• Dans le but d'asseoir sa réputation auprès des voyous d'un quartier romain, Tommasino s'adonne à la violence. Devenu un de ces vitelloni, il mène une existence fulgurante. La prison puis la maladie sauront-elles le guider sur le chemin de la rédemption ? Le choix du réalisme, chez Pasolini, est moral et politique : la fugacité de ce destin, la brutalité d'une jeunesse égarée, interrogent le devenir de toute l'Italie d'après-guerre.

  • Voici, écrits au jour le jour dans la forme ciselée du sonnet, une centaine de poèmes de Pasolini qui se donne pour l'éphéméride d'une passion. Retrouvés bien des années après sa mort tragique, ces textes intenses adressés à Ninetto Davoli, l'acteur lumineux du Décaméron, occupent une place singulière dans l'oeuvre polyphonique de Pasolini. Ici, aucun apparat rhétorique ni de mise en scène : une parole nue, à vif, souvent blessée, qui traduit les alarmes d'un coeur qui ne s'appartient plus et d'un corps perdu de désir. Ce recueil, par sa brièveté, s'apparente à un trait de feu qui éclaire et qui brûle, qui révèle et engloutit, qui exalte et condamne : incontestablement l'un des sommets de la poésie amoureuse de notre temps.

  • Entretiens (1949-1975)

    Pier Paolo Pasolini

    • Delga
    • 6 Février 2019

    Ces entretiens, pour la plupart inédits en français, et édités par Maria Grazia Chiarcossi pour le public hexagonal, offrent un complément indispensable à la découverte de l'un des artistes majeurs du siècle passé et dont la profondeur de réflexion nous est devenue désormais indispensable, vitale. On retrouvera les thèmes essentiels chers au poète italien, qui partent des recherches menées sur la langue et le style pour aboutir à la défense poétique de l'humanité ravagée par le néocapitalisme. On y lira aussi des réflexions sur marxisme et christianisme, sur son enfance, sur la révolte des étudiants de 1968 vue comme lutte interne à la bourgeoisie, sur son engagement communiste et humaniste, sur les ravages du développementisme au détriment du progrès.

  • Les ragazzi

    Pier Paolo Pasolini

    « Il s'agissait d'une armada de gamins qui couraient comme des scélérats. » Dans la Rome crépusculaire d'après guerre, une bande d'adolescents vit de petits larcins et de crimes divers. Cherchant la bonne combine qui leur fera gagner quelques lires, ils survivent tant bien que mal dans les faubourgs. Grand texte politique et moral, Les Ragazzi leur donnent la parole à travers la voix prodigieuse de Pier Paolo Pasolini.

  • La rage

    Pier Paolo Pasolini

    • Nous
    • 22 Octobre 2020

    "Poème filmique" en prose et vers, La Rage est le scénario intégral du film sorti en 1963 (dans une version raccourcie). Un commentaire lyrique qui mélange l'analyse sociale et politique à l'invective, l'élégie à l'épique, en les tissant avec des images des actualités, des matériaux d'archives et des photographies des faits marquants de son époque.

    En interrogeant la société de son temps, le poète-réalisateur interroge aussi la nôtre. Dans ce texte, d'une brûlante actualité, on y retrouve le Pasolini le plus politique, le plus âpre et le plus clairvoyant.

    « Pourquoi notre vie est-elle domine´e par le me´contentement, l'angoisse, la peur de la guerre, la guerre ? C'est pour re´pondre a` cette question que j'ai e´crit ce film, sans suivre un fil chronologique, ni me^me peut-e^tre logique. Mais pluto^t mes raisons politiques et mon sentiment poe´tique ».
    Pier Paolo Pasolini.

    Introduction de Roberto Chiesi.
    Postface de Jean-Patrice Courtois.

  • Les textes ici rassemblés, publiés dans des journaux et mis en recueil par Pasolini lui-même, témoignent par leur violence d'une démarche provocatrice. L'auteur de Théorème y examine tour à tour le problème de l'avortement, le fascisme, l'antifascisme et surtout la consommation de masse qui conduit à une déshumanisation de la société et à la destruction de l'identité italienne. Pasolini dévoile ainsi, peu de temps avant de mourir assassiné sur une plage d'Ostie, une nouvelle facette de sa personnalité et de son talent inclassables, livrant à ses contemporains sa révolte nostalgique face au monde qui l'entoure.

  • «La religion de mon temps» sort en mai 1961, au moment Pasolini commence sa carrière cinématographique. Il revient d'Inde où il s'est rendu avec Alberto Moravia et où l'a rejoint Elsa Morante. C'est à elle qu'il le dédie. Son amie est mystique, et même catholique. Il a, lui, avec la religion un rapport plus complexe, dont témoigne en particulier ce recueil. Comme dans tous ses recueils, Pasolini utilise la poésie de plusieurs façons : intime, politique, descriptive, sociale, provocatrice, réflexive. Invectives et prières, clamées ou murmurées, confessions et dénonciations, contemplations et méditations, récits et dialogues alternent dans ces poèmes animés comme il aimera le dire plus tard d'une « vitalité désespérée ». Témoin, compagnon, amoureux des pauvres, il tente de décrire un monde de la nuit et de la misère, riche d'une lumière qu'il ne sait pas avoir.

  • L'odeur de l'Inde

    Pier Paolo Pasolini

    " ce sont les premières heures de ma présence en inde, et je ne sais pas dominer la bête assoiffée, en moi emprisonnée, comme en cage.
    Je persuade moravia de faire du moins quelques pas près de l'hôtel et de respirer quelques bouffées de cet air, d'une première nuit en inde... " en 1961, pasolini fit un voyage avec alberto moravia et elsa morante. le livre intensément lyrique qu'il en rapporta n'est pas vraiment un récit, mais une " odeur " respirée au cours de ses errances nocturnes. les visions de l'extrême misère, les spectacles d'une étrange spiritualité sont pour lui comme autant d'étapes d'une descente au sein d'une humanité primitive, moins éloignée qu'on ne pourrait le croire du décor des ragazzi ou d'une vie violente.

  • Ce texte est la retranscription d'une conférence-débat tenue par Pasolini le 21 octobre 1975 à Lecce, une dizaine de jours seulement avant sa mort. Prenant pour point de départ la question du dialecte, Pasolini y développe une critique éloquente du consumérisme. Traduction inédite.

  • Manifesto per un nuovo teatro paraît dans le numéro 9, janvier-mars 1968, de la fameuse revue romaine Nuovi Argomenti (revue littéraire trimestrielle dirigée par Alberto Carocci, Alberto Moravia, Pier Paolo Pasolini).
    Manifeste programmatique pour un théâtre de Parole, ce texte est une déclaration extrême et extrémiste du plus excessif des écrivains italiens du XXe siècle. Une déclaration de guerre à la culture bourgeoise par la critique de la notion de culture et de bourgeoisie. Cela est possible grâce à une lutte littéraire et politique qui se passe au théâtre - un nouveau théâtre - le théâtre de la Parole. Toute la force nécessaire pour cette critique radicale est à chercher dans la puissance de la parole c'est-à-dire dans le poème. On retrouve ici un concept majeur de la pensée de Pasolini (présent dans toutes ses oeuvres, qu'elles soient cinématographiques, littéraires, critiques...) : l'action de la parole est maximale quand la parole est écrite dans la langue de la poésie, c'est-à-dire quand toutes ses propriétés et possibilités, sont engagées pour réinventer le langage et l'humain.
    Ce manifeste est donc un texte littéraire, politique, théorique & pratique, de critique théâtrale mais surtout de critique sociale.
    En 43 points, sur moins de trente pages, Pasolini lance un défi à tous et à chacun, mais spécialement aux intellectuels (de métier ou dilettantes), un défi qui est toujours terriblement d'actualité.

  • Homme inclassable, Pier Paolo Pasolini a choisi la poésie comme voix première. Réunissant des poèmes inédits en français, cette anthologie se veut le reflet vibrant de son inspiration de jeunesse, toujours ample et touchée par la grâce. Sensualité des paysages frioulans et engagement politique s'entrelacent, chant de l'intime et poésie de l'engagement s'enchevêtrent. Habité par la révolte et par le sens du sacré, il lutte contre l'hypocrisie et donne à ses visions toute leur dimension mystique.

  • La longue route de sable

    Pier Paolo Pasolini

    • Arlea
    • 22 Décembre 2014

    Présenté pour la première fois dans sa version intégrale, La longue route de sable est accompagné du tapuscrit original de Pier Paolo Pasolini, daté de 1959. Philippe Séclier, ayant mis ses pas dans ceux du poète, nous rapporte ici - à travers documents, manuscrits, lettres, et ses propres photographies - les étapes d'un voyage singulier le long des côtes italiennes. Comme si ces deux Italie, seulement séparées par le temps, ne faisaient plus qu'une.
    La longue route de sable a été Lauréat du Grand Prix du livre Thomas Cook en 2005.

  • Théâtre

    Pier Paolo Pasolini

    Les six pièces de ce recueil représentent l'ensemble de son théâtre paru à ce jour en Italie.

    Calderón.
    De la bourgeoisie à l'Armée rouge en passant par le quartier des prostituées et la clinique psychiatrique, Pasolini interroge notre histoire du théâtre.

    Affabulazione.
    Pasolini entre le mythe et l'histoire, hanté par le mythe - ici celui d'oedipe - et rattrapé par l'histoire. L'histoire a effacé les pères, ils ne sont plus incontournables, aucun désir de meurtre n'habite plus les fils, c'est donc le père qui devra tuer.

    Pylade.
    Après les Euménides, après le jugement des dieux qui l'absout, Oreste revient à Argos métamorphosé par son passage à Athènes où, pour la première fois de sa vie, il a assisté à un jugement édicté par les hommes et non par les dieux. Il va instaurer ce nouveau régime dans sa cité.

    Porcherie.
    Ce pourrait être l'histoire banale d'un fils de bourgeois attiré par des amours bizarres, si l'on n'y lisait aussi le drame d'une génération perdue dans l'Allemagne amnésique de l'après-guerre.

    Orgie.
    Les dernières scènes de la vie d'un couple, comme une Passion sans Judas, à deux. Ailleurs et dans un autre temps, c'eût été une grande histoire d'amour et de jouissance.

    Bête de style.
    Poésie et histoire s'affrontent : contre la violence de l'histoire et contre le poids des modèles hérités des pères et des maîtres, le poète clame des vérités impossibles.

    Ttraduit de l'italien par Michèle Fabien, Titina Maselli et Alberte Spinette.

  • Durant l'année 1975, dernière de sa vie, pasolini, âgé de 53 ans, s'adresse dans le quotidien il corriere della sera, à un jeune homme imaginaire pour faire son éducation sociale et politique.
    Ce dialogue ouvert prend de l'ampleur, et devient un véritable " petit traité pédagogique " au sujet de la presse, la sexualité, l'anticonformisme, la liberté, l'école, la télévision... il se prolonge par un poème et par différentes interventions dans lesquelles le cinéaste-écrivain exprime sa conception du monde et de la création, de la vie littéraire et de la participation politique. paradoxes ou déclarations provocantes alternent dans cet essai vibrant, où pasolini prend aussi le temps d'analyser en profondeur la vie sociale italienne.
    Véritable bréviaire de la révolte, les lettres luthériennes s'inscrivent dans une lignée d'essais comme les écrits corsaires, l'expérience hérétique, descriptions de descriptions.

  • L'auteur fait le point sur son oeuvre en évoquant souvenirs d'enfance, relations avec la presse et la justice. Il livre des clés sur son passage de l'écrit au cinéma, et sur quelques-uns de ses désirs les plus profonds.

  • Réunissant des poèmes inédits en français tirés de ses plus grands recueils (tels que Poésie en forme de rose) et des poèmes issus de manuscrits retrouvés, le deuxième volume de cette anthologie de référence forme le reflet objectif de l'oeuvre poétique de Pasolini. Un ouvrage-somme pour mieux comprendre cet artiste protéiforme qui luttait contre l'hypocrisie, les bien-pensants, la société consumériste, l'académisme. et contre lui-même.

  • Les poèmes recueillis dans Poésie en forme de rose (1964) sont parmi les plus célèbres de Pasolini. Ce recueil publié au sommet de la gloire de Pasolini, pendant le tournage de L'Évangile selon saint Matthieu et après celui de La Ricotta, fait réapparaître un Pasolini secret (plusieurs poèmes sont des journaux tenus pendant des tournages et des repérages) découvrant un autre monde (Israël, l'Afrique), alors que ses précédents recueils étaient profondément tournés vers l'Italie. Pasolini présentait ce recueil comme un « ensemble de prophéties, de journaux intimes, d'interviews, de reportages, de projets en vers, un roman autobiographique, une lutte inégale contre une longue campagne de diffamation, le moment d'un isolement moral et politique subi et délibéré ». On ne peut pas séparer la création poétique de Pasolini de ses autres activités.

  • Les anges distraits

    Pier Paolo Pasolini

    De cette quinzaine de nouvelles et récits autobiographiques et des deus courts romans qui composent ce recueil, émerge une unité profonde, issue du lieu où ils ont été écrits : le frioul.
    Région natale de la mère de pasolini, pays de vacances et de jeunesse pour lui-même, c'est là que, dans la première moitié de sa vie, il s'imprègne de souvenirs et de paysages, élabore ses convictions sociales et politiques, fait l'expérience particulièrement décisive de l'enseignement, et enfin découvre, dans un mélange douloureux de crainte et de bonheur, son attirance pour les anges distraits, enfants et adolescents dont la beauté le bouleverse.

  • En projetant et en commençant d'écrire mon roman, j'ai bien réalisé autre chose que de projeter et d'écrire mon roman : j'ai organisé en moi le sens et la fonction de la réalité ; et une fois que j'ai organisé le sens et la fonction de la réalité, j'ai essayé de m'emparer de la réalité. M'emparer peut-être, sur le plan doux et intellectuel de la connaissance ou de l'expression ; mais malgré tout, essentiellement, brutalement et violemment, comme cela se passe pour chaque possession, pour chaque conquête. [...] Au moment même où je projetais et écrivais mon roman, autrement dit où je recherchais le sens de la réalité et en prenais possession, précisément dans l'acte créatif que tout cela impliquait, je désirais aussi me libérer de moi-même, c'est-à-dire mourir. Mourir dans ma création : mourir comme en effet on meurt, en accouchant : mourir, comme en effet on meurt, en éjaculant dans le ventre maternel. P. P. P.

  • J'ai beaucoup risqué en écrivant actes impurs et amado mio.
    Je ne sais pas si les sujets si scabreux de ces deux récits sont suffisamment nécessaires et objectivés ; je suppose même que certains, si je disais le nom du péché... ne liraient peut-être même pas la première page du livre. paolo et desiderio luttent-ils assez contre leur amour ? il est vrai, tant que la passion les consume, leur péché se consume avec eux ; mais au-delà de cette passion, où il n'y a que sensualité, qu'est-ce qui les justifie ? l'anormalité de leur amour est déjà une peine assez lourde, une "condamnation à vie", c'est vrai ; mais suffit-il de souffrir pour se racheter ?

  • Cet entretien inédit, donné au directeur de l'Institut culturel italien de New York, est celui d'un homme plus que jamais habité par la création sous toutes ses formes - littérature, théâtre cinéma -, mais aussi par un questionnement politique, celui qui agita l'Italie et l'Europe des années 1970 à nos jours.

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