Omblages

  • Prisons et prisonnières : expériences d'une suffragette britannique Nouv.

    Constance Bulwer-Lytton, fille de l'ancien vice-roi des Indes et soeur d'un membre de la chambre des Lords, n'avait rien qui la prédisposait à l'activisme. Pourtant, à partir de 1908, combattit âprement au côté des suffragettes de la Women's Social and Political Union pour que les femmes britanniques obtiennent le droit de vote, et fut à plusieurs reprises incarcérée, y compris dans la sinistre prison d'Holloway. Dans ce livre, elle raconte le courage et la détermination des suffragettes face à la répression de l'État, qui leur permit à terme de triompher.

  • En 1787, la Bounty, commandée par William Bligh, quitta l'Angleterre pour rapporter de Tahiti des plants d'arbre à pain. Plusieurs des marins avaient déjà navigué avec Bligh, dont Fletcher Christian. La Bounty ne remplit jamais sa mission ; sur le chemin du retour, le navire fut saisi par des mutins menés par Christian. Bligh, avec dix-neuf hommes loyaux, dut entreprendre un périple de plus de six mille kilomètres jusqu'à l'Indonésie. Christian laissa quinze hommes à Tahiti, et, accompagné de mutins et de Tahitiens, s'installa sur la petite île inhabitée de Pitcairn. Isolés, ils créèrent un mélange unique des cultures anglaise et polynésienne. La Bounty fascine, inspirant un poème de Lord Byron, une nouvelle de Jules Verne, deux films... À travers les textes de Bligh lui-même, de John Barrow, un homme de l'Amirauté, et de Rosalind Amelia Young, descendante des mutins, 'Un noir rocher au milieu des ondes' offre des perspectives intimes sur cette histoire insolite.

  • En 1933, au coeur de la Grande Dépression, Bonnie Parker and Clyde Barrow commencent leur cavale à travers les Etats-Unis. À vingt-quatre ans, Clyde est déjà un criminel endurci. Bonnie, d´un an plus jeune, l´a suivi pour échapper à la misère de sa vie au Texas. Ils sont bientôt rejoints par le frère aîné de Clyde, Buck Barrow, et sa femme Blanche. La police aux trousses, ils se lancent dans une fuite en avant forcenée, braquant et tuant sur leur passage. Ils sont persuadés que leurs jours sont comptés. Ils ont raison : Bucke est blessé et capturé et, en mai 1934, Bonnie et Clyde sont pris dans une embuscade et criblés de balles. Arrêtée en même temps que Buck, Blanche est condamnée à dix ans de prison et mène une vie paisible après sa peine. Les mémoires qu´elle a écrits pendant son incarcération ne deviennent publics que longtemps après sa mort. Elle y donne un témoignage inouï de l´intimité du plus célèbre couple criminel américain.

  • Nommées d'après le quartier de Londres « Elephant and Castle » où elles opéraient, les Quarante Éléphants furent uniques dans l'histoire du crime britannique - la seule organisation criminelle constituée intégralement de femmes. Dans le Royaume-Uni de la fin du 19e siècle et début du 20e, les Quarante Éléphants profitèrent du peu de cas qu'on faisait des femmes de l'époque pour dévaliser les boutiques et les bijouteries des beaux quartiers du West End. Leur apparence leur permettait d'échapper encore et encore à la Justice, clémente envers les femmes d'allure bourgeoise.
    Fondées par la « reine des voleuses », la modèle de peintre Mary Carr, les Quarante Éléphants connurent leur apogée sous la direction de son héritière, Alice Diamond. L'aînée de huit enfants, élevée dans une « maison de travail » pour indigents et pickpocket dès son plus jeune âge, Alice Diamond devint chef d'une entreprise criminelle organisée et audacieuse. Les Quarante Éléphants arrivaient dans les grands magasins, élégamment habillées, en taxi ou en limousine - et repartaient alourdies de butin dissimulé dans leurs vêtements.
    À partir de témoignages personnels et d'archives de la police, Brian McDonald retrace les histoires d'Alice Diamond, aussi à l'aise dans une rixe qu'en société, de sa protégée Shirley Pitts, enterrée dans une robe coûtant 5000 livres qu'elle avait omis de payer, et de toutes leurs complices, dans un Londres où les plus grands excès côtoyaient la plus grande pauvreté.

  • En 1672, pendant le règne de Louis XIV, une cassette contenant une liasse de lettres est découverte. Écrites par la marquise de Brinvilliers, elles révèlent une affaire criminelle invraisemblable : non contente d'avoir empoisonné son propre père afin d'en spolier la fortune, la marquise y reconnaît également avoir tué ses deux frères pour être l'unique héritière. Elle est exécutée puis brûlée, et, selon les mots de Madame de Sévigné, « quelque humeur empoisonnante » se saisit de Paris.
    Ce crime suscite un grand émoi à la Cour, et il est pris très au sérieux par le Roi. Nicolas de La Reynie, le premier lieutenant général de police de Paris, est chargé d'enquêter non seulement sur l'affaire, mais sur une épidémie supposée d'empoisonnements, de messes noires et d'autres pratiques occultes impliquant des membres parfois très éminents de la Cour. Beaucoup à l'époque croient que la magie noire existe et qu'elle est couramment utilisée à Paris. La Reynie est déjà un grand réformateur de la police de Paris ; pendant sa carrière, il a créé la position de commissaire de police, rendu l'éclairage public systématique et fait de Paris l'une des villes les plus propres d'Europe.
    Un tribunal extraordinaire, la Chambre ardente, est établi, et La Reynie se retrouve bientôt dans une situation trouble. Après les condamnations de plusieurs empoisonneurs, sorcières et devineresses comme la Voisin et sa rivale Marie Bosse, il recueille des accusations sur des personnages de plus en plus célèbres, allant jusqu'à Madame de Montespan, la maîtresse du roi. Malgré l'intégrité de La Reynie, certains disent qu'il est l'instrument de ministres comme Colbert et Louvois, qui cherchent à se nuire réciproquement.
    Quand la Chambre ardente est finalement dissoute en 1682, elle a condamné trente-six personnes à mort et banni ou envoyé aux galères nombre d'autres.
    Quelque humeur empoisonnante, qui suit l'enquête de La Reynie, révèle les dessous de cette affaire fascinante et nous plonge dans un monde en transformation, où la torture et la sorcellerie côtoient la naissance de la justice moderne.

  • Reliques, trophées, objets d'art ou de commerce, avertissements aux criminels ou sujets de recherches savantes, les têtes humaines voyagent souvent longtemps après avoir été séparées de leurs propriétaires. Au Moyen-Âge, des têtes saintes accomplissent des miracles. Pendant la Révolution, Marie Tussaud fonde le plus célèbre musée de cire du monde à l'aide des masques mortuaires de la Terreur. Au dix-neuvième siècle, les phrénologues cherchent dans les bosses du crâne les secrets de l'intelligence. Jusqu'après la Seconde Guerre mondiale, les têtes sont des trophées de guerre populaires et controversés.
    Encore aujourd'hui, certains promettent l'immortalité à ceux qui leur lèguent leur tête pour qu'elle soit congelée.
    Des étranges conséquences du marché des têtes réduites aux crânes qui rappelaient leur mortalité aux Européens de la Renaissance, Frances Larson explore avec un regard d'anthropologue notre fascination pour les têtes coupées. Elle répond à des questions aussi diverses que : Pourquoi les têtes coupées ont-elles été si longtemps un sujet favori des peintres ? Sommes-nous juste notre cerveau ? Qu'arrive-t-il lorsqu'un peuple en vient à trouver banale la décapitation publique ? Une tête pense-t-elle après avoir été coupée ? Pourquoi ne décorons-nous plus nos maisons avec des crânes ?

  • Le grand romancier historique américain James Michener, alors journaliste, se trouvait alors en Autriche. Frappé par ce désastre humain et par le courage des révolutionnaires et des réfugiés, il passe des nuits sur la frontière à les accueillir. Il enquête ensuite et livre son expérience dans ce magnifique livre, très passionné et vivant.
    1956. La Hongrie avait fait partie des perdants de la deuxième guerre mondiale. Supposément libéré par les soviétiques, Il fait partie du bloc de l'Est. En fait, sous un gouvernement fantoche, le pays est tenu de main de fer par les communistes russes qui pillent ses quelques richesses minières et industrielles. La police politique, l'AVO, tient d'autant mieux le pays que ses pratiques sont terrifiantes. Mais les Hongrois ont une forte tradition d'indépendance et de rébellion.
    En octobre 1956, les étudiants de Budapest et les ouvriers de la cité industrielle se soulèvent. Ils prennent le contrôle de la radio d'État. La police secrète est supprimée. Les Russes tentent d'intervenir avec des chars. Ils sont repoussés avec des armes dérisoires, des bombes à essence et des pavés.
    S'ensuivent quelques semaines de liberté en Hongrie, pendant lesquelles les habitants de Budapest imaginent des régimes plus cléments par lesquels ils pourraient se gouverner. Puis les Russes reviennent, bien armés, avec la volonté d'écraser cette révolte pour de bon. Les Hongrois résistent héroïquement, mais en vain : les enfants incendient les chars dans les rues. Des soldats hongrois défendent une caserne que pilonnent les chars russes.
    Les Hongrois fuient en masse, seuls ou avec leur famille, à pied pour la plupart. Ils traversent les marécages en novembre 1956. Ils passent le pont d'Andau, oublié par les communistes, et arrivent en Autriche.
    À travers ces hommes et ces femmes révoltés ou fuyant la violence de la répression soviétique, c'est la Hongrie et la liberté que raconte James Michener. avec le talent et qui feront ensuite sa célébrité.

  • Longtemps considérés comme un mythe, les Thugs étaient une confrérie d'assassins indiens vieille d'au moins deux cents ans quand les Britanniques la découvrirent. Thug raconte leur histoire, avec celle de William Sleeman, l'administrateur qui lutta contre eux malgré le secret qui les entourait et l'arrogance de ses compatriotes. À travers cette confrontation, le livre révèle les tensions et les chocs culturels de la colonisation.

    Au dix-neuvième siècle, tandis que l'Inde était sous domination anglaise, les Thugs existaient déjà depuis plusieurs siècles, et sévissaient impunément sur les routes. Déguisés en simple voyageurs, ils rejoignaient des caravanes en cours de route et sélectionnaient leurs cibles. Lorsqu'ils avaient gagné la confiance de leurs compagnons, ils attendaient d'avoir atteint un endroit isolé et, profitant de la nuit ou d'un moment de repos, ils étranglaient leurs victimes avec leur rumàl, un foulard d'apparence innocente, et s'accaparaient leurs biens. On estime que 50 000 personnes furent tuées lors de ces vols.

    Les Thugs ne laissaient que rarement des témoins ou des traces. Ils étaient maîtres du déguisement et de l'infiltration, transmettant leur savoir de père en fils. Peu suspectaient que ces redoutables bandits de grand chemin, leurs méfaits accomplis, vivaient le reste du temps des vies tout à fait ordinaires, au-delà de toute suspicion. La rumeur leur attribuait des qualités mystiques : on disait qu'ils vénéraient Kali, la déesse de la destruction, et pratiquaient des sacrifices rituels et des mutilations religieuses. Leur réputation était telle que le mot Thug' devint synonyme en anglais de 'bandit'.

    À travers l'enquête de William Sleeman, et ses efforts pour identifier et éradiquer la menace posée par les Thugs, Mike Dash dresse un portrait plus pragmatique mais non moins fascinant. Avec Sleeman, dont les méthodes font écho à celles des polices et des services de renseignement modernes, le lecteur est invité à découvrir les secrets de l'un des groupes criminels les plus mystérieux et emblématiques de l'histoire.

  • Le Cirque de Satan, à travers l'histoire d'un lieutenant de police corrompu, dresse le portrait du quartier dangeureux et extravagant qui florissait au coeur de New York au tournant du vingtième siècle.
    Dans les années 1910, à New York, entre la Cinquième et la Septième Avenue, il existait une incroyable cour des miracles : prostitution, jeux illégaux et crime organisés y proliféraient, mais également les théâtres, les music halls... Ce quartier était surnommé le tenderloin (filet de boeuf) par les policiers, qui y recevaient des pots-de-vin conséquents, et le Cirque de Satan par les ligues de vertu.
    En 1911, Charles Becker est nommé chef de l'une des trois brigades des moeurs de New York, avec pour mission explicite de mettre de l'ordre dans les quartiers rouges de New York. Becker est un lieutenant de police apparemment sans reproche. En 1894, il avait témoigné contre la corruption policière devant le Sénat américain, et en 1904, il avait fait campagne pour une réforme des patrouilles de rue qui permettrait aux policiers d'y être plus efficaces.
    Becker est rapidement entraîné dans des pratiques de plus en plus douteuses dans le Cirque de Satan. Il devient un extortionniste accompli, récoltant de l'argent auprès des maisons de passe et des casinos illégaux de Manhattan.
    Finalement, il va trop loin. Commanditaire de l'assassinat d'un bookmaker en 1912, il fait l'objet d'un procès long et tortueux, et devient le premier policier américain condamné à mort pour meurtre en 1914. Il est exécuté à la prison de Sing-Sing en 1915.
    Ce livre remarquable, au-delà de l'histoire de la déchéance de Charles Becker, invite le lecteur dans un Manhattan criminel et exubérant à son apogée.

  • En 1940, pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Britanniques établirent une organisation qui, selon Churchill, visait à « mettre l'Europe en feu ». Les agents du Special Operations Executive, « l'armée secrète de Churchill », furent envoyés partout en Europe pour obtenir des informations, saboter les positions allemandes et organiser les réseaux de résistance. La section F du SOE, peut-être la plus illustre, agissait en France occupée. Vers 1942, le SOE avait un besoin urgent de nouvelles recrues qui n'éveilleraient pas les soupçons des Allemands.

  • Le père de Frantz Schmidt, Heinrich, était un simple forestier bavarois quand le seigneur local voulut pendre trois hommes. Suivant une vieille tradition, il choisit Heinrich dans la foule et lui ordonna de les exécuter. Dès lors, tous les Schmidt furent maudits, condamnés à pratiquer le métier infamant de bourreau. Frantz travailla avec son père dès son enfance, entra dans la confrérie des bourreaux et fut recruté en 1578 comme bourreau de la ville impériale de Nuremberg. Il y exécuta plus de trois cents personnes et en tortura bien d'autres au cours d'une carrière de quarante-cinq ans.

    Frantz était loin d'être un bourreau ordinaire. Lettré, il tint un journal pendant toute sa vie. Ostracisé, il voulut épargner l'opprobre à ses enfants. Autorisé à pratiquer la médecine, il soigna plus de dix mille personnes.

    À partir du journal de Frantz Schmidt, Joel Harrington raconte de façon vivante comment il tâcha de s'élever au-dessus d'une tâche monstrueuse.

  • En 1959, en Sibérie, le biologiste Dmitri Beliaïev conçut un projet d'une grande ambition : reproduire en quelques décennies le processus de domestication par lequel l'être humain fit du chien un animal de compagnie et de travail. À partir de quelques dizaines de renards pris dans des fermes de fourrure en URSS, Beliaïev et son équipe entreprirent de conduire l'évolution accélérée qui ferait de leurs descendants des animaux dociles et affectueux, préférant de façon innée la compagnie de l'homme.
    Ainsi, en moins de soixante ans, les scientifiques soviétiques reproduisirent le chemin menant du loup au chien - qu'on estime avoir duré 15 000 ans. En sélectionnant les renards les plus sociables, les moins craintifs, les plus tolérants de la présence des êtres humains, ils créèrent un tout nouvel animal domestique, avec des traits frappants : bien qu'ils n'aient été sélectionnés que sur des critères de comportement, les renards domestiques remuent la queue et conservent le pelage juvénile et les oreilles tombantes des renardeaux.
    En 1985, à la mort de Beliaïev, Lyudmila Trut, directrice de l'équipe et co-auteure du livre, prit la relève. Elle raconte l'aventure scientifique, politique et humaine qui créa et de protégea ces renards malgré les changements qui bouleversèrent la Russie.

  • Au tout début du seizième siècle, deux esprits extraordinaires se rencontrèrent à Imola. Léonard de Vinci revenait de Venise, où ses talents d'ingénieur avaient servi à fortifier la ville contre les Français. Il était maintenant à la cour de César Borgia, le fils du pape Alexandre VI, qui l'employait comme cartographe, architecte et ingénieur militaire.
    Peut-être était-il aussi espion pour Florence, qui voyait avec inquiétude les conquêtes du pape en Italie. Nicolas Machiavel, haut fonctionnaire talentueux, était alors ambassadeur de Florence auprès de Borgia. Machiavel prit connaissance des travaux de Léonard de Vinci sur l'irrigation et le transport fluvial, qui furent un prélude au projet sur lequel les deux hommes collaborèrent ensuite.
    C'est à Florence qu'ils mirent en oeuvre ce plan extraordinaire : en guerre contre Pise, Florence voulait détourner le fleuve Arno afin de couper la ville rebelle de la mer et devenir un port maritime. Piero Soderini, le gonfalonier à vie de Florence, lança des travaux de grande échelle : sur les recommandations de Machiavel et grâce à l'expertise de Léonard de Vinci, deux canaux et un barrage furent construits.
    Mais, sous la direction incompétente de l'ingénieur Colombino, les moyens attribués furent insuffisants, les canaux trop peu profonds ;
    Ils s'effondrèrent partiellement lors d'une tempête, et Pise détruisit le barrage et les combla.

    Autour de cette rencontre, La fortune est un fleuve dresse le portrait de deux génies, l'un artistique et scientifique, l'autre littéraire et politique, et de leur influence l'un sur l'autre et sur le monde. C'est aussi une esquisse d'une période brillante et turbulente où se côtoyaient les Borgia, les Médicis, les Sforza, Michel-Ange..., où les sciences et les arts fleurirent comme rarement dans l'histoire. On y découvre Florence à son apogée et la complexité de ses politiques intestines et étrangères, les intrigues des Borgia, les ambitions de conquête et de réforme de Louis XII et François Ier, et bien sûr les vies mouvementées et passionnantes des deux protagonistes, jusqu'à leur fin - Léonard de Vinci invité par François Ier en France, Nicolas Machiavel en exil politique dans la campagne toscane.

  • Giuseppe Morello, un meurtrier et voleur de bétail originaire de la petite ville de Corleone en Sicile, arriva à New York en 1892 comme des milliers de ses compatriotes. Amoral, intelligent, sans pitié, plongé dans le monde d'extrême pauvreté et d'opportunités qu'étaient les communautés d'immigrants récents aux États-Unis, Morello allait former la première des organisations criminelles qui deviendraient immensément célèbres sous le nom de mafia.
    Dix ans plus tard, Morello, après une ascension rapide au sein d'une fraternité, était à la tête d'un gang de criminels dont les activités comprenaient la fausse monnaie, les enlèvements et la « protection » imposée aux commerces locaux. Autour de lui s'était formé un groupe de Siciliens qui voyaient la mala vita comme l'option la plus rapide pour sortir de la misère.
    Ils s'opposaient à d'autres groupes criminels dans des guerres sanglantes, ainsi qu'aux premiers efforts officiels pour lutter contre le crime organisé aux États-Unis. Deux hommes en particulier chassèrent Morello sans répit : Joseph Petrosino, l'un des seuls détectives d'origine italienne dans la police new-yorkaise, qui poursuivit la mafia jusqu'en Italie, et William Flynn, le chef du bureau new-yorkais du « service secret » des Finances, qui traquait les contrefaçons de la bande.
    La carrière de Morello, devenu « boss des boss », jusqu'à son meurtre en 1930, suivit la naissance de la mafia moderne, de fraternités de faible ampleur inspirées des pratiques siciliennes à des organisations professionnelles du crime, rendues prospères par la prohibition.
    Mike Dash, autour de Morello, peint aussi le New York misérable et tumultueux du début du 20e siècle avec un détail remarquable tiré d'innombrables documents de police, rapports du service secret et témoignages d'époque.

  • Un désastre éclatant retrace l'invasion de la baie des Cochons, l'une des opérations secrètes les plus chaotiques et désastreuses menées par les États-Unis pendant la guerre froide. À partir de documents de la CIA longtemps inaccessibles au public et de notes privées, Jim Rasenberger relate avec brio la création et à l'exécution de ce plan voué à l'échec.
    Ce faisant, Rasenberger dresse des portraits frappants de ses protagonistes : Fidel Castro, jouant un jeu ambigu et habile entre les superpuissances mondiales ; Dwight Eisenhower, d'abord commanditaire de l'invasion, qui s'en lava ensuite les mains ; John Fitzgerald Kennedy, pour qui cette défaite cuisante fut une expérience formatrice ; et Richard Bissell, l'architecte de l'opération à la CIA, qui en endossa la responsabilité complète selon la nouvelle doctrine américaine du « déni plausible » (plausible deniability).
    En 1959, quand Fidel Castro se rend aux États-Unis, son premier voyage après avoir pris le pouvoir, il est acclamé par la population comme un guérillero romantique oeuvrant pour la liberté de son peuple. Le gouvernement américain est plus partagé : Fulgencio Batista, le dictateur renversé par Castro, garantissait les intérêts américains à Cuba, et certains (comme le vice-président d'Eisenhower, Richard Nixon, qui le rencontra brièvement) pensent que Castro lui-même n'est pas insensible aux idées communistes... Obsédés par le risque d'un État communiste si près des côtes américaines, Eisenhower, Kennedy et la CIA se lancent dans une ingérence maladroite qui garantira justement l'allégeance communiste de Cuba.
    Très informé, parfois décapant, présentant avec humour des personnages pris dans un engrenage d'interventions sans fin, Un désastre éclatant révèle les dessous d'un événement qui changea le cours de la guerre froide et influe encore sur les relations entre les États-Unis et Cuba aujourd'hui.

  • Avec zola en angleterre - un exil de l'affaire dreyfus Nouv.

    Le 13 janvier 1898, le quotidien L'Aurore publie une lettre ouverte d'Émile Zola au président de la République fustigeant la malhonnêteté des accusateurs d'Alfred Dreyfus. Le contenu enflammé de cet article lui assure un succès immédiat, attirant l'ire du ministre de la Guerre, qui intente un procès en diffamation à Zola. Il se conclut par la condamnation de Zola à 3000 francs d'amende et un an de prison. Le 18 juillet 1898, seul et sans bagage, Zola traverse la Manche. Il s'installe en secret dans la campagne du Surrey, aidé d'Ernest Vizetelly, son éditeur anglais. Zola déguisé visite l'Angleterre, écrit et reçoit famille et amis. Partagé entre la colère contre la Justice et la satisfaction d'avoir relancé l'affaire Dreyfus, il reste certain, comme il l'écrit, que la vérité est en marche et rien ne l'arrêtera. Dans Avec Zola en Angleterre, Vizetelly, ami de longue date de Zola, raconte de façon intime et vivante cet exil méconnu de l'un des plus grands romanciers français.

  • Un homme a, selon lui, le travail le plus étrange au Royaume- Uni : Christopher Skaife, le maître des corbeaux de la Tour de Londres. La Tour, l'un des monuments les plus distinctifs et les plus anciens de Londres, fut bâtie il y a presque mille ans par Guillaume le Conquérant pour montrer son ascendant sur une Angleterre récemment conquise. Toujours le centre emblématique de Londres, le siège de la monnaie royale et le trésor des joyaux de la couronne, elle abrite en permanence une petite population de corbeaux, jamais moins de six. Ils sont nourris et soignés par la garde d'honneur de beefeaters en célèbre uniforme rouge vif qui y habite. La tradition veut que si les corbeaux venaient à disparaître, le royaume s'effondrerait.
    Un homme en particulier garantit que cela n'arrive jamais : le maître des corbeaux. Après une jeunesse dissipée et une longue carrière militaire commencée à 16 ans, Skaife s'occupe depuis huit ans des sept corbeaux de la tour, qu'il considère comme ses amis. Skaife raconte de façon très personnelle sa vie à la Tour et sa relation avec ces animaux fascinants. À travers ses tâches quotidiennes, il dévoile également le folklore, l'histoire et les superstitions entourant ces oiseaux et leur illustre demeure.

  • Le livre des geants - mythes, histoires et legendes Nouv.

    Qu'il s'agisse des titans de la mythologie grecque ou des Jötunn du folklore scandinave, les géants ont une place fondamentale dans l'imaginaire collectif. Alliés ou adversaires, ils se trouvent sur le chemin des héros légendaires et littéraires du monde entier. À travers les histoires de géants, c'est souvent celles de nos origines, telles que les ont imaginées nos ancêtres, que nous découvrons, comme dans le combat primordial opposant les dieux grecs ou nordiques à des forces plus anciennes et plus sauvages, ou celui, chez les Mayas, qui voit l'être humain triompher de Vukub-Cakix, symbole de la nature indomptée. 'Le Livre des Géants', réunissant une vaste sélection de ces récits, illustre autant les points communs de notre fascination pour les géants que leurs spécificités selon les cultures. C'est aussi, avant tout, l'évocation d'un monde encore fantastique, où l'on pouvait se figurer des créatures mystérieuses et imposantes dans chaque forêt ou montagne inexplorée.

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