Table Ronde

  • Au beau milieu de la frénésie des années cinquante, Jack Kerouac, à l'instar de beaucoup d'écrivains américains des générations précédentes, choisit l'errance, solution idéale pour un écrivain qui voulait retrouver l'Amérique mythique et l'homme dans sa pureté originelle. C'est dans l'étude du bouddhisme que naîtra son engouement pour la forme poétique épurée du haïku. Comme la graine qui contient l'arbre en germe, ces courts poèmes de trois vers seront autant de moments d'épiphanie ponctuant la difficile voie vers la sagesse. Kerouac apprend en pratiquant le haïku que la nature, bien que précaire et éphémère, n'en est pas moins principe de changement et de diversité. Tout naît, puis tout meurt pour renaître à nouveau. La souffrance et la mort sont là simplement, intrinsèquement, inscrites dans la vie même. À travers l'expérience spirituelle du haïku, Kerouac les dédramatise, les voit comme elles sont, loin de toute considération affective et intellectuelle, loin de tout dualisme.

  • Se mettre dans la peau d'un jeune orphelin noir, voilà ce que Jack Kerouac a réussi à faire dans son tout dernier ro- man. Dédoublement significatif, aliénation symbolique, projection de sympathie et d'engagement, Pic est certai- nement tout cela et plus encore : un portrait saisissant du milieu noir américain des années quarante, ses odeurs, ses couleurs, ses personnages truculents.
    De la Caroline du Nord à la Californie, en passant par New York, l'errance kerouacienne prend ici une allure inusitée.
    Représentée par Pic, « vagabond sur la terre », voyageur éternel sans famille ni domicile connu, elle se transforme en une magnifique satire sociale, à la fois naïve et astu- cieuse, regard éclairant sur le ridicule de la condition hu- maine.
    Pic, roman issu du réveil de la conscience sociale des Noirs, dépeint en fait tout être humain « vivant dans la noirceur » et renferme, par pur divertissement, des pages enfiévrées sur le jazz et la prédication comme seuls savent en faire les Noirs.

  • The Town and the City est le premier roman de Jack Kerouac. Publié en 1950, la critique salue alors l'apparition d'un nouveau talent.
    Pour peindre l'univers de la famille Martin, Kerouac s'inspire de sa propre enfance en Nouvelle-Angleterre ; il suit tous les personnages, dispersés à travers le monde, du début du siècle à la fin des années quarante, et les réunit finalement pour l'enterrement du père. Moment crucial où chacun voit son destin enfin scellé et l'accepte. Tous, sauf Peter, le petit dernier, qui refuse le retour à la normalité et s'interroge sur ce monde qui lui est étranger.
    Dans l'oeuvre de Jack Kerouac, The Town and the City est en quelque sorte le prélude incontournable d'une longue saga intime.

  • Au beau milieu de la frénésie des années cinquante, Jack Kerouac, à l'instar de beaucoup d'écrivains américains des générations précédentes, choisit l'errance.
    C'était la solution idéale pour un écrivain qui voulait retrouver l'Amérique mythique et l'homme dans sa pureté originelle. C'est dans l'étude du bouddhisme que naîtra l'engouement de Kerouac pour la forme poétique épurée du haïku. Comme la graine qui contient l'arbre en germe, ces courts poèmes de trois vers seront autant de moments d'épiphanie ponctuant la difficile voie vers la sagesse. Kerouac apprend en pratiquant le haïku que la nature, bien que précaire et éphémère, n'en est pas moins principe de changement et de diversité.
    Tout naît, puis tout meurt pour renaître et à nouveau. La souffrance et la mort sont là simplement, et intrinsèquement, inscrites dans la vie même. A travers l'expérience spirituelle du haïku, Kerouac les dédramatise, les voit comme elles sont, loin de toute considération affective et intellectuelle, loin de tout dualisme.

  • « Jack Kerouac se comparait à un musicien de jazz soufflant son solo. Dans ce recueil, il se présente, sur la route, entre New York et San Francisco, au Mexique ou au Maroc, ou encore de Paris à Londres, crayonnant des esquisses en mots ; poète, musicien et peintre. On l'imagine entre 1952&1954, avec sa chemise à carreaux, sortant de sa poche de poitrine un carnet, notant, pressé d'écrire pour capturer le moment, saisir ce qui se déroule ou se repose devant ses yeux, apparemment sans effort, «esquissant» pour unifier sa vision de l'Amérique, une série d'ajouts à la tapisserie de sa prose spontanée. [...]On découvre [...] des confessions candides, les résolutions d'un écrivain, la recherche du salut, contemplation ou ivrognerie, des hommages à Wolfe, Melville, Lawrence, Dostoïevski [...] Mais d'abord, les esquisses, le visage de la terre, la vie quotidienne en Caroline duNord chez sa soeurNin, le travail du serrefreins dans les dépôts de chemins de fer, l'automne immense qui bourdonne, les bruits dans les bois, les gens dans la rue, les filles, le vin, l'herbe, images de l'Amérique d'après-guerre, orage approchant, plumes d'oiseaux, entrepôts, brindilles, métro de New York, cabanes, bars, anges, jeunes garçons noirs de l'éternité, petites plantes malingres sur les châssis de fenêtres, mendiants mexicains, camions, lumières, tout magnifiquement présent... » Lucien Suel

  • Avant la route est le premier roman de jack kerouac.
    Publié en 1950, la critique salue alors l'apparition d'un nouveau talent et compare son style à celui de thomas wolfe.
    Pour peindre l'univers de la famille martin, kerouac s'inspire de sa propre enfance en nouvelle-angleterre ; il suit tous les personnages, dispersés à travers le monde, du début du siècle à la fin des années quarante, et les réunit finalement pour l'enterrement du père. moment crucial oú chacun voit son destin enfin scellé et l'accepte.
    Tous, sauf peter, le petit dernier, qui refuse le retour à la normalité et s'interroge sur ce monde qui lui est étranger.
    Dans l'oeuvre de jack kerouac, avant la route est en quelque sorte le prélude incontournable d'une longue saga intime.

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