive, de mai 68, perçue à travers le regard de la narratrice.

    Anne Gallois part des couvertures de Paris Match de son enfance pour faire apparaître les héroïnes et héros qui jalonnent ces trente années, ces trente glorieuses bouleversantes qui sont aussi le théâtre d'un drame familial.

  • Bon vent !

    Georges Pernoud

    « A bientôt. et bon vent! » Tous ceux qui ont déjà regardé Thalassa connaissent cette phrase par laquelle Georges Pernoud clôture, chaque semaine, depuis 40 ans, la célèbre émission dédiée à la mer.
    Mais Georges Pernoud a eu une vie - et quelle vie ! - avant la mer. Né en août 1947 au Maroc, il garde de son enfance des souvenirs colorés, à faire du ski sur les pentes enneigées du Moyen-Atlas, à manger des beignets au soleil et à faire les quatre-cents coups dans son pensionnat d'Ifrane. En 1958, la famille doit rentrer d'urgence en France, fuyant les remous de l'indépendance à venir. Le jeune Georges se retrouve catapulté dans un HLM d'Asnières, exilé dans son propre pays.
    Issu d'une famille d'intellectuels et d'écrivains (il est fils de journaliste, neveu de Régine - la médiéviste - et de Laurence, célèbre auteur de J'attends un enfant), Georges préfère très jeune être « sur le terrain », même s'il préfère d'abord rester derrière la caméra. Car, avant d'être le présentateur au grand sourire que l'on connaît, Georges Pernoud a été un caméraman intrépide. De Tel Aviv, où il filme Yasser Arafat, au sommet du Nyiragongo avec Haroun Tazieff, des rues parisiennes envahies, en mai 68, à la pauvreté du Bangladesh, Georges Pernoud nous emmène dans ses reportages de par le monde.
    Et la mer, me direz-vous ? Georges Pernoud la découvre à bord du « 33 Export » alors qu'il filme la course Whitbread, il y a de cela plus de quarante ans. Une première rencontre épuisante - entre mal de mer, claustrophobie et découverte humaine - mais qui marque le début d'une grande histoire d'amour.
    Dans Bon vent !, Georges Pernoud revient sur une vie riche en aventures et toujours marquée par l'énergie et la détermination. On découvre un personnage sincèrement passionné par le monde qui l'entoure, les océans, ceux qui en vivent. Un homme humble qui a pour credo : la chance, on se la crée !

  • « L'odeur me saisit ; mélange d'effluves de fleurs, de feux de bois, de fumets de cuisine, de gaz d'échappement, l'odeur d'un peuple qui vit dans la pauvreté, la chaleur et l'humidité ».

    En quelques mots, Jeanne marque son retour en Birmanie, où elle espère s'oublier puisqu'elle ne pourra jamais effacer le drame : son mari et ses deux petites filles morts dans un accident d'avion. Derrière les rideaux de bambous d'un monde qu'elle côtoyait sans le connaître, en se dépouillant de ses vêtements d'Occidentale, Jeanne découvre peu à peu un peuple qui pense et respire autrement. En prise avec ses démons intérieurs, elle voyage dans ce pays où s'affrontent violences et aspirations spirituelles.

    Il n'est jamais plus tard que minuit est le beau et subtil portrait d'une femme qui, sans oublier ceux qu'elle a perdus, retrouve doucement goût à la vie, par un travail intime face à la douleur. Ce roman nous laisse entrevoir des âmes vagabondes, des lieux où l'on sent que l'essentiel demeure mystérieux.

  • évolution

    Yves Coppens

    « Les modifications anatomiques ne sont pas le propre de l'homme. Les ani- maux se transforment également. La culture fulgurante de l'homme n'est qu'un accélérateur de ce processus. [...] Notre redressement de la quadrupédie à la bipédie ne serait pas totalement abouti, d'où les claquages des sprinteurs ou des footballeurs dont l'explosion au départ fragilise les muscles ischio-jambiers. [...] Les capacités physiques de l'homme de Néandertal, petit, râblé, puissant, étaient largement supérieures à celles de nos champions d'aujourd'hui dans certaines disciplines. » Yves Coppens nous raconte l'histoire de l'homme du point de vue de l'évolu- tion des corps : le passage de la quadrupédie à la bipédie, les motivations qui ont poussé l'homme à « faire du sport », les qualités physiques, en termes d'en- durance et de résistance, de l'homme de Néandertal...
    Il réfléchit à la coévolution de la nature et de la culture et au moment où l'homme s'est mis à jouer en instituant des règles.
    Il interroge les rivalités qui semblent avoir toujours existé entre les hommes et qu'on retrouve aujourd'hui dans les jeux sportifs, souvent comparés à une forme de guerre.
    Enfin, il s'intéresse à l'évolution actuelle et future de l'homme en questionnant sa sédentarité croissante, son culte du corps et les moyens apportés par les nouvelles technologies.

  • Un corps flotte dans une piscine au vingt-huitième étage d'un immeuble viennois : déchiqueté et unijambiste. Une minuscule prothèse auditive gît au fond du bassin. Aucune piste sérieuse en vue. L'homme aurait été tué par un requin, ce qui ressemble plutôt à une mauvaise plaisanterie. Richard Lukastik, de la police de Vienne, prend les choses en mains. A 47 ans, l'inspecteur passe pour antipathique mais irréprochable, retors et fou. Il se déplace en Ford Mustang or mat, n'écrase jamais ses cigarettes, dîne chaque soir d'une soupe chez ses parents, n'utilise pas de gants au sens propre comme au figuré, admire le philosophe Ludwig Wittgenstein dont il a toujours un livre en poche qu'il ouvre à l'occasion à n'importe quelle page pour trouver un sens à sa journée. L'enquête est à l'image de celui qui la mène : mordante et dubitative.

  • « Accompagner un patient c'est marcher à ses côtés en le laissant libre de choisir son chemin et le rythme de son pas. Parfois l'accompagnement n'est pas chose facile et c'est là que se mesure notre vision de la dignité de la personne humaine. Le défi est de reconnaître et d'attester par notre comportement la dignité inaliénable de la personne qui est en face de nous, même dans sa plus grande déchéance. » L'expérience de la maladie en phase terminale constitue un défi lourd de sens pour la société contemporaine : c'est à cette aune que celle-ci peut et doit mesurer sa capacité à accueillir, soutenir et aider les personnes, même quand leur vie n'offre plus de perspectives.
    Mais que se passe-t-il dans ces chambres où les personnes atteintes d'une maladie en phase terminale passent les derniers jours ou les dernières semaines de leur existence? Quelles histoires se tissent, quels dialogues naissent, quels sentimentsmûrissent ?
    Attilio Stajano est volontaire dans l'unité de soins palliatifs d'un hôpital de Bruxelles. A travers les gens qu'il rencontre au sein de cette unité, mais aussi à travers sa propre expérience de la fin de vie (il a accompagné jusqu'au bout son père, et sa femme), il nous donne à voir des vécus et des sensibilités très différentes, qui ont pourtant tous un trait commun : à la fin, quand les gestes et les mots se font rares, il ne reste que l'amour.
    Se mettre à l'écoute, patiente et sensible, de ceux qui vont nous quitter peut nous en apprendre beaucoup sur le sens profond de la vie et de la mort.
    Surtout, cela nous apprend à vivre mieux, jusqu'à la fin.

  • Chacun de ces douze manifestes est un appel. Un appel à comprendre, à réagir, à se révolter, à découvrir : la destruction du monde par l'argent, les merveilles du corps, la force des relations humaines, la cruauté de la société contemporaine, la munificence du cosmos, les solutions pour s'en sortir.
    Ariel Zweig, dans un pamphlet d'une grande violence, prend parti. C'est d'abord l'argent et l'avidité des hommes qui détruisent notre monde.
    Il faut des solutions radicales, un changement complet de nos paradigmes, de nos façons de voir et d'être. Une révolution fondamentale, refuser un monde inhumain, libérer en protégeant, rapprocher les hommes par le local, forger une société de communautés, portes d'un nouveau monde.

  • Cultures

    Philippe Descola

    « En matière de football, chez les Achuar, en Amazonie, il ne s'agit pas du tout que l'un des camps triomphe sur l'autre. Les tactiques sont extraordinaires, tout le monde court après le ballon, y compris les gardiens de but. Le nombre de participants dans les équipes est fluctuant, cela n'a pas d'importance qu'ils soient cinq d'un côté et dix de l'autre. Ce qui compte, c'est le jeu, la capture de la balle et marquer un but. Lévi-Strauss, en commentant l'arrivée des jeux de balles chez les Gahuku-Gama en Nouvelle-Guinée, avait montré que le jeu est essentiel mais qu'il ne doit surtout pas y avoir d'inégalité au terme du jeu, car si l'un des groupes se trouve dans une situation d'inégalité, cela met en pé- ril l'ensemble de la reproduction sociale. Ceci est très commun à de nom- breuses sociétés non modernes pour lesquelles le jeu est une fin en soi. » Philippe Descola, grande figure de l'anthropologie contemporaine française, interroge notre rapport au sport au regard de la pratique qu'en ont les sociétés primitives, notamment chez les Amérindiens qu'il a longuement étudiés. Il montre de quelle manière le modèle occidental du sport de compétition, avec toutes les inégalités qu'il porte en lui, s'est imposé au reste du monde. Dans la lignée de la réflexion qu'il a menée sur le dualisme nature/culture, il s'empare de la question de l'hybridation de l'homme et de la machine et du problème plus général du corps augmenté. Et réfléchit à la place qu'aurait le sport dans l'universalisme auquel il aspire.

  • Le pont

    Florent Bussy

    Gênes, Italie, 14 août 2018, un pont autoroutier s'écroule, entraînant dans sa chute des dizaines d'automobiles et faisant 43 morts, traumatisant une ville et choquant toute l'Italie et l'Europe. Comment cela at-il pu arriver ? L'auteur donne une existence aux acteurs de cette catastrophe qui doit être inscrite au registre de la tragédie antique.

    Quelques années seulement séparent la construction du pont de Gênes (1967) du célèbre film Main basse sur la ville (Francesco Rosi, 1961) qui pose la question des responsabilités des acteurs politiques et économiques de l'époque. Pouvait-on prévoir l'effondrement du pont cinquante ans plus tard ? Y aura-t-il un après-Gênes ? S'agit-il d'un effondrement qui en annonce d'autres ?

  • Dans une grande bâtisse isolée du Vercors, un couple prépare sa séparation. Artistes peintres, plasticiens, photographes, leur relation a été productive avant de devenir destructrice. Mais ils s'aiment toujours autant. Adeptes des oeuvres à point de vue unique, le couple fait de ses derniers moments de vie commune une performance. Une oeuvre macabre dont ils doivent être les seuls spectateurs. Mais un témoin s'est invité au spectacle sans les prévenir et l'interprétation qu'il en fait met en péril leur pacte, leur séparation, leur intimité.

    L'histoire est quant à elle très étrange, hallucinée, punk, sombre, comme l'écriture est pulsée, vive et rapide. L'auteur sait maintenir le lecteur en haleine, dans ce thriller noir et original dans lequel il a su créer un climat de nature et d'angoisse allant crescendo. L'enquête prend plusieurs directions, les fils s'emmêlent mais tout se tient, ils se délient d'eux même peu à peu. Les étrangetés font du livre sa singularité. Un vrai roman noir.

  • Corps

    Michel Serres

    « Le corps est intelligent, ne serait-ce que par sa capacité de mime et d'adap- tation. [...] Savoir quelque chose par corps, comme le savoir par coeur, c'est quand le corps exécute un geste sans y penser, sans qu'intervienne la cons- cience. J'appelle cela l'oubli du geste ; le geste est installé à l'intérieur de l'or- ganisme, il est dans le «noir» du corps, le corps qui est comme une boîte noire.
    Savoir un geste, c'est d'une certaine manière l'oublier. » L'intelligence du corps, « ce logiciel sur lequel on peut programmer toutes sortes de choses », est le point de départ de la réflexion que nous livre Michel Serres, avec sa vivacité d'esprit et ses tournures bien à lui, sur le corps, le jeu, le sport, dont il fait « un éloge absolument sans restriction ».

    Dans cet entretien passionnant, il mêle nombre de références et disciplines - philosophie, sciences cognitives, anthropologie, mythologie, etc. - pour célé- brer les états de grâce du sportif qui maîtrise parfaitement un geste, pour réflé- chir aux liens entre l'évolution de la technique et celle du corps humain, pour analyser le modèle de société en jeu notamment dans les sports collectifs. Et pour dénoncer l'esclavage de l'argent et de la performance à tout prix qui sont en train de tuer le sport.

    On prend grand plaisir à suivre Michel Serres dans cette balade intellectuelle où la pensée toujours en mouvement côtoie le récit de son expérience person- nelle du sport, du rugby à l'alpinisme.

  • Maggie, jeune fille de vingt-trois ans, est obèse. D'origine américaine, elle est installée à Paris depuis quelques années. Un jour, Maggie est embauchée dans une entreprise qui veut faire d'elle l'égérie des employés pour sa prochaine campagne de communication sur le bien-être au travail. Petit à petit, au gré des rencontres qu'elle fait, Maggie va se transformer et s'épanouir. Il y a d'abord Louis-Valentin, le jeune médecin de la boîte, qui apprécie ses rondeurs et l'invite à sortir avec elle. Il y a ensuite Leïla, sa collègue, qui lui coud des vêtements à la mode parfaitement adaptés à sa silhouette. Il y a enfin, « Bouddha », atteint d'une maladie orpheline, qui partage avec elle de gigantesques repas et s'occupe d'un forum internet dédié aux personnes en surpoids. Maggie « l'autruche », complexée, inhibée et mal dans sa peau va progressivement découvrir ses atouts et prendre son envol, à mesure qu'elle devient une icône.

    Maggie livre avec humour et finesse le témoignage de son quotidien de femme obèse, au travail, en amitiés et en amours. La jeune fille parle de ses fringales incontrôlables, des tentatives de régimes ratées, mais aussi de la violence du regard des autres. Malgré cela, la jeune femme suit son itinéraire, plein de rebondissements et d'émotions, découvrant des facettes d'elle-même qu'elle avait toujours dissimulées, se révélant séduisante, aimable, combative et finalement pleine de succès.

  • « Un nouvel enjeu est donné au corps, au travers de la pratique sportive. Que s'est-il passé au XXe siècle ? Un recul de la transcendance. Qu'est-ce que la transcendance ? C'est penser à de l'ailleurs, à une surnature. Or la société postmoderne ne promet plus. La conversion de la transcendance s'est ainsi rabattue sur le sujet et sur le corps ».

    Georges Vigarello interroge ici le corps sportif en pointant les grandes étapes de son évolution.

    Plusieurs grandes « figures » sont mises en perspective et précisées. Le corps, antique, lieu de qualités remarquables et limitées ; le jeu ancien avec ses effervescences et ses inéluctables frontières sociales ; le corps du sport moderne aux qualités les plus diversifiées, révélant un nouvel univers performant, prolongeant les traces d'un XIXe siècle artisan de la mesure, des calculs, des évaluations. Georges Vigarello nous livre ici une véritable ontologie des multiples mises en jeu de notre propre corps dans l'espace en expansion des activités physiques et sportives.

  • Notre cerveau est aussi inimaginable que l'univers : 100 milliards de neurones, 10 000 connexions potentielles par neurone, un infini de possibilités qui donne le vertige !

    Christelle Lauret, docteur en chimie, chercheur et responsable d'équipes dans une multinationale pharmaceutique, découvre un jour une autre réalité : notre cerveau n'est pas que rationnel. L'intuition s'en mêle, et heureusement.

    Cette première découverte la propulse sur un chemin inattendu et mystérieux...

    Voilà un incroyable récit, à la portée de chacun d'entre nous. Un récit qui peut modifier profondément notre vie, la chambouler du tout au tout.

    Pourquoi ? Comment ? Laissez-vous embarquer par ses petites voix... pour aller à la rencontre des vôtres.

    - Un témoignage intime bouleversant.
    - Des outils pratiques à tester vous-mêmes.
    - Des découvertes scientifiques insoupçonnées.

  • « Le choc est d'une violence effroyable. La Nissan rouge sang s'encastre en obus dans la Twingo beige cendre. La perfore, la précipite, l'explose, la compresse et l'aplatit comme un laminoir d'aciérie contre le tronc noueux du saule ancestral étêté, un molosse impavide à l'écorce éraflée. La tragédie ne dure que quatre secondes. Les tôles se taisent. Tout se tait ».

    Un homme voit sa vie bouleversée le jour où un chauffard tue sa femme et son fils unique. Quatre secondes pour changer une vie.

    Un livre sur le destin, la violence d'un événement, l'enfermement d'un homme qui tente de survivre, l'obsession de la vengeance, l'impossibilité de l'assumer. Le style descriptif et minutieux de l'auteur nous enveloppe de sons glaçants.

  • Anna Gemini est tueuse à gages. Elle mène une vie tranquille à Vienne avec son fils handicapé, jusqu'au jour où elle se voit confier une mission spéciale. Chargée de tuer le sulfureux Apostolo Janota, elle est poursuivie par Markus Cheng, détective privé qui enquête sur la mort d'un ambassadeur norvégien.

  • Greenland

    Heinrich Steinfest

    Une nuit, le jeune Theo, 10 ans, découvre devant la fenêtre de sa chambre un store de couleur verte, surgi d'on ne sait où. À sa surface, apparaissent un paysage sous-marin et un groupe d'« hommes aux jumelles » qui semblent l'épier. À la fois effrayé et irrésistiblement attiré par le store, Theo finit par pénétrer dans son monde, une sorte d'univers parallèle verdâtre où les hommes aux jumelles infligent de drôles de supplices. Comme cette petite fille attachée à une machine qui l'oblige à courir sans relâche... Après moult péripéties et plusieurs incursions dans ce monde parallèle, Theo parvient à se débarrasser du store, puis oublie toute cette histoire qui, le temps passant, se confond avec une rêverie enfantine.
    /> On retrouve le héros plus tard, en 2046. Devenu astrophysicien, il fait partie de l'équipage d'un vaisseau spatial en route pour Mars. Après quelques semaines de navigation, le store vert réapparaît, suspendu à une fenêtre du vaisseau. Theo décide de s'aventurer à nouveau dans le monde vert. Il comprend alors qu'il n'en reviendra pas.
    Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Dans une troisième partie, un second narrateur vient surprendre le lecteur et remettre toute l'histoire en perspective...
    Un récit débordant à mi-chemin entre la littérature d'évasion, le roman d'aventures et celui d'apprentissage.

  • « Prier, une philosophie ? Parlez-en à un philosophe. Il vous dira que quand on est philosophe, on ne prie pas. On philosophe. Parlez-en à un homme ou à une femme de prière. Ils vous diront que, quand on prie, on ne philosophe pas. On prie. En quoi ils ont raison et tort à la fois. » Dans notre postmodernité, prier est un geste rien moins qu'évident, et vouloir en faire une philosophie, encore moins. Prier, n'est-ce pas s'aliéner devant ce grand Autre qu'est Dieu en allant chercher en lui ce que l'on devrait chercher en soi ? Et vouloir en faire une philosophie, n'est-ce pas philosophiquement comme religieusement une hérésie ?

    Dans ce texte, Bertrand Vergely lance le pari d'associer l'activité de philosopher, qui lui est quotidienne, à celle d'une autre passion personnelle, prier. Les deux lui sont donc essentielles, et elles ne sont pas incompatibles comme il va en faire la démonstration en parcourant le monde des philosophes (Socrate, Novalis, Ricoeur...) et celui de la prière, de toutes sortes de prières.

  • « «J'ai froid. Très froid», dit-elle dans un français presque sans accent. Sa voix était lasse, mais néanmoins assurée. Léon, un peu gauche, recula de deux pas, la laissa entrer et referma la porte. Force était de constater que toute la chaleur de la pièce s'en était allée et que cette maudite bouillasse avait, par-dessus le marché, lessivé le plancher sur plus d'un mètre ! Les yeux exorbités, rivés tantôt au sol tantôt à la ravissante frimousse de sa visiteuse, Léon vacillait entre fureur et hébétude... Continuer à la dévisager ne changerait malheureusement rien. Il décida d'aller raviver le feu ».

    Après avoir beaucoup bourlingué, Léon s'est retiré du monde à la pointe du Finistère. Un soir de tempête, on cogne à sa porte. Il ouvre en grognant - c'est une jeune Asiatique, presqu'inanimée, qui l'appelle par son prénom. Avec Yannie, venue de l'autre bout du monde, Léon découvre l'histoire ténébreuse d'un demi-frère expatrié à Haiphong au Vietnam, d'une descendance, d'un cousinage, d'une autre culture pleine de personnages hauts en couleur, et du lourd silence cachant un affreux secret de famille.

    À travers une intrigue pleine de rebondissements, tous les sentiments s'expriment : le mensonge et la violence de Ha-Sinh, le père de Yannie, la honte et la peur de celle-ci, mais aussi l'amour, l'amitié, l'humour. Naît aussi la force d'une attraction irraisonnée, celle de Léon pour ce pays lointain et inconnu...

  • Dans la capitale d'un Etat imaginaire de l'est de l'Europe, Szforinda, les habitants sont passionnés par la finale de la coupe du monde de football qui va avoir lieu. Depuis cinq ans, après le massacre de trois cents enfants par des terroristes islamistes, le pays vit dans une obsession sécuritaire.

    Le livre commence alors que 70 000 spectateurs se dirigent vers l'Athéna Stadium pour assister à la finale. Il suit les différents personnages qui se rendent à ce match, ce qu'ils vivent à l'Athéna Stadium mais aussi dans les mois qui précèdent. Entre Nordine l'informaticien, Théo le policier, Yuri le jeune champion de foot, et Krysten et Yeovic les amants secrets, des vies apparaissent, complexes, tourmentées, tragiques et pleines d'espoir.

    Dans une ambiance pesante où chacun est surveillé pour sa propre sécurité par les S.A.T., des policiers spéciaux ayant tous les pouvoirs, la ville vit dans l'enthousiasme et la peur de la finale : y aura-t-il un nouvel attentat ? Personne ne croit cela possible, et pourtant tout le monde le redoute.

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