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Les prix de la colère ; une histoire de la vie chère au Burkina Faso

Les prix de la colère ; une histoire de la vie chère au Burkina Faso

À propos

Dans de nombreux pays, la « vie chère » occupe aujourd'hui une place centrale dans les difficultés matérielles et les sentiments d'injustice ressentis au quotidien par les classes populaires. Au Burkina Faso, l'augmentation du prix des biens de consommation courante a suscité des mobilisations parfois violentes depuis le début des années 2000. Elle alimente également un mécontentement diffus à l'encontre des autorités jugées responsables, comme si personne ne pouvait sérieusement croire que les prix résultaient du libre jeu de l'offre et de la demande. À partir d'une longue enquête menée dans les quartiers populaires de villes burkinabè, ce livre aborde un phénomène peu étudié : la place croissante des prix dans l'expression contemporaine de la colère populaire. Car au-delà de ce pays ouest-africain, il s'agit de proposer une réflexion plus générale sur l'évolution des modes de gouvernement et de leurs contestations à l'ère néolibérale.

Sommaire

Introduction. Colères ordinaires et mobilisations sociales. Ce sur quoi s'accordent le pouvoir et la colère. Dans les villes d'un pays sahélien. Faire varier les perspectives. Mécontentements. Chapitre premier. Le « ça va pas » ordinaire. Retour sur une enquête. Entretiens à Koko et en Zone 1. Comment faire dire ce qui ne va pas ? Le mécontentement par les choses. La charrue. Le sucre. Les condiments. La valeur des céréales. Se reconnaître par ce que l'on mange. Oncle Sam et malo den ka ca. Derrière la valeur des choses, il y a aussi l'État. Du riz local au riz de l'aide. Le riz importé. Le riz national. Chapitre 2. La mémoire par les prix. La mémoire de soi. Les prix d'avant. Ce que l'on a perdu. Mémoires communes du politique. Des prix sous les régimes militaires. Mémoires de la libéralisation. Ce « ils » qui continue de gouverner. Gouvernements. Chapitre 3. Une histoire de la politique des prix. Le gouvernement indirect des prix sous la colonisation. L'émergence d'une réglementation des prix dans les colonies. Le minimum vital de l'après-guerre. La légitimation par les prix en régime autoritaire. Affirmer une souveraineté. Utiliser les marchés. Chapitre 4. Les prix à l'heure du néolibéralisme. Les prix sous l'ajustement. De l'ajustement à la dévaluation. De la réglementation des prix à l'organisation de la concurrence. Le pouvoir commerçant. Les grands importateurs et l'État. À l'autre bout de la chaîne. Révoltes. Chapitre 5. Des émeutes contre la vie chère. Histoire de luttes sociales. Le prix de la vie en fin de colonisation. 3 janvier 1966 : quand le salaire rallie les non-salariés. De Lamizana au CNR. Ne pas ajuster les mobilisations. Jours de colère en février 2008. Sur les traces d'une émeute. Avant que l'événement n'arrive. Ce par quoi les choses basculent. Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Banfora, 20 et 21 février 2008. Ouagadougou, 28 février 2008. Chapitre 6. Faire durer une cause ? Le temps de l'organisation. Une organisation politique pour dire la colère économique. Quand les modes d'action se combinent. Aux marges d'autres mobilisations. 2011 : quand les prix participent au rétablissement de la paix sociale. 2014 : la colère économique dans une insurrection politique. Conclusion. Les prix de la colère dans le monde. Représentations sociales du marché. Consommation et justice. Souffrances, colères et mobilisations.

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Rayons : Sciences humaines & sociales > Sciences sociales / Société > Thèmes et questions de société > Violences

  • EAN

    9782713228063

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    280 Pages

  • Longueur

    22 cm

  • Largeur

    14 cm

  • Épaisseur

    2 cm

  • Poids

    366 g

  • Distributeur

    Sodis

Infos supplémentaires : Broché  

Vincent Bonnecase

Vincent Bonnecase est chercheur au CNRS en science politique et membre de l'Institut des Mondes africains à Paris. Il est actuellement corédacteur en chef de la revue Politique africaine. Après avoir travaillé sur l'histoire de la mesure de la pauvreté en Afrique depuis la période coloniale, il s'interroge désormais sur les manières contemporaines d'exprimer sa colère dans les quartiers populaires de villes sahéliennes. Il a notamment écrit La pauvreté au Sahel. Du savoir colonial à la mesure internationale (Karthala, 2011).

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