Francois Bourin

  • La gourmandise Nouv.

    Souvenirs d'enfance et rages du moment ; visites dans des restaurants fameux ou oubliés ; odes à l'andouillette, la nèfle, le sablé à la confiture, la figue, les vins du Rhône, les Haribo ; tête de veau et Kinder ; déjeuners de conféries aussi secrètes que savoureuses ; critiques gastronomiques plus ou moins fréquentables, ogres, poètes et cannibales...

    Il y a tout cela, et bien plus, dans l'arborescence mémorielle et gourmande de Nicolas d'Estienne d'Orves. Le tout saupoudré de colère, de coups de sang, d'images parfois lointaines, d'une foi qui sait être mauvaise et d'un amour sincère, réel, jamais repu, pour les joies de la gueule.

    Si la gourmandise est universelle, le goût est singulier. Aujourd'hui, celui de « NEO » vous invite à sa table et vous souhaite bon appétit.

  • "C'est comme ça, au milieu du chaos, qu'un diamant a émergé de la boue, une petite lumière dans la noirceur des égouts, petit frère venu au monde un matin triomphant entre mes mains tremblantes. Sa naissance fut une égratignure sur ma torpeur, une façon de réveiller la faim qui me faisait vivante". Mère célibataire par défaut, isolée dans un village de campagne avec ses deux petits, la narratrice raconte, dans une langue sensuelle, poétique, imprévisible, le combat toujours recommencé contre la nuit qui la guette et la tentation de la fuite.
    Elle dit l'amour maternel, inconditionnel et douloureux, aliénant et surpuissant. Elle crie sa vie volée et son corps assigné à n'être que celui d'une mère. Elle trace, surtout, le long chemin du retour vers soi. Dans la lignée de son premier roman, Le Corps d'après (éditions François Bourin, 2019), Virginie Noar, pigiste et travailleuse sociale, continue d'explorer les paradoxes de la maternité et d'interroger, en creux, ces constructions sociales qui enferment les femmes dans leur rôle de mère.

  • Avant de devenir un scientifique reconnu, Joël de Rosnay découvre le surf à la fin des années 1950.
    C'est le début d'une passion qui le conduit à lancer ce sport en France, avant d'en devenir un des champions.
    Le surf est aussi, pour lui, un style de vie, une symbiose avec la nature et une philosophie fondée sur le concept de « glisse », qui enseigne à négocier les difficultés de la vie comme on apprivoise la vague. S'appuyant sur l'histoire du surf depuis sa découverte à Hawaï au XVIIIe siècle, convoquant ses personnalités, de Duke Kahanamokou à Kelly Slater en passant par les frères Lartigau, racontant ses beautés et ses dangers, jouant avec les références à la surf culture, de la musique des Beach Boys au film culte Point Break, Joël de Rosnay signe un éloge épique, drôle et émouvant.

  • Cofondatrice du Mouvement de Libération des Femmes, pionnière d'un certain « féminisme », Antoinette Fouque est aujourd'hui une théoricienne inclassable. On sait que le mouvement des femmes se divise depuis l'origine en deux branches. La première privilégie le social et milite pour les droits des femmes. La seconde est plus philosophique. Elle s'interroge : qu'est-ce qu'une femme ? C'est tout le travail d'Antoinette Fouque. En quoi consiste l'être-femme ? Très critique à l'égard du féminisme, Antoinette Fouque place notamment la maternité au coeur de la féminité et en tire toutes les conséquences même les plus anticonformistes.

    Un ouvrage court et synthétique. Plus qu'une introduction à Antoinette Fouque, ce livre est un témoignage unique sur la pensée et le parcours d'une des plus importantes militante et intellectuelle d'aujourd'hui.

  • Baker

    Marie Canet

    Joséphine Baker, performeuse africaineaméricaine, est une figure complexe qui a produit un ensemble de significations raciales et genrées parfois contradictoires. En 1925, à 19 ans, elle défraie la chronique suite à ses performances érotico-comiques au sein de la Revue Nègre à Paris. Son arrivée en France coïncide avec l'apogée des mouvements Art déco et de la Vogue Nègre, alors que se poursuivent les ambitions coloniales de l'Europe vers l'Afrique. Comme cette modernité, Baker est noire, brillante, marchande, ultramédiatisée, prise entre les débats nationalistes sur l'identité et la préservation culturelle. Mais Baker incarne surtout l'émergence d'un empouvoirement féminin noir :
    Elle en est la première manifestation, fascinante et populaire, du XXe siècle.

  • Sur le papier, Boris Johnson avait tout pour devenir un champion de l'Union européenne : un attachement viscéral à l'Europe, des origines familiales internationales, une éducation cosmopolite, un père employé à la Commission puis élu au Parlement européen... C'est pourtant lui qui est devenu le visage du Brexit. Les mauvaises langues disent que le costume d'opportuniste est celui qui lui sied le mieux.
    Le récit de son parcours - journaliste correspondant à Bruxelles, député tory, maire de Londres, Premier ministre - fait en réalité ressortir une indéniable cohérence dans l'évolution de son positionnement par rapport à l'organisation européenne. Dans sa tête, les images de ses mentors Churchill et Thatcher ; dans son coeur, l'amertume des rendez-vous manqués et la rancoeur de la relation complexe et tourmentée entre le Royaume-Uni et ses voisins.
    Ce portrait croisé du pays et de cette personnalité haute en couleur permet de mieux comprendre les mécanismes ayant mené au Brexit - notamment la responsabilité des dirigeants européens et de l'UE - et la figure de "BoJo" , trop facilement réduite à l'image d'un bouffon échevelé sans foi ni loi, qui apparaît ici de manière nuancée et surprenante. Observateur averti de la politique britannique, Tristan de Bourbon-Parme est journaliste correspondant au Royaume-Uni depuis décembre 2009 pour plusieurs quotidiens de presse nationale - La Croix et L'Opinion (France), La Libre Belgique (Belgique), La Tribune de Genève et 24 Heures (Suisse).

  • Nées dans les années 1930-1940, Rose, Luce ou Adèle, jeunes adolescentes à la Libération, trentenaires lors des soulèvements de Mai 1968, sont aujourd'hui grands-mères. Issues des milieux populaires, elles ont grandi dans les faubourgs parisiens et les petites villes de province. Et toutes ont été considérées, dans la société de l'après-guerre, comme des « délinquantes » : des traces de leur vie sont consignées dans les archives judiciaires... Qu'est-ce qui a conduit ces jeunes filles à être étiquetées comme telles ? Quels ont été leur vie, leurs rêves, leurs amitiés, leurs amours ? Et qu'ont-elles transgressé ? N'ont-elles pas été plus libres de travailler et d'avoir des aventures que leurs soeurs de l'entre-deux-guerres ?
    Il semble qu'avoir seize ans pendant les Trente Glorieuses implique, pour une jeune fille, d'obéir à un code de conduite précis : sortir, mais surtout avec des copines, flirter, mais du bout des lèvres, ne pas boire, et jamais dans des cafés. Car il faut avant tout s'attacher à trouver un mari, fonder un foyer... Et tous - familles, voisins, police - veillent au respect de ces règles. Une fugue, la fréquentation d'une amie « dévergondée », un fiancé peu apprécié... Autant d'éléments qui conduisent la jeune fille « fautive », « vagabonde », « voleuse » ou « vicieuse », sur les bancs de la justice - surtout lorsqu'elle incarne en plus une classe « dangereuse ».
    À travers une étude nourrie de témoignages, Véronique Blanchard pose ainsi un regard neuf sur la déviance juvénile féminine, son histoire et son évolution, qui permet aussi de questionner ses avatars actuels.

  • Tintin

    Jacques Langlois

    Décembre 1960 : le jeune Jacques Langlois envoie ses dessins imités de Tintin à Hergé. Il n'imagine alors pas entamer avec le dessinateur une correspondance qui durera plus de vingt ans et lui donnera l'occasion de le rencontrer plusieurs fois. Témoin privilégié de nombreux événements dans l'univers de Tintin, l'auteur rend ici un hommage très personnel au héros et à son créateur en feuilletant, en même temps que les vingt-trois albums de la collection, celui de ses souvenirs.
    Qu'est-ce que la "tintinologie" ? Quelle est la genèse des personnages de la saga ? Un Tchang peut-il en cacher un autre ? Le général de Gaulle avait-il vraiment fait du reporter son "seul rival international" ? Quel avenir pour Tintin ? Répondant à bien des questions que suscite un tel monument de la bande dessinée, ce Petit éloge de Tintin fera pour plus d'un lecteur l'effet d'une madeleine de Proust.
    Né en 1950, Jacques Langlois a travaillé dans une société opérant au pays de l'or noir puis dans des entreprises créées sur la toile (mystérieuse) d'Internet. Ancien vice-président et toujours administrateur de l'association Les Amis de Hergé, il est devenu au fil du temps un collectionneur et un exégète de l'oeuvre du dessinateur.

  • Une femme s'apprête à faire un voyage. Elle n'a pas besoin de bagage, elle ne part que pour une nuit. Une seule chose l'obsède : emmener Ida, sa fille de 18 mois, à la mer. C'est nécessaire, vital presque. Ida n'existe pas, Ida n'a jamais existé. Des voix ne cessent de le lui répéter. Pourtant, elle l'a porté ce bébé, serré contre elle, changé, nourri au sein. Elle l'aime d'un amour animal. Un amour comme ça, on n'y est pas préparé.
    C'est trop puissant un amour comme ça. Ida n'existepas est une plongée dans la psychologie trouble d'une mère prête à commettre l'irréparable, mais aussi l'histoire d'un corps féminin qui cherche à se libérer de ses démons, d'une féminité complexe en quête d'apaisement.

  • Climat Parlons vrai. Est-il trop tard pour sauver le climat ? Une justice climatique est-elle possible ? Que penser du « capitalisme vert » ? La collapsologie est-elle aussi paralysante que le climato- scepticisme ? Autant de questions, et bien d'autres, abordées ici par Jean Jouzel, l'un des plus grands climatologues français, et Baptiste Denis, jeune citoyen engagé. Entre mises au point scientifiques et réflexion sur nos responsabilités, Climat. Parlons vrai propose une analyse lucide de la situation et confronte deux générations dans un dialogue juste et sans langue de bois.

  • Duchamp

    Arnaud Labelle-Rojoux

    Duchamp : une oeuvre proprement infixable.
    Réseau infini de complexités, de pistes déroutantes, d'équations aux diverses inconnues. Les interprétations aux allures de discussions talmudiques égrenées depuis des décennies participent bien sûr de cette insaisissabilité. Mais pas seulement. Quoique hantant la modernité, Duchamp échappe à toute synthèse. Rien de surprenant. « Le grand artiste de demain passera à la clandestinité », avait-t-il prophétisé...
    De Nu descendant un escalier (1913) à Étant Donnés : 1° la chute d'eau, 2° le gaz d'éclairage, installation découverte après sa mort en 1968, en passant par Fountain (1917), urinoir signé R. Mutt, et L.H.O.O.Q. (1919), Joconde moustachue, ce livre explore autant d'oeuvresicônes qui n'ont pas fini de nous échapper, ni de susciter l'inspiration.

  • Depuis les années 1950 la sexualité des jeunes inquiète les autorités. À l'heure d'internet, l'accès facilité à la pornographie, l'exposition de la sexualité sur les réseaux sociaux ou le cyberharcèlement angoissent car ils s'exerceraient dans des espaces incontrôlables.
    Mais sait-on vraiment ce que les jeunes font sur internet en matière de sexualité ? Et en quoi ces pratiques influent sur leur vie ? C'est à ces questions que répond ce livre, fruit d'une enquête menée auprès de 1 500 Français de 18 à 30 ans. Prenant en compte l'âge, la classe ou le genre des personnes interrogées, il en résulte une analyse des relations que les jeunes entretiennent avec la sexualité qui va souvent à l'encontre des préjugés. Une réflexion passionnante sur les frontières de l'intime à l'heure du numérique.

  • Le Vendée Globe est un événement sportif majeur en France. Plus qu'une simple compétition, c'est devenu un phénomène de société qui attire, tous les quatre ans, plus de deux millions de passionnés aux Sables-d'Olonne. En plus de la course réelle, ce sont pas moins de 450 000 apprentis navigateurs qui participent, en ligne, à la course virtuelle en solitaire, en famille ou entre collègues de bureau.
    A la veille de sa neuvième édition, en novembre 2020, Mon Vendée Globe remonte le temps depuis sa création en 1989, scrute les coulisses et les moments forts qui ont bâti sa légende, éclaire son histoire par de nombreuses anecdotes et s'interroge sur l'avenir de l'une des compétitions sportives les plus étonnantes de notre époque. Navigateur, marin-pêcheur, skipper, Denis Horeau a été le directeur de course de la première édition du Vendée Globe en 1989 et a repris ce poste de 2004 à 2016.
    Il a également dirigé plusieurs courses autour du monde, mais il se consacre désormais à la création de grands événements internationaux en faveur de l'environnement, qui mettent la créativité et l'intelligence humaines au service de solutions concrètes pour diminuer notre impact négatif sur la planète.

  • En quelques années, le marché du cachemire a explosé. De matière de luxe, réservée à une élite, le cachemire est devenu un produit de grande consommation. Or, de la chèvre des steppes mongoles qui produit cette fibre pour se protéger du froid, jusqu'aux boutiques de luxe de Paris ou New-York, c'est toute une filière industrielle et commerciale qui s'est organisée, largement inconnue du grand public.
    Le cachemire illustre parfaitement les problématiques actuelles de la mode et du textile, stigmatisés pour leur impact écologique, les maltraitances animales et leur manque de transparence.
    Cette enquête au coeur de l'industrie du cachemire fait la lumière sur la façon dont celle-ci est organisée, sur les grands acteurs qui la dirigent, sur les problèmes auxquels elle fait face.

  • En 2012-2013, la France connaît un vif débat autour du projet de loi dit du « mariage pour tous ». En 1999, la polémique avait déjà fait rage lors de l'adoption du pacte civil de solidarité. Si elle n'est donc pas nouvelle, son intensité surprend beaucoup d'observateurs. Les militants des causes homosexuelles bien sûr, mais aussi des chercheurs en sciences sociales, français et étrangers, qui avaient sous-estimé les résistances à la diversification des modes de vie amoureux et familiaux en France.
    Que s'est-il passé ? L'homoparentalité marque-t-elle une révolution anthropologique majeure ou bien est-elle le prolongement d'une histoire ? Et qu'en disent les enfants concernés ? Avec le recul nécessaire, c'est à ces questions brûlantes que répondent deux anthropologues spécialistes du genre.

  • David Bowie, artiste aux nombreuses facettes et aux talents multiples, était déjà un mythe de son vivant. Véritable icône de la pop music, il est connu pour ses albums devenus légendaires - depuis son célèbre Ziggy Stardust jusqu'à son ultime Blackstar, en passant par le tube planétaire « Let's dance » -, mais fut également un brillant acteur de cinéma (Furyo, Les Prédateurs, Basquiat).
    Sa récente mort, advenue à New-York le 10 janvier 2016, n'a fait qu'accroître son aura à travers le monde. Artiste culte, musicien incontournable, dandy inspiré, il continue d'exercer une énorme influence sur des générations entières.
    Il était donc temps de rendre à cet inventif génie, précurseur de bien des modes, l'éloge qui lui est dû !
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  • "Septembre 2008 : la faillite de Lehman Brothers met en péril mon entreprise, Solic. Je me bats pendant des années pour la sauver et protéger mes équipes. Mars 2020 : un virus inconnu met le monde et l'économie à l'arrêt. Ironie du sort, je viens alors de me lancer dans une nouvelle aventure entrepreneuriale. Mais cette fois, je suis armé : fort de l'épreuve de la première crise, je réussis à rebondir et propose mon expertise aux entrepreneurs en difficulté".
    Après le succès de son premier ouvrage, Ma petite entreprise a connu la crise (prix du Livre d'entreprise 2011 Rotary International), Nicolas Doucerain nous raconte la suite de son histoire entrepreneuriale et familiale, faite d'engagements, de combats personnels et collectifs, d'inévitables déceptions et de succès exaltants. Son témoignage brut et authentique nous plonge, par le prisme de l'entrepreneuriat, au coeur des deux crises les plus importantes de ce début de XXIe siècle.
    Sous la forme d'un récit à suspense, l'auteur partage son expérience, véritable parcours du combattant, en vue d'aider d'autres chefs d'entreprise dans la tourmente. Serial entrepreneur, Nicolas Doucerain dirige la société Valumen, spécialisée dans le management de transition premium et l'accompagnement des équipes dirigeantes. Il est également conférencier et chroniqueur régulier sur plusieurs médias audiovisuels (BFM Business, LCI, CNews, BSmart).
    "A lire d'urgence". (Le Figaro) "Passionnant". (Les Echos) "Un livre époustouflant". (Stéphane Soumier, BFM Radio)

  • "La course à pied, au sens large du terme, contient tout ce que l'Histoire contient d'histoires : de l'ère paléolithique à nos jours, elle incarne le drame humain, ses passions, ses conquêtes, ses victoires et ses défaites. D'un point de vue sportif, la course est un enfant sauvage, un mauvais élève, parce qu'elle ne répond à aucune règle, ne retient aucune leçon : la course se pratique quand on veut, où on veut, avec ou sans matériel, seul ou à plusieurs.
    Elle ne s'alourdit d'aucune contrainte, elle est la liberté de l'homme à chercher dans sa douleur, dans sa vitesse, dans ses capacités physiques, morales et psychologiques, la force d'avancer, même s'il s'agit de revenir au point de départ : car en course, lorsqu'on part sans se poser de questions, il arrive souvent que l'on trouve une réponse dans sa lancée."

  • Le monde n'en finit pas de finir.
    Depuis la Mésopotamie jusqu'à Fukushima, de la colère divine à la menace de l'atome, l'extrême fragilité de l'humanité a toujours été contée, exorcisée, parfois rêvée.
    Interrogeant les religions, la fiction, la cosmologie, Jean-Noël Lafargue livre une histoire de la fin du monde à travers ses représentations, picturales, cinématographiques et scientifiques.
    Du récit de Gilgamesh aux films hollywoodiens, en passant par l'Apocalypse biblique, les hérésies du Moyen Âge, le calendrier maya, les catastrophes écologiques et les grands séismes technologiques, une iconographie riche et surprenante raconte des siècles d'interrogations sur l'avenir de l'homme et du monde, entre réalité et imaginaire, terreur du néant et espoir de renouveau - car l'aube succède toujours au crépuscule.
    Un beau livre unique, qui offre un regard inédit sur un sujet fascinant.

  • Aujourd'hui méconnu, Sri Aurobindo fut pourtant un des personnages les plus influents de l'Inde du XXe siècle. Après des études en Angleterre, il se jette, à vingt ans, dans l'arène politique pour défier le joug britannique. Il lance ainsi son propre journal en 1906 et pose les premiers jalons de l'indépendance de L'Inde. À ce titre, on le compare souvent à Gandhi. Mais loin du pacifisme de ce dernier, Sri Aurobindo est persuadé que ce combat ne peut aboutir que par l'action, fut-elle armée.

    Son engagement politique l'oblige à fuir pour échapper aux autorités britanniques et le conduit en 1910 en Inde française, à Pondichéry, où commence une seconde vie, au cours de laquelle il produit l'essentiel de ses écrits dédiés au Yoga intégral, à la sagesse millénaire des textes sacrés de l'hindouisme ou à ses expériences spirituelles, dont le plus important reste La Vie divine, paru en 1939. Le rayonnement de son oeuvre est tel que de nombreux disciples affluent de l'Inde et du monde entier vers l'Ashram qu'il a fondé en 1926 avec sa compagne Mirra Alfassa, puis vers Auroville, lieu communautaire créé en 1968.

    Luc Venet, qui signe cette première biographie en français de Sri Aurobindo, fut un de ces disciples. Il raconte le destin de cette figure exceptionnelle et livre les clefs d'une pensée qui nous ouvre la possibilité d'une humanité nouvelle.

  • Si belles en ce mouroir Alexandrine Dumas, quatre-vingt-cinq ans, est en convalescence dans un Ehpad où elle s'est liée d'amitié avec Marie-Thérèse, malicieuse centenaire qui rêve de revoir le marronnier majestueux qui faisait la gloire de son jardin, et Gisèle, une vieille fille de quatre-vingts ans insupportable d'indiscrétion qui pleure encore et toujours la mort de son chien. Galvanisées par un remake noir de La Belle au bois dormant qu'Alexandrine écrit jour après jour dans un cahier d'écolier, les vieilles dames fomentent des idées de vengeance. Projets de meurtres et souvenirs accompagnent les promenades, les repas infects et les parties de scrabble. Conjuguant récit à énigmes et satire sociale avec un humour irrésistible, Marie Laborde décrit les aléas du grand âge à travers ses héroïnes autour desquelles gravitent personnel médical et vieux Casanova lubriques. On rit, la larme à l'oeil.

  • Depuis les années 1970, la sexualité serait libérée, égalitaire. En dehors du viol, elle serait largement épanouie et exempte de violences. Mais les récentes affaires Weinstein et autres #meetoo semblent signaler une réalité tout autre. N'en déplaise à celles et ceux qui craignent que ces dénonciations sans précédent cachent de possibles exagérations, ou qui appellent à ne pas « dramatiser », la sexualité quotidienne recèle des ambigüités multiples, des « zones grises ». Les témoignages ne sont-ils pas nombreux de ces personnes qui disent avoir « cédé » plutôt que « consenti » ?
    Dans un tel contexte, le consentement apparaît dès lors comme un impensé central : quand peut-on réellement dire qu'il est présent ? Faut-il ne retenir que sa définition juridique, qui stipule qu'en dehors d'une contrainte explicite, il doit être considéré « libre et éclairé » ? Nos corps seraient-ils donc consentants par défaut ? Consentir voudrait-il dire désirer ? Faut-il évacuer ces questions, au nom d'une « séduction à la française » ? Et tout le monde est-il capable de consentir, ou cela relève- t-il d'un apprentissage social et individuel à la fois ?
    C'est pour répondre à ces questions brûlantes qu'Alexia Boucherie a enquêté, en allant à la rencontre de jeunes adultes. Pour comprendre comment, en pratique, le consentement fonctionne. Comment sa définition juridique et sa transmission médiatique orientent les expériences. Et comment celui-ci s'exerce, aussi, selon les contraintes et les performances de genre. En combinant théories critiques féministes et pragmatisme des interactions quotidiennes, de nouveaux outils et représentations émergent pourtant, qui permettent une meilleure compréhension de nos sexualités, et tracent les contours d'un consentement plus égalitaire.

  • Tabarly

    Pierre Bazantay

    « En course, on oublie la terre ferme et les soucis du monde. On s'installe dans une vie hors planète, avec des préoccupations qui échappent à la plupart des mortels. Je vis coupé de l'humanité », racontait Éric Tabarly.
    En 1964, la France a pourtant les yeux rivés sur celui qui remporte, à bord du célèbre Pen Duick II, la Transat anglaise, contre toute attente. Le jeune Nantais de trente-quatre ans est bientôt hissé au rang de héros national, participant pleinement à redonner aux citoyens de son pays l'espoir d'un avenir meilleur après les meurtrissures de la guerre.
    Tenace, opiniâtre, déterminé, Tabarly fut ainsi, pour toute la seconde moitié du XXe siècle, l'un des derniers porteurs de l'idéal de la résistance, au sens fort du terme. Une icône, sans aucun doute.

  • Mars 1919 : la première organisation patronale française, la Confédération générale de la production française, réunissant l'ensemble des corporations et de la production du pays, naît. Elle deviendra le CNPF en 1946, puis le Medef en 1998.
    Retracer le destin de ce mouvement, c'est évoquer les grands évènements qui ont marqué la France du XXe siècle : le Front populaire et les premiers accords de Matignon en juin 1936 ; la reconstruction au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ; la grande crise de 1968 ; l'arrivée de la Gauche au pouvoir en 1981 ; la mise en place des 35 heures en 1998 ; les nouvelles lois sur le travail entre 2016 et 2018.
    C'est à ce voyage historique que ce livre convie, où témoignent la plupart de ceux qui ont dirigé le CNPF puis le Medef.

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