Denoel

  • Un soir de l'été dernier, il faisait chaud comme aujourd'hui, et j'étais heureuse. Les gens prétendent qu'on n'est jamais complètement heureux. Moi, je l'étais.

    Porte d'entrée magnifique dans l'oeuvre de Jean Rhys, ce recueil de nouvelles, restées longtemps inédites en français, nous entraîne dans la bohème de l'Europe d'avant guerre, Vienne la magnifique, Paris et ses cafés, puis plus loin encore, au-delà des océans, vers les souvenirs d'enfance ensoleillés des Caraïbes.
    Poète, lady, rêveur pathétique ou amoureuse éperdue, les personnages de Jean Rhys arpentent la vie avec pour seul bagage la nostalgie, le bonheur enfui, et toujours cet humour sombre, si bien dosé.

    Dans un style elliptique qui lui est propre, Jean Rhys va à l'essentiel. Ce qui intéresse la romancière, c'est la vérité, la vie ici, le coeur qui continue de battre, de se battre, comme elle : une femme en révolte permanente qui a fait de la poésie et de l'ironie ses armes les plus puissantes.

  • Bonjour minuit

    Jean Rhys

    Sasha Jansen retourne à Paris où elle a vécu vingt ans plus tôt un grand amour et l'échec de cet amour. Elle s'efforce d'éviter les rues et les cafés d'autrefois, mais le passé l'envahit. Avec un humour désabusé, elle accueille les rencontres que lui propose le Montparnasse d'avant-guerre. Elle accueille même, avec un mélange d'agressivité et de désespoir, ce jeune homme rencontré au Dôme - et qu'elle appelle «le gigolo» - qui la prend pour une riche Anglaise à cause de son manteau de fourrure. Elle sent revivre son coeur d'autrefois mais, incapable de vivre comme de mourir, elle ne trouvera d'issue que dans une dernière parodie d'amour.
    «Pleurer à cause d'un chagrin d'amour, et puis, juste après, pleurer parce que ce serait bien d'avoir une robe neuve. Les microscopiques mouvements de nos âmes puériles, elle n'en cache rien, tant pis pour ceux que ça dérange, c'est ainsi que nous sommes, je ne crois pas en l'humanité, dit souvent Jean Rhys, je ne crois qu'à l'amour, et en plus je déteste les sermons.» Geneviève Brisac.

  • Quai des grands-augustins

    Jean Rhys

    • Denoel
    • 11 Janvier 1979

    Julia martin, une anglaise de trente-six ans, est abandonnée par son amant.
    Nous suivons sa dérive, d'un petit hôtel parisien de la rive gauche jusqu'à londres, puis de nouveau à paris. entre-temps, une sensibilité aura été détruite, à jamais.
    S'il fallait analyser l'art d'un grand écrivain, chaque page de ce roman deviendrait exemplaire. à travers un personnage de femme meurtrie, dont la démarche est de plus en plus floue, jean rhys parvient à exprimer de façon inimitable l'absurdité d'un destin.
    Rien de spectaculaire, et pourtant on a l'impression d'aller au-delà du possible parce que l'essentiel est dit, qui nous atteint au plus profond, bouleversant nos certitudes.

  • Voyages dans les tenebres

    Jean Rhys

    • Denoel
    • 20 Février 1974

    « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • Une vie meilleure

    Rachel Rhys

    Cocktails pétillants, secrets empoisonnés, bals flamboyants... À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, une croisière de première classe qui changera à jamais la vie de Lily.

    Juillet 1939 : Lilian Shepherd, 25 ans, embarque sur un paquebot à destination de l'Australie, laissant derrière elle une famille aimante et un pays sur lequel plane l'ombre de la guerre. Le navire est rempli de passagers venus d'horizons les plus divers, mais tous partagent un désir commun : repartir de zéro sur ce nouveau continent.
    Pour une jeune femme à l'existence plutôt terne jusqu'alors, qui n'aurait jamais cru partir à la découverte du monde, c'est un voyage magique.
    Il y a un orchestre à bord, des bals costumés pour tous, et Lily n'a de comptes à rendre à personne. Elle découvre à chaque escale des lieux qui n'étaient pour elle que des noms mythiques - Naples, Le Caire, Ceylan -, et se lie d'amitié avec des passagers qui, d'ordinaire, n'auraient pas daigné la regarder. Des amitiés se lient, des amours naissent...
    Mais les paillettes peuvent cacher de lourds secrets, et Lily s'aperçoit peu à peu qu'elle n'est pas la seule à fuir son passé. Dans ce microcosme où les normes sociales sont bouleversées et où l'imminence de la guerre renforce les préjugés, tous les éléments sont réunis pour que le rêve tourne au drame... Lorsque le navire arrive à destination, deux passagers ont été tués, la guerre a éclaté et la vie de Lily est changée à jamais.

  • Regroupant un ensemble de nouvelles inédites en français, ce volume fait la part belle aux thématiques chères à Jean Rhys. Il y est question de Paris et de ses cafés, de Vienne la magnifique, de la vie de bohème, des paysages incandescents et sauvages des Caraïbes, de la douleur de l'exil, d'êtres écorchés par les aléas de l'existence, mais d'abord et surtout de femmes magnifiques et déchues, avides de liberté et de justice.
    De toutes ces obsessions qui ont façonné la femme et l'écrivain qu'elle est devenue, Jean Rhys fait de la grande littérature. Dans le style elliptique qui lui est propre - un verbe sans aucun doute nourri du créole de son enfance - elle fait entendre sa voix, celle d'une femme en révolte permanente, et nous donne à voir avec une passion, une empathie et une modernité sans pareilles le quotidien chaotique du monde d'avant-guerre.

  • Marya, une jeune Anglaise, vient d'épouser Stephan, un Polonais, et tous deux sont venus vivre à Paris.
    Marya est heureuse et ne cherche pas trop à savoir d'où provient l'argent du ménage, jusqu'au jour où Stephan est arrêté pour vol et recel d'oeuvres d'art. Désemparée, sans ressources, Marya tombe dans le piège des Heidler, un couple de mécènes anglais connus dans les milieux bohèmes de Montparnasse. Marya subira, effrayée et fascinée, la sensualité de Heidler et la domination de Loïs, sa femme, complice de leur liaison.
    Stephan une fois sorti de Fresnes, Marya et lui se retrouvent. Mais Marya ne peut renoncer à Heidler. Elle ne peut pas davantage abandonner Stephan. Elle les perdra tous les deux. L'échec de l'amour, son infernale ambiguïté, la poignante défaite d'un couple désarmé, Jean Rhys nous les dit avec une rare économie de moyens, un humour implacable, en même temps qu'elle nous restitue le Paris futile et féroce des années 20.
    C'est à partir de ce roman que James Ivory a tourné son film Quartet en 1981, avec Isabelle Adjani, Alan Bates, Anthony Higgins et Maggie Smith.

  • Au jour de sa mort le 14 mai 1979, à près de quatre-vingt-dix ans, Jean Rhys travaillait depuis environ quatre ans à un ouvrage autobiographique qui n'avançait qu'avec une extrême lenteur à cause de sa fragilité physique.
    Elle parvint à mener les quinze brefs chapitres décrivant son enfance au point où la perfectionniste qu'elle était pût les considérer comme achevés. Ils racontent son histoire jusqu'au moment où elle quitta l'île de la Dominique, aux Antilles, où elle était née, pour aller poursuivre ses études en Angleterre. Pendant la dernière année de sa vie, elle songeait quelquefois à la possibilité de publier ces chapitres indépendamment ; mais elle concluait toujours en espérant avoir le temps de réviser et de polir le reste de son travail, qu'elle avait déjà dicté dans une première version.
    Ce délai ne lui fut pas accordé. Ses éditeurs eurent le choix entre deux solutions : soit compléter le volume en y incluant les passages non révisés dans leur état brut, ce qu'elle ne leur aurait pas laissé faire de son vivant, soit en retirer des parties de son histoire dont ils savaient qu'elle souhaitait les raconter, ce qu'elle ne pourrait plus jamais faire. La décision de publier fut en grande partie motivée par le fait que, dans les chapitres non révisés, elle racontait comment elle avait commencé à écrire. ce qui était du plus haut intérêt pour tous ceux qui aiment et admirent son oeuvre et ne pouvait être puisé à aucune autre source.
    Avec cette autobiographie inachevée, Jean Rhys laissait un impressionnant fragment d'autoanalyse intitulé « extrait d'un journal ». Elle l'avait écrit à la fin des années 1940 et comptait l'incorporer au volume si elle trouvait le moyen. La chose aurait peut-être été impossible : ces pages ont un style très différent du reste. Elles sont présentées ici en appendice et non comme partie intégrante du récit.

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