• Les deux premiers mois chez monsieur Okocha à Adjamé-Bracodi parurent très pénibles pour Salia. Ce jeune garçon était devenu le boy à tout faire : la vaisselle, la lessive, le nettoyage des meubles et de la maison, l'entretien du gazon, ajouté à ceux-là le mauvais traitement que lui infligeait Mariette. Il était quelque fois privé de nourriture lorsqu'il ne se tâchait pas de repasser à temps les vêtements de monsieur Okocha. Bien des fois, il était roué de coups par monsieur Okocha quand celui-ci s'apercevait de sa lenteur dans le travail qui lui était soumis et aussi, si le travail n'était pas accompli à temps.

  • ''.Les jours de la semaine se suivaient nonchalamment l'un après l'autre comme les cauris du chapelet d'un imam. Le jour du vendredi n'était maintenant qu'à un jour de la grande veillée funèbre. Tous les merveilleux chasseurs s'étaient déjà préparés dans l'expectative de cette soirée. Djéliba Berthé le griot-conteur avait fait un remue-ménage dans son esprit pour trouver les histoires justes à ces genres d'occasions où il se devait égayer le peuple. Le cômianfouê traditionnellement appelé l'agent rythmique ou la voix des esprits, cette fois-ci, ne se fera pas prier pour participer à un tel événement, car sans lui, aucun griot n'avait pu réussir à égayer pleinement l'assistance .Il profitait de ces genres d'occasions pour se faire plaire et aimer par ses déhanchements incantatoires et ses pas de danse quelquefois captivant l'attention de l'assistance.''

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