Arlea

  • En 1961, alberto moravia entreprend un voyage en inde en compagnie d'elsa morante, sa femme, et de leur ami pier paolo pasolini.
    De ce voyage, la littérature gardera deux livres complémentaires et éblouissants : l'odeur de l'inde, de pier paolo pasolini, et une certaine idée de l'inde, d'alberto moravia. ce qui saisit moravia c'est, par-delà la violence du choc culturel, la force d'un pays en train de relever un défi social audacieux. analysant les causes de l'extrême pauvreté, il s'en entretient avec nehru, devant lequel il ose dénoncer le système des castes.
    Enfin, il décrit avec une grande élégance l'immensité et la douceur des paysages

  • Alberto Moravia est né en 1907. À près de quatre-vingts ans, il n'a cessé de parcourir le monde en tenant ses carnets de voyage. En 1987, trois ans avant sa mort, cet Européen convaincu se tournait toujours vers le continent noir qui le fascinait, comme l'avait fasciné l'Inde. L'Afrique était à ses yeux le territoire contradictoire du désenchantement politique, du mystère de la religion, du foisonnement végétal et animal et de la crise du monde moderne. Comme Hemingway ou Albert Schweitzer, auxquels il rend hommage dans ce récit, Moravia se situe au coeur des choses et à proximité des gens afin de mieux répondre aux grands mouvements de la vie. S'il nous fait voir la magnificence des forêts, des montagnes et des lacs de Tanzanie, du Zaïre, du Gabon et du Zimbabwe, il nous rend également sensible, évidente, la destruction de la nature. Il emploie tout son talent, son ironie et sa vivacité pour décrire ses rencontres insolites, toujours attentif aux êtres, aux animaux et aux lieux.

  • Mario De Sio a vingt ans. Ses parents sont séparés depuis son enfance : le père, agent immobilier, vit à Rome. Mario, lui, a vécu à Paris avec sa mère, jusqu'à la mort de celle-ci. Mario se dit poète (le voeu le plus cher de Moravia) ; il s'identifie même à Guillaume Apollinaire, dont la vie a bien des points communs avec la sienne, mais il n'a jamais écrit de poème. C'est ce qu'il avoue à une mère et à sa fille, ses voisines dans l'avion qui le conduit à Rome, où il se rend pour faire la connaissance de son père, dont il n'a plus qu'un souvenir diffus.

    Et c'est en retrouvant le décor de son enfance, et ce père qu'il connaît si peu, que surgit dans sa mémoire le fantôme de sa mère, dans une scène violemment érotique, traumatique, et aux relents incestueux.

    Ayant renoué avec les deux passagères de l'avion, il se laisse guider dans ses errances romaines par cette jeune fille de treize ans et sa mère, et par une autre femme, plus mûre, que son père a l'intention d'épouser, et avec laquelle il transfigurera ses fantasmes incestueux.

    On a l'impression dans ces pages de retrouver Agostino, le héros du célèbre roman de Moravia, et aussi la vie intérieure et sexuelle du jeune homme qu'il aurait pu être ; on ne peut qu'être admiratif devant une telle performance qui joue avec aisance d'innocence mêlée de provocation, de jouissance et de liberté.

  • Lettres du Sahara Collection Littérature étrangère Alberto Alberto Moravia Traduit de l'italien par Christophe Mileschi Que se passe-t-il dans la tête d'un Lobi, quand il décide de ne plus se construire une demeure de boue séchée en forme de gousse et qu'il préfère une baraque sordide mais plus conforme au " progrès " ? Je voudrais vraiment le savoir, mais il est probable qu'il ne le sait pas, lui non plus : il change, voilà tout. Car il n'y a qu'une chose qui soit plus mystérieuse que la satisfaction, et c'est l'insatisfaction. Ce qui suffisait à la vie n'y suffit plus ; d'une année sur l'autre, un ordre qui durait depuis des siècles est délaissé, par désaffection et par inattention, comme le font les enfants avec leurs jeux.
    Moravia était entre 1975 et 1981 l'envoyé spécial du Corriere della Sera en Afrique. Les textes qu'il écrivit en Côte d'ivoire et au Sahara furent réunis en un volume par Bompiani en 1981, sous le titre Lettres du Sahara.
    Contrairement aux Promenades africaines, repris en poche chez Arléa, en 2007, ce livre est inédit en français.
    Ce sont des récits de voyage - de vie et de mort (l'inoubliable mort d'un enfant) - qui se situent dans la tradition des écrivains et artistes-voyageurs, brassant une mémoire culturelle commune où l'on rencontre Baudelaire et Gauguin, Blixen et Conrad, et où la notation géographique, culturelle ou esthétique conduit toujours à une réflexion anthropologique - ou à une infinie rêverie poétique.
    Par contraste, le contact avec les terres d'Afrique rappelle à l'écrivain (et à son lecteur) tout ce que l'Occident a perdu en gagnant le confort de la vie moderne.

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