• Guy de Maupassant est l'un des auteurs favoris des réalisateurs de la télévision qui adaptent régulièrement ses ouvrages. Déjà, en son temps, Claude Santelli avait fait merveille, d'autant plus qu'il connaissait admirablement bien la campagne cauchoise. De nos jours, Gérard Jourd'hui a repris le flambeau et propose des téléfilms de grande qualité. Non seulement l'esprit de l'écrivain est respecté, mais aussi celui de la Normandie ancestrale et traditionnelle.
    Quel Normand ne s'est pas retrouvé dans les chefs-d'oeuvre qu'on nous propose périodiquement ? Quel horsain ne s'est pas félicité de l'exactitude de ses observations en entendant les dialogues ou remarques de Maupassant ? Mais, très vite, on finit par s'interroger sur l'auteur. Quel diable d'homme a-t-il été pour parvenir à tant de lucidité, d'exactitude et de justesse ? Était-il naturellement doué pour l'écriture ou a-t-il beaucoup travaillé pour aboutir à cette prose si légère, si agréable et si claire ? Bref, les questions ne manquent pas à propos de Guy de Maupassant, à commencer par celle de son véritable lieu de naissance.
    C'est pour y répondre que cette étude invite à le redécouvrir en le suivant en Normandie,à Paris et dans ses voyages.

  • On parle souvent de Raymond Queneau, on en parle même beaucoup, pour ses poèmes, ses films, ses chansons (Si tu t'imagines), ses Exercices de style ou ses romans (Zazie dans le métro, Le Dimanche de la vie, Pierrot mon ami, etc.). Il est à la fois populaire et savant. Il passionne aussi bien le grand public que les amateurs, les universitaires, qui lui consacrent thèses et colloques.Jusqu'alors pourtant, aucun ouvrage ne proposait une vue d'ensemble de l'homme et de son oeuvre. Seules, des études thématiques mettaient en lumière certaines facettes du talent de Raymond Queneau. Cette biographie vient donc combler une lacune. En s'appuyant sur une documentation impressionnante et souvent inédite, elle fait revivre l'homme sans le dissocier de son oeuvre, du mouvement surréaliste au secrétariat général de Gallimard, du collège de 'Pataphysique à l'Encyclopédie de la Pléiade. On suit ainsi l'écrivain pas à pas, depuis sa naissance au Havre en 1903, jusqu'à son décès à Paris en 1976. Raymond Queneau, qui fut si secret, se trouve enfin dévoilé.Maître de Conférences, Michel Lécureur a édité l'Oeuvre romanesque de Marcel Aymé dans la Pléiade et lui a consacré une biographie aux éditions Les Belles Lettres en 1997.

  • Aymé

    Michel Lecureur

    Dès le prix Renaudot de 1929, obtenu pour La Tableaux- Crevés, Marcel Aymé a connu la célébrité. Dès lors, il s'est affirmé comme romancier avec des réussites aussi éclatantes que La Jument verte (1933), Le Moulin de la Sourdine (1936) ou La Vouivre (1943). Sa trilogie composée de Travelingue (1941), fréquemment citée par les historiens pour évoquer l'histoire de la France avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale.
    Parallèlement à cette production romanesque, Marcel Aymé a publié plusieurs recueils de nou velles, comme Le Nain (1934), Derrière chez Martin (1938) ou Le Passe-Muraille (1943). Dans le domaine des histoires brèves, il a connu un succès exceptionnel avec Les Contes du chat perché.
    Ce «Qui suis-je?» Marcel Aymé montre qu'il s'est également révélé comme un journaliste de talent dont on a sollicité les articles les plus divers dans différents journaux et revues. Cependant, son désir le plus cher était probablement de devenir auteur drama - tique et il a atteint cet objectif avec des pièces comme Lucienne et le boucher (1948), Clérambard (1950) et La Tête des autres (1952).
    Observateur lucide de la nature humaine, il a confié ses réflexions dans toute son oeuvre et, en parti culier, dans Le Confort intellectuel (1949). Son goût peu commun pour la liberté de penser et de s'exprimer lui attire encore l'opprobre de certains qui le connais - sent mal, car son humanisme et son humour restent à découvrir.

  • Jusqu'à ce jour, personne n'avait plus et mieux parlé de René Fallet que René Fallet. Des Carnets de jeunesse à la Trilogie sentimentale des dernières années, toute l'oeuvre littéraire de René Fallet parle de lui-même. Banlieue Sud-Est met en scène sa bande de copains à la fin de la guerre dans sa banlieue natale, Le Triporteur évoque sa passion pour le football, La Grande ceinture ses dures années de jeunesse dans un triste bas quartier de Villeneuve-Saint-Georges, après l'échec de son second roman La Fleur et la souris, qui relatait ses amours débutantes. Et à la fin d'une vie trop courte, La Soupe aux choux, tel un déchirant conte de fées, évoque l'ultime rêve d'une éternité raisonnablement heureuse d'un homme encore jeune qui sait qu'il va mourir.

    Aujourd'hui, Michel Lécureur prend le relais et nous parle fort judicieusement de René Fallet, ce jeune homme né dans un milieu populaire, titulaire du seul Certificat d'Études Primaires, fou de poésie et de littérature, ce jeune homme sur lequel les fées ne veillaient point et qui voulait être écrivain.

    Merci à Michel Lécureur de parler si bien de René Fallet.

  • Dix ans après sa première biographie de Marcel Aymé, Michel Lecureur nous en donne une version revue, augmentée, corrigée et abondamment illustrée.
    On y lit des informations nouvelles sur la famille et surtout sur la place du romancier dans la vie littéraire. Emmanuel Bove, Jean Paulhan et Louise de Vilmorin font leur apparition dans le monde des amis de Marcel Aymé. Quant à ceux de toujours, Antoine Blondin, Roger Nimier, Jean Anouilh, Albert Paraz et Louis-Ferdinant Céline, ils sont présentés de manière plus détaillée, grâce à de nouveaux documents.
    Une longue controverse avec André Wurmser, en 1935, précise aussi les positions de Marcel Aymé vis-à-vis du colonialisme et de la liberté en général. L'auteur e Passe-Muraille, de mieux en mieux connu, s'affirme vraiment comme un écrivain de première importance.

  • Il est assez surprenant de constater qu'il existe une abondante littérature en Bretagne et dans le Nord à propos des pirates et des corsaires de ces régions, mais peu d'ouvrages, dans ce domaine, sur les Normands. Certes, on connaît quelques études, en particulier pour Granville (Dictionnaire des capitaines corsaires granvillais. Anne Cahierre. AD 50. Saint-Lô, 2009), Cherbourg (Jambe de bois. Robert Lerouvillois. Eurocibles, 2008), Honfleur (Le corsaire du Roi Soleil - Jean Doublet. Yvon Le Cozannet et Gérard Ducable. Ed. du Rocher, 1990) (Histoire de la flibuste. Alexandre Olivier Oexmelin. Tomes I et II. L'Ancre de Marine, 2005), Le Havre (Les corsaires havrais durant la Guerre d'Indépendance américaine. Nicolas Aubin, CHRH, 2001) ou Dieppe (Jean Ango et ses pilotes. Eugène Guénin. Prudhomme, 1901). Mais aucun livre n'a abordé ce thème jusqu'alors en proposant une vue d'ensemble de ce qui s'est passé en Normandie du XIVe au XIXe siècle. C'est ce que cet ouvrage se propose de traiter.
    Pour les XIVe, XVe et même XVIe siècles, les documents manquent. Beaucoup d'archives dieppoises, par exemple, ont été brûlées lors du grand incendie de 1694. Néanmoins, l'étude ne se limite pas à une compilation des quelques livres consacrés au sujet. Autant qu'elle l'a pu, elle a vérifié les sources réelles des faits relatés ici et là en s'appuyant notamment sur les travaux des érudits des XIXe et XXe siècles comme Robillard de Beaurepaire, Charles de La Roncière, Gabriel Marcel, Léopold Delisle, Paul Le Cacheux ou Charles de La Morandière. Il en résulte un ble ouvrage qui présente les pirates et les corsaires normands, non pas en accumulant seulement leurs aventures, mais en analysant l'évolution de leurs activités, de la guerre de Cent Ans aux traités de 1815. Le plan est chronologique, en cinq parties : XIVe et XVe, XVIe, XVIIe, XVIIIe et Révolution-Empire. Au sein de chacune de ces parties, l'aspect politique du sujet est abordé, ainsi que l'évolution des techniques en fonction de celles de la construction des navires et des voyages en général.
    Le livre est abondamment illustré de cartes, portraits, dessins, reproductions de tableaux, gravures, estampes, de façon à rendre la lecture très agréable et à permettre au lecteur de suivre aisément. Ainsi, un planisphère ancien illustre toute l'importance et l'énormité du traité de Tordésillas (1494), attribuant le monde à découvrir aux seuls Espagnols et Portugais. L'auteur, Michel Lécureur, a édité Marcel Aymé dans la Pléiade et publié plusieurs biographies consacrées à Marcel Aymé, Raymond Queneau, René Fallet, Barbey d'Aurevilly. Cette dernière lui a valu un Prix de l'Académie française en 2009. Ses trois derniers ouvrages ont été consacrés à deux auteurs normands : Barbey d'Aurevilly, l'ensorcelé du Cotentin. Magellan & Cie, 2007 / Barbey d'Aurevilly le Sagittaire. Fayard, 2008 / Dans les pas de Guy de Maupassant. Orep, 2009.

  • Vingt ans après, Michel Lécureur reprend la biographie qu'il avait déjà consacrée à Marcel Aymé. Seul ou avec Jean-Pierre Belleville, secrétaire général de la Société des amis de Marcel Aymé, il a rassemblé beaucoup d'informations nouvelles. On ignorait ainsi que l'écrivain avait participé, en 1937, à la commémoration de la première année du Front populaire, en prenant part à un spectacle du Théâtre des Champs-Élysées. On ne savait pas précisément à quel moment et à quel réseau de Résistance il avait prêté son appartement de Montmartre. On avait négligé de s'intéresser aux excellentes relations qu'il avait entretenues avec Yves Montand et Simone Signoret, etc. Bref, une nouvelle biographie s'imposait absolument pour le cinquantenaire de la disparition de Marcel Aymé.

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