Mercure De France

  • Paul a 19 ans et s'ennuie un peu cet été-là, le dernier avant son départ à l'université. Petite ville, petite bourgeoisie, petites distractions. Au club de tennis local, il rencontre Susan - 45 ans, mariée, deux grandes filles - avec qui il va disputer des parties en double. Susan est belle, charmante, chaleureuse. Il n'en faut pas davantage pour les rapprocher... La passion ? Non : l'amour, le vrai, total et absolu. Les amants le vivront d'abord en cachette. Mais bientôt, le mari de Susan - une brute qui la bat - lui casse la mâchoire. Les amants s'enfuient et partent vivre à Londres : Susan a un peu d'argent, Paul doit continuer ses études de droit. Le bonheur ? Oui. Enfin presque, car de nombreux obstacles l'en empêchent...
    Peu à peu, Paul va découvrir que Susan a un problème, qu'elle a soigneusement dissimulé jusque-là : elle est alcoolique. Il l'aime, il ne veut pas la laisser seule avec ses démons. Il va tout tenter pour la sauver et combattre avec elle ce fléau. Mais lui, alors ? Sa jeunesse, les années qui passent et qui auraient dû être joyeuses, insouciantes ? Il a 30 ans, puis 31, puis 32. Un jour, Paul s'en va. Il tentera d'avoir une autre vie... Mais peut-être n'a-t-on qu'une seule vraie histoire d'amour dans toute sa vie - qui restera la plus belle, même si elle finit si mal.
    Une histoire déchirante et des personnages terriblement attachants : Julian Barnes est au sommet de son art.

  • Le jour où mon grand-père a été un héros Nouv.

    Les hirondelles sont là. Elles sont de retour. Tu observes les nuages et au bout d'un moment, tu te rends compte que quelque chose est différent. Elles sont revenues...Eux aussi, ils volent depuis le petit matin, minuscules croix aux scintillements argentés. Les escadrilles sont de tailles différentes, en voici une immense. Le fermier, qui regarde le ciel à la jumelle compte à mi-voix. «Des Américains, dit-il, je crois que c'est des Américains.»Printemps 1945, les dernières semaines de la guerre. Dans cette ferme autrichienne isolée, le temps est comme suspendu. La vie quotidienne est scandée par le passage des avions alliés venus de l'ouest qui vont pilonner les routes, les usines et les villes. On sait aussi que de l'est arrivent les Russes. On ne peut qu'attendre, pris en tenaille...Surgissent un soir six soldats allemands qui exigent de bien manger, de la viande surtout. « Non, dit le fermier terrorisé. On est vendredi Saint, je ne peux tuer une bête, ni cuisiner...»Mais sous la menace - il a sa famille, dont cinq filles, à protéger - il va devoir s'exécuter. Et voilà ce qui aurait pu se passer ensuite, nous dit l'auteur, mais ce n'est pas ce qui est vraiment arrivé...

  • Devenu veuf, Shigezo est recueilli par son fils et sa belle- fille. Et c'est sur celle-ci, Akiko, que va reposer cette lourde charge, avec les problèmes concrets que cela implique. Mais alors que le vieil homme glisse vers une seconde enfance, elle découvrira qu'il symbolise peut-être l'amour le plus authentique, le plus désintéressé qu'elle ait jamais connu.

  • Elles sont trois, ces dames de la famille Kimoto, avec leurs amours, leurs passions, leurs drames qui nous racontent le destin de la femme japonaise de la fin du 19e siècle à aujourd'hui.
    Toyono, la grand-mère, incarne la tradition, immuable, ancestrale. Hana, sa petite-fille, figure centrale du roman, va se trouver déchirée entre le passé - un mariage arrangé, la soumission à son mari et à sa belle-mère, le carcan des obligations familiales et sociales - et ses aspirations personnelles.
    Mère à son tour, elle devra affronter la génération montante en la personne de Fumio, sa fille qui, après de violents conflits, saura prendre des temps anciens et des temps nouveaux ce qu'ils ont de meilleur.
    Il y a dans ce très beau roman un souffle de vie, une émotion contenue mais réelle qui ne se dément jamais. Au Japon, il s'est vendu à trois millions d'exemplaires.

  • Naila prend la main de Ty et il se serre contre elle en silence, comme toujours, puisqu'à quatre ans, il ne parle toujours pas... Pour une raison qui échappe à Claire, ils échangent un grand sourire. Des garnements ces deux-là, songe-t-elle. Comme frère et soeur.
    Comment s'attendre à ce qu'ils comprennent la menace de la guerre ? Qu'ils vivent leurs derniers moments ensemble ?
    « Dix minutes, dit-elle à Naila. Emmène-le jouer juste dix minutes de plus. » Et se prenant par la main, Naila et Ty s'éclipsent en sautillant dans le soleil.

    Mais Claire ne reverra pas son fils, son garçon magnifique, dans dix minutes. Ni dans plusieurs heures, ou semaines, ou mois. Naila, treize ans à peine, qui est chargée de veiller sur lui, le kidnappe, incapable d'envisager d'en être séparée.
    Nous sommes en 1942, dans les îles Adaman, au coeur du golfe du Bengale et les Japonais arrivent. Il faut évacuer en hâte les Anglais - dont Ty et sa mère - et laisser sur place Naila, qui est une « native ». C'est dans la jungle, à l'intérieure de la plus grande île, au sein d'une tribu très primitive, que celle-ci va se réfugier avec l'enfant, qui va connaître là une vie extraordinaire. Mais jusqu'où peut aller une mère qui veut retrouver son fils ?

  • » Zoom Présentation Traduit de l'anglais par Jean-Pierre Aoustin Ceux qui veulent nier le passage du temps disent : quarante ans, ce n'est rien, à cinquante ans on est dans la fleur de l'âge, la soixantaine est la nouvelle quarantaine et ainsi de suite. Je sais pour ma part qu'il y a un temps objectif, mais aussi un temps subjectif. le vrai, qui se mesure dans notre relation à la mémoire. Alors, quand cette chose étrange est arrivée, quand les nouveaux souvenirs me sont soudain revenus, ça a été comme si, pendant ce moment-là, le temps avait été inversé. Comme si le fleuve avait coulé vers l'amont.

    Tony, la soixantaine, a pris sa retraite. Il a connu une existence assez terne, un mariage qui l'a été aussi. Autrefois il a beaucoup fréquenté Veronica, mais ils se sont éloignés l'un de l'autre. Apprenant un peu plus tard qu'elle sortait avec Adrian, le plus brillant de ses anciens condisciples de lycée et de fac, la colère et la déception lui ont fait écrire une lettre épouvantable aux deux amoureux. Peu après, il apprendra le suicide d'Adrian.
    Pourquoi Adrian s'est-il tué ? Quarante ans plus tard, le passé va ressurgir, des souvenirs soigneusement occultés remonter à la surface - Veronica dansant un soir pour Tony, un weekend dérangeant chez ses parents à elle. Et puis, soudain, la lettre d'un notaire, un testament difficile à comprendre et finalement, la terrible vérité, qui bouleversera Tony comme chacun des lecteurs d'Une fille, qui danse.

  • Anil est le fils aîné d'un riche propriétaire terrien à la tête d'un vaste domaine qu'il administre d'une main ferme. Normalement, Anil doit succé- der un jour à son père. Mais à la surprise de sa famille, il annonce, jeune encore, vouloir être médecin. Il doit donc partir étudier loin de chez lui, d'abord encore en Inde, puis plus tard, aux États-Unis, consécration su- prême croit-on autour de lui.
    Curieusement sa redoutable mère ne s'oppose pas à la vocation de son fils chéri, ni à son éloignement du berceau familial. Au pays des mariages arrangés, elle souhaite bien sûr une union prestigieuse pour Anil. Or depuis qu'il est petit, elle l'a vu jouer un peu trop souvent avec Leena, la fille d'un pauvre métayer. Quand celle-ci est devenue une très belle jeune fille, il faut l'éloigner, s'en débarrasser, en la mariant à la va-vite à un homme qui se révèlera être un véritable tortionnaire pour sa jeune épouse.
    Les destins croisés d'Anil et de Leena forment la trame de ce roman - lui en Amérique qu'il croyait être l'eldorado et où il se heurtera, au Texas, au racisme le plus violent. Et elle en Inde, où sa vie sera celle de millions de femmes victimes de traditions cruelles. Ils se reverront un jour, chacun prêt à prendre sa vie en main, après beaucoup de souffrances. Ils se rappro- cheront l'un de l'autre - mais auront-ils droit au bonheur ?

  • Sous un tonnerre d'applaudissement, Lydia quitte la scène, chargée de bouquets, dont l'un uniquement d'orchidées, fleur de prédilection de Diaghilev. Il n'a inscrit qu'un mot sur la carte épinglée à la gerbe : Bravissima ! Elle lève les yeux vers sa loge et le salue, avec Serge Lifar, son partenaire dans cette entreprise triomphale de L'Oiseau de feu. Et elle aperçoit Maynard qui applaudit avec tant de frénésie que ses mains en paraissent floues...

    ...Maynard Keynes, son mari, le célèbre économiste, dont les gouvernements britannique, américain et même soviétique s'arrache les conseils, et qui, à quarante ans passé, est tombé amoureux fou de la danseuse étoile des Ballets Russes, lui qui n'avait connu jusque-là que des liaisons homosexuelles. Et elle, la belle Lydia Lopkova, qui a dix ans dansait Casse-Noisette devant le tsar Nicolas II, devenue une star au fil d'une carrière professionnelle et amoureuse mouvementée.
    Leur liaison improbable, puis leur mariage, inattendu, à Londres en 1925, stupéfia et émut l'Angleterre, en particulier leurs amis du fameux Groupe de Bloomsbury, dont Virginia Woolf, qui commença par s'y opposer... Voici leur histoire.

  • Il est difficile encore aujourd'hui de se représenter ce que pouvait être réel- lement la vie sous dictature communiste - en l'occurrence, ici, celle des artistes sous la férule stalinienne. Staline les surveillait de près : il fallait obéir, sinon.
    Un trait de plume du tyran vous condamnait à mort. Et quand un des plus grands musiciens de l'époque, jusque-là plutôt en faveur, découvre un matin dans La Pravda un article qui le démolit, il sait que ses jours sont comptés.
    Il s'agit de Dimitri Chostakovitch. On est en 1936. Et la question essen- tielle, cruciale, que pose ce nouveau roman de Julian Barnes, c'est : que fallait-il faire ? Et en corollaire, qu'est-ce que moi j'aurais fait ?
    Le fracas du temps est bien un roman - même si tous les faits sont avérés :
    Les hallucinantes conversations avec Staline, les comparutions devant des « juges » qui ne savent même pas lire une partition. On a beaucoup critiqué Chostakovitch d'avoir cautionné le régime, d'avoir été un « collabo ». Mais on ne doit pas oublier qu'il risquait sa vie mais aussi celle de sa femme, celle de ses enfants et celle de sa mère ! Un romancier peut aller plus loin que l'historien dans l'exploration de l'âme d'un immense artiste, un être complexe, attachant, qui se débattait comme il pouvait dans le chaos de son époque, en essayant de ne pas renoncer à « sa » musique.
    Oui, que fallait-il faire ? Julian Barnes nous laisse trouver les réponses.

  • « On pourrait commencer prosaïquement par ce qui peut être décrit comme une robe de chambre. Rouge - ou plus exactement écarlate - et allant du cou jusqu'à la cheville, laissant voir des ruchés blancs aux poignets et à la gorge... Est-ce injuste de commencer par ce vêtement, plutôt que par l'homme qui le porte? Mais c'est ainsi représenté et ainsi vêtu que nous nous souvenons de lui aujourd'hui. Qu'en eut-il pensé? En aurait-il été rassuré, amusé, un peu offusqué ? » « L'homme en rouge », peint par John Sargent en 1881, s'appelait Samuel Pozzi. Né à Bergerac en 1847, il allait vite devenir à Paris LE médecin à la mode, particulièrement apprécié des dames de la bonne société en tant que chirurgien et gynécologue. Beaucoup d'entre elles, dont Sarah Bernhardt, étaient aussi ses maîtresses et le surnommaient « L'Amour médecin ». À travers sa vie privée, pas toujours heureuse, et sa vie professionnelle, exceptionnellement brillante, c'est une vision en coupe de la Belle Époque qu'on va découvrir sous le regard acéré de Julian Barnes. Il y a d'une part l'image classique de paix et de plaisirs et, de l'autre, les aspects sombres d'une période minée par l'instabilité politique, les crimes et les scandales. Un grand récit.

  • Indienne par sa mère, américaine par son père, Karina n'a pas trouvé d'équilibre dans sa double origine. La mort accidentelle du petit frère qu'elle aimait tant, puis le divorce de ses parents qui n'ont pas supporté ce drame, finissent par lui faire perdre pied.
    Entrée à l'université, elle ne s'y sent pas à sa place, son pre mier petit ami la trompe... Bref, elle est prête à tomber dans les fi lets du séduisant et ténébreux Micah.
    On connaît bien les techniques utilisées pour appâter une per sonne fragile et l'intégrer dans une secte sans qu'elle s'en rende compte. C'est ce qui arrive à Karina - et est admirablement décrit ici par Shilpi Somaya Gowda. D'abord le charme, puis l'emprise, puis le doute, l'inquiétude et finalement la peur, mais l'impossibilité de se libérer. Ce que Karina avait cru être une nouvelle « famille » va en fait devenir une terrible prison.

    Après les succès de La fille secrète et d'Un fils en or, on re trouve ici tout le talent de la grande romancière indienne

  • Un très beau, très émouvant roman, qui a la particularité de commencer par la fin.
    Ce jour-là, Robbie et Emily fêtent leur quarante- cinquième anniversaire de mariage et Robbie ses quatre- vingts ans.
    Une si jolie famille, un fils, des petits-enfants, un amour sans faille... Mais pas sans ombres. On va découvrir peu à peu qu'en fait, ils ne sont pas mariés. Pourquoi ? Que leur fils - qui l'ignore - a été en réalité adopté, et dans des conditions plus que troubles. Pourquoi ? Qu'ils ont eu chacun une autre vie, autrefois, et ont dû rompre avec leur passé et leurs familles. Pourquoi ?
    En remontant dans le temps, on découvrira l'incroyable secret de Robbie et Emily.

  • Cette première nuit dans le lit de Kåre, Sigrid s'est sentie plus étrangère que jamais... Puis elle a repensé à cette fille perdue dans la forêt et retrouvée uniquement parce qu'elle avait utilisé la lumière de son téléphone portable pour signaler sa présence. Il ne lui restait qu'un peu de batterie, juste assez pour éclairer l'écran et quand un hélicoptère a atteint enfin l'endroit où elle se trouvait en patientant tranquillement, elle l'a fait clignoter... Voilà, se dit alors Sigrid, c'est exactement ce que je vais faire : patienter, clignoter, survivre...

    Parce qu'elle vient d'être quittée par Magnus qu'elle aime mais qui est tombé amoureux d'Elida, qui, elle, n'a jamais oublié Viggo, Sigrid entame une relation chaotique avec Kåre, tout récemment séparé de Wanda, qu'il n'arrive pas à oublier. Trine quant à elle a été plaquée par Knut.
    Quant à Robert, il aime Linnea, qui, elle, pense à Göran sachant qu'il ne quittera jamais sa femme pour elle...Ainsi va la ronde des rencontres, et des amours et des désamours, entre Norvège, Danemark et Suède - avec un crochet par Prague - où chacune, chacun tente plus ou moins patiemment de trouver sa vraie place et de survivre. Seulement voilà, les choses dérapent souvent...

  • Ma vie, songeait Eleanor.
    C'est étrange. Pour la seconde fois, ce même soir, quelqu'un lui parlait de sa vie. Et je n'en ai pas, se dit-elle. La vie ne doit-elle pas être une chose qu'on peut manier et présenter ? Une vie de soixante-dix ans. Mais je ne possède que le moment présent... Des millions de choses lui revenaient en mémoire. Des atomes dansaient séparément puis s'aggloméraient. Mais comment pouvaient-ils composer ce que les gens appellent une vie ? A partir d'Eleanor Pargiter, son personnage central, Virginia Woolf nous conte dans Les années (roman longtemps introuvable et aujourd'hui réédité) l'histoire d'une famille anglaise sur trois générations, de 1880 à 1936.
    En une suite d'épisodes très soigneusement choisis, tournant lentement tels les rayons d'un projecteur, les jours, les semaines, les années défilent. Les Pargiter évoluent dans un milieu social bien défini, autour d'eux le monde évolue, plus vite, peut-être, que jamais auparavant, les valeurs spirituelles changent, ce que Virginia Woolf ressent profondément - tout en s'attachant à marquer la différence entre le temps, tel qu'il se mesure aux horloges, et la durée, telle que notre âme l'éprouve.
    Car notre unique possession n'est-elle pas l'instant présent ?

  • Si c'est une fille ? Elle s'appelle Louise, elle est née dans le Maine en 1978. Elle a les cheveux roux et porte des lunettes. Ses meilleurs amis sont les jumeaux Allie et Benny. Elle est « jolie » et « douce », on espère pour elle un bon mariage...

    Et si c'est un garçon ? Il s'appelle Louis, il est né dans le Maine en 1978. Il a les cheveux roux et porte des lunettes. Ses meilleurs amis sont les jumeaux Allie et Benny. Il est l'héritier de l'usine de papier familiale...

    La même vie, vécue par un garçon ou par une fille, est-elle vraiment identique ?

    Julie Cohen, l'auteur des Inséparables, répond à cette question dans cette histoire étonnante, où le destin des personnages, en chapitres alternés, est bien différent selon qu'il s'agit d'une fille ou d'un garçon.

  • Au début, il y a eu deux couples, qu'a priori tout séparait : d'abord Kavita et Jasu, deux pauvres paysans indiens pour qui la naissance d'une fille est une catastrophe, au point que, la mort dans l'âme, la jeune mère confie son bébé à un orphelinat. Ensuite, de l'autre côté de la terre, aux Etats-Unis, il y a Somer et Krishnan, médecins tous les deux, elle américaine, lui indien, qui ne peuvent pas avoir d'enfant. Ils vont donc décider d'adopter une petite fille en Inde - qui sera celle de Kavita. A Asha, si jolie, si gâtée, ils vont donner amour, excellente éducation, avenir. Mais celle-ci va vouloir un jour connaître ses origines, ses racines. Sa quête ne sera pas facile...

  • Et Neel a beau avoir étudié aux Etats-Unis et être devenu un brillant anesthésiste dans un grand hôpital de San Francisco, il n'échappera pas à un mariage arrangé - une tradition à peu près immuable en Inde. Au cours d'un bref voyage pour voir sa famille, le piège se referme et le voilà marié à Leila, qu'il n'a vue qu'une fois. Certes, elle est belle, douce, cultivée, intelligente - bien plus qu'il ne l'imagine -, mais il n'en veut pas. Il préfère, de loin, son explosive maîtresse californienne. Ce qu'il ne sait pas, c'est que Leila va attendre son heure et, sans bruit, sans drames, sans scènes, réserver à son mari bien des surprises.

  • Edith Wharton adorait la France et adorait aussi les voyages en voiture - dans le cas de ce « tour de France », en Panhard 15 chevaux, achetée à Londres par son mari Teddy. Le couple allait effectuer en fait trois virées successives, une en 1906 et deux en 1907 - la troisième fois en compagnie de Henry James. Elle en fait le récit en 1908, qui fut publié aux États-Unis, avec succès, mais curieusement n'avait jusqu'à aujourd'hui jamais été traduit en français. Evidemment, les Wharton ne conduisaient pas eux-mêmes, ils avaient un chauffeur, et les bagages arrivaient par chemin de fer, avec quelques domestiques, aux étapes les plus importantes. On voyageait avec style !
    On se prend à rêver un peu quand Edith Wharton nous parle de l'extrême sentiment de liberté que lui donne le voyage en voiture. Les routes sont vides ou presque. On ne parle jamais de « bouchons » ou de problèmes de circulation. Nos touristes enthousiastes partent de Boulogne, filent vers Amiens, puis Beauvais, puis Rouen.
    Ils admirent tout, les cathédrales, bien sûr, le paysage, les villages, et puis aussi les Français, leur civisme, leur élégance, leurs excellentes manières, leur bonne humeur et leur façon intelligente de profiter de la vie. C'est bien agréable à entendre.
    On ne va pas faire la liste de tout ce qu'ils visitent - une mention particulière pour Nohant et la maison de George Sand, un régal de lecture. De chaleureuses appréciations sur la cuisine française, bien sûr. Mais aussi, tout le temps, partout, de très intéressants commentaires sur les monuments, sur l'histoire, sur la géographie. Les Wharton sont des francophiles extrêmement cultivés.
    Un récit un peu carte postale ? Oui, certes, mais voyager en France, c'est cela aussi et même si Edith Wharton nous fait re-visiter ce que nous connaissons très bien, sa chaleur est communicative.
    Une mention spéciale pour la merveilleuse préface de Julian Barnes.

  • En 2000, à Kaboul. Le gouvernement islamique impose sa férule à la population, pratiquement tout est interdit, journaux, distractions, jeux, etc. Mais voilà qu'il annonce vouloir promouvoir le cricket, pour prouver à ses opposants que l'Afghanistan peut aussi être une nation sportive. La meilleure équipe ira se perfectionner au Pakistan - ce que certains voient tout de suite comme une possibilité de s'enfuir.

    Mais il faut d'abord connaître les règles du cricket et s'entraîner. Bien sûr, c'est strictement interdit aux femmes. Or la jolie Rukhsana a joué autrefois en Inde... Au prix d'incroyables ruses, subterfuges et déguisements, elle va mettre sur pied une équipe composée de son frère et de leurs cousins, tous bien décidés à se libérer du joug des talibans. Y parviendront-ils et que risque-t-il d'arriver à Rukhsana l'intrépide, la rebelle ?

    Car elle court de grands risques. Un des chefs taliban a jeté son dévolu sur elle et se déclare prêt à l'épouser, ce qui bien sûr fait horreur à la jeune fille. Mais comment lui échapper ? Et comment sortir, même déguisée en garçon pour entraîner son équipe, faire dire qu'elle est partie en province assister à un mariage et se cacher dans la cave - et cela tous les jours ou presque...

    Timeri N. Murari a longuement enquêté à Kaboul pour nous donner ici un tableau sans concession de la pire époque de la domination des talibans ? Mais - et heureusement... - il sait aussi nous faire rire de certains aventures de la merveilleuse Rukhsana.

    Un formidable récit d'aventures où tout pourrait avoir été vrai.

  • L'inspecteur Manchego approcha le smartphone dernière génération de son oreille, en retenant sa respiration. Il entendit une voix nasale, sur un bruit de fond rythmique, une sorte de lamentation ou de prière, et les accords d'une guitare. Il ne comprit pas un traître mot de ce que disait l'interlocuteur- c'était en anglais-, mais il devina qu'il ne s'agissait pas d'un appel au secours, on n'y sentait aucune peur.
    - Qu'est-ce qu'il dit ? demanda-t-il. - Textuellement : "Papa, laisse-moi faire. Je maîtrise la situation." En bon Espagnol, l'inspecteur Manchego a tout de suite identifié d'où provenait le message : d'une boîte de flamenco. Pas de quoi s'alarmer, donc, quand un riche éditeur londonien, flanqué d'un interprète, vient, très inquiet, lui annoncer que son fils, la trentaine, bien sous tous rapports, a disparu à Madrid depuis plusieurs semaines, après ce dernier fameux appel.
    Enlevé ? Séquestré ? Blessé ? Tué ? Mais non, il y a forcément une femme là-dessous. En fait, surtout une exquise gitane aux yeux bleus - ça c'est curieux - et face à une tribu de Grenade au grand complet, le jeune Atticus a-t-il la moindre chance ? Non, bien sûr... comme on va le voir au fil de ses irrésistibles aventur

  • Nous vivons à ras de terre, à hauteur d'homme et pourtant - et par conséquent - nous aspirons à nous élever. Créatures terrestres, nous pouvons parfois nous hisser jusqu'aux dieux. Certains s'élèvent au moyen de l'art ; d'autres, de la religion ; la plupart, de l'amour. Mais lorsqu'on s'envole, on peut aussi s'écraser. Il y a peu d'atterrissages en douceur. On peut rebondir sur le sol assez violemment pour se casser une jambe, entraîné vers quelque voie ferrée étrangère. Chaque histoire d'amour est une histoire de chagrin potentielle. Sinon sur le moment, alors plus tard. Sinon pour l'un, alors pour l'autre. Parfois pour les deux. C'est à différentes altitudes que se situent les trois récits qui composent ce livre. Le premier nous conte, avec souvent beaucoup d'humour, les différentes tentatives de l'homme pour voir le monde d'en haut. Et il s'attache plus particulièrement à celles de Nadar, qui, à bord d'un ballon, réalisa les premiers clichés aérostatiques en 1858. Le deuxième se penche sur les amours de Sarah Bernhardt - souvent photographiée par Nadar et qui fit un tour en montgolfière - avec un bel officier anglais. Là, on est 'à hauteur d'homme'. Le troisième nous parle - droit au coeur - de ce qui se passe quand 'tout est déjà arrivé', en l'occcurence, la mort de l'être qui vous était le plus proche et 'qu'on est tombé de la plus grande hauteur'. Disons simplement que Julian Barnes est sans doute là au sommet de son art.

  • S'il est vrai que les bâtiments et les objets d'ameublement que nous qualifions de beaux évoquent des aspects du bonheur, on pourrait néanmoins demander pourquoi nous trouvons une telle évocation nécessaire.
    Pourquoi ce que notre environnement a à nous dire serait-il si important ? pourquoi les architectes devraient-ils se soucier de concevoir des bâtiments qui expriment des sentiments et des idées spécifiques ? pourquoi sommes-nous si vulnérables à ce que disent les espaces où nous vivons ? depuis plusieurs livres déjà, alain de botton s'intéresse à notre bonheur et cherche les moyens de nous rendre plus heureux.
    Après la lecture de proust, puis celle des grands philosophes, l'art de mieux voyager et l'importance de notre statut social, voici qu'il se penche sur notre cadre de vie et plus particulièrement sur l'architecture des lieux où nous vivons et travaillons. en quoi l'un et l'autre influencent notre mode de pensée, notre façon de nous comporter, en bref notre existence au quotidien, tel est le sujet de l'architecture du bonheur.
    Faisant preuve comme toujours d'une éblouissante érudition - et de beaucoup d'humour -, alain de botton nous entraîne de paris à tokyo, de londres à brasília, du kent à l'engadine, et bien d'autres lieux encore, à la recherche de la maison idéale.

  • Candace est une jeune Américaine d'origine chinoise discrète et introvertie. Après des études de photographie, elle vit désormais à Manhattan dans un petit appartement et travaille pour Spectra, une entreprise qui fabrique des livres pour les grands éditeurs, notamment des Bibles. Elle vit comme une New-yorkaise classique en dépensant l'argent qui ne passe pas dans son loyer à s'acheter des vêtements Uniqlo, des crèmes hydratantes Clinique ou à boire des cafés chez Starbucks... Bientôt la fièvre Shen, une épidémie venue de Chine, touche la population mondiale. Cette maladie inconnue oblige les gens à des gestes répétitifs dénués de sens : ils deviennent des zombies répétant inlassablement et à l'infini des gestes quotidiens - mettre la table, essayer des vêtements - jusqu'à mourir d'épuisement... La nostalgie semble un facteur aggravant de la maladie : les enfiévrés sont piégés dans leurs souvenirs. Candace reste seule dans les bureaux désertés de Spectra, voit New York se vider de ses habitants et se figer autour d'elle. Des palmiers se mettent à pousser sur Time Square déserté... Écrit bien avant l'épidémie de corona virus, ce roman visionnaire saisissant de réalisme réinvente le genre post-apocalyptique : Les enfiévrés questionne notre rapport au travail et la solitude de la vie contemporaine.

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