Le Contrepoint

  • Qu'est-ce qu'une reprise ? Qu'est-ce qu'une bonne ou une mauvaise reprise ? Si ce livre ne donne pas tout à fait les réponses à ces questions, il en pose une autre, plus ample : pourquoi une reprise? Que le transport soit temporel, de genre, de style, ou tout à la fois, la reprise a ceci de particulier qu'elle est bourrée d'intentions, bonnes ou mauvaises. On y trouve toujours, plus ou moins caché, un petit supplément d'âme qui bouleverse, renverse ou déçoit. Et si parfois le disciple dépasse incontestablement le maître, au point qu'il peut parvenir à éclipser celui auquel il doit son succès, il y a des fois, souvent, où il s'agira aussi d'une traduction - comme dans une langue étrangère - qui touche juste, souvent très près du coeur. C'est en triant sur le volet que Pierre Siankowski s'est plongé dans cette somme infinie pour nous en livrer l'essence, qu'elle plaise ou non, appuyé des dessins sensibles et révélateurs d'inconscient d'Hélène Paris.
    À rebours des usages -pour le plus grand bonheur de ceux que les essais pointus ennuient et que les inventaires rigolos fatiguent - c'est par le petit bout de la lorgnette que la collection Palmarès entend explorer notre monde, accumulant perles et anecdotes sur le fil d'un sujet qui, ainsi subordonné aux circonstances, offre un éclairage neuf. Qu'il s'agisse de sport, de politique, de musique, de littérature, d'Internet, des bretons, du cosmos ou des chats, il y a toujours un point resté aveugle quelque part, un angle inédit, une face cachée des choses. Palmarès se propose de rendre compte du monde, en ne racontant pas l'Histoire, mais des histoires. Circulant dans les chemins de traverses, l'exception devient ici la règle où l'on préfère plus volontiers l'ombre à la gloire.

  • Que se passe-t-il quand on écrit un seul roman à succès? Quelles histoires se cachent derrière? Suicidés par dépit ou par principe, orgueilleusement retirés de la cochonnerie littéraire, dévorés par le fantasme du livre unique ou entraînés dans l'action politique, effondrés dans la folie ou réduits à l'impuissance d'écrire - chacun de ces 30 auteurs incarne à sa manière une facette paradoxale de la vocation d'écrivain. Un Palmarès acide et passionnant.

    « J'écris toujours le même livre, seuls les mots changent » (Eric Chevillard) Il se pourrait bien que la parole humaine même naisse lorsqu'un animal quelconque se retient de donner suite à son désir : au lieu de consommer la chose ou l'être qui lui fait face, de dévorer ou consumer, il la laisse être et la recrée dans l'univers symbolique du langage au sein duquel la bouche, au lieu de mastiquer ou d'embrasser, prononce.
    De là peut-être le malaise, sinon même l'angoisse, que peut engendrer un écrivain qui - choix, impuissance ou effondrement - se tait. Qui refait le chemin à l'envers. Dont c'est la parole qui est retenue et à laquelle il refuse (à moins que cela ne lui soit refusé) de donner suite. On fera ici le pari que chez les écrivains, l' « absence d'oeuvre » (pour reprendre la formule par laquelle Michel Foucault définissait la folie) est tout aussi significative que l'oeuvre elle-même, que le silence en somme fait partie du discours auquel il succède, et on essaiera d'en analyser les variantes à travers le portrait de diverses figures de ce mutisme, volontaire ou non.
    Suicidés par dépit ou par principe, orgueilleusement retirés de la cochonnerie littéraire, dévorés par le fantasme du livre unique ou entraînés dans l'action politique, effondrés dans la folie ou réduits à l'impuissance d'écrire - chacun de ces trente auteurs incarne à sa manière une facette paradoxale de la vocation d'écrivain.

    ------ Sept catégories chapitres (données provisoires):
    Les one-shots.
    Auteurs d'une seule oeuvre majeure (tout du moins publiée), ils n'ont pas eu la force, le courage ou le besoin d'en « dire plus ».
    Avec: Charles Baudelaire, Louise Labé, etc.

    Les bègues:
    Auteurs éventuellement prolixes, ils n'ont pourtant écrit au fond qu'un seul livre, dont tous les autres sont moins le prolongement que l'ébauche avortée ou l'inlassable ressassement.
    Avec: Christine Angot, Marc Lévy, Éric Chevillard...

    Les effondrés:
    Leur oeuvre résulte de l'expérience vécue d'un abîme, où elle a finalement sombré. L'écriture a alors cédé la place à l'alcool, à la folie ou au mutisme.
    Avec: Robert Atelme, Malcolm Lowry, etc.

    Les tigres de papier:
    Leur existence tout entière est coextensive à un livre, qui a drainé la substance même de leur vie au point de se confondre avec elle.
    Avec: Robert Musil, Marcel Proust, etc.

    Les sannyasins:
    Les sannyasins étaient dans la tradition brahmanique ces moines itinérants qui avaient fait voeu de renoncement au monde et à l'action. On s'intéressera dans cette rubrique à leur pendant littéraire : le génie précoce qui choisit le silence et la fuite, le traître à la littérature qui se consacre à « l'absence d'oeuvre ».
    Avec: Harper Lee, JD Salinger, etc.

    Styx Express:
    L'écriture est interrompue par une mort brutale, accident ou suicide, qui présente cependant avec elle une secrète connivence.
    Avec: Romain Gary, John Kennedy Toole, etc.

    Les hapax:
    Improbables, inclassables, leur identité et pour tout dire leur réalité même est fondamentalement douteuse...
    Avec: M Aguéev, John Shade, etc.

  • Pourquoi pas Olympe de Gouges, Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi, Caroline Fourest ou même Beyoncé. Justement parce que ce sont des féministes évidentes.
    Des « marronniers » dès qu'il s'agit de parler du féminisme. Or le principal reproche adressé au féminisme c'est qu'on voit toujours les mêmes têtes, les mêmes noms, infatigablement. Et ça fatigue. Pire, en donnant la sensation d'avoir été lu, étudié ou survolé des dizaine de fois, le féminisme ennuie, irrite même. Le féminisme est un humanisme ; il touche hommes et femmes, d'où la mixité de ce palmarès.
    Dans les années 70, les féministes éprouvaient le besoin de se retrouver entre elles, sans hommes, afin de composer les premiers groupes militants ; ce temps-là est désormais derrière nous, le féminisme se veut oecuménique.
    Palmarès pose donc ici franchement la question du label féministe : peut-on être féministe sans le savoir ? La réponse est oui. C'est possible. Être féministe, ce n'est pas forcément le prôner à longueur de page, blog, chanson, etc. ; c'est peut-être avant tout penser, réagir et vivre de façon non-sexiste.

  • Des 30 portraits illustre´s que vous lirez ici - salopards de tous poils, tortionnaires, bandits,? ?mafieux, fuyards ou e´vade´s - il n'en est pas un dont on pourrait benoi^tement se dire qu'il a bien me´rite´ ce qui lui arrive. Pourquoi ? Parce qu'ils ont tous e´chappe´ aux conse´quences de leurs actes. C'est a` travers leurs parcours et au fil d'histoires improbables, re´voltantes ou comiques, que les auteurs se? ?proposent de malmener la notion du Bien et du Mal.

  • Après deux Palmarès consacrés à la musique et au foot, voici celui consacré au style et à l'histoire avec ces "30 moustachu(e)s qui n'ont jamais rien fait de mal". Une plongée surprenante, cultivée, décalée et pleine d'humour, menée par Gonzague Dupleix, maître incontournable du style au sein du magazine GQ.
    Facile à prédire, la théorie suivante est ambitieuse à vérifier : seuls les moustachu(e)s ont su modifier le cours de l'Histoire, tel est notre pari. Outil pédagogique pour un usage nouveau, « Ces 30 moustachu(e)s qui n'ont jamais rien fait de mal », est une sélection ultra-subjective de ces génies dont l'existence permit de maintenir intacte la flèche du temps. Piégé par le prétexte-ressort du moustachu sympathique qu'on oppose au moustachu tyran, le lecteur avide de se sentir au plus large dans ses baskets, puisera dans sa lecture un corpus d'idées fondamentales (ou accessoires) présenté comme jamais il n'aurait imaginé pouvoir se les raconter.
    Prenons pour exemple la moustache d'Einstein afin de sensibiliser l'humain circa 2014 à l'intelligence et à la poésie de la physique quantique. Ou bien encore, faisons lui prendre conscience des cycles qu'opère la mode en retraçant la merveilleuse, et pourtant peu glorieuse histoire de Magnum, le privé le plus dispensable de l'histoire de la télé et néanmoins chewing-gum le plus collant à la semelle du cool passé-présent-futur.Et soyons fous, passons tantôt de Jean Rochefort à Mario Bros, de Chuck Norris à Frida Khalo, et passons, pourquoi pas, par Grumpy cat. Nos seuls guides seront alors quelques poils sur la lèvre supérieure et une dose massive d'associations saugrenues.
    Plus que le chaînon manquant entre un cabinet de toilettes et le Collège de France, ce livre est celui d'un savoir anecdotique et essentiel qui trouve toujours la voie bis de l'Histoire.

    Avec: Thomas Magmum, ned Flanders, Albert Einstein, Chuck norris, Edwy Plenel, Nick Cave, Omar Sharif, Justin Bieber, Honoré de Balzac, La Joconde, etc.

  • À l'heure où pronostics, algorithmes et sondages ne parviennent plus à prévenir ici un Brexit, là un Trump ou un Fillon, Gustav Caroll, écrivain et scénariste converti en intraitable futurologue, nous fait découvrir une France de tous les possibles avec ses 30 présidents auxquels vous avez échappé (sauf un).
    En se projetant un an après leur hypothétique élection, l'auteur dresse un paysage politique, social et économique nourri de détails aussi réels que délirants, dans un style qui n'a rien à envier à celui des meilleurs commentateurs politiques. Erwann Terrier, acerbe auteur des couvertures de l'excellente revue Schnock, est ici propulsé portraitiste officiel de la République.
    Chiffres, tendances, dates-clés, résultats électoraux, phrases de campagne, chiens-mascottes, sorties de route, rien ne manque pour décrypter l'état de la France si d'aventure Igor Bogdanov, Alain Juppé, Mylène Farmer, Emmanuel Macron, Patrick Sébastien, Manuel Valls ou encore Gérard Depardieu venaient à en prendre le contrôle. Frémissez braves gens, l'avenir n'a pas fini de vous surprendre.

  • Que se passe-t-il dans la te^te d'un gardien qui, en dehors de toute logique a priori, part a` la conque^te de la cage adverse ? Quelles circonstances pour toucher la gra^ce de l'improbable? Ferdinand Miollis distille a` travers six chapitres une e´pope´e ine´dite et fabuleuse qui nous fait aimer ce sport au-dela` des re`gles, rythme´e par les dessins ne´s de l'essence d'un geste de Cle´ment Charbonnier Bouet. Histoire et philosophie de la beaute´ de trente actions difficiles a` croire, mais qu'il est possible d'imaginer. Une exploration litte´raire et poe´tique pour tenter d'expliquer le phe´nome`ne des «gardiens-buteurs», surprises a` la cle´.
    À rebours des usages - pour le plus grand bonheur de ceux que les essais pointus ennuient et que les inventaires rigolos fatiguent - c'est par le petit bout de la lorgnette que la collection Palmarès entend explorer notre monde, accumulant perles et anecdotes sur le fil d'un sujet qui, ainsi subordonné aux circonstances, offre un éclairage neuf. Qu'il s'agisse de sport, de politique, de musique, de littérature, d'Internet, des bretons, du cosmos oudes chats, il y a toujours un point resté aveugle quelque part, un angle inédit, une face cachée des choses.
    Palmarès se propose de rendre compte du monde, en ne racontant pas l'Histoire, mais des histoires. Circulant dans les chemins de traverses, l'exception devient ici la règle où l'on préfère plus volontiers l'ombre à la gloire.

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