Liana Levi

  • Il pleuvait à torrents et personne, vraiment personne, n'était prêt à ouvrir sa porte, et surtout pas à ces individus. Oui, il y avait des Blancs parmi eux-les humanitaires qui les accompagnaient-mais ils étaient tout aussi étranges que les autres malheureux, mal fagotés et mal en point. Que venaient-ils faire, ces envahisseurs, dans notre petit village où il n'y avait plus de maire, plus d'école, où les trains ne passaient plus et où même nos enfants ne voulaient plus venir? Nous nous demandions comment les affronter, où les abriter puisqu'il le fallait. Eux aussi, les migrants, avaient l'air déboussolés. C'était pour ce coin perdu de Sardaigne, ce petit village délaissé, qu'ils avaient traversé, au péril de leur vie, la Méditerranée? C'était ça, l'Europe?

  • Vania, Vassia et Sonia, la fille de Vassia, les trois personnages de ce flamboyant roman, sont en quête d'un avenir qui les réconcilie avec leur passé de Cosaques. Cependant chacun lit cet avenir sous un angle différent :
    S'intégrer en France avec un impeccable parcours, rester russe tout en défendant la République française, reprendre coûte que coûte le combat contre Staline, quitte à se ranger du côté des nazis...
    Dans ce grand roman (paru en mars 2020) qu'elle porte en elle depuis de nombreuses années, elle évoque la condition des émigrés russes en France.

  • Pour que Jim, chauffeur Uber de soixante ans, voie la vie du bon côté, que faudrait-il? Une petite cure d'antidépresseurs? Non, c'est plus grave, docteur. De l'argent? Jim en a suffisamment. Au fond, ce qu'il veut, c'est qu'on lui fiche la paix dans ce monde déglingué. Et avoir affaire le moins possible a` son prochain, voire pas du tout. Alors, quand sa nouvelle voisine, flanquée d'un mari militaire et d'un fils de quatre ans, lui adresse la parole, un grain de sable se glisse dans les rouages bien huilés de sa vie solitaire et monotone. De quoi faire exploser son quota de relations sociales...
    En entremêlant les destins de ses personnages dans un roman plein de surprises, Levison donne le meilleur de lui-même, et nous livre sa vision du monde, drôle et désabusée.

  • Em

    Kim Thúy

    La vérité de cette histoire est morcelée, incomplète, inachevée dans le temps et dans l'espace. Elle passe par les colons implantés en Indochine pour y exploiter les terres et les forêts. Par les hévéas transplantés et incisés afin de produire l'indispensable caoutchouc. Par le sang et les larmes versés par les coolies qui saignaient les troncs. Par la guerre appelée «du Vietnam» par les uns et «américaine» par les autres. Par les enfants métis arrachés a` Saigon par un aigle volant avant d'être adoptés sur un autre continent. C'est une histoire d'amour qui débute entre deux êtres que tout sépare et se termine entre deux êtres que tout réunit; une histoire de solidarité aussi, qui voit des enfants abandonnés dormir dans des cartons et des salons de manucure fleurir dans le monde entier, tenus par d'anciens boat people.
    Avec ce livre, Kim Thu´y nous découvre, au-delà des déchirements, l'inoubliable pays en forme de S qu'elle a quitté en 1975 sur un bateau.

  • Si nous étions en Iran, cette salle d'attente d'hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s'enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l'étourdissant diaporama de l'histoire des Sadr sur trois générations: les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l'adolescence, l'ivresse du rock, le sourire voyou d'une bassiste blonde...
    Une fresque flamboyante sur la mémoire et l'identité; un grand roman sur l'Iran d'hier et la France d'aujourd'hui.

  • Sardes depuis le Paléolithique supérieur, les Sevilla-Mendoza ignorent la normalité. Un père entiche´ de voyages lointains, une mère perdue devant la vie, une tante plongée dans des amours sans lendemain, un frère sourd a` tout sauf a` son piano. Celle qui décrit l'étrange et attachante ambiance familiale, avec une impassible candeur, est une adolescente engluée dans une liaison inavouable... Une liaison qu'elle cache a` sa famille, ou` pourtant on parle d'amour et de sexe sans inhibitions. On y parle aussi de Dieu, dont on n'arrive pas a` décider s'il existe ou pas. Plutôt qu'a` Lui, autant s'en remettre a` la superstition pour affronter les dangers de l'existence. Celle-ci se déroule comme si on était dans la gueule d'un requin. Un requin qui vous enserre entre ses dents et vous empêche de vivre. On essaie d'en sortir quand il dort...

  • Le légendaire et dérangeant inspecteur Chen est sur la touche. Le Bureau de la réforme du système judiciaire, une voie de garage destinée à l'éloigner des enquêtes trop indiscrètes, pourrait le satisfaire en lui laissant le temps d'écrire un roman inspiré par le célèbre juge Ti. Mais on ne se refait pas, et la tentation d'aller fourrer son nez dans une affaire qui bruisse dans Shanghai-celle mettant en cause une belle courtisane qui ouvre sa table privée aux éminences et aux Gros-Sous de la ville-est plus forte que la sagesse. Tout en s'abritant derrière sa très efficace secrétaire, la jolie Jin, l'inspecteur finit par découvrir que le commerce des antiquités chinoises peut s'avérer extrêmement rentable mais parfois dangereux. Et qu'il vaut mieux ne pas se mettre à dos la Sécurité intérieure et les puissants princes rouges...

  • Quelle que soit notre vie, un imprévu peut la bouleverser à tout jamais. Pour Gabriele Santoro, professeur de piano, cet imprévu s'appelle Ciro, un garçon de dix ans qui surgit un jour de derrière son canapé. Comment est-il entré? Pourquoi se cache-t-il dans son appartement? Malgré lui, qui a délibérément choisi une solitude dans laquelle musique et poésie occupent une place privilégiée, il est très vite appelé à jouer un rôle de protecteur. Plus même, de père. Et ce rôle comporte des dangers certains, surtout dans cette partie malfamée de Naples où il vit depuis qu'il a quitté les beaux quartiers. Sans parler du danger qui accompagne la difficile remise en question de soi-même et des choix opérés dans son existence.

  • 1919. La Grande Guerre vient de se terminer en Europe. Après cette parenthèse éprouvante, certains Britanniques espèrent retrouver fortune et grandeur dans les lointains pays de l'Empire, et tout particulièrement en Inde. Ancien de Scotland Yard, le capitaine Wyndham débarque à Calcutta et découvre que la ville possède toutes les qualités requises pour tuer un Britannique: chaleur moite, eau frelatée, insectes pernicieux et surtout, bien plus redoutable, la haine croissante des indigènes envers les colons. Est-ce cette haine qui a conduit à l'assassinat d'un haut fonctionnaire dans une ruelle mal famée, à proximité´ d'un bordel? C'est ce que va tenter de découvrir Wyndham, épaulé par un officier indien, le sergent Banerjee. De fumeries d'opium en villas coloniales, du bureau du vice-gouverneur aux wagons d'un train postal, il lui faudra déployer tout son talent de déduction, et avaler quelques couleuvres, avant de réussir à démêler cet imbroglio infernal.

  • Faut pas rêver Nouv.

    Louise a enfin rencontré l'homme idéal, intelligent et attentionné. Carlos a quitté l'Espagne pour exercer le métier de sage-femme à Paris. Il n'y aurait pas la moindre ombre entre eux si, la nuit, il ne devenait violent et ne parlait en dormant (en espagnol et avec véhémence) ; au matin, il dit ne se souvenir de rien. Que cache sa somniloquie ? Pour en avoir le coeur net, un soir, à son insu, Louise dispose près de son oreiller un enregistreur. La matière des cauchemars collectée, compilée, traduite, analysée quotidiennement avec son amie Jeanne la place face à une évidence troublante : Carlos ressasse une scène qui semble l'impliquer. Les indices sur la victime, les lieux, les récriminations échangées avec ses complices sont sans équivoque. Le rêve récurrent d'un crime fait-il du dormeur un suspect ? Les deux femmes décident de mener l'enquête sur place, en Espagne. À Marbella, elles se mettent à écumer les bars mal famés des bas quartiers, une photo de Carlos à la main. Elles ne passeront pas inaperçues, et les choses prendront vite une tournure menaçante.

  • Un empire financier bâti sur deux générations suffit-il à mettre les descendants à l'abri des tracas de la vie ? Apparemment non car Jay Gladstone, l'héritier flamboyant de cette fortune, est assailli par les mêmes tracas que le commun des mortels : épouse exigeante, progéniture insupportable, obligations familiales, contraintes sociales. Également propriétaire d'une équipe de basket, Jay doit aussi compter avec les coûteux caprices des joueurs, noirs pour la plupart, dont la super star Dag. Nous sommes en 2012 et Obama fait campagne pour un second mandat, mais cela n'apaise pas pour autant les conflits raciaux. Il suffit qu'un Blanc tue accidentellement un Noir et le pays s'embrase. La machine médiatique se met alors en route, le politiquement correct emplit les colonnes des journaux, les procureurs en mal de notoriété se retroussent les manches, les fake news envahissent les réseaux sociaux. La mécanique de la chute est désormais enclenchée.
    Un grand roman sur les embûches de notre temps et ses dangereuses dérives.

  • La nuit des béguines

    Aline Kiner

    Paris, 1310, quartier du Marais. Au grand béguinage royal, elles sont des centaines de femmes à vivre, étudier ou travailler comme bon leur semble. Refusant le mariage comme le cloître, les béguines forment une communauté inclassable, mi-religieuse mi-laïque. La vieille Ysabel, qui connaît tous les secrets des plantes et des âmes, veille sur les lieux. Mais l'arrivée d'une jeune inconnue trouble leur quiétude. Mutique, rebelle, Maheut la Rousse fuit des noces imposées et la traque d'un inquiétant franciscain... Alors que le spectre de l'hérésie hante le royaume, qu'on s'acharne contre les Templiers et qu'en place de Grève on brûle l'une des leurs pour un manuscrit interdit, les béguines de Paris vont devoir se battre. Pour protéger Maheut, mais aussi leur indépendance et leur liberté.
    Aline Kiner nous entraîne dans un Moyen Âge méconnu. Ses héroïnes, solidaires, subversives et féministes avant l'heure, sont résolument actuelles.

  • Vies dérobées Nouv.

    1936, Jaffa, Palestine. Ibrahim et Abraham, deux marchands de tissu voisins, l'un musulman d'Istanbul et l'autre juif d'Odessa, s'associent pour l'achat d'un précieux lot de coton égyptien. Mais lors d'un massacre, la famille d'Abraham est anéantie. Ibrahim, pour ne pas perdre son investissement et récupérer la part d'Abraham, décide d'usurper son identité. Miriam, sa femme, tente en vain de s'y opposer. Ibrahim, devenu Abraham, inventera, pour lui et pour sa fille, une variante inédite du marranisme. L'imposture aura plus tard des conséquences sur le destin de deux autres femmes.
    1938, en Italie. Giuditta, élevée dans une totale laïcité, découvre son appartenance juive alors que les lois raciales entrent en vigueur et l'obligent à la dissimuler pour affronter une vie pleine de dangers.
    En 1991, Esther, sa fille et troisième héroïne de ce roman, se voit proposer un drôle de mariage et sera prise malgré elle dans un imbroglio identitaire aux conséquences imprévisibles.
    D'Istanbul à Djerba, de Bâle à Miami, d'Ancône à Rome, ces vies dérobées tissent la trame d'un roman qui pose une question tout à fait contemporaine :
    De quoi nos identités sont-elles constituées ?

  • Le syndrome de l'enfant parfait ? Roxane a intégré depuis toujours les exigences de ses parents. L'excellence et la performance lui sont des impératifs naturels. Pourtant, depuis la rentrée en classe de première, rien ne va plus, ni les notes, ni l'amitié, ni les amours, ni l'apparence physique. Pour soigner l'acné qui enflamme son visage, elle n'a d'autre recours que de solliciter un ancien ami de son père, François, devenu médecin. Avec son verbe franc, direct, slamé, elle raconte la pression scolaire, la perte de confiance en soi, la peur de décrocher et l'incompréhension des adultes. Autour d'elle, personne ne voit venir le drame. De ce qui est arrivé à Roxane, François devra répondre.

  • Un immeuble a` moitie´ vide au milieu d'un vaste chantier de construction. Quelques occupants, oubliés de tous, qui résistent a` l'expropriation. Un soir, ils célèbrent la sortie d'un livre consacre´ a` leur combat. Mais tandis que la fête bat son plein, Hella, auteure du texte, et Molly, auteure des photos, se retrouvent face a` l'encombrant cadavre d'un homme. La décision qu'elles prennent alors va lier leurs destins, inextricablement. En un savant va-et-vient entre passe´ et présent, le récit des événements qui les ont conduites au drame révèle d'inquiétantes zones d'ombre.

  • Unité 8200

    Dov Alfon

    À son arrivée à Roissy, un jeune responsable marketing israélien est enlevé par une hôtesse blonde, sans motif apparent. Présent à l'aéroport « par hasard », le colonel Zeev Abadi, officier de l'unité 8200 des services de renseignement israéliens, propose aussitôt son aide à la police française. Dès lors, l'enquête va se dérouler sur deux plans : à Tel Aviv, où la jeune lieutenante Oriana Talmor tente d'aider son supérieur à l'insu de sa hiérarchie, et à Paris, où Abadi et le commissaire Léger de la PJ vont enquêter conjointement, non sans quelques frictions. Quand le corps de l'infortuné voyageur est retrouvé dans une usine de retraitement de déchets, qu'un drone élimine ses kidnappeurs en plein Paris et qu'un jeune militaire israélien disparaît de sa chambre d'hôtel, l'affaire prend une tournure propre à inquiéter le ministre français de l'Intérieur et le Premier ministre israélien... La traque durera 24 heures, fera 12 victimes et les propulsera au coeur d'un complot plus terrifiant et ingénieux qu'ils ne l'auraient imaginé.

  • Un Indien qui dérange Nouv.

    À Chinook, réserve du nord-ouest des États-Unis, le Buffalo Mountain Resort, un projet immobilier, ne fait pas l'unanimité au sein de la communauté indienne. Alors quand un homme est découvert mort dans l'un des appartements témoins, les soupçons du shérif se portent aussitôt sur le jeune Stick, militant très actif des Aigles rouges, qui demeure introuvable.
    Il faut dire que le cadavre est celui du programmeur de la société chargée du système informatique du Resort (dont le casino), et que le groupe d'activistes a multiplié les actions pour empêcher le complexe immobilier de voir le jour. DreadfulWater, un Cherokee ancien policier devenu photographe, est appelé par le shérif sur les lieux du crime, pour des clichés officiels. En sous-main, il est chargé par Claire, mère de Stick, cheffe du conseil tribal, et amante occasionnelle, de retrouver son fils avant que la police ne le fasse.
    Le Cherokee solitaire, qui vit avec un chat caractériel et ne dédaigne par un parcours de golf à l'occasion, va se lancer dans une enquête où les indices se volatilisent tandis que les cadavres s'empilent.
    Une enquête anticonformiste de DreadfulWater, qui permet au monde du polar francophone de découvrir enfin la voix inimitable de Thomas King, grand spécialiste des populations autochtones d'Amérique du Nord.

  • Mal de pierres

    Milena Agus

    En quête de l'amour idéal, l'héroïne tarde à trouver un mari. À trente ans, déjà considérée comme une vieille fille dans une Sardaigne qui connaît les affres de la Seconde Guerre mondiale, elle finit par épouser un homme taciturne, plus âgé qu'elle, parce que sa famille le lui impose. L'amour n'est pas au rendez-vous. Elle le rencontrera beaucoup plus tard, lorsqu'elle ira sur le Continent faire une cure thermale pour soigner son « mal de pierres », des calculs rénaux. Un rescapé de la guerre, qui souffre du même mal qu'elle, aura raison de son « mal d'amour ». C'est à sa petite-fille qu'elle racontera quelques décennies plus tard ses émotions, ses cheminements, tout en laissant des zones d'ombre. Mais quelle est au juste la vérité ? Elle ne se recomposera que beaucoup plus tard, de façon inattendue, lorsque la dernière pièce du puzzle tombera entre les mains de la narratrice.

  • C'est en 1770 que Georg Kempf, l'ancêtre du narrateur, poussé par la famine, décide de quitter le sud de l'Allemagne pour la « Transylvanie », où la terre est grasse et fertile. Comme d'autres miséreux il a été convaincu par un messager de Marie Thérèse, d'aller peupler ce territoire délaissé de l'Empire austro-hongrois. Les années passent et la famille Kempf jouit d'une situation confortable dans cette région de Croatie nommée Slavonie lorsque Hitler appelle les Volksdeutsche, les Allemands de « l'extérieur », à rejoindre ses forces armées. Dans la Waffen-SS, Georg Kempf, dernier du nom, vit le sort dramatique des « volontaires forcés ». Au moment où l'armée allemande essuie ses dernières défaites à l'Est, il parvient à s'enfuir dans la forêt polonaise, et à rejoindre, après de multiples rencontres, un groupe de maquisards soviéto-polonais. À la Libération, muni d'un certificat de combattant soviétique, il regagne sa terre natale, totalement changée, dans une Yougoslavie en pleine révolution. Là, il rencontre Vera, militante communiste. Une histoire d'amour se noue sans pour autant effacer les marques laissées par l'Histoire sur chacun d'eux et sur l'enfant né de cette union, le narrateur. Des marques qui demeurent toujours sensibles dans cette région des Balkans, aujourd'hui talon d'Achille de l'Europe.

  • Benjamin Grossman veut croire qu'il a réussi, qu'il appartient au monde de ceux auxquels rien ne peut arriver, lui qui compte parmi les dirigeants de BeCurrent, une de ces fameuses plateformes américaines qui diffusent des séries à des millions d'abonnés. L'imprévu fait pourtant irruption un soir, banalement: son téléphone disparaît dans un bar-tabac de Belleville, au moment où un gamin en survêt le bouscule. Une poursuite s'engage jusqu'au bord du canal Saint-Martin, suivie d'une altercation inutile. Tout pourrait s'arrêter là, mais, le lendemain, une vidéo prise à la dérobée par une lycéenne fait le tour des réseaux sociaux. Sur le quai, les images du corps sans vie de l'adolescent, bousculé par une policière en intervention, sont l'élément déclencheur d'une spirale de violences. Personne n'en sortira indemne, ni Benjamin Grossmann, en prise avec une incertitude grandissante, ni la jeune flic à la discipline exemplaire, ni la voleuse d'images solitaire, ni les jeunes des cités voisines, ni les flics, ni les mères de famille, ni les travailleurs au noir chinois, ni le prédicateur médiatique, ni même la candidate en campagne pour la mairie. Tous captifs de l'arène: Paris, quartiers Est.
    Négar Djavadi déploie une fiction fascinante, ancrée dans une ville déchirée par des logiques fatales.

  • Dans la famille Ezechiel, c'est Antoine qui mène le jeu. Avec son «nom de savane», choisi pour embrouiller les mauvais esprits, ses croyances baroques et son sens de l'indépendance, elle est la plus indomptable de la fratrie. Ni Lucinde ni Petit-Frère ne sont jamais parvenus à lui tenir tête. Mais sa mémoire est comme une mine d'or. En jaillissent mille souvenirs-pépites que la nièce, une jeune femme née en banlieue parisienne et tiraillée par son identité métisse, recueille avidement. Au fil des conversations, Antoine fait revivre pour elle l'histoire familiale qui épouse celle de la Guadeloupe depuis la fin des années 40: l'enfance au fin fond de la campagne, les splendeurs et les taudis de Pointe-à-Pitre, le commerce en mer des Caraïbes, l'inéluctable exil vers la métropole...
    Intensément romanesque, porté par une langue vive où affleure une pointe de créole, Là où les chiens aboient par la queue embrasse le destin de toute une génération d'Antillais pris entre deux mondes.

  • En un temps d'âpres luttes pour le pouvoir, dans la Chine du IXe un messager impérial vient demander au célèbre juge Ti d'enquêter sur un meurtre dont est soupçonnée la poétesse- courtisane Xuanji. Alors que la belle et talentueuse jeune femme croupit dans une geôle en attente de la sentence, l'enquête du juge le mènera à des secrets qu'il est préférable d'ignorer.

  • En 1830, Washington Black, dit « Wash », est un jeune esclave de 11 ans dans une plantation de la Barbade. Il est le protégé de Big Kit, une femme rude. Sa vie va radicalement changer quand Titch, le frère du maître, le choisit comme assistant pour ses expériences scientifiques, notamment le lancement d'un ballon dirigeable, le Fendeur-de-nuages. Pour ce faire, il lui apprend à lire, à écrire et découvre son talent pour le dessin. Accusé à tort d'un crime, Wash est sauvé par Titch qui s'enfuit avec lui à bord du dirigeable. Commence alors un voyage à travers les États-Unis jusqu'en Arctique où le père de Titch est installé pour mener ses propres expériences.
    Mais Titch disparaît soudainement. Se sentant trahi, Wash s'installe en Nouvelle-Écosse, une province canadienne où il peut être un homme libre.
    Il y rencontre Tanna Goff, une jeune métisse, fille d'un scientifique anglais.
    Wash met ses compétences au service du vieil homme qui invente des aquariums pour exposer à Londres des animaux marins vivants. De là, il partira avec Tanna pour la Hollande puis le Maroc à la recherche de Titch et de lui-même.

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