• « Ma fréquentation des chats m'a sauvé d'une ignorance crasse et incurable. ».
    Dans cet opuscule, William S. Burroughs médite sur l'amitié mystérieuse entre les chats et leurs hôtes humains. Un petit traité amoureux sur les félins domestiques de sa vie qui n'aurait pas déplu à Colette ou Stéphane Mallarmé.
    « On dit que les chats sont les animaux les plus éloignés du modèle humain. Cela dépend du genre d'humain auquel vous vous référez, et bien entendu de quels chats. Je trouve parfois les chats incroyablement humains. ».

  • Le festin nu

    William Seward Burroughs

    L'Interzone.Un territoire qui ne figure sur aucune carte, situé quelque part entre New York et Tanger, dédale infini de rues semblable aux méandres du cerveau d'un drogué.Un lieu fantomatique, où se réfugie William Lee après avoir accidentellement tué sa femme. Persuadé d'être un agent secret au centre d'une gigantesque machination, Lee commence à rédiger des rapports pour le compte d'une mystérieuse corporation internationale, communiquant avec elle par l'intermédiaire d'une machine à écrire fort loquace qui se transforme volontiers en cafard...Vertigineuse descente aux enfers de la drogue - de toutes les drogues -, le chef-d'oeuvre de William Burroughs est d'une veine à la fois terrifiante, macabre, et d'un comique presque insoutenable.

  • Junky

    William Seward Burroughs

    «On devient drogué parce qu'on n'a pas de fortes motivations dans aucune autre direction. La came l'emporte par défaut. J'ai essayé par curiosité. Je me piquais comme ça, quand je touchais. Je me suis retrouvé accroché. La plupart des drogués à qui j'ai parlé rapportèrent une expérience semblable. Ils ne s'étaient pas mis à employer des drogues pour une quelconque raison dont ils pussent se souvenir. Ils se piquaient comme ça, jusqu'à ce qu'ils accrochent. On ne décide pas d'être drogué. Un matin, on se réveille malade et on est drogué».
    Premier ouvrage de Burroughs, Junky décrit la réalité crue d'un héroïnomane en errance, doué du regard terriblement lucide de l'écrivain. De New York à Mexico, William Lee, double romanesque de l'auteur, fait l'expérience de la came, de la privation, de la prison et de la fuite ; il apprend «l'équation de la came», qui n'est ni une jouissance ni un plaisir, mais un mode de vie. Un livre qui fit scandale lors de sa première publication, et qui laisse présager l'oeuvre à venir.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Catherine Cullaz, Jean-René Major et Philippe Mikriammos et révisé par Philippe Mikriammos. Édition d'Oliver Harris.

  • William S. Burroughs est, avec Jack Kerouac et Allen Ginsberg, l'une des trois grandes figures de la Beat Generation apparue aux Etats-Unis dans les années 1950.
    Hormis son premier chef-d'oeuvre, Le Festin nu, publié en France par Gallimard (et adapté au cinéma par David Cronenberg) - presque toute son oeuvre a paru chez Christian Bourgois.
    Le Porte-lame - son unique oeuvre encore inédite en français - s'inscrit dans la série des romans qui ont assuré sa popularité en France à partir des années 1970 : Les Garçons sauvages, Les Derniers Mots de Dutch Schutz, etc.
    Recourant à la technique du scénario, Burroughs décrit un film imaginaire, tourné à Manhattan en 2014.
    Les laboratoires, par purs cynisme et mercantilisme, entravent l'accès aux traitements les plus efficaces. Une médecine clandestine se développe, dont le fonctionnement est calqué sur celui du trafic de drogue, avec ses chimistes, ses revendeurs, ses praticiens, ses patients. Le porte-lame (the blade runner) est celui qui convoie la marchandise illégale dans les rues de la mégapole.
    Il y a une puissante ironie à voir le drogué notoire William Burroughs ériger en modèle le trafic de stupéfiants, non plus pour détruire des vies, mais pour les sauver.
    Son roman, bref, incisif, excitant, est aussi un magnifique hommage à la ville de New York.

    Un bijou inédit de l'un des auteurs culte de l'Amérique d'après-guerre.
    Le livre dont le titre original - Blade Runner : A movie - a inspiré celui du film de Ridley Scott (par ailleurs adapté d'un texte de Philip K. Dick).

  • Après avoir achevé Le Festin nu, William Burroughs s'est lancé dans une longue période expérimentale.
    Dans la petite chambre du Beat Hotel de la rue Gît-le-Coeur, où il s'est installé, naît le projet d'une oeuvre ambitieuse et risquée qui prend la forme d'un triptyque : La Machine molle, qui paraît en 1961, Le Ticket qui explosa, écrit cette même année, et Nova Express, écrit en 1964. "Je tente de créer une mythologie nouvelle pour l'ère spatiale. Je sens que les vieilles mythologies sont définitivement brisées et ne sont pas adaptées au temps présent", disait Burroughs au sujet de cette trilogie.
    Norman Mailer y voyait "un Enfer qui peut-être nous attend, produit final et apogée de la révolution scientifique". Comme Dante et Milton, Burroughs s'est employé à représenter la position de l'homme dans l'univers - une position intenable, déchirante et absurde.

  • « Nous nous connaissons depuis 1945, nous vécûmes ensemble pendant quelques mois en 1953 dans l'idyllique Lower East Side d'avant la guerre du Vietnam entre les avenues B & C dans la 7è Rue Est, que connurent Kerouac, Corso et d'autres amis, où nous avons assemblé le texte des Lettres du Yagé et de Queer et nous avons eu une affaire de coeur. », confie Allen Ginsberg dans sa préface.
    De Rome en décembre 1953 à Copenhague en août 1957, le futur auteur du Festin nu écrit à l'auteur de Howl des lettres qui sont des fictions minuscules. Ce n'est pas seulement l'esprit de cet écrivain cosmopolite, dont l'existence est aussi picaresque que ses oeuvres, qui nous est révélée par ces lettres, mais aussi un authentique journal de bord de son écriture.

  • Le héros de Queer s'appelle Lee, comme le personnage de Junkie (le premier roman de Burroughs, qu'il avait à l'origine précisément signé du pseudonyme de William Lee). Le caractère autobiographique de ce texte est donc confirmé, d'autant plus que Burroughs rappelle dans sa préface qu'il a passé la fin des années 40 à Mexico, comme son héros. Comme d'habitude cependant chez Burroughs, la fantaisie phagocyte la réalité. Queer est en effet le récit halluciné d'une errance, d'un mal de vivre incurable qui a pour toile de fond un Mexique couleur de cauchemar, avec son soleil obsédant, ses étendues de tôles ondulées et toute une faune pittoresque et violente... Lee, héros désenchanté, erre de bar en bar, noyant son désespoir dans l'alcool, dans la drague, à la fois avide et indifférent, spectre sur qui on sent en permanence peser la menace d'une dissolution. Son seul repère : Allerton, jeune homme indolent jaloux de son indépendance, mais aussi secrètement flatté d'être l'objet de la convoitise de Lee. A force de séduction, de prévenance et de ténacité, Lee parviendra à ses fins et accompagnera ensuite son compagnon dans une étrange expédition à travers l'Amérique du Sud à la recherche d'une mystérieuse drogue, le Yage, connue pour ses pouvoirs télépathiques. Queer est essentiellement une peinture du manque, le récit d'une douloureuse tentative de sevrage. Par delà son exotisme sulfureux, ce roman est la remarquable radiographie d'une détresse sans autre recours que l'écriture. Né à Saint-Louis en 1914, mort en 1997 à 83 ans. A la fin de ses études, il émigre à New York, plonge sciemment dans le monde de la pègre et devient intentionnellement héroïnomane. Parallèlement, à l'université de Columbia, il fait la connaissance de Ginsberg et de Kerouac.
    Vers 1950, Burroughs commence à écrire. Il tue sa femme accidentellement dans un exercice à la Guillaume Tell raté et s'éclipse en Amérique du Sud. En 1954, il s'installe à Tanger qu'il ne quittera qu'en 1964. Ses intoxications se font de plus en plus aigües. Après sa désintoxication entreprise à Londres, il se remet à l'écriture. C'est en 1975 que Burroughs est reparti vivre à New York, où il est devenu une des " stars " de la " scène new-yorkaise ". Gourou de la Beat Generation, éminence grise controversée de l'avant-garde internationale, prophète sombre à l'humour des plus noirs, William Burroughs a eu une influence avec laquelle peu d'écrivains vivants ont rivalisé. Cette édition de Queer au format de poche coïncide avec le 25è anniversaire de la première publication de ce titre aux Etats-Unis. " J'avais donc écrit Junkie dans une intention assez évidente : relater en termes très précis et aussi clairs que possible mon expérience de la drogue. J'escomptais être publié, reconnu et bientôt riche.
    Kerouac venait de publier The Town and The City, quand je commençai à écrire Junkie. Je me souviens d'ailleurs de lui avoir écrit, sitôt son bouquin sorti, que désormais, la gloire et la richesse lui étaient acquises. Comme on le voit à l'époque, je ne connaissais rien au métier d'écrivain. Les motivations qui me poussèrent à écrire Queer étaient plus complexes et viennent seulement de m'apparaître. Pourquoi vouloir relater avec tant de minutie des souvenirs aussi pénibles, aussi déplaisants, aussi déchirants ? Si j'ai bel et bien écrit Junkie, j'ai l'impression que mon existence se trouve transcrite dans Queer.
    J'ai également pris grand soin de m'assurer les moyens de continuer à écrire, histoire de mettre les choses au net... l'écriture peut fonctionner comme vaccination préventive... " W.S.Burroughs. Février 1985

  • En janvier 1953, William Burroughs entreprit une expédition de sept mois dans les jungles d'Amérique du Sud pour y trouver du yage, légendaire plante hallucinogène de l'Amazone. Au-delà d'une étude anthropologique, il en profite pour balayer de son regard satirique les régimes politiques locaux. A partir de ses carnets et des lettres qu'il envoie à Allen Ginsberg, Burroughs compose un récit qui fut dans un premier temps publié dans des magazines. Dans cette nouvelle édition, le professeur Oliver Harris est retourné aux manuscrits d'origine afin de raconter la surprenante genèse du texte et d'établir pour la première fois son importance culturelle dans la quête de cette drogue utilisée par les Indiens. Cette édition comporte également des textes inédits de Burroughs et de Ginsberg, lesquels nous permettent de mieux comprendre les déambulations des deux écrivains dans le monde de l'exploration et de l'écriture.

  • Les cités de la nuit écarlate est le premier volume de la dernière trilogie composée par William Burroughs. Il précède Parages des voies mortes et les Terres occidentales.

    Gérard-Georges Lemaire : « Dans Cités de la nuit écarlate, vous mettez en scène des flibustiers qui parviennent à instaurer, du moins pendant un certain temps, une société utopique. Pouvez-vous me dire comment vous avez tiré parti de l'histoire pour construire cette fiction somme toute "politique" ? » William Burroughs : « Oui, c'est utopique d'un certain point de vue puisque des pirates s'emparent du continent américain et créent le monde qu'ils désiraient. Mais d'autres ne pourront pas les considérer comme ayant des fins purement utopiques...
    Dans Havre des saints, j'ai déjà évoqué le commencement de cette histoire. Tous mes livres ne formant qu'un seul livre, les personnages, les situations, les époques, passent des uns aux autres... » (Colloque de Tanger)

  • En 1959 est publié à Paris Le Festin nu, qui révèle le talent scandaleux de William Burroughs. À l'origine, le manuscrit s'intitulait Interzone. Le Festin nu était le résultat d'un choix parmi le millier de pages d'un matériau que Burroughs répartit ensuite entre La Machine molle, Le ticket qui explosa et Nova Express. Restaient les 175 pages du manuscrit original qui n'ont été retrouvées qu'en 1984. Celles-ci nous permettent de reconstituer la genèse d'un des chefs-d'oeuvre de la littérature du XXe siècle. Ces fragments narratifs, ces lettres inachevées où l'écrivain américain dévoile à son ami Allen Ginsberg les progrès de son cheminement labyrinthique, ces « routines » où domine la figure grise et énigmatique de son double, William Lee, représentent la manifestation la plus pure de l'esprit de Burroughs et sa volonté de faire de l'écriture un moyen d'exploration transgressif des régions mentales encore inexplorées et dangereuses.

  • « Un scénario génial sur les derniers instants du Hollandais dont le gang fut l'un des plus puissants à l'ère de la prohibition. Jamais le fulgurant talent de Burroughs n'a été aussi perceptible que dans ce portrait d'un caïd. » (Nouvel Observateur) « C'est un véritable film visuel auditif et verbal. Situés dans la réalité américaine, les actions décrites se réfèrent à son reflet dans la tradition hollywoodienne au cours de trois périodes précises : 1902-1919 ; les années 20 et les années 30. Les fantasmes se coulent dans le moule d'un thriller : gangsters, tueurs à gages, travestis, policiers, personnages réels et imaginaires évoluent dans des décors curieusement distanciés, artificiels. La structure même de ce livre, fait d'une succession de ruptures, reflète la violence qui est finalement son sujet et sa seule raison d'être. » (Rock & Folk)

  • Durant les années soixante et soixante-dix, tout en poursuivant son oeuvre de fiction, William Burroughs n'a cessé de publier, dans de nombreux magazines et revues, des communications, des articles, des notes de cours ou de conférences et des brèves fictions qu'il appelle routines. Ce volume en regroupe un choix. La première section contient ses écrits sur Jack Kerouac et ses considérations sur le métier d'écrivain. La deuxième série d'essais rassemble les textes qu'il a consacrés à la littérature du XXe siècle, d'Ernest Hemingway à Graham Greene, de Jean Genet à Samuel Beckett. Il s'interroge sur les fondements de l'art de l'écriture, sur sa méthode, sa finalité, son enseignement et son impact sur le monde actuel.

  • « Cette arthrite, c'est pas de la blague. (...) Mes réflexes sont bousillés. J'arrive pas à me rouler un joint. » Vers la fin de sa vie, W.S. Burroughs, handicapé par l'arthrite, ne peut plus taper à la machine. Ses proches ont alors l'idée de lui donner des livres blancs : de novembre 1996 à fin juillet 1997, quelques jours avant sa mort, il y consignera son journal intime. New York, Mexico, Paris : W. Burroughs interroge une vie de came et d'écriture, convoquant entre autres, Shakespeare, Conrad et Yeats, Allen Ginsberg, Timothy Leary, Brion Gysin et ses chats bien-aimés dans un ultime effort pour décrypter et guérir le monde menacé par le mal, la bêtise, la conspiration internationale du mensonge, les extra -terrestres et les mille-pattes cauchemardesques qui vous rongent la moelle. L'écriture s'affirme comme son arme et sa mission, la morphine comme le chemin qui l'aura mené à sa propre vérité. Mais avec l'élégance d'un dandy provocateur, Burroughs brouille les pistes : faut-il croire l'homme qui écrit "Je ne suis pas vraiment contre le meurtre. trop de gens ne sont que de perpétuels emmerdeurs. " oe

  • « "Qui est-ce ?" Il semble que Burroughs pose cette question non seulement à tous ses personnages mais à toutes ses phrases, à tous ses mots. Chacun a la possibilité de se déguiser, de changer, et c'est l'une des raisons pour lesquelles Parages de voies mortes est à tout point de vue excitant. C'est pourquoi aussi le roman peut se terminer comme il commence, à un rien près, un rien qui est burroughsien en diable. » (Mathieu Lindon, Libération) « Le bizarre avoisine le louche, l'ambigu côtoie le marginal, le sens coexiste avec le non-sens, le labyrinthe opère en cercle. Kim Carsons, le narrateur (presque un double de Burroughs), existe-t-il ? Cette lancinante question se pose à chaque page, comme pour nous déconcerter. Narquois, l'auteur se déguise sous la luxuriante apparence du verbe, en même temps qu'il explore pour notre inconfort les zones psychiques les plus interdites. » (Patrick Serex, 24 Heures)

  • En marge de son oeuvre romanesque, plus connue, Le métro blanc rassemble des textes rares, publiés par Burroughs dans de petits magazines underground éphémères. Ce volume constitue la première vraie tentative de mise en trajectoire de son oeuvre la plus radicale, de ces pages produites à coups de cut-ups et autres procédés d'attaque. En effet, grâce à des propagandistes acharnés comme Jeff Nuttal et Jan Herman, en utilisant des techniques littéraires désormais bien connues, Burroughs a progressivement inventé un contre-journalisme destructeur, avec parasitage et piraterie des tics des grands magazines. Il a mené, sans moyens, une guerilla prolongée contre les messages policiers et politiques, contre les élucubrations des hommes de science qui " sont obligés de rendre les choses réelles pour mettre le grappin dessus ". Minutes to go ; Je me meurs, Mister ?; D'une main lointaine ; Les techniques littéraires de Lady Sutton-Smith ; Arrière-plan technique ; Le jour où les dossiers ont explosé... etc. sont, en somme, autant de contre-textes déversés sur l'horizon culturel occidental comme de l'huile du haut des tours.
    Cobble Stone Gardens est un résumé en tourbillon de quelques-uns des thèmes traditionnels de l'auteur, éclairés sous le jour inattendu d'un hommage à la mémoire de ses parents disparus, symbolisés par l'enseigne des jardins de rocaille, le nom du magasin qu'ils tinrent toute leur vie. Les Journaux de retraite regroupent certaines pages arrachées aux carnets journaliers de l'auteur. Il y transcrit, lors d'une retraite, rêves et réflexions, les entrecoupant selon une méthode qui prend le cut-up au plus large. Le tout avec une acuité stylistique et mentale exemplaire. Né à Saint-Louis en 1914, mort en 1997 à 83 ans. A la fin de ses études, il émigre à New York, plonge sciemment dans le monde de la pègre et devient intentionnellement héroïnomane.
    Parallèlement, à l'université de Columbia, il fait la connaissance de Ginsberg et de Kerouac. Vers 1950, Burroughs commence à écrire. Il tue sa femme accidentellement dans un exercice à la Guillaume Tell raté et s'éclipse en Amérique du Sud. En 1954, il s'installe à Tanger qu'il ne quittera qu'en 1964.
    Ses intoxications se font de plus en plus aigües. Après sa désintoxication entreprise à Londres, il se remet à l'écriture. C'est en 1975 que Burroughs est reparti vivre à New York, où il est devenu une des " stars " de la " scène new- yorkaise ". Gourou de la Beat Generation, éminence grise controversée de l'avant-garde internationale, prophète sombre à l'humour des plus noirs, William Burroughs a eu une influence avec laquelle peu d'écrivains vivants ont rivalisé. " Insatisfaction complète de tout ce que j'ai fait comme écriture...
    Si l'écriture n'a pas le danger et l'immédiateté, l'urgence de la tauromachie, elle n'a rien à faire avec la façon dont je la conçois... appareil d'enregistrement imparfait qui reçoit des bulletins inexacts... je dois atteindre le Front. " (William Burroughs) " Avec Le métro blanc, Burroughs se et nous donne des nouvelles armes pour changer la littérature et nos rapports avec les virgules et les mots ; avec les autres. Cela n'est guère loin de montrer en ce pape de l'underground un fou d'amour plein d'espoir en l'homme et la femme, en l'écriture et le temps, en nous. " (Le Quotidien de Paris)

  • « Burroughs a le goût du rebondissement, de la surprise, du détail grotesque et des incidents qui entrainent son héros, lui-même, vers les bas-fonds, en toute ville qu'il aille. Il faut lire ses listes de drogues, le récit de ses fréquentations, de ses cures de désintoxication pour apprécier la dimension monstrueuse de l'exercice de survie qu'il s'est imposé en faisant de son corps et de sa prose un filtre universel pour tous les poisons, chimiques ou intellectuels, de son temps. On le salue bien bas. » (Michel Braudeau, Le Monde).

    «Burroughs est le hiérophante qui nous fait traverser l'empire des morts : la civilisation occidentale empoisonnée. Qu'on ne chercher pas de conventions dans ces contrées. Le voyage vers les terres occidentales est un pari sur l'immortalité. [.] La prose incantatoire de Burroughs libère un monde où les mythes refusent de disparaître et confortent la réalité. » (Michel Bulteau, Le Figaro)

  • Dans ce court texte publié en 1991 aux Etats-Unis, Burroughs reprend le fil des aventures du capitaine Mission, ce capitaine d'aventures du XVIIIe siècle qu'il avait fait figurer dans le Havre des Saints et qui avait depuis lors fait des apparitions plus ou moins fugitives dans ses oeuvres romanesques. Ce dernier est un émissaire de la Panique, laquelle distille le savoir que l'homme redoute, à savoir la vérité de son origine. Mission vit à Madagascar où il a instauré la peine de mort pour quiconque tue un lémurien, pseudonyme de spectre en langage indigène. Il exige que soit protégé le grand Spectre, créature unique et asexuée qui ne se rencontre que dans le silence absolu. Aussi se sent-il trahi lorsqu'un de ses seconds tue ce lémurien. Il y voit aussi le triste symbole de l'intervention de l'homme dans un ordre naturel où il n'a pas sa place. Car il devient évident que l'homme est structuré autour d'une faille, comparable au fossé qui sépare Madagascar du continent africain, et qu'il est impossible d'établir une synthèse entre l'innocence enchanteresse et la vie que nous connaissons. L'homme n'a pas l'ombre d'une chance.
    Au récit, viennent alors se superposer des réflexions sur le sens de la race humaine, sur son festin, sur la malédiction qu'elle s'impose elle-même, sur la destruction à laquelle elle se condamne. Ce texte, qui commençait comme un roman d'aventures, s'achève dans des visions somptueuses et hallucinées d'hommes-plantes ou d'êtres-racines.

  • Presents the author's incisive, paranoiac, maddened and maddening worldview in interviews interspersed with stories and other writing.

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