Calmann-levy

  • Blind date... se dit d´un rendez-vous à l´aveugle entre deux êtres susceptibles de s´aimer, organisé par un autre qui les connaît tous deux et ne sera pas là.
    La philosophie...
    Commence avec l´étonnement (Aristote), se déclare science de l´être, s´espère soin de l´âme, s´étymologise amour de la sagesse, se voudrait éducation spirituelle, se rectifie en logique des propositions, s´attarde dans les manuels scolaires, s´écrit dans toutes les langues mais ne penserait qu´en une seule, s´éteint doucement.
    Le sexe...
    Finit quand il faut s´expliquer, ne se commente qu´en disparaissant, bouleverse toute scénographie qui voudrait en isoler les effets, est là partout, tout le temps, manque partout, tout le temps.
    Le rendez-vous fut pris, dit-on, il y a trois mille ans. Officiellement du moins. Fut sans cesse reporté depuis.

  • C'est avec une terrible soif de vengeance, après les exactions commises par les allemands en Russie, que l'Armée rouge atteint les frontières du Reich en janvier 1945, puis s'approche inexorablement de Berlin, « l'antre de la bête fasciste ». Et cette vengeance sera effroyable : villes et villages anéantis, civils écrasés par les chenilles des chars, meurtres en série, pillage systématique. Des centaines de milliers de femmes et d'enfants périssent, souvent de faim ou de froid, et plus de sept millions de personnes s'enfuient vers l'ouest pour tenter d'échapper à la mort et à la terreur. Le viol devient systémique, de sorte que pas moins de deux millions d'Allemandes en sont victimes - chiffre corroboré par les rapports secrets que le NKVD envoie à Moscou.

    Pour avoir révélé dans ce livre l'ampleur du phénomène, Antony Beevor fut accusé de diffamer l'Armée rouge et déclaré persona non grata en Russie par Vladimir Poutine. Hitler, confiné dans son bunker souterrain, à moitié fou, veut orchestrer le Götterdämmerung d'un peuple allemand qu'il estime n'avoir pas été à la hauteur du destin qu'il lui assignait. Les Berlinois paieront de leur vie par dizaines de milliers le fanatisme suicidaire du Führer, tandis que Staline prépare déjà l'après-guerre en cherchant à mettre la main sur l'arme nucléaire que préparait le Reich dans un laboratoire secret dans la banlieue sud de Berlin.

    S'appuyant sur des archives souvent inédites, Antony Beevor nous livre non seulement un document historique capital, mais aussi un grand récit tragique et poignant, où l'on voit se déchaîner, portées à leur paroxysme, toutes les passions humaines.

  •    Ce livre est l'histoire d'un paradoxe. Hollywood, qui a incarné les Etats-Unis au point d'être considéré aujourd'hui par certains comme le vecteur principal de l'impérialisme culturel américain, a été fondé dans les années 20 par des immigrants de fraîche date qui, pour certains, parlaient un anglais approximatif : les frères Warner, Carl Laemmle, William Fox, Harry Cohn, Samuel Godwyn, Louis B. Mayer, Irving Thalberg, Adolph Zukor et d'autres étaient nés dans des communautés juives d'europe centrale marquées par la misère et les progroms, mais habitées par une culture vivace et pleine d'humour. Souvent, c'est un passage dans la confection ou la fourrure sur la côte Est des Etats-Unis qui leur apporta ce qu'on ne peut appeler qu'un sens inné du marketing, une sensibilité particulière aux goûts et aux couleurs de cette Amérique qui les accueillait avec une certaine méfiance. Sentant avant tout le monde que la société de consommation naissante devait se nourrir aussi de rêves et que ces rêves, sans doute, permettraient aux gens de mieux surmonter les crises du système, ils poussèrent jusqu'en Californie, firent main basse sur les infrastructures artisanales du cinéma muet et bâtirent des empires : Twentieh-Century Fox, Columbia, MGM, Universal...

       En même temps, ils construisaient leur Amérique, et eurent l'audace de forger leur propre conception du rêve américain : celui d'un pays plus accueillant, plus tolérant, plus juste et plus optimiste qu'il ne l'était vraiment.
      
       Cette vision, véhiculée par leurs films, fut tellement forte qu'elle se diffusa dans la culture américaine, contribua à la définir et finit même, comble du paradoxe, par l'incarner aux yeux du monde.

       C'est l'histoire de ces aventuriers improbables devenus des géants et parfois des monstres, de leurs origines et de leur métamorphose, qui nous est contée par Neal Gabler : une histoire rocambolesque, pleine de bruit et de fureur, mais aussi de moments cocasses et émouvants qui les a fait entrer dans la légende.



  • « Les lois et les fêtes juives, charpentes de la vie et du temps, sont faites pour aider l'homme à se réaliser dans son humanité et pour favoriser l'humanité d'autrui, ainsi qu'il fut exigé lors de la Révélation du Sinaï : être capable de relation et de transmission. Savoir parler et écouter, donner et recevoir. Savoir regarder. Être en mesure de réparer un préjudice, toutes sortes de préjudices. Donner du temps aux choses et aux rencontres. Somme toute, il ne s'agit peut-être que de tenter d'être à hauteur de quelques verbes, de quelques principes. Inlassablement, la Torah les égrène. De même, l'auteur a essayé, à travers cette étude, d'épeler les mots essentiels, ceux des versets bibliques et des rites qui aident à vivre. » Cela passe par une profession de foi clairement affichée : donner à penser à ceux qui sont disposés à entendre, dans les interrogations du judaïsme, une part de ce qu'ils ont à entendre d'eux-mêmes. En ces temps où les religions affichent parfois un troublant repli sur elles-mêmes, il appartenait à l'auteur de montrer clairement que le souci des autres s'inscrit au fondement de la loi juive.

  •    Entre l'accession d'Adolf Hitler au pouvoir (janvier 1933) et la tenue du procès Eichmann en Israël (avril-décembre 1961), le monde juif aura été ébranlé par le plus violent cataclysme de son histoire. Sans lien de causalité, la destruction radicale précède de peu la restauration nationale de l'autonomie politique juive sur la terre ancestrale. Comment la communauté juive de Palestine mandataire, le Yishouv, perçut-elle l'accession des nazis au pouvoir oe Quel fut le degré de prescience du désastre oe Comment le Yishouv vécut-il l'avance allemande sur ses frontières oe Comment réagit-il à l'annonce du désastre européen en novembre 1942 oe Les accusations réitérées d'accoutumance, voire d'indifférence, eurent-elles quelques fondement et David Ben Gourion, en particulier, fut-il ce politique cynique qu'évoque aujourd'hui une frange de l'historiographie israélienne oe Comment les dirigeants sionistes en Israël et hors d'Israël appréhendèrent ils cette histoire hors normes, et en quoi pesa t-elle sur les conditions de naissance de l'Etat oe Enfin, alors qu'en 1949 un citoyen sur trois était un rescapé, en quoi la mémoire difficile, voire honteuse du désastre, a t-elle modelé l'identité du jeune Etat jusqu'au procès Eichmann, ce tournant majeur pour l'historiographie et la mémoire collective de la Shoah en général, mais aussi pour une identité israélienne réconciliée progressivement avec l'histoire si longtemps vilipendée de la diaspora.

  • Priez pour le roi, l'empereur, l'Etat, c'est à chaque fois le bénir en espérant sa protection. C'est estimer que seule cette alliance peut protéger de la vindicte populaire qui verserait aisément dans l'antisémitisme. Contre les pogroms, les exactions constantes, bien des Juifs s'en remettent ainsi traditionnellement à l'alliance royale, en dépit de sa dimension mythique puisque le roi, l'empereur ou même l'Etat s'associent parfois, en réalité, aux menées antisémites.

    Dans ce livre, Pierre Birnbaum publie un grand nombre de ces prières inédites, de ces odes, de ces hymnes récités avec ferveur, de Louis XIV à nos jours. Les prières en faveur des Bourbons surprennent pas la passion qui s'en dégage de même que celles, innombrables, en faveur de Napoléon Bonaparte, Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe ou de Napoléon III. L'avènement de la Révolution française, la révolution de 1848 et surtout, de la IIIe République remettent pourtant en question l'alliance royale : dorénavant, c'est pour la nation, le peuple et la république que l'on prie, en dépit, à nouveau, de bien des désillusions.

    Dans le difficile contexte contemporain où ressurgissent les menaces, nombre de Juifs s'engagent dans la recherche d'une alliance horizontale malaisée et cependant indispensable du fait du recul contemporain de l'Etat-Nation, à l'heure aussi de la construction européenne.

  • La différence génétique qui nous sépare du chimpanzé est minime et celle qui nous sépare du porc et du ver n'est pas beaucoup plus grande. Alors qu'est-ce qui fait l'homme ? Selon Fernando Savater, ce ne sont ni les instincts ni notre patrimoine génétique, mais notre capacité à décider et à inventer des actions à même de transformer la réalité et de nous transformer. Cette prédisposition à choisir, cette « liberté » à laquelle nous sommes condamnés est le fondement de ce que nous considérons comme notre dignité rationnelle. Dans la Grèce antique, le terme désignait la situation sociale de celui qui n'était pas esclave, qui était libre de bouger et d'agir selon sa propre volonté sans obéir à un maître : en d'autres mots, celui qui jouissait de la possibilité de choisir. Encore aujourd'hui, pour comprendre ce que l'on entend par « liberté », nous devons penser à la signification et aux conséquences de notre capacité à choisir.

    Ce livre - une réflexion à voix haute, un plaisir total de lecture, direct et brillant - dessine une anthropologie de la liberté humaine. Il répertorie également un ensemble de choix libres et argumentés pour mieux affronter notre destin d'homme aujourd'hui : la vérité et le plaisir, la politique et l'éducation civique, la vertu tellement sous-évaluée de l'humanité et l'humble acceptation de notre contingence.

  • " Je suis un asthmatique de l'âme. Je veux dire par là que l'époque me pose un problème respiratoire. C'est ce qui m'a conduit très tôt à chercher, dans le fatras de mes années 90, quelques espaces, deux ou trois idées... pour respirer. Je pense ne pas être le seul. Au contraire, je veux bien prendre les paris : ce JE suffocant est un NOUS ; le NOUS d'une génération qui a façonné sa conscience entre deux dates curieusement symétriques : 9/11 pour 9 novembre 1989. 11/9 pour 11 septembre 2001. La chute d'un mur et la chute des tours. Boum derrière. Badaboum devant. Deux fois 9, deux fois 11, et deux effondrements. [...]. Je rage chaque jour de l'impudeur avec laquelle les vieux s'étalent et se répandent. Qu'ils meurent, bon sang, et emportent avec eux leurs souvenirs, leur État, leur libération sexuelle, leurs révolutions ratées, leurs désillusions. L'histoire qu'ils écrivent, nous n'en voulons plus. La nôtre, la voilà ! " Camille de Toledo est né en 1976. A étudié l'histoire à Londres, la photographie et le cinéma à New York, la fausse transgression à Paris, le faux exotisme à Tanger, la belle nostalgie à Buenos Aires. Essaie de mettre en scène le monde pour mieux y échapper. Penchant naturel pour la dissidence.

  • Il n'y a que des histoires d'amour.

    La haine, la dépression, la guerre sont encore des histoires d'amour, manquées, violentées, effacées, des histoires « d'haineamoration » écrivait Lacan. Dans ce très beau texte, l'auteur nous conduit jusqu'à cette frontière qui sépare l'amour de la folie. Il montre la place centrale du rapport amoureux dans le devenir sujet de chacun, et retrace les différentes figures de l'énamoration en Occident, de l'amour courtois au « sortir avec » des adolescents.

    De l'enfance à la mort, ces expériences cruciales rassemblées sous le nom de l'amour parlent toutes de cette rencontre espérée avec l'autre, par laquelle s'ouvre la possibilité d'une « humanité de l'homme ».

  •    Des milliers de personnes, parmi lesquelles Oscar Schindler et Raoul Wallenberg, ont risqué leur vie à travers l'Europe occupée pour sauver des Juifs de la persécution nazie. Le titre de Justes parmi les nations leur a été décerné par Yad Vashem, le musée de la Shoah à Jérusalem. Au début de l'année 2002, plus de dix-neuf mille non-Juifs étaient reconnus comme tels. Chaque année, des centaines de noms viennent s'ajouter à la liste.
       Ces hommes et ces femmes étaient des officiels, des membres du clergé ou de simples citoyens. Ils protégèrent les Juifs en les cachant, en les nourrissant et en les exfiltrant. La plupart expliquent leurs actions par ces simples mots : « Nous avons fait notre devoir. »
       Martin Gilbert a recueilli les témoignages de centaines de personnes ; ceux-ci reflètent un courage et une dignité qui ont souvent fait défaut au cours de cette sombre période. Le livre rend hommage à ces héros anonymes qui ont tendu la main à des hommes et à des femmes en danger, au mépris de leur propre sécurité.


    Ouvrage traduit avec le concours du Centre national du livre.

  •    Pourquoi faisons-nous l'Europe ? À la question de son sens et des valeurs qui la fondent, de nombreux intellectuels d'Europe centrale ont consacré leur oeuvre, leur engagement, leur vie même.   Le moment est venu de redécouvrir cette extraordinaire communauté d'esprits, dominée par trois figures exemplaires : Czeslaw Milosz (1911-2004), poète et essayiste polonais, prix Nobel de littérature ; Jan Patocka (1907-1977), philosophe tchèque, grand inspirateur de la dissidence, mort assassiné par la police politique ; et le Hongrois Istvan Bibo (1911-1979), l'un des penseurs les plus pénétrants des "hystéries collectives" qui secouent à intervalles réguliers le Vieux Continent.   C'est autour de la trajectoire, des idées et du rayonnement de ces trois consciences de notre temps que s'organise cet essai. Au-delà, tout un continent immergé de la culture européenne se révèle à nous, entre affinités électives et influences réciproques : de Kafka à Kertész et de Koestler à Kundera, mais aussi de Musil à Milosz, de Husserl à Patocka ou encore de Hannah Arendt à István Bibó, et de Sandor Marai à Zygmunt Bauman.   Instruits par les catastrophes du XXe siècle, ces penseurs rendent à nouveau visibles les fondements éthiques de la civilisation européenne. Pour qu'aujourd'hui, la Réunification ne s'accomplisse pas dans le désenchantement de l'homme et de la démocratie.

  • « Fais attention à ce que tu danses, car ce que tu danses, tu le deviens » disait la chorégraphe américaine Susan Buirge.
    Francesca Champignoux affirme, pour sa part, que les personnes en souffrance (psychique, morale ou physique) doivent apprendre à danser avec leur inconscient pour aller mieux.
    Le patient, nous explique-t-elle, est le principal acteur de sa guérison. Et le rôle de son thérapeute, par l'écoute attentive et la recherche de solutions originales, est de l'aider à déjouer en souplesse ce qui l'empêche d'être. Chaque individu est unique, et c'est au psychothérapeute d'adapter ses méthodes au patient, et non l'inverse. Par ailleurs, faire une thérapie n'est pas forcément engager un processus lent et contraignant ; l'auteur nous montre précisément qu'on peut aussi passer par l'humour et emprunter des chemins inédits ou imprévus.
    Ce livre révèle comment la psychothérapie, lorsqu'elle ne se limite pas à des méthodes standardisées, peut être une alternative pour ceux que la psychanalyse mutique et figée rebute et pour ceux qui ont l'impression de ne pas être soulagés par les thérapies qu'ils essaient successivement. L'auteur nous fait partager son expérience, à travers les récits de ses patients (aussi différents que call-girls, sportifs de haut niveau, femmes enceintes, dépressifs, fumeurs, hypocondriaques.), et l'on découvre des manières très originales d'aborder la psychothérapie.
    Francesca Champignoux donne ainsi des pistes concrètes pour que chacun découvre la créativité qu'il a en lui. Danse avec l'inconscient est un ouvrage bienfaisant, parfois drôle et toujours instructif pour une nouvelle approche de la cure thérapeutique.

  • La Quête inachevée constitue le meilleur résumé disponible des positions de Karl Popper dans les principaux demaines où s'est exercée de son activité philosophique : épistémologie et méthodologie scientifique, philosophie politique et sociale, philosophie générale, voire métaphysique.

    Ce livre fournit également une mine d'informations relatives aux relations du philosophe avec son environnement intellectuel, d'abord viennois puis anglo-saxon. Outre ses rapports avec les plus grands physiciens et biologistes contemporains, ce texte éclaire d'un jour particulier l'ébauche d'un dialogue avec les économistes que Popper n'a cessé de rechercher.L'image de Popper sui se dégage au fils des pages fait évoluer les appellations traditionnelles qui lui sont le plus souvent accolées. Epistémologue difficile à classer, Popper se révèle surtout philosophe critique appartenant à la tradition classique, jusque dans les relations qu'il a entretenues avec la pensée scientifique de son temps. Sa démarche critique aboutit paradoxalement à une réhabilitation de la pensée philosophique dont il découvre l'unité au niveau méthodologique.Cet ouvrage offre un matériau irremplaçable pour tous ceux qui s'intéressent au développement de la pensée d'un philosophe original, longtemps méconnu en France et souvent mal compris.

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