Librairie Generale Francaise

  • « Une femme, pour être en mesure d'écrire, doit avoir de l'argent et une chambre à elle ; et cela, comme vous allez le voir, ne résout en rien le grand problème de ce qu'est la vraie nature de la femme et la vraie nature de la littérature. » Virginia Woolf interroge dans cet essai incontournable toutes les constructions historiques, économiques et sociales qui, au fil des siècles, ont empêché les femmes d'écrire, de penser et de créer avec la même liberté que les hommes. Avec un regard volontairement impertinent et résolument moderne, elle mène une réflexion remarquable sur « les femmes et la littérature », et nous livre un texte féministe intemporel et nécessaire.

  • Eszter est une comédienne célèbre. Pourtant, les frustrations de son enfance renaissent et s'exacerbent quand elle découvre qu'Angela, la petite fille trop parfaite de son village natal, est l'épouse de l'homme qu'elle aime. Dès lors, la rancoeur et l'amertume seront ses compagnes diaboliquement fidèles.
    Le Faon dit la jalousie, plus encore, la haine, vécues comme un maléfice, à l'égard d'un être qui symbolise tout ce que la jeune femme n'a jamais connu. Eszter se confesse et expie dans un monologue intense, tranchant, étrange vocifération qui grave le portrait d'une femme possédée par la fureur et ses pulsions.

  • De ce roman foisonnant de personnages se détache la figure adolescente de Mick, qui ressemble étrangement à Carson McCullers. Pauvre, passionnée de musique, elle rôde dans les cours des immeubles pour surprendre les accents d'une symphonie qui s'échappent d'un poste de TSF : « Cette musique ressemblait parfois à de petits morceaux de cristal colorés et, quelquefois, c'était la chose la plus douce, la plus triste que l'on pût imaginer. ».
    Mick et bien d'autres personnages s'entrecroisent dans ce roman qui emprunte ses décors au Sud des Etats-Unis où vécut Carson McCullers dans l'immédiat avant-guerre. Elle avait vingt-deux ans quand elle publia ce premier livre, qui est sans doute son chef-d'oeuvre.

  • Publié en Hongrie en 1940, ce roman réunit de manière singulière deux virtuoses de la littérature hongroise du XXe siècle : Sándor Márai, l'auteur des Braises, y rend hommage à son maître, Gyula Krúdy, dandy ténébreux et personnage légendaire de la bohème littéraire de Budapest, surnommé ici Sindbad.
    Un matin de mai, Sindbad quitte son domicile en promettant à sa femme de se procurer l'argent nécessaire pour payer la facture d'électricité et acheter une robe à leur petite fille. Pourtant, à peine est-il parti que ses bonnes intentions se dissipent. Se laissant aller à une douce flânerie, il revisite Budapest au gré des lieux qu'il a aimés autrefois...Entre Histoire et fiction, un récit envoûtant et nostalgique à la beauté crépusculaire, où les propres souvenirs d'avant-guerre de Márai se mêlent à son imaginaire avec une puissance évocatrice saisissante.Une quête splendide, à la fois drôle et bouleversante, d'un pays disparu. Gilles Heuré, Télérama.Traduit du hongrois par Catherine Faye.

  • « Pareille à une flaque d'eau qui attire et absorbe une simple goutte, l'occupation se mit en place presque instantanément, avec la facilité d'une loi naturelle. L'essentiel avait eu lieu pendant que la ville dormait, et les habitants, surpris, s'accommodaient du nouvel état de choses comme un malade qui revient à lui après une anesthésie et qui apprend qu'on l'a déjà opéré et qu'il ne lui reste plus qu'à s'habituer à vivre sans ses jambes. ».
    Cédric X est le souverain d'un royaume minuscule et glacé, fait de traditions immuables, qui se voit envahi par les troupes du IIIe Reich lors de la Seconde Guerre mondiale. Petit à petit, les libertés disparaissent, le roi et son peuple courbent l'échine et acceptent l'humiliation. Jusqu'au jour où les Juifs sont obligés de porter l'étoile jaune...
    Un roman court à lire comme une véritable parabole sur la responsabilité individuelle face aux événements collectifs.

  • Paris, 1939. Ravic, chirurgien allemand émigré en France pour fuir le régime nazi, opère dans la clandestinité pour le compte d'un médecin français qui ne maîtrise plus son métier. Hanté par les sévices qu'il a subis en Allemagne, il déambule dans la capitale, à la veille de l'Occupation, risquant chaque jour d'être expulsé. Lorsqu'il rencontre Jeanne, jeune chanteuse exilée comme lui, il reprend un temps goût au bonheur, mais les ombres du passé ne lâchent pas prises si facilement.
    Arc de triomphe est le portrait d'un homme qui, derrière son cynisme, cache un profond humanisme, opérant sans distinction grandes dames et prostituées, petites gens et hauts fonctionnaires. C'est aussi un grand roman d'amour et, surtout, le tableau saisissant d'un monde sur le point de basculer dans l'obscurité.

  • Nos vies consumées Nouv.

    « J'ai peur d'une quantité de choses. Peur de ne pas grandir, de rester empêtrée dans la confusion de l'adolescence. Peur de grandir et de me perdre dans le désordre ambiant, comme Bett. Peur de suivre le mouvement et de me retrouver noyée dans la masse. Peur de suivre mon propre chemin et de me retrouver punie. La bonne mère avance à tâtons dans la vie et je tâtonne derrière elle, mais sans avoir sa magie. ».
    À mi-chemin entre le roman d'apprentissage et l'autobiographie romancée, Janet Hobhouse revient dans Nos vies consumées sur sa jeunesse et la relation complexe, passionnée avec sa mère et sa grand-mère. Elle nous entraîne dans l'histoire exaltante et ravagée de sa vie, raconte les liens étonnamment forts avec les femmes de sa famille, les difficultés à gagner son indépendance, et évoque avec une sensibilité rare la maladie qui finira par l'emporter alors qu'elle vient de terminer l'écriture de Nos vies consumées.

  • « C'est là que m'est arrivée cette chose qu'il serait dommage de ne pas vous raconter. Après tout, je peux mourir à n'importe quel moment, un vaisseau capillaire qui se rompt dans le cerveau, ou le coeur, et personne d'autre que moi, j'en suis sûr, ne pourra jamais vivre une chose pareille. ».
    Dans ce choix de nouvelles, Deszö Kosztolányi met en scène son propre double, Kornél Esti. Avec un humour pince-sans-rire teinté d'un certain pessimisme, il raconte le Budapest des années 1920 et, plus généralement, le monde qui l'entoure. On retrouve le ton savoureux du grand écrivain hongrois dans ces courtes histoires fantaisistes, faites de dérision, d'absurde et d'un regard déroutant sur le réel.

  • "La mort me brûle" : tout au long de sa vie, le Prix Nobel de littérature Elias Canetti n'a cessé d'écrire sur le thème de la mort. Le livre qu'il projetait de lui consacrer a enfin vu le jour en 2014. Principalement composé d'inédits découverts après sa disparition, en 1994, ce recueil mêle notes, aphorismes, portraits et réflexions. Le regard de l'anthropologue alterne avec celui du romancier qui commente poètes, philosophes et scientifiques, tandis que le critique invoque mythes et satires.
    Et toujours, au coeur de sa réflexion, ce questionnement : pourquoi les hommes s'entretuent-ils avec tant de fougue ? A l'image d'un écrivain cosmopolite au talent protéiforme, cet ouvrage déploie les multiples facettes d'une réflexion hors norme et toujours d'actualité. Un des plus grands esprits du XXe siècle. Nicolas Weill, Le Monde des livres. Les pensées libres et obstinées d'un Prix Nobel injustement oublié.
    Jacques Morice, Télérama. Postface de Peter von Matt. Traduit de l'allemand par Bernard Kreiss.

  • Rome, 1598. L'Inquisition sévit contre les hérétiques. Enfermés, torturés, ces derniers reçoivent à la veille de leur exécution la visite d'inquisiteurs pour les inciter à se repentir. Venu prendre des « leçons d'Inquisition », un carme d'Avila demande à suivre la dernière nuit d'un condamné. On lui accorde. L'hérétique, qui résiste depuis sept ans, s'appelle Giordano Bruno. L'Espagnol assiste aux dernières exhortations, vaines, des inquisiteurs, puis accompagne au petit matin le prisonnier au bûcher. Saisi par la violence de cette expérience, il voit toutes ses certitudes vaciller...
    Nourri de l'expérience de la guerre, du fascisme, et du stalinisme qui poussera Márai à l'exil, ce roman, écrit en 1974, expose le regard lucide d'un homme sur l'idéologie totalitaire, conçue pour broyer la volonté et la dignité humaines.
      Un passionnant récit. Alexis Liebaert, Le Magazine littéraire.
      Une histoire d'une poignante modernité. Eric de Bellefroid, La Libre Belgique.

  • « J'étais dans l'île d'Ellis Island, c'était l'été 1944, et devant mes yeux j'avais New York. »Ludwig Sommer a vu son père faire assassiner par la Gestapo. Après un long périple à travers l'Europe, le jeune Allemand, pourchassé par les nazis, a enfin rejoint les États-Unis. Son permis de séjour en poche, il part à la découverte de cette terre promise dont les richesses semblent inépuisables. Mais la guerre et ses blessures, toujours vivaces, rendent difficiles les nouveaux départs.Dans cet ultime roman, laissé inachevé à sa mort en 1970, l'auteur d'À l'ouest rien de nouveau brosse le portrait d'une communauté d'exilés tout en offrant une réjouissante satire de la société américaine.Un livre somptueux sur la vie en laquelle il faut continuer malgré tout à croire. Gilles Heuré, Télérama.Un étonnant mélange entre gravité et frivolité, guerre et paix, retrouvailles et souvenirs obsédants des disparus... Une magnifique chronique. Macha Séry, Le Monde des livres.   Traduit de l'allemand et postfacé par Bernard Lortholary.

  • Vladimir Nabokov et sa femme Véra se sont rencontrés en 1923, à Berlin, où leurs familles avaient fui le pouvoir bolchevique. Tout au long du demi-siècle que dure leur mariage, ils ne sont séparés que rarement, mais alors il lui écrit abondamment. Dans cette correspondance à sens unique Véra ayant détruit ses propres lettres , on lit la passion de Nabokov pour sa femme, son quotidien dans le milieu de l'émigration russe à Berlin, les bouleversements auxquels tous deux sont confrontés dans leur vie matérielle et affective, le dénuement qui est le sien lors de ses débuts à Paris, l'intérêt croissant éveillé par son oeuvre auprès des éditeurs et d'un public éclairé, le soutien indéfectible que lui apporte Véra. Ces lettres, outre ce qu'elles révèlent sur l'homme, nous font découvrir le laboratoire de l'écrivain son énergie créatrice, la pléthore de sujets qui surgissent et disparaissent, l'intensité de son travail et l'on y reconnaît l'originalité de son style : sa veine parodique, poétique, sa vivacité et ses jeux de mots.Par-delà le seul intérêt biographique, une jubilation de l'écriture, une fantaisie enflammée et le fantôme désirable de la femme qui inspira ces mots. Éric Chevillard, Le Magazine littéraire.Une correspondance hautement délectable, tant s'y déploient le style proprement enchanteur de l'écrivain, la grâce surnaturelle des détails et des métaphores parfaites. Nathalie Crom, Télérama.Édition établie par Olga Voronina et Brian Boyd.Traduit du russe et de l'anglais par Laure Troubetzkoy.

  •    Virginia Woolf La Promenade au phare Fera-t-il beau demain pour la promenade au phare ? Cette question plane sur la famille réunie un soir de mi-septembre dans la grande maison de vacances des îles Hébrides.
    Tout au long du livre s'insinue la pulsation de la mer. L'eau entrave les pensées. La vie se déverse et la mort surprend. Les années passent. La maison est abandonnée. Demeurent les petits miracles quotidiens, ces « allumettes inopinément frottées dans le noir ». Ce sont eux qui donnent un sens aux choses, un mouvement à la vie.

  • «  J'ai lu votre livre. Vous m'êtes proche comme toutes les femmes qui écrivent. Ne vous offusquer pas de ce "toutes",   toutes n'écrivent pas : écrivent celles entre toutes. Donc, vous m'êtes proche comme tout être unique et, surtout, comme tout être unique féminin.  »   En réponse aux Pensées d'une amazone (1920) de Natalie Clifford Barney (1876-1972), Marina Tsvetaeva écrit en 1932 une longue lettre où elle s'attache, en particulier, à définir les inquiétudes de deux femmes qui s'aiment et sont privées de la possibilité d'avoir un enfant. Dans une langue éblouissante, Marina Tsvetaeva livre dans ces pages une réflexion profonde et poétique sur l'amour des femmes entre elles.

  • «  L'ennui, c'est qu'il continuait à voir Sara comme dans un brouillard. Et tout le reste aussi, à cette époque. À croire que tout se brouillait dans sa tête et qu'il devenait fou. (...) Il avait toujours faim, et toujours le sentiment de quelque chose qui se préparait. Quelque chose de terrible qui le détruisait. Mais il refusait que ce pressentiment atteigne son esprit. (...) Il était sur le point de devenir un homme, et il avait dix-sept ans.  »   Des nouvelles, quelques poésies, la première et magistrale esquisse de son grand roman, Le Coeur est un chasseur solitaire : Le Coeur hypothéqué rassemble les écrits de Carson McCullers publiés de son vivant dans la presse ou restés inédits. Tous les thèmes chers à l'auteur s'y retrouvent : l'angoisse de la solitude, le besoin d'aimer et d'être aimé, la difficulté de communiquer, la délicate expression des sentiments... Mais aussi la légèreté de l'écriture et la précision clinique du récit.

  • Jim Tully se frotta pendant plus de six ans à divers hobos ces saisonniers américains qui voyageaient clandestinement sur les trains de marchandises. Il monta dans des trains postaux et des convois commerciaux, bivouaqua dans les «  jungles  » des vagabonds, assimila leurs us et coutumes, vécut de petits boulots et de mendicité, eut affaire aux forces de police, et vit souvent passer la mort de près.
    Publié en 1924 aux États-Unis, Vagabonds de la vie compte parmi les classiques de la littérature consacrée aux hobos. Il rend compte avec précision des moeurs et de la philosophie de ces hommes de la route. Avec ce récit, Tully s'inscrit dans les pas de Mark Twain et de Jack London.
      Son chef-d'oeuvre a ouvert la route à Kerouac et à la beat generation. De la première à la dernière page, le livre est porté par un courant prodigieux. Une langue rude, violente, légère. Laurent Rigoulet, Télérama.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Thierry Beauchamp.

  • « Derrière un bois de pins rabougris, il y avait la bergerie. Masse sombre et puissante, dont le pignon se prolongeait jusqu'à terre. La lune jetait des reflets d'argent sur son toit de roseaux. Amédée n'avait plus de patrie et il n'en aurait jamais plus, mais il pouvait encore y avoir un toit pour lui, dans ce monde de la destruction. » Une bergerie, c'est le seul bien qui reste aux barons de Liljecrona après le règne du nazisme et sa défaite contre les Alliés. Trois frères unis qui ont vécu chacun une épreuve différente. Dénoncé par son garde forestier pro-hitlérien, Amédée a connu la plus douloureuse : quatre ans d'internement dans un camp de concentration. Il lui faudra du temps dans la solitude de l'alpage, loin même d'Erasme et d'Aegide, pour guérir de toute l'horreur endurée.
    Missa sine nomine est le récit de ce retour parmi les hommes. Toute la profondeur et la beauté de ce livre naissent de l'impossibilité d'un retour progressif. Il faudra pour vivre à nouveau une véritable conversion à la vie. Une offrande sans nom.Traduit de l'allemand par Jacques Martin.

  • Catch 22, l'Article 22, est un «attrapenigaud» qui permet à un colonel américain d'imposer un nombre de missions sans cesse croissant à son escadrille de bombardiers basée dans une petite île de la Méditerranée pendant la Seconde Guerre mondiale. Yossaran, héros tragicomique de cette épopée burlesque, est décidé à tout tenter pour sauver sa peau : il estime que sa seule mission, quand il s'envole, consiste à atterrir vivant. Simuler la folie dans cet univers délirant lui paraît le meilleur moyen de tirer au flanc. Hélas, l'Article 22 stipule : «Quiconque veut se dispenser d'aller au feu n'est pas réellement fou.» Cette première oeuvre de Joseph Heller compte parmi les meilleurs romans américains de l'après-guerre.

    « Le dernier grand écrivain ? Joseph Heller.
    Le dernier grand roman ? Catch 22. » J.G. Ballard

  • Que ce soit à New York ou à Varsovie, Isaac Bashevis Singer, en véritable maître conteur, construit un univers extraordinaire, hanté de démons, de revenants, de rabbins ou de révolutionnaires, d'artistes et de femmes perdues. Témoignages hauts en couleur d'un monde presque anéanti par la barbarie nazie, ces histoires ont résolument le parfum et la saveur de la culture yiddish. Mais les préoccupations de l'auteur dépassent largement les frontières de la rue Krochmalna et du Lower East Side. Dans un mélange détonant de réalisme et de mysticisme, ses nouvelles nous transportent au coeur de l'âme humaine, là où naissent l'amour, le désir, la jalousie et la foi.Cet ouvrage réunit quatre recueils de nouvelles de Singer : Passions, Amour tardif, Le Beau Monsieur de Cracovie et Le Fantôme.Traduit de l'anglais par Marie-Pierre Bay, Paul Giniewski et Jacqueline Chnéour.

  • L'Angleterre rurale, fin des années 1820. Molly Gibson vit à la campagne avec son père, un médecin qui l'a élevée seul. Dans ce coin perdu des Midlands, les aristocrates locaux règnent en maîtres absolus depuis l'imposant château de Cumnor Towers. L'existence de Molly est bouleversée lorsque son père lui annonce son remariage. La jeune fille se lie d'amitié avec Cynthia, sa demi-soeur, mais les rivalités ne tarderont pas à apparaître, surtout lorsque l'amour secret de Molly, le beau Roger Hamley, demandera la main de Cynthia.
    Sur fond de scandales et d'intrigues, avec un humour, une sensualité envoûtante et un art de la subversion qui lui sont propres, Elizabeth Gaskell peint la nature humaine dans la toute-puissance de ses pulsions et de ses désirs, si impitoyablement réprimés par la société victorienne. La délicatesse de son ton et sa subtilité psychologique élèvent la romancière au rang des plus grands écrivains et nous rendent son oeuvre incroyablement proche.Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Béatrice Vierne.

  • Une journée. Un lieu. Un meurtre. Et cette horloge qui égrène les heures, rythme l'intrigue et voit passer les membres tourmentés d'une famille désunie comme autant de présumés coupables : un père malheureux, joueur compulsif ; une mère infantile et narcissique ; un petit frère négligé, mal aimé et gorgé de ressentiment ; une adolescente révoltée, véritable lolita, et son amoureux révolutionnaire, le fils du gardien. Ajoutons enfin la victime, l'amant de la mère et ami d'enfance du père, et le policier chargé de l'enquête lui-même auteur de romans policiers.Tension dramatique, huis clos étouffant, Julia Székely saisit de sa plume les mécanismes de l'inconscient, la théâtralité des événements et l'atmosphère oppressante des lieux, et fait de ce thriller psychologique d'une impitoyable ironie une histoire foncièrement immorale.Une langue brillante et ciselée qui sert magnifiquement une intrigue palpitante. Gabrielle Napoli, La Quinzaine littéraire.Traduit du hongrois par Sophie Képès.

  • M.  Shimomura dessine un loup en quelques traits celui qu'il a vu ou celui qu'il a imaginé  ? , deux soeurs âgées partagent une intimité à mourir d'ennui, un illustrateur découvre sa plus grande terreur et tante Gerda, qui a passé sa vie à écouter les autres, finit par dessiner une carte des relations humaines.
    La Cartographe aborde le désir de posséder de la terre ou une oeuvre d'art, de devenir adulte et d'être heureux. Ou tout simplement le désir de désirer. Dans ce recueil de nouvelles, le premier publié par l'auteur du Livre d'un été, Tove Jansson y déploie déjà son ton acerbe, son regard attentif et son humour noir.
      Une conteuse exceptionnelle célébrée dans le monde entier.  Télérama.

    Des histoires qui redonnent le sentiment enfantin de l'étrangeté du monde.  Grazia.
      Préface de Birgitta Ulfsson.
      Traduit du suédois par Nolwenn Borrel

  • Épuisés par quinze heures de vol depuis le Guatemala, Eduardo et son frère attendent leurs bagages à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. Ils viennent pour assister au mariage de leur soeur cadette avec un juif orthodoxe originaire de Brooklyn, et la perspective ne les réjouit guère. Car si certains se rendent en Israël pour se rapprocher de la Terre promise, Eduardo n'a fait le voyage que par devoir familial, et la visite de Jérusalem provoque en lui un malaise croissant. Les jours passent sous une torpeur étouffante jusqu'à ce matin où Tamara, une Israélienne rencontrée des années plus tôt, le contraint, le temps d'une excursion au bord de la mer Morte, à affronter les fantômes de son histoire familiale, ces légendes que transportent avec eux les survivants.
      Une formidable réflexion sur l'identité.  Philippe-Jean Catinchi, Le Monde.

    Un roman qu'on lit avec ferveur.  Patrick Williams, Elle.
      Traduit de l'espagnol (Guatemala) par Albert Bensoussan.

  • Naomi Nakane est une institutrice qui, enfant, a vu sa famille contrainte de s'exiler dans une ville fantôme de l'intérieur de la Colombie-Britannique. À la fin de la guerre, la famille brisée est à nouveau déplacée, dans le sud de l'Alberta. Face à ces injustices, certains des siens militent en faveur des droits de la personne et s'efforcent d'obtenir réparation, tandis qu'une tante âgée, Obasan, vit sa peine dans le silence et la résignation. À la mort de son oncle, désireuse d'oublier le passé pour se tourner vers l'avenir, Naomi revit son histoire mouvementée et finit par remettre en question le stoïcisme d'Obasan.
    Ce récit bouleversant rompt le silence autour d'un événement peu connu de l'histoire canadienne. Avec ses parents, Joy Kogawa fait partie des milliers de Canadiens d'origine japonaise qui, pendant la Seconde Guerre m ondiale, ont été déplacés de la côte et internés dans des camps.

    Un roman profond, avec une  sensibilite brillante  et poétique.The New York Times.

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