• A l'ouest de l'île de Sein, en mer d'Iroise, "une chandelle sort de l'eau" ; c'est Ar-Men, que les gardiens de phare surnomment "l'enfer des enfers". Jean-Pierre Abraham en devient le gardien en 1961, après avoir été formé deux années à ce métier. Il a 25 ans. On est très actif dans un phare, mais il reste des moments pour le vide, les rêveries et la peur. Abraham tient avec trois livres, qu'il emporte avec lui à chaque relève : un album de Vermeer, un autre sur un monastère sistercien, un recueil de poèmes de Pierre Reverdy. "Pourquoi êtes vous ici ?", lui demandera un journaliste (il accède à la notoriété médiatique quand "Les coulisses de l'exploit" consacrent un reportage au phare). "Je ne sais pas, répondra Abraham, il me semble que j'avais l'impression que la vie se passait sans moi et à mon insu si bien que j'ai décidé un beau jour, enfin, de changer. J'ai vu Ar-Men, je suis passé par là en bateau, et puis tout d'un coup j'ai décidé de venir là. J'avais trouvé vraiment mon lieu, je crois que c'est ce qu'il faut chercher, trouver le lieu où l'on puisse devenir soi-même, s'épanouir, être à sa place, bien dans sa peau." Un livre culte, le Grand Livre des Phares : "unique", "incontournable", "chef-d'oeuvre".

  • Au plus pres

    Jean-Pierre Abraham

    • Seuil
    • 18 Mai 2004

    Ce livre est une suite de courts récits qui évoquent la navigation à la voile. Rédacteur du Cours de navigation des Glénans, Jean-Pierre Abraham est probablement le seul grand écrivain français qui ait jamais évoqué de façon à la fois poétique et technique ce que peut être l'art de naviguer et la nature du plaisir qu'on en reçoit.
    Ici, il tient, comme il l'avait fait quand il était gardien de phare à Armen, la chronique de ses derniers parcours, de ses nuits à la barre, des relations qu'il noue avec les marins qui l'accompagnent et du temps qu'il fait.
    L'écriture, comme toujours, est d'une grande maigreur et d'une grande force. Comme les vrais littérateurs passionnés de mer, Abraham exploite et détourne la terminologie de métier pour en faire un usage à la fois poétique et savant. On peut considérer ce livre comme une sorte de manifeste esthétique de celui qui restera probablement le plus grand écrivain de mer de ces cinquante dernières années.
    Naviguer au plus près, c'est chercher l'angle le plus aigu avec le vent, la route la plus difficile et la plus courte, sachant qu'elle ne saurait être droite. Belle définitivion de l'art d'écrire, de l'art de vivre, aussi.
    En 1956 un jeune inconnu donne à Jean Cayrol, aux Éditions du Seuil, un récit intitulé Le vent. La critique s'enthousiasme, Claude Mauriac salue « un nouveau grand Meaulnes qui esquisse des Vermeer ». Puis l'auteur se tait pendant dix ans et, en 1967 paraît Armen, chronique d'une vie de gardien de phare au large de l'île de Sein. Toute la vie d'Abraham est ainsi faite de longs silences et de brèves publications, hormis Le cours de navigation des Glénans dont il a été le principal rédacteur. Mort subitement en juillet 2003, Jean-Pierre Abraham avait eu le temps d'achever ce dernier manuscrit, Au plus près.

  • Aller vivre une semaine dans un petit monastère cistercien, en mayenne : mais pour quoi faire, mon dieu ! a la suite de fort-cigogne, récit d'une semaine passée sur une île, port-du-salut relate la découverte d'un autre choix de vie extrême, d'une autre vigilance, loin de la mer.
    Et pas si loin.

  • Cette histoire se déroule, à vélo souvent, dans un pays plat autrefois nommé cap caval, c'est-à-dire du côté de la pointe de penmarc'h, en bretagne, et principalement au port de saint-guénolé, où le narrateur vient d'arriver.
    C'est un bout du monde, âpre et lumineux, où le vent est brut, la mer folle, la visibilité extrême : l'air y paraît doté d'un éclat particulier, qui cerne (et ronge un peu) les lieux et les gens. comment, inconnu, trouver sa place ici ?.

  • Solstice d'été, sur le versant nord de la terre, en bretagne, au coeur de l'archipel des glénan, dans un vieux fort occupé par l'école de voile.
    Au fond d'une casemate glacée, quelqu'un veille, attendant qu'on lui prête un bateau, pour mener une enquête sur une île voisine. vastes jours, oú se tisse un réseau d'images furtives qui vont donner à l'aventure un tour inattendu.

  • Les lecteurs d'armen, du guet, de fort-cigogne ne s'étonneront pas de retrouver ici l'attention fervente portée au paysage, la présence constante de la mer et des rythmes qu'elle impose qui sont la marque de jean-pierre abraham.
    Mais ils s'étonneront peut-être d'apprendre qu'il a écrit le vent en 1955 : il avait dix-neuf ans.

  • Voici sans doute la meilleure façon d'entrer dans l'univers singulier d'Abraham : des récits brefs, qu'on peut lire d'un coup, où s'impose sans délai la clarté de l'évidence. Si l'un de ces textes, le plus récent, donne son titre à l'ensemble, n'est-ce pas d'ailleurs pour suggérer que tout instant, tout lieu - faubourg venteux, îlot désert, vieux canot, champ de foin - peut accéder au statut de " place royale " par la grâce de l'écriture ?

  • Bretagne profonde ? l'expression est souvent teintée d'ironie, vaguement attendrie.
    On n'hésitera pas à la revendiquer ici, tant elle convient à la démarche de michel thersiquel, cette espèce de rôdeur magnifique qui connaît le pays comme sa poche, qui sait y capter, bien au-delà des apparences, des images d'une vérité absolue. vérité qui saute aux yeux à travers ces reportages, réalisés dans les années 1975-1985 : femmes du pays bigouden, monde des bateaux et des pêcheurs de douarnenez qui l'ont entraîné jusqu'au large de l'écosse, exploration de cet autre pays joyeux et bien trop méconnu qu'est le mené.
    à chaque fois, on se demande comment tant de connivence a pu naître entre le photographe et ceux qu'il rencontre : c'est le secret de michel thersiquel. jean-pierre abraham, qui l'a longtemps côtoyé au sein de la revue armen, a choisi de jouer lui aussi le jeu de l'errance en partant, avec les photos, à la recherche des paysages et des témoins de cette époque. son carnet de route en recrée l'atmosphère, au gré de détours inattendus où transparaît aussi la bretagne d'aujourd'hui, bien vivante et tout autant profonde sans doute que celle d'hier !.

  • « Ces dessins sont beaux. La pauvreté des moyens employés accroît leur force, peut-être. «Je n'ai plus, m'écrit Marion, que cette encre et ce papier à lettres. Je ne puis m'acheter le moindre matériel.» Mais il a utilisé une plaque de verre pour appliquer son encre sur le papier, et obtenu des rythmes étonnants. Durant de longues heures j'ai regardé cette première série, qu'il a intitulée, un peu cavalièrement il me semble, la Mer à voir. Les dessins sont liés, forment une suite organisée de façon précise, qu'il importe de pouvoir contempler d'un seul coup d'oeil. Marion, je pense, eût été satisfait de me voir à quatre pattes dans ma chambre, les dessins alignés sur le plancher, promenant au-dessus d'eux ma lampe, à la manière des explorateurs qui déchiffrent sur les murs d'une grotte des signes mystérieux. » (Armen, 1967) C'est par ces lignes que nous connaissons l'anecdote : un jeune artiste de l'île de Sein confie une trentaine de monotypes à son ami gardien du légendaire phare d'Armen où il les monte, leur consacrant pendant les mois d'un hiver un acharné travail d'écriture, poussant des mots « jusqu'au bord du gouffre ». L'auteur avait gardé des copies de ses poèmes, et l'artiste en avait fait un livre unique, demeuré inédit. C'est ce superbe document que nous publions, cinquante ans plus tard.

  • " Rêver vivement dans l'ombre à ce qu'on doit piéger, les passants et leurs visages, leurs pas comptés, les silences les cris, un vélo noir, le facteur, les petits animaux de nuit.
    Les hirondelles à leur retour. " Des textes brefs, des peintures en écho : voici le résultat d'un dialogue mené pendant huit mois par deux voisins habitant la pointe du Finistère. Suffirait-il de faire très attention pour que la vie quotidienne s'éclaire de minuscules miracles ? On dirait bien que oui.

  • Cet ouvrage invite les étudiants en administration des affaires à se pencher sur les divers rapports entre l'entreprise et la société. Il vise un double objectif : initier le lecteur à la dimension sociale et culturelle de l'entreprise et favoriser une compréhension élargie des enjeux et défis auxquels sont confrontés les entreprises et leurs gestionnaires, ainsi que la société dans laquelle ils prennent place.



    Divisé en trois parties, le livre expose d'abord les fondements du système capitaliste et l'approche sociologique de l'entreprise, il présente ensuite différents acteurs de la société capitaliste, puis se termine en invitant le lecteur à se pencher sur quelques enjeux contemporains. Pour ce faire, les auteurs se sont appuyés sur les connaissances en sociologie des organisations et des entreprises, tout en accordant une place importante à l'approche empirique fondée sur des faits historiques et des données statistiques. De nombreux cas et exemples concrets viennent aussi illustrer régulièrement les propos.



    Grâce à cet ouvrage, les dimensions sociales et culturelles de l'entreprise ne seront plus un secret pour les futurs gestionnaires, comptables, entrepreneurs ou spécialistes du marketing.

  • "Les discours polémiques dans les littératures africaines sont une représentation du contexte/problème idéologique et identitaire du quotidien africain. Ils décrivent, disent des mentalités et servent à indexer les attitudes qui accompagnent ou non le vivre-ensemble, l'intégration des peuples et les exigences de progrès. Ce type de discours questionne aussi les permanences humaines et leurs interactions à travers les sphères politique, culturelle, économique, sociale. Étudier l'énonciation polémique ne se limite donc pas à son acception purement linguistique et poétique, comme le montre cet ouvrage. - - "

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