Orphie

  • Dans les hauts de Saint-Gilles, au coeur de l'immense propriété se dresse la maison du Maître, toute blanche, d'une architecture inspirée de celle des constructions de Pondichéry. Le Maître est une femme ; sa destinée en fera l'un des personnages les plus saillants dans l'histoire de l'île de La Réunion.
    Assez tôt, Madame Desbassayns se trouve à la tête de l'un des plus vastes domaines de la colonie et d'une population de près de 400 esclaves travaillant à la culture du café et de la canne à sucre. Elle va gérer le patrimoine familial avec une remarquable habileté et fermeté. Sa richesse et son influence feront d'elle la personnalité centrale de la société bourbonnaise. Bien après sa mort, elle restera vivante dans la mémoire collective qui la dépeint aujourd'hui comme une maîtresse femme que les responsabilités obligeaient à une rigueur implacable, mais aussi comme une dame plutôt « paternaliste » et intègre qui força l'admiration sinon le respect...
    À l'aide d'une documentation minutieuse, l'auteur nous emmène dans ce passé où les valeurs et la condition de l'homme étaient autres, nous faisant ainsi côtoyer avec sensibilité celle qui fut appelée « la seconde providence » pour nous en révéler la plus proche vérité.

  • Récit historique. La vie tumultueuse de Pierre Poivre, séminariste répudié, déplorable prédicateur, mais excellent botaniste et qui, gravement blessé lors d'un bataille navale et débarqué aux îles Moluques, va y découvrir les maintes vertus de très convoités épices locaux... Missions secrètes, trahisons, sabotages et naufrages émailleront une épopée de trente ans, au terme de laquelle la France pourra elle aussi s'approvisionner en précieuse girofle et muscade.

  • Une toupie volée dans la cour de l'école...
    Une parole raciste lancée par un camarade de classe...
    Mina, huit ans, adoptée au Burkina Faso, fait le douloureux apprentissage de sa différence et de sa couleur de peau.
    Aux côtés d'Angelo le gitan, elle parviendra à retrouver la toupie disparue et à s'affirmer dans sa couleur choco.

  • L'époque des premiers navires négriers, à la veille de la grande vague de servitude des Noirs africains, est émaillée de faits à peine croyables. Cette solution inhumaine au service du développement économique d'alors, a écrit avec de la sueur, des larmes et du sang, des pages bien tristes de l'histoire de l'humanité. Le Forban et l'Esclave décrit les conditions pénibles du voyage de ces hommes et de ces femmes déracinés, la panoplie des supplices, les ventes à l'encan et leur vie quotidienne à Bourbon au temps des pionniers de la colonisation. Pionniers parmi lesquels se trouvent certains gouverneurs bien singuliers !
    Ce recueil historique est inspiré d'une série de faits réels d'une très riche période de l'histoire de France et de Bourbon, les dix dernières années du XVIIéme siècle.

  • Les requins n'ont pas bonne presse et cela peut se comprendre. Estce une raison pour leur imputer tous les malheurs du monde ? On connaît aussi des histoires d'amour, même les plus lointaines, qui finissent mal...

  • Ce sont des femmes que la maternité obsède, dépossède ou malmène. Des hommes qu'une vie monotone a rendus avides de reconnaissance et d'accomplissements vains. Une romancière en proie au syndrome de la page blanche. Une adolescente qui, de sa morne banlieue, contemple « l'épineuse forêt où ne sommeille aucune princesse de conte ». Une mère hantée par le souvenir de sa fille bien-aimée. Une artiste-plasticienne livrée, sous l'atrium d'un musée, à sa toute dernière performance... Douze récits où sont évoqués l'exiguïté de la vie quotidienne, les liens affectifs asphyxiants, la difficulté du geste créatif et la place de l'art dans nos existences contemporaines... Autant de voix singulières et incisives qui pénètrent l'esprit du lecteur comme les morsures d'un petit animal indompté.

  • La liberté, l'amour... Héva, Gilles, Moïse, et les autres personnages de ces dix nouvelles sont à leur recherche. Certains par l'écriture, d'autres par la fuite. Dans le voyage auquel je vous invite, tous sont attachants. Maîtres irascibles et cruels ne pourront pas dompter la volonté de ces esclaves qui fuient dans les montagnes où la liberté les attend. Ce jeune clerc de notaire, désargenté, trouvera lui l'amour grâce à la compassion. Le fils Turpin a cru en ce vieux mendiant : Il a fini par trouver celle qu'il cherchait. Xavier, ce prêtre de vingt et un ans, rencontrera lui aussi un chemin bien plus difficile qu'il ne le pensait. Mais il trouvera surtout la sagesse qui lui manquait tant. Séraphine, écrit en cachette sans penser qu'un jour elle embarquera pour la métropole montrer son talent de poétesse. Partez donc avec moi sous les cieux étoilés de cette île que l'on nommait autrefois « Bourbon » Un premier roman magnifiquement écrit. Un jeune auteur prometteur.

  • Un cyclone est annoncé sur l'île de La Réunion.
    Cinq musiciens de jazz se rendent malgré tout dans un luxueux hôtel de la côte Ouest pour y donner un concert. Ils vont y rester bloqués toute la nuit avec une vingtaine de touristes, à attendre la fin de l'alerte rouge.
    Pour tuer le temps et surtout évacuer l'angoisse causée par le cyclone baptisé Efinga ils vont, comme autrefois lors des veillées, raconter des histoires.
    Vécues ou non, tendres, drôles, bizarres, nostalgiques ou sombres, ordinaires ou extraordinaires.
    Ainsi sont nés les contes d'Efinga.

  • L'affranchi

    Daniel Vaxelaire

    Étienne, petit esclave, reçoit une pièce d'or des mains d'une jolie dame. Un cadeau qui va l'entraîner dans une spirale de bonheurs divers : affranchissement, initiation aux lumières de l'éducation, aux appâts de la fortune, aux mystères féminins...
    Le jeune Crésus - ses anciens maîtres ont cru faire de l'esprit en lui infligeant ce nom - gravit au grand galop l'échelle de la réussite, devenant un modèle pour ces «libres de couleur» qui constituaient le socle d'une Réunion métisse, travailleuse, ambitieuse, avant même l'abolition de l'esclavage. Les femmes - la mère, l'amie d'enfance, l'initiatrice, l'épouse - jouent un rôle singulièrement important dans cette ascension, comme souvent.
    À travers ce héros, l'auteur fait renaître une époque fiévreuse : celle qui, de 1830 à 1848, a vu une colonie, avec bien des réticences, se débarrasser de l'esclavage pour bâtir des temps moins obscurs.

  • Couillonnades

    Daniel Lauret

    Le texte parle de quoi ? Chut ! D'un secret de famille, à une époque où la charité chrétienne engageait les femmes à taire les couillonnades de leurs époux. En avance sur son temps, Madame Gino invente la Gestation Pour Autrui. Deux mamans pour un seul garçon : Maxime, le narrateur, ne sait plus à quel sein se vouer.
    Madame Gino levait toujours les yeux au ciel quand elle appelait mon père à la rescousse. Il n'était plus là, mais il continuait à être présent, à épauler son ex pour notre éducation, à assurer de façon posthume sa fonction paternelle. Les yeux d'un père sans visage qui voit tout et partout, les oreilles d'un père sans visage qui entend tout, ça fiche un peu la trouille. J'avais du mal à croire à ces choses-là, mais je devais m'y résoudre : mon père était un invisible. Ce qui explique peut-être que certaines « choses » aient pu passer inaperçues.

  • Bien qu'elle fût jolie, qu'elle eût une famille qui l'aimait et qu'elle habitât sur une île où il faisait toujours chaud, Maïté était pourtant malheureuse comme les pierres.
    Ses petits cheveux, qui ne poussaient pas, faisaient d'elle la risée des filles de l'école.
    Que n'aurait-elle pas donné pour être semblable à toutes ?
    De tentatives en tentatives, d'échecs en échecs, parviendra-t-elle à avoir de beaux cheveux longs ?

  • Les Amamaliyas, peuple chasseur-cueilleur nomade, sont inquiets.
    Devant eux, sur leur parcours ancestral, se trouve une tribu hostile composée d'Indiens redoutables qui en veulent aux deux Blancs qui marchent avec eux depuis les monts Tumuc-Humac. Ils ne semblent pas décidés à les laisser continuer leur progression.
    Cette situation très dangereuse sera la source d'une succession de découvertes aussi inouïes et étranges les unes que les autres.
    Commencent alors pour Yves Dehouleur de stupéfiantes aventures au plus profond de la jungle amazonienne.
    Le mystère plane cependant partout.

  • Tels des chorus de jazz, où les mots se seraient substitués aux notes, Christoph Chabirand nous livre dans ce quatrième recueil : Halloween, 40 nouvelles au style concis et épuré. Il évite les fioritures inutiles et nous emmène à sa suite, presque sur le ton de la confidence, dans une galerie de portraits de personnages attachants, simples, drôles, parfois inquiétants.
    Sa plume sans concession dissèque nos âmes mais toujours avec le talent d'un observateur précis, finalement humaniste.

  • La coque noire et effilée du Djemnah, armé pour la ligne Singapour-Japon, brillait sous le soleil blafard de février. Ils étaient là, sur le quai, adossés au mur du hangar. Le froid leur mangeait le nez et les joues. Les mains rugueuses dans les poches, la langue figée, ils piétinaient le sol gelé. Ils étaient une trentaine, agglutinés autour de leur balluchon comme des corneilles sur un arbre dénudé, le visage fermé par la gravité d'un moment décisif. Ils avaient perdu le flegme des années insouciantes et dans leur regard mobile, perçait plus d'anxiété que de vigilance et de curiosité. Ils attendaient...
    Antonio s'était éloigné de ses compagnons. Il avait serré le col de son veston, posé son barda au pied d'un mât et grimpé dans les cordages. Il n'avait plus de mots mais une boule dans la gorge qui gonflait et l'étouffait. Son amour blessé. Le Djemnah avançait et s'arrachaient de lui, le Piémont, son village, sa famille, ses amis et... Marta. Marta qui ne l'aimait plus, partie avec l'autre cazzo Où était-elle ? Que faisait-elle, la puttana. Le continent reculait et derrière lui, à des milliers de kilomètres, au bout de l'immensité, se trouvait une île, française et sauvage. Une île dont il ne connaissait rien : La Réunion ; un nom sur un papier où il avait apposé sa signature...

  • 20, 30, 40 km/h, Héloïse fonce à vélo. Rien ne l'arrête ! 3, 4, 5 heures du matin, Héloïse danse à perdre haleine. De peur que la vie ne lui échappe.
    Héloïse croise Aiglon. La musique les unit dans un corps à corps torride, hors du temps.
    Entre rêve et réalité, une partition à deux voix où se mêlent plaisir et mélancolie.

  • Décrire les effets de la pandémie dans notre vie de tous les jours. Ce qu'elle a vérolé dans nos rapports sociaux ou amoureux. Et pourtant : envers et contre tout ; savoir garder le goût savoureux des légendes ; la succulence des amitiés, la fierté de nos coutumes ; les vertus de la fraternité... Des histoires pour se souvenir ; sourire, s'éblouir ; colorer nos horizons de passion ; d'humour ; de convivialité et d'espérance.

  • Ce roman raconte la période troublée de l'adolescence d'une jeune mère de quinze ans. Confrontée à la solitude depuis son enfance, enfermée dans son monde intérieur, elle se raconte, construisant et façonnant une personnalité perturbée. Peu à peu, elle devient femme, acceptant enfin son destin, celui d'entrer dans le monde des hommes, en donnant naissance à l'enfant qu'elle porte et qui l'aidera à se découvrir et à s'accepter. Une plongée au coeur de l'onirisme féminin, la transmutation d'une chrysalide en papillon.
    Un chemin initiatique...

  • « C'était chaque fois la même chose ; en Europe où ses engagements de modèle mâtinée d'escort-girl la brinquebalaient un peu partout, d'un hôtel impersonnel à l'autre, dans une solitude gangrenée d'imposteurs souriants dont l'amitié volubile sentait le portefeuille, la nostalgie la gagnait ; sa mère, son fils, l'odeur de terre avant la pluie, le goût du pemba, la caresse chaude de l'air épais comme une main d'homme sur sa peau lui manquaient atrocement. » La Guyane est paralysée par un mouvement de grève générale en pleine saison des pluies. À Saint-Laurent-du-Maroni, un pasteur et sa famille, un vieux médecin alcoolique, un haut fonctionnaire et sa jeune compagne, un couple de petits notables, une jeune femme trop désirable, se retrouvent au petit matin dans le taxico du vieux Raymond Léopold pour se rendre à Cayenne. Un périple dont les péripéties révéleront la face cachée des uns et des autres.
    Cette réécriture guyanaise très libre d'une célèbre nouvelle de Maupassant est suivie de trois autres Guyanismes inédits.

  • « Déjà, le bruit courait dans tous les foyers : les drapeaux de couleur jaune, blanche ou rouge ne dansaient plus la samba ou l'aléké sur aucune devanture ! Il n'y avait plus, dans les bassines aux couleurs chatoyantes des revendeurs, ni les graines convoitées, ni les petits pots en fer qui servaient de mesure à deux euros cinquante !
    Mes aïeux, le pays était en ébullition ! Personne ne pouvait croire à une telle pénurie ! Woy ! Pénurie de graines ! » Le pays est en pleine ébullition. A la veille du carême et des fêtes pascales, on ne trouve plus aucune graine pour accompagner le jeûne ni pour préparer le traditionnel bouillon d'awara. Cette soudaine pénurie va révéler des crises plus profondes dans une société qui cherche sa voie.
    Un journaliste, Morinel Dieusaint, va couvrir l'événement alors qu'il est lui-même dans la tourmente : son sacré chien d'amant vient de le quitter.
    Enquêtes sociales, politiques et amoureuses s'entremêlent.
    Pourra-t-on éviter le drame ?

  • Tangor amer

    Julie Legrand

    Une veuve aux airs angéliques en quête de vengeance, une mère de famille rêvant d'horizons lointains, une jeune actrice dans l'incompréhension de son art, une « gramoune » entamant sa dernière marche. Les dix nouvelles de Tangor amer esquissent un portrait subtil, attachant, parfois caustique, de la femme réunionnaise d'aujourd'hui. Entremêlant un sens aigu de l'observation et une imagination foisonnante, l'auteur nous livre une galerie de personnages au caractère bien trempé pour qui les petits riens de la vie quotidienne deviennent exceptionnels et précieux. Un voyage inédit au coeur de « l'île intense » : ses parfums, ses sortilèges, l'âme de ses habitants...

  • Takamaka Nouv.

    L'adolescente a vu les rideaux bouger doucement, une main effacer quelques traces de poussière. Un visage, un peu flou, parce que la seule lumière est celle du jour gris mais même à cette distance, elle la devine assise dans son rockingchair créole cannelé, un châle posé sur ses maigres épaules. Maryline, une adolescente effrontée et curieuse rencontre Louise, une vieille créole solitaire et revêche. Elles vont s'apprivoiser et, à force de patience et d'impatience, la jeune fille va amener la vieille dame à se livrer. Mais Louise pourra-t-elle, sans faux semblants, raconter une somme d'histoires: la sienne, belle créole blanche, tiraillée entre amour, culpabilité et ignorance ; celle d'Aman, l'intellectuel Tamoul fier de sa lignée et de son grand-père Raji, l'engagé Hindou. Louise serait-elle aussi passée à côté de sa propre famille, ses enfants, son mari Pierre ? Les questions ne manquent pas, les réponses, si.

  • Les journées s'enchaînent paisiblement pour Gilles, expatrié avec sa famille sur l'île enchanteresse de La Réunion jusqu'au jour où son destin bascule : Gilles apprend qu'il est atteint d'une forme rare de leucémie chronique.
    Jusqu'où l'être humain peut-il puiser de nouvelles ressources pour faire face à la maladie ? Qu'est-ce qui peut bien porter les personnes hors des limites que la peur a fixées ? Et si la réponse se trouvait à quelques mètres à peine... dans le regard des siens, dans le rire d'un enfant, le parfum d'une fleur ou la beauté d'un geste ?
    Celles et ceux qui se demandent quelle serait leur attitude face à la peur et la douleur, les curieux, les septiques, les victimes de la maladie, en somme, tout le monde trouvera ici des raisons de magnifier la beauté de la vie et de s'identifier aux personnages de cette histoire poignante...

  • Né esclave sur une plantation vers 1825, Théodore Vitaloo n'était pas de naissance à envisager une quelconque réussite sociale qui plus est dans une colonie. Ses dispositions naturelles, non plus, n'auraient laissé présager d'une once d'aptitude à devenir un homme riche et puissant.
    Il ne fit pas de sa condition une fatalité comme de nombreux mendiants de liberté en territoire conquis. Intrépide et peut-être désespérément audacieux, il décida d'allier la force spirituelle de ses ancêtres à la richesse minière de sa terre natale pour en faire sa source d'énergie et de fortune. Grâce à des bains d'or, il deviendra le Nègre le plus nanti de la colonie. Il bénéficiera de toutes les attentions, les égards de toutes qualités de femmes, femmes des rues, femmes des champs, femmes de maison, femmes de rien et femmes de bien... Il sera aussi honoré du respect réservé aux hommes de pouvoir, qui parfois ne possèdent plus que les résidus de la soumission. Cependant, cette fortune, dérobée au destin pour tromper les écueils d'une vie de Nègre, viendra avec son lot de contreparties, dont la valeur sera bien au-delà de celle de l'or, avec lesquelles il devra vivre ...

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