• De tout temps, les charismes ont été bien plus qu'une affaire purement religieuse. Ils ont pour mission d'embellir la terre, et pas seulement les religions et les églises. Dans le même temps, on voit invariablement se mettre en place, autour des charismes, des dynamiques sociales, éthiques et spirituelles extrêmement délicates et souvent dangereuses, étant donné leur immense force qui peut être orientée, souvent involontairement, vers des objectifs néfastes aussi bien pour les personnes que pour les organisations charismatiques elles-mêmes.
    Il est fort diffi cile, pour les responsables d'organisations charismatiques, de prendre conscience de la crise du charisme qu'eux-mêmes sont en train de créer, parce que, justement, susciter une crise et un déclin est totalement étranger à la conscience des fondateurs et des leaders.
    L'esprit qui anime cet ouvrage est d'offrir une « grammaire des crises » dans les mouvements et communautés, reconnaître les premiers signaux faibles d'un déclin et agir au moment où le processus est encore réversible.

  • Il est intéressant de noter que plusieurs appels décisifs se produisent pendant que les gens travaillent : Amos, Gédéon reçoivent leur vocation pendant qu'ils travaillaient; les apôtres sont appelés pendant qu'ils retiraient les filets, etc. Le Dieu biblique se sent plutôt mal à l'aise dans les temples, il aime le plein air, il aime partager la route avec nous, côtoyer l'homme au travail parce ce sont des lieux de vie.
    La Bible s'apparente aussi à une histoire du travail, de la Genèse à la bonne nouvelle du Verbe fait charpentier. C'est aussi une revisitation des grandes paraboles touchant au travail (les talents, l'ouvrier de la dernière heure, le fils prodigue et le bon Samaritain) à la lumière des travaux de recherche les plus récents. Attendez-vous à des découvertes inattendues !

  • L'économie moderne, au moyen des contrats et du marché, évacue les relations personnelles directes. En garantissant une sécurité maximale, elle évite le contact avec les autres, qui est toujours source de blessures. Mais elle élimine aussi le bonheur de la rencontre avec l'autre.
    Un économiste napolitain du XVIIIe siècle, Antonio Genovesi, disait : « C'est une loi de l'univers que nous ne pouvons pas faire notre bonheur sans faire celui des autres. » Pour lui, la réciprocité (pas seulement la relation) est l'élément caractéristique de la socialité humaine. Cela est aux antipodes de la théorie d'Adam Smith (la recherche de l'intérêt personnel est la seule chose qui compte et, par une « main invisible », la satisfaction de l'ensemble des intérêts personnels contribue au bien commun).
    L'auteur développe les idées de Genovesi en expliquant un concept nouveau élaboré par des économistes contemporains : les biens relationnels, et leur corollaire indispensable : la gratuité.
    « Par gratuité j'entends l'attitude intérieure qui nous porte à approcher chaque personne, chaque être, et soi-même, en sachant que cette personne, cet être vivant, cette activité, ne sont pas des "choses" à utiliser, mais des réalités à respecter et aimer pour elles-mêmes. » Aujourd'hui, des expériences économiques ouvertes sur la gratuité du rapport avec l'autre peuvent fournir une issue hors de la crise que nous traversons. Ainsi pourrait se développer une « économie civile », à la recherche d'une vie plus humaine et plus heureuse, sans nier les difficultés et le risque qu'une telle opération porte en soi.
    Un livre qui donne des fondements pour un nouveau départ de l'économie et de la vie en société.

  • Un peu partout, on enregistre une aggravaon de la fragilité relaonnelle et émove des employés et les dirigeants des entreprises, surtout des grandes à dimension mondiale, souffrent de plus en plus d'anxiété, de dépression, de stress, d'insomnie.
    On trouve à la racine de ce nouveau mal-être au travail un véritable paradoxe. D'un côté, on interdit aux salariés l'usage de langages et émoons de la vie privée - on doit laisser à la porte des paroles comme don, reconnaissance, amié, pardon, gratuité, au mof qu'elles seraient inefficientes, et surtout dangereuses.
    D'un autre côté, pour séleconner et mover leurs managers, ces entreprises emploient les paroles mêmes des milieux familiaux, des relaons d'amié, d'idéal, éthiques, spirituelles. On parle d'esme, de mérite, de respect, de passion, de loyauté, de fidélité, de reconnaissance, de communauté, paroles et codes qui suscitent les mêmes dynamiques apprises et praquées dans la vie privée et familiale.
    Le grand danger des organisaons modernes du capitalisme se cache dans leur usage de registres symboliques et movaonnels similaires à ceux de la foi dans le passé, mais - là est le problème - en les dénaturant et en les redimensionnant radicalement.
    Si on les instrumentalise, les grandes paroles de la vie ne portent pas de fruit. Elles ont besoin de grands espaces, d'être accueillies dans leur complexité, et surtout leur ambivalence, qui fait qu'elles sont vivantes, vraies, capables de générer.

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